Ben oui, aujourd'hui et depuis un long moment, il y a de multiples raisons d'être en colère. Pouvoir d'achat, essence très chère, interdictions multiples, chômage, emplois précaires, effondrement démocratique, politique des égos, mensonges, propagande, surdité face aux protestations, conséquences climatiques, salaires stagnants, …
Et dans ces colères, on aime à trouver des responsables et le doigt se pointe différemment selon comment on capte des informations et comment on les analyse, on les intègre. Les médias de la propagande sont aux mains de ceux qui veulent que leur business juteux continue pour leurs propres intérêts et ceux de leur caste, et donc ils diffusent ce qui ne met pas en cause leurs agissements et désignent des leurres pour canaliser les colères vers ces cibles-là : les « étrangers », les « profiteurs », les « parasites empêcheurs d'agir en paix », les « différents », les …
Cela éloigne de penser aux causes réelles, aux façons de fonctionner pour des intérêts personnels, et permet de diviser pour continuer à régner.
C'est dans cet espace que le racisme trouve sa place car il est un bon défouloir et éloigne des critiques de fond. Bien sûr, il a peu de sens puisque d'une part, la France est un pays colonial qui a profité largement d'exploiter les ressources des pays sous tutelle et d'autre part, si les « travailleurs immigrés » quittaient tous la France, on verrait des pans entiers de secteurs qui seraient bien en difficulté.
On peut avoir des colères communes, mais voir l'avenir de différentes façons : soit l'exclusion, la marginalisation (et jusqu'à l'élimination !!!) ou un changement profond et radical des institutions, de fonctionnement économique, social, environnemental.
Mais aujourd'hui, ce qu'on entend est bien plus violent, avec des résonances qui rappellent , surtout pour des gens d'un certain âge, des souvenirs mortifères d'une période qu'on croyait révolue. Mais non, il faut croire que les leçons du passé ne servent à rien ou qu'on a oublié, qu'on n'a plus de mémoire, que nos cerveaux sont atrophiés.
Aujourd'hui, les limites ont sauté et on est passé du racisme primaire au fascisme d'un autre temps oublié.
Quand on entend les rejets généraux envers les arabes, les africains, les « étrangers », c'est du racisme. Quand on entend qu'il faut éliminer les homos, lesbiennes, transgenres, wokistes, gauchistes, écoloterroristes, ….etc.., ce n'est plus du racisme, mais du fascisme qui rappelle les années sombres du siècle dernier et plus particulièrement en Alsace.
Le racisme, la xénophobie, l'homophobie, le sexisme, le …, se rapprochent de plus en plus du fascisme et il faut bien en prendre conscience.
Dans la porosité de plus en plus marquée de la droite vers le RN/FN, les signes ne manquent pas et le fait le plus scandaleux au niveau de l'Etat ces dernières années a été ce 17 février 2026 où la présidente de l'Assemblée Nationale a demandé d'observer une minute de silence dans l'hémicycle pour un militant identitaire nationaliste et néo-nazi Quentin Deranque, sans avoir pris connaissance de tous les éléments de l'enquête qui a finalement complètement changé les faits présentés dans une urgence médiatique de propagande. Cette minute de silence qui avait été refusée pour Rémi Fraisse en 2014, tué par un gendarme. Un autre signe a été l'adoption de la la loi Ripost qui légalise le droit de tuer par « présomption » !!!
On a bien compris que dédiaboliser ce parti d'extrême-droite dont la chef est condamnée deux fois et qui se présente quand même à une élection présidentielle (pour pouvoir s'amnistier ensuite!), c'est bien une stratégie électorale pour nous refaire le coup une nouvelle fois pour le camp macroniste et du centre du « rempart contre l'extrême-droite ».
Mais, « que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement National ouvrent les yeux : rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme ».
Deux évènements récents illustrent bien cela.
Le procès en cours de l'assassinat du rugbyman argentin du Biarritz Olympique, Federico Martin Aramburu, par deux membres du GUD, mouvement d'extrême-droite. Six balles (dans le dos) à Paris, et les auteurs, Loîk Le Priol, ancien miltaire mais qui s'est fait radier des commandos au bout de deux ans et Romain Bouvier, bien sûr minimisent cet assassinat. Violence viriliste selon eux... « présomption » de légitime défense !!!
A Carcassonne, les propos racistes, sexistes, homophobes, complotistes et appel à un putsch militaire d'un policier brigadier-chef, ex- parachutiste militaire, militant du RN et service d'ordre de Bardella quand il se rend à Carcassonne sont un autre des aspects. Ce Monsieur C.R. passe au tribunal pour des propos et attitudes qui tombent sous le coup de la loi, avec quatre autres policiers qui ont été suspendus ! Il avait oublié de désactiver sa caméra-piéton et l'enregistrement a duré 6 heures...La ville de Carcassonne a élu un maire RN en mars 2026, Christophe Barthès et cela a « dédiabolisé » certains policiers municipaux...
(https://twitter.com/i/status/2097607476887638020 )
Le RN « condamne les propos tenus, pénalement répréhensibles, qui vont à l’encontre des valeurs portées par notre mouvement », écrit le parti dans un communiqué (sic) !
Christophe Barthès, député puis maire, s'était illustré déjà avec sa pancarte « va faire la soupe, salope ! », propos adressé à une députée écologiste. Il ne faut pas se fier aux costumes-cravates, aux tailleurs bien coupés, le fond idéologique est là bien ancré et visible quand ils se « lâchent ».
Oui, les colères sont légitimes et multiples quand on n'est plus considéré, plus écouté, plus entendu. Mais ce qu'on peut croire comme de « bonnes solutions », ne le sont pas forcément et il faut y réfléchir, observer et ajuster sa pensée vers ce qu'on veut vraiment.
« Fâché, mais pas facho » !
Et ce glissement est encore plus préoccupant, au niveau mondial, quand on voit que « les successeurs des chefs de deux grands Etats qui écrasèrent le nazisme en 1945 (USA-URSS) se retrouvent en 2026 à se féliciter du score historique en Allemagne de nostalgiques revendiqués de la croix gammée ».*
Voilà où Trump et Poutine nous entraînent : un volte-face radical et il faudrait y trouver de la cohérence, du sens ?
dessin de PAT Thiébaut (Still-67) www.lagitedulocal.com
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* source : Le Canard Enchaîné »




