lundi 21 décembre 2020

LE SILENCE DES PANTOUFLES

 « Mais pourquoi tu écris tout cela, pourquoi tu exprimes tes idées publiquement, tu te fais plein d’ennemis, qu’est-ce que ça t’apporte ? »
Oui, j’entends bien ces remarques et c’est vrai qu’on dit aussi « pour vivre heureux, vivons cachés » !


MAIS j’ai toujours 20 ans (plus 40 d’expériences), je suis inscrit dans l’histoire de ma génération, celle de l’immédiat après-guerre, celle de 68 , de 81, du passage au XXIème siècle et au libéralisme débridé, oppressant. Comment oublier les récits de nos parents qui ont vécu en Alsace la domination nazi, l’incorporation de force, les « malgré-nous », les collabos et celles-ceux qui avaient les moyens de fuir dans le Périgord ou ailleurs en Dordogne, la reconstruction, De Gaulle, les services publics, la Sécu,  le plein-emploi et la première crise du pétrole, la révolution culturelle et sexuelle, l’espoir de la gauche et les retombées amères, le capitalo-libéralisme, l’individualisme égoîste, les castes dominantes, la crise climatique,...le Covid et les dégâts des élevages industriels démesurés,…

Dans ce monde manufacturé sur ce côté de la planète, on perd nos savoirs-faire, on perd nos valeurs humaines, on perd notre identité, on perd nos libertés et même nos capacités à réfléchir par nous-mêmes...Quand même cela interpelle, et les questions sont multiples si on se projette un peu en avant. Elles se traduisent parfois dans la rue sous forme de manifestations de masse, sont réduites au silence et réprimées violemment à coups d’armes de guerre.
L’expression verbale ou écrite est encore possible, quoique de plus en plus certains mots-clés sont censurés par l’intelligence artificielle des observateurs de nos communications.
Et pourtant partager, échanger, confronter des idées, débattre est vital pour faire avancer, pour créer du mouvement, imaginer d’autres voies...Alors pourquoi s’auto-censurer ?

« Tu te fais plein d’ennemis, qu’est-ce que ça t’apporte ? »
D’abord, l’échange, le partage, car s’imaginer qu’on peut s’en sortir ou vivre seul est un leurre contre nature, contre la nature humaine qui est fragile et sociale.. Rien dans la nature ne vit pour lui-même : les rivières ne boivent pas leur eau, les arbres ne mangent pas leurs fruits. On s’enrichit les uns des autres, on se nourrit des expériences des autres, on s’équilibre par l’amour partagé.
Et puis quand on sent une oppression, un danger général, des catastrophes à venir, il faut réagir, alerter, se souvenir, s’entourer de partenaires, non pas se terrer dans son abri précaire. Et informer, parler, éveiller les consciences, faire réfléchir, …
« Quand ils sont venus chercher une personne X à l’étage, je n’ai rien dit, je n’étais pas X. Quand ils sont venus chercher mon voisin de palier Y, je n’ai rien dit, je n’étais pas Y. Quand ils ont frappés à ma porte pour me chercher, il n’y avait plus personne pour me défendre... » Vous connaissez cette histoire-fable souvent racontée pour faire comprendre nos dépendances et notre force collective.
Alors oui, habité par toute cette mémoire de vie, rempli d’expériences diverses, riche de mes lectures et d’échanges avec d’autres personnes, j’exprime ma façon de voir les choses, mon point de vue, sans filtres, afin de poser des questions, de dessiner des pistes, d’envisager des hypothèses, de suggérer des actions, de créer du débat. Si cela choque, si cela crée des oppositions violentes ou/et intellectuelles, cela appartient à celui ou celle qui juge, qui réagit ainsi, pas à moi. Son problème est donc son niveau de conscience et de confiance.

Le paraître est le paravent de l’être, c’est un écran entre soi et les autres. La différence entre les personnes qui se réalisent et celles qui n’évoluent pas dépend de leur degré d’audace. « Oser, c’est perdre l’équilibre un instant. Ne pas oser, c’est se perdre soi-même. » (Kierkegaard). Dire non à quelque chose ou à quelqu’un, c’est se dire oui à soi-même.


Franchement, les animosités qui peuvent prendre corps quand on dit ou fait des choses qui peuvent déplaire ne sont pas grand risque en 2020 sur cette partie du globe quand on pense à ces gamins de 17-20 ans qui ont pris le maquis contre les massacres des guerres, certains de nos parents !
S’imaginer qu’on sera tranquille en étant muet, en n’exprimant pas ce que l’on pense vraiment par crainte de déplaire, ce n’est que retarder le moment où on se retrouvera devant un mur qu’on aura construit soi-même et plus personne pour aider à le franchir.

Moi, j’aime les communautés où règne les cris de joie, les rires, les débats animés qui ne remettent pas en cause l’amour des uns envers les autres lié par la défense des biens communs, l’indépendance par l’apport collectif des savoirs-faire individuels, le respect et l’humanité indispensables à la survie de notre espèce fragile, …


Alors oui, je continuerai à exprimer ce que je pense, je ne m’inquiète pas du qu’en dira-t-on, je suis juste fidèle à ce que je suis, honnêtement et sans paravent...

Etre humain tout simplement.  

De passage et avec humilité, les pieds dans la terre, les yeux vers les étoiles…

 

 



...et 

"Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible"                               

(Antoine de St-Exupéry)

samedi 12 décembre 2020

FAITES-VOUS ENCORE DES PROJETS ?

Lieux culturels fermés, stades et salles de sports clos, restaurants-bars, discothèques, salles de concerts vides, déplacements autorisés réduits, remontes-pentes en berne, couvre-feu strict 20h-6h, mais bus-trains chargés, lieux de travail masqués, supermarchés ouverts, circulation en ville dense, hôpitaux chargés et sans plus de personnel qu’au printemps, ... : voilà la vie quotidienne en cette fin de 2020.


Et vous, faites-vous encore des projets ?

Au nouvel an, on se retrouve chez...A Pâques, on va une semaine en montagne ….Cet été, on a loué …...Pour notre anniversaire de mariage, on s’est payé un voyage à ….Je suis content de retrouver ma sœur à….En famille, on va marcher sur le GR et on fera des bivouacs le soir….Avec mon copain, on va faire une semaine de vélo le long du Rhin de Bâle à ….Cet été, route 66, j’en ai rêvé…






La vie a changé, le rapport au temps aussi, nos libertés ont été réduites et on se pose pas mal de questions sur notre fragilité, nos dépendances, nos priorités, l’essentiel, le vital, …
La recherche médicale et les labos vont expérimenter des vaccins à grande échelle et on espère revenir le plus vite possible à une vie « normale ».
Mais est-ce que ce normal résonne encore pareil dans notre tête et nos yeux que l’an dernier à la même époque ? 

Bien sûr, dans pas mal de milieux professionnels et financiers, on a envie de revenir au « normal », mais ne restera-t-il rien de ce qui est là, mondialement, depuis des mois et sans réelle amélioration...La fragilité, la dépendance, l’impréparation, l’imprévoyance de nos politiciens et institutions, la réduction des libertés, ...vont-ils être mis à longue distance pour ne plus s’y référer dans quelques mois, quelques années...Et nos plus jeunes, avec ce monde masqué apparu du jour au lendemain, quels souvenirs vont rester dans leurs têtes ? On ne peut pas aujourd’hui mesurer quel regard on portera sur cette période dans quelques années et on ne peut deviner ce qui va rester et changer. Donc le retour à la « normale » n’a pas de sens...Le normal a explosé, l’ordre a été mis en cause, la cohérence des discours et décisions mis à mal, la gestion catastrophique des institutions a montré que la confiance s’émoussait vite, mais que la solidarité entre les gens n’était pas un vain mot. Cela met aussi en questionnement notre modèle social, la centralisation décisionnelle, la répartition par priorité des aides.
Pas mal de choses ont bougé, et les mois qui vont suivre dévoileront chômage massif, faillites nombreuses, précarité-pauvreté accrues, perte de confiance et violences, ...Nous sommes rentrés dans une période des plus chaotiques où essayer de préserver les apparences ne sert à rien.


Les Gilets Jaunes avaient pourtant alerté sur une pandémie...sociale où le remède proposé a été éborgnés, mutilés, grand débat leurré, répressions physiques, brutalités, ...et surdité ! Puis a suivi la pandémie sanitaire qui a montré la quasi inutilité de ce gouvernement hors sol, coupé des réalités quotidiennes. Et sévit depuis un long moment, mais qui s’accentue chaque année, la pandémie environnementale appelée urgence climatique qui est ignorée car les catastrophes augmentent le PIB des Etats et prendre des mesures radicales à la source des pollutions et causes ferait capoter tout un système financier de profits gigantesques aux mains des industriels acoquinés aux politiciens.
Social, sanitaire, climatique, comment affrontons-nous ces crises ? Quelles questions nous posons-nous pour élaborer des pistes et des actions opérantes qui ont un impact ? A qui pouvons-nous confier la responsabilité de faire bouger les choses, radicalement pour des impacts positifs rapides ?




Quand on a un certain âge et quand on est très jeune, on ne voit pas la vie et l’avenir de la même façon. On peut se dire que le temps est passé et/ou qu’on se sent impuissant face aux forces en présence. 

Mais pour les anciens, il y avait des projets de vie après avoir subi la deuxième guerre mondiale, et leurs enfants ont bénéficié d’une période de reconstruction et de paix. Mais les jeunes d’aujourd’hui, quels projets peuvent-ils rêver ? 

On parle de plus en plus de survie, 

même si l’avenir n’est pas écrit…

 

 

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jeudi 12 novembre 2020

DEMOCRATIE, un principe de survie humaine ?


Avec le mot « laïcité », démocratie revient aussi très souvent pour couvrir on ne sait pas trop quoi en ces temps où les libertés sont  encadrées, enfermées, muselées, et même aveuglées !!!


Démocratie en danger

La période est trop belle pour mettre en place toutes ces limitations/interdictions et plus le temps passe, plus cela commence à se voir qu’il y a plus qu’une intention de protection sanitaire, il y a une véritable stratégie de réduction au silence de toute manifestation qui pourrait sembler hostile en remettant en cause certaines dispositions qu’on dit indispensables pour empêcher la propagation du virus Covid19. Car en quoi interdire et condamner qu’on puisse filmer ou photographier des forces de police qui sont parfois dans l’abus, l’excès, réduirait la circulation de la pandémie ? C ‘est un peu gros, non ?

Avec plus de 5 millions de voix d’écart, il me semble que l’élection de Biden aux USA est légalement reconnue. Comment peut-on simplement imaginer une fraude à cette hauteur, car cela enlèverait toute légitimité à cette victoire. Et comment peut-on accuser une volonté de tricherie en parlant de vote par voie postale massive, alors que le Covid circule, a déjà fait 240 000 morts aux USA et qu’on trouve plutôt prudent et responsable d’appeler à voter par correspondance plutôt que d’engorger les centres de votation en masse un jour défini. Il y a la stratégie qui veut éliminer tout processus démocratique (une personne = une voix, et chaque voix compte) quand tout à coup est demandé un arrêt des décomptes de voix qui est un irrespect total, un rejet de l’expression populaire par les urnes. Là aussi la démocratie est menacée, alors qu’elle a montré sa puissance, contestée par le perdant bien sûr pour qui ce mot « perdu » n’existe pas.





Démocratie, « désigne à l'origine un  régime politique  dans lequel tous les citoyens participent aux décisions politiques » (Wikipédia). Quand on reporte cela au niveau local, il y a des signes qui ne trompent pas. Faire participer l’ensemble d’une communauté villageoise aux décisions qui les touchent, les concernent directement, entend un fonctionnement particulier qui devrait cependant être général. En France, cela commence par le vote puisque nous fonctionnons en déléguant le pouvoir à des « représentant-e-s ». Ceci étant, ça ne s’arrête pourtant pas là puisque le temps entre deux élections ( à tous les niveaux) n’est pas la passivité, l’attente, mais plutôt le suivi des décisions et la façon de les mettre en œuvre, où l’information, la consultation, la participation sont régulières.

Ainsi, l’instance « conseil municipal » se devrait de faire un effort permanent de communiquer avec ses « administrés » afin de les associer étroitement à tout ce qui les concernent, à appeler à participer aux actions concrètes mises en œuvre : chantiers de nettoyage, plantation d’arbres, entretien et amélioration de l’environnement, de l’espace et bâtiments publics, quand cela est possible à l’échelle communale. De même les investissements plus lourds  de travaux ou ventes de biens immobiliers peuvent être discutés, débattus publiquement, avant toute décision finale qui relève de la validation par les élu-e-s communaux. Il devrait en être de même pour le niveau intercommunal où un-e seul-e délégué-e (souvent) représente les intérêts communs.



Quelques pistes

Cela se passe parfois ainsi. Les habitant-e-s sont informés des dates et contenus des conseils municipaux, publics. Au siècle du numérique où quasi tout le monde à un accès internet et une adresse courriel, cela est relativement simple à mettre en œuvre. De même quand une décision importante est à prendre, certains conseils organisent un débat public dans la salle communale avant la validation finale. Des ateliers-chantiers aussi sont organisés en faisant appel à la participation des habitant-e-s, cela créant du lien social et un sentiment d’appartenance à une communauté villageoise impliquée. Par ce biais de fonctionnement « démocratique », les tensions s’atténuent, les colères s’amenuisent et la parole se délie.
Le « pouvoir » n’est plus vertical et concentré, mais horizontal où chacun-e a pu exprimer publiquement son avis, son point de vue, son ressenti, a pu participer d’une façon ou d’une autre à la protection des « biens communs ».
Par ces quelques exemples simples à mettre en œuvre, puisqu’ils ne sont liés qu’à une volonté de le faire ou pas, on voit bien, on sent bien que cela peut changer « l’ambiance » générale d’une commune, d’un territoire local, sans que cela enlève quoi que ce soit au pouvoir décisionnel final.

Ces changements locaux ont une incidence plus large, une réappropriation de la vie sociale, une certaine émancipation et éveil des consciences. La vie associative a également un rôle très important et est un réservoir de personnes actives, bénévoles.

Qu’on vienne pas me dire que cela est politique, au sens où on l’entend souvent, politique « politicienne ». Politique « désigne ce qui est relatif à l'organisation ... d'une cité ou d'un Etat et à l'exercice du pouvoir dans une société organisée » (Wikipédia). Donc, s’intéresser, vouloir participer à la vie d’une cité-commune relève de cela, mais dans un sens commun de prendre en compte que, si nous sommes des individualités, nous faisons aussi partie d’une collectivité où la somme des intérêts particuliers ne fait pas une politique commune, mais où la prise en compte des biens communs crée un sentiment (qui devient une réalité) d’appartenance à une communauté villageoise.






L’espèce humaine est fragile

Il est plus facile de critiquer, de râler sans proposer, mais ce faisant, il n’y a pas d’évolution possible. Or, la vie est mouvement et nous faisons tous-toutes partie de cette énergie vitale.
L’espèce humaine est la plus fragile et la plus dépendante des espèces vivantes. Se penser le prédateur supérieur, c’est occulter la nature profonde même de l’être humain qui est sociale.

Parler de démocratie dès lors, c’est se recentrer sur notre nature profonde, initiale, primitive, dans un monde en évolution constante où nous nous sentons généralement complètement ignoré-e-s, réduit-e-s à suivre des modèles imposés qui créent des tensions, qui peuvent dégénérer.

En globalisant, nous voyons que la marche en avant actuelle conduit à la menace même de la fin de l’espèce humaine sur cette planète. Nous ne sommes qu’une espèce vivante comme une autre sur cette terre et croire que notre puissance est supérieure aux autres, que nous dominons tout, est un leurre dont on voit les conséquences quasiment au quotidien.

Il est donc vital d’agir, chacun-e à son échelle, en commençant là où on a un impact direct, le territoire local où on vit.

La démocratie qui est un système qui nous permet de vivre ensemble en bonne communauté d’esprit est donc plus qu’importante pour la préservation de notre environnement de vie et pour la façon du « vivre ensemble ».

Pas mal de personnes l’ont compris depuis longtemps, d’autres sont encore dans l’interrogation ou l’ignorance, se contentant d’un conservatisme confortable mais qui a ses limites et crée des tensions qui peuvent se traduire par une certaine violence, du rejet, de la marginalisation, de la radicalisation, …



Démocratie, un mot, une idéologie, une philosophie, un principe de survie humaine ?








samedi 3 octobre 2020

ON A UN NIVEAU DE « CONFORT », C’EST QUOI LE PLUS ?

Je sais, difficile de développer quand on parle de « niveau de confort » (acceptable et digne) comme préalable quasi acquis pour tous. Car, ça ne l’est pas. Mais, tout le monde a des rêves, des envies, des ambitions, des désirs et qui sont différents pour chacun-e.

 

Partons donc du commun, du vital humain :

Se nourrir, avoir un toit/logement (chauffé), de l’eau courante, de l’électricité, se vêtir, pouvoir se soigner (avoir accès aux soins), se déplacer, s’instruire, avoir des loisirs, un environnement de détente, parler, s’exprimer librement, …

 

Dans ce monde, ce système monétarisé, tout est soumis à paiement car on a aussi perdu nos savoirs-faire, on achète au lieu de fabriquer-construire soi-même, on jette au lieu de réparer, on veut aller loin au lieu de regarder autour de soi, on trime pour de l’argent et plus pour soi, on n’aime plus/pas le travail qu’on fait car il est subi, on n’a plus de temps pour soi, sa famille, ses proches, ni pour réaliser, créer, …

 

 


 


Et quand on est arrivé à un équilibre acceptable et moins contraignant, on continue quand même pour du plus. Mais c’est quoi, le plus ?

Ce plus ne devient-il pas un moins pour d’autres, ne crée-t-il pas justement le déséquilibre et la perte du sens de la solidarité, de cette notion que l’espèce humaine est liée à la même planète, que le « destin » est commun à tous-toutes ?

Que, pour ce plus, la terre-mère productrice de nos « biens communs » élémentaires est dévastée, pillée, détruite, amoindrie pour le seul profit financier d’une oligarchie minoritaire mondialisée. Dans quel but ? Amasser encore plus d’argent, pouvoir se payer encore plus de plus, voler à travers le monde, acheter les objets connectés et vite obsolètes, de l'éphémère, de l'inutile,… Jouir égoïstement, individuellement et « après moi le déluge » !


Quand on se « bat », qu’on souffre au quotidien, dans une angoisse, une peur permanente pour juste arriver à « vivre », c’est à dire assurer ce « confort élémentaire de l’essentiel vital », alors on n’a plus la volonté, le temps pour affronter dans un rapport de force en nombre cette oligarchie – et sa cour des « nantis » ou apprentis-nantis -. Et pourtant, le mouvement quasi spontané et collectif des Gilets Jaunes a rendu visible cette colère froide, ce ras-le-bol profond et qui végétait depuis longtemps, ces personnes qui n’avaient plus droit à la parole et qu’on ne considérait même pas comme des interlocuteurs. Cette révolte latente est bien réelle et ne s’éteindra pas car le chemin emprunté mène inéluctablement dans un mur, tout système a des limites, mais celui-ci hypothèque les conditions même de la survie de l’espèce humaine.

 


 


La légende du colibri où chacun fait sa part est belle et fait rêver. Même si les changements sont souvent-toujours venus de minorités agissantes, sur une planète économiquement, financièrement mondialisée, c’est la mobilisation du nombre, partout, qui fera frissonner, déstabiliser le château de cartes, …

Mais dans ce rapport de force, la répression est violente, armée et sanglante, mortelle parfois, car les dirigeants aux pouvoirs ont sous leurs ordres la police, l’armée et la ...légalité ...démocratique ! Alors qu’ils ne font que ...protéger LEURS intérêts. Ce n’est pas difficile de comprendre cela, mais c’est notre soumission, notre impuissance qu’il est difficile d’accepter. 

Et tout aussi difficile est d’emprunter d’autres chemins...

 



Il y a des « clusters » de résistance, des territoires en transition, des changements de comportement, de consommation, de déplacements, de production, d’échanges, de créations, de …

Il ne faut plus se dire, je suis seul-e, je ne peux rien faire. Autour de soi, il y a de quoi tisser des liens, participer et rentrer dans des réseaux, des associations, des mouvements, des personnes qui sont comme vous et moi et qui créent autre chose, d’autres « mondes », une vie humaine consciente des valeurs, animée par des convictions. Des personnes qui agissent collectivement, créent, imaginent, inventent, construisent, … pas pour du plus, mais pour du mieux, pour tous.


L’avenir n’est pas écrit…                          

                                                                                           ...jamais mollir !

 

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dessins/photos glanées sur internet


mardi 29 septembre 2020

VITE, VITE, TOUJOURS PLUS VITE ….

 

L’ANSES (agence nationale de la sécurité sanitaire) doit déposer le résultat de ses études sur l’impact des nouvelles ondes en avril 2021. La Conférence Citoyenne sur le Climat a déposé ses conclusions et recommandations parmi lesquelles la demande d’un moratoire avant tout nouveau déploiement d’un système de téléphonie mobile émetteur d’ondes électromagnétiques afin d’en mesurer les impacts sanitaires.

Mais nous avons un président qui n’a rien à faire des principes de précaution, des promesses de suivre les résultats du Grand Débat National ou de la Conférence Climat. Il est soumis à ses commanditaires industriels et financiers qu’il privilégie car ils l’ont fait élire. Il se présente comme un innovateur, un moderne, un fan de technologie « french tech », bref, il ne faut pas se laisser dépasser par « les autres «  pays , ni décourager par les opposants, les archaïques !

 


 

Depuis le XIXème siècle, les technologies ont été imposées au nom du marché, du progrès et de la concurrence. Aujourd’hui toujours, on nous fait croire que les solutions aux crises actuelles ( inégalités sociales, épuisement des énergies fossiles, effondrement de la biodiversité, dérèglements climatiques, …) vont passer par une révolution numérique. Les technologies comme sources de progrès social...Et aujourd’hui, sans débat, sans discussion, sans étude d’impact, contre l’avis de pas mal de monde dont la Convention Citoyenne Climat, M. Macron impose la 5G en mettant en vente dès ce 29 septembre plusieurs blocs/licences auprès des opérateurs Bouygues, Free, Sfr, Orange pour une exploitation de 50 MHz, le reste (110 MHz) étant vendu aux plus offrants. L’État espère en retirer un peu plus de 2 milliards €.

Le débit sera augmenté par 10 (plus de données) et en affirmant consommer moins d’énergie. Mais avec une augmentation régulière du trafic numérique, cela est un vœu pieux, sans compter l’énergie grise (extraction des minerais rares, transformation, transport, changement d’appareils puisque obsolescence, …).

On oublie aussi les 3 millions de personnes électrosensibles en France. On ne sait rien à l’heure actuelle sur les effets biologiques et sanitaires liés aux fréquences autour de 3,5 GHz et encore moins des futures bandes de 26 GHz qui seraient mobilisées plus tard. Et sans compter la démultiplication des antennes-relais puisque l’argument de diminuer la puissance émettrice va de pair avec le déploiement de milliers d’antennes supplémentaires au plus près des habitations.


Progrès social ? L’égalité d’accès au réseau pour tous ne sera pas de mise, le prix des abonnements va forcément augmenter, la vente des nouveaux appareils connectés compatibles 5G (Internet des objets) aura aussi un prix, et les villes parsemées de capteurs, les échanges d’information collectées, organiseront un maillage du territoire des plus intrusifs.

Ce n’est pas une nouvelle technologie qu’on nous impose avec la 5G (alors que la 4G est loin d’être déployée), mais un modèle de société qui va avec.


Comme pour le compteur « intelligent » Linky, voilà la nouvelle étape vers….Vous commencez probablement à comprendre tout doucement qu’il y a une stratégie et qui n’est pas liée à notre bien-être, une facilitation, une amélioration de la vie, mais un projet civilisationnel où l’humain n’a plus grande valeur autre que consommateur surveillé, dirigé et esclave de ceci.


Mais l’avenir n’est pas (encore) écrit ...

 


 

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Dossier développé dans POLITIS de cette semaine

Dessin de VEESSE   www.hebdi.com la magazine satirique indépendant alsacien

mardi 8 septembre 2020

LA DETTE, LA DETTE, LA DETTE, ….

Toute la précarité, le refus d’augmenter les salaires, les mises au chômage massif pour « restructurer » l’entreprise, …, bref toutes ces décisions et faits viennent accompagnées toujours par la même rengaine : rembourser la dette.
Bon, elle a bon dos la dette et quand on  n’est pas économiste, on se laisse facilement convaincre que si on a un crédit bancaire, il faut bien rembourser et avec des agios importants en plus (le pourcentage du prêt).
Mais si on se met au niveau d’un pays et dans un même espace monétaire, cela change un peu le point de vue.
Admettons que la BCE (Banque Centrale Européenne) puisse émettre des Euros pour faire tourner l’espace européen des pays membres de la zone Euros. Qu’elle en produise et prête beaucoup ou pas, cela ne pose pas de problème particulier à part un risque d’inflation de la valeur de la monnaie sur le marché mondial pour les échanges plus larges. Mais dans la zone Euros, cela ne peut pas poser un souci quelconque. Donc admettons encore qu’on n’achète que des produits européens et donc sans échanges avec les USA, l’Asie, la Chine, ...L’économie européenne produit, vend et tout cela dans la zone Euros.


Si maintenant on élargit et que les Etats ont besoin de milliards d’Euros pour « relancer » leur économie. 

La BCE dans ses statuts (!) ne peut pas monétiser directement les Etats et donc couvrir la dette publique. Les pays empruntent sur les marchés financiers, les banques privées...Oui, il y a à redire sur ce système qui enrichit les banques par les pourcentages retirés…Mais revenons au système en cours...
Par contre, la BCE est autorisée à racheter la dette publique (et privée) sur le marché secondaire et pourrait très bien annuler une partie de ces dettes des Etats ce qui dégagerait des millions pour financer de l’investissement dans de nouveaux projets ou relancer la consommation en augmentant les salaires. Et cela sans alourdir les dettes souveraines.

Vous me direz, mais alors pourquoi ne pas le faire ? Ben oui, tout est là, à mon avis, c’est que l’oligarchie des actionnaires et financiers est mondiale et que la production est délocalisée au meilleur prix de revient dans des conditions de fabrication à la limite de l’acceptable parfois.
Et que ces produits sont importés par tankers, avions, camions pour nous les faire consommer et surtout payés en dollars la plupart du temps. Et le déséquilibre vient de là, des échanges internationaux où le dollar -et donc les USA- imposent leurs lois « des marchés ». 

 



Mais si on reste en zone Euros, production européenne fabriquée et payée en Euros et vendus en Europe, alors cela ne joue pas, la dette n’a pas de sens, la BCE est maître de la planche à billets et permet d’inciter et de soutenir production, innovation, transition sans crainte de déséquilibre budgétaire et d’imposer une charge de précarité pour « rembourser » une dette quand l’argent dans une zone donnée n’est que un moteur, facilitateur d’échanges et de production.

Je ne connais pas grand-chose à l’économie, mais je peux tenir des raisonnements logiques tout en relisant Keynes et autres économistes « professionnels » !
Alors quand on parle de dettes pour justifier la précarité et le refus d’augmentation des salaires, chez moi, ça passe pas, j’ai du mal à comprendre ou plutôt j’ai du mal à accepter ce discours qui n’est là que pour servir les intérêts d’une petite caste avec une démonstration pompeuse qu’on  nous présente comme incontournable, inéluctable, comme seul modèle possible...A croire que l’histoire de l’homo sapiens ne commence qu’au début du capitalisme industriel...C’est un peu réducteur et se moquer de notre mémoire, notre histoire de l’humanité.

Il va falloir trouver autre chose car de plus en plus de monde comprend bien que la solution ou l’amélioration de leurs conditions de vie ne passe plus par ce schéma, ce modèle-là et que les discours argumentés ne sont que des façades pour nous faire avaler le pire, mais pas pour tout le monde.
Notre pouvoir de consommateur est donc bien un des leviers du changement. Ne plus acheter de produits importés, favoriser le local, le régional, le zone Euros, réduire l’inutile, l’éphémère, être plus sobre énergétiquement, retrouver une autonomie, une indépendance dans tous les secteurs d’activités et les secteurs géographiques, ce sont là des comportements à intégrer. C’est un de nos pouvoirs.

Nous sommes donc quelque part les acteurs du changement, ne l’oublions pas et mettons en œuvre ce nouveau rapport de force. Le nombre fait la différence.

L’avenir n’est pas écrit...

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vendredi 4 septembre 2020

INNOVATION HYDROgénée

 

Innovation, c’est le nouvel élément de langage économique de la « Relance France » du président avec un habillage « vert » à 30 milliards.

Le programme de relance économique a trois volets : compétitivité (35 milliards), cohésion sociale (35 milliards) et transition écologique (30 milliards). Waouh !


Compétitivité : il faut voir là dedans une baisse des impôts de production (10 milliards) et un arrosage d’aides publiques aux big entreprises (qui licencient « en même temps »).

Cohésion sociale : un beau mot mais qui parle surtout d’emplois dont plus de 6 milliards pour le paiement du chômage partiel payé.

Transition écologique : une aubaine pour le BTP, 7 milliards pour la rénovation (thermique) des bâtiments ; 11 milliards pour le ferroviaire/transports (on verra si les petites lignes vont rouvrir comme Guebwiller-Bollwiller par exemple attendue depuis ...des décennies) ; arriver à la neutralité carbone en ...2050 grâce à l’hydrogène, mais aussi avec 470 millions pour le nucléaire !


« On a compris, on a changé de logiciel » dit le premier ministre actuel développant ce plan de relance début septembre après la crise du Covid-19. Ah oui ? 

Ça rappelle étrangement deux déclarations récentes du président Macron. 

Après le mouvement des Gilets Jaunes, ses mutilés et éborgnés, il avait dit : « j’ai changé ». Et quelques semaines après, il a voulu imposer sa réforme des retraites qu’il a essayé de passer en force par le 49.3. 

Avec la crise du Covid-19, il a affirmé : « Plus rien ne sera comme avant ! » Et ça recommence ...comme avant, en pire même.

 

 


HYDROGENE, la panacée de demain


Alors, innovons, la Nation France montée au 12ème rang pour l’innovation. Et sa nouvelle marotte écolo est l’hydrogène. Parlons plutôt de dihydrogène, un gaz hautement inflammable obtenu par une scission des molécules composant l’eau. Il est déjà utilisé pour propulser des fusées. Brûlé, il ne rejette que de l’eau chaude et de l’oxygène. Super ! 

Oui, mais il doit être fabriqué. Actuellement, le dihydrogène (utilisé dans l’industrie des engrais chimiques notamment) est produit à partir des hydrocarbures. L’intérêt c’est que c’est une énergie stockable. Mais pour son stockage sous forme liquide, il nécessite une température constante inférieure à -254°. 

Puis il faut le transformer en courant électrique. C’est donc intéressant pour tout ce qui est mobilité électrique : trains, camions, bus, …voire avions. Ce n’est pas pour rien que Total, Air Liquide, Engie, Michelin s’y intéressent pour l’après-pétrole. Mais ces entreprises comptent surtout sur la manne des subventions publiques et des exonérations fiscales sur l’énergie servant à l’électrolyse pour développer davantage cette technologie.

 

 



L’intérêt du dihydrogène est réel, MAIS pour le produire il faut sortir des hydrocarbures, du charbon ET du nucléaire. 

Il faut AUSSI un effort de sobriété énergétique tout à fait à l’opposé de ce qui est en court actuellement. 

ET SURTOUT, il faut un plan d’investissement massif dans les énergies renouvelables afin qu’on puisse vraiment parler d’un hydrogène vert produit par des énergies renouvelables.


Il y a donc encore un long chemin et un changement radical de paradigme, de stratégie industrielle, pour pouvoir parler de transition écologique avec l’hydrogène comme nouvelle source d’énergie propre.

 

L'avenir n'est pas écrit...

 


 

 

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Sources : entre autres "l'hydrogène fait rêver les industriels" Erwan Manac'h dans  POLITIS n°1616 -27 août 2020 

Photos : internet