Bien sûr, on n'est pas étonné de ne voir dans les merdias (les médias de la propagande) que les images de feu, de pillages, de saccages, et, bien sûr, on n'est pas étonné de ne pas voir les cortèges massifs de défilés sans violence avec quelques 800 000 personnes dans les rues. Cela permet de ne jamais évoquer le capitalisme cynique, les inégalités sociales, la stratégie politique. « Qui sème la misère récolte la colère. »
Il faut prendre du recul pour comprendre ce qui se passe actuellement dans notre pays. Cela fait des décennies que le choix est fait d'enrichir la caste des plus riches au détriment d'un « ruissellement » qui atténuerait les inégalités sociales, rétablirait un peu la justice fiscale. Mais les gouvernements successifs de Sarkozy, Hollande ("mon ennemi est la finance" !!!) et Macron n'ont rien voulu voir, rien voulu entendre...
On avait bien compris aussi, depuis Notre-Dame-Des-Landes, les Gilets Jaunes et Sainte-Soline, quelle méthode le pouvoir (absolu) en place mettait en œuvre face à ces résistances légitimes puisque tout dialogue se résumait à la voie unique : une répression policière sans limites.

Se nourrir, se loger, étudier, travailler, se soigner, se déplacer, cela devient de plus en plus difficile, demande des choix dans un quotidien qui se dégrade au fil des mois, des années, sans aucune amélioration en vue, bien au contraire. Le capitalisme mondialisé des profits cherche des richesses à exploiter (quitte à soumettre des pays entiers), et fait fabriquer des produits dans les régions à bas coût de réalisation, avec des conditions de travail d'un autre temps, puis les importer avec des plus-values, qui vont dans des paradis fiscaux. L'impôt qui doit servir aux services publics est détourné vers des « aides » aux grosses entreprises, sans conditions, augmente les bénéfices des actionnaires qui ne participent quasiment pas à l'amélioration sociale dans une injustice fiscale de plus en plus criante. Quand on a tout délocalisé pour augmenter les gains, les savoirs-faire ont disparu (ou se sont exilés), les entreprises ont mis au chômage massif. Le recours de plus en plus important à l'Intelligence Artificielle va encore accentuer le processus... Et on entend « la voix de son maître » qui diffuse l'impossibilité d'amélioration pour cause de dettes abyssale et de manque de moyens financiers !!! « ON » va ponctionner le travail (pas d'augmentation du Smic, retraite à 64-67 ans !), ponctionner les retraites, dérembourser les soins et médicaments, réduire les aides sociales, laisser s'écrouler les services publics, empoisonner la production agricole intensive, diminuer tous les crédits culturels, dépenser sans compter pour les armes et la militarisation (pour se « protéger » de l'ennemi extérieur et ...intérieur!).
Et puis, avec la démence des tyrans américain et russe (entre autres), se retrouver avec une crise mondiale (comme la crise financière de 2008) qui ne profitera qu'à certains, toujours les mêmes.
Quand la jeunesse qui ne voit plus d'avenir descend dans les rues, le pouvoir en place ne sait réagir qu'en faisant usage de violences répressives démesurées, puisqu'il n'a rien à proposer en ayant laisser tout se dégrader. Faire peur pour calmer les colères. Mais les prix des énergies (qui a été le déclencheur du mouvement des « Gilets jaunes » en 2018), l'augmentation des produits alimentaires (il ne faut pas diminuer les profits, les marges des actionnaires et financiers), les difficultés pour se loger, la mise au chômage dans de nombreux secteurs, ….., tout cela s'est amalgamé et un sentiment de révolte de plus en plus généralisé couvait face à la surdité et l'aveuglement des gouvernants et responsables économiques. Droit dans le mur, et « trop, c'est trop ». Dans leurs palais dorés et leurs demeures bourgeoises (« hors sol »), ils pensaient être à l'abri et pouvoir continuer leurs affaires en contenant les colères par la répression armée. Oui, mais tout a des limites et quand on atteint le point de l'inacceptable, la limite saute...
La seule sortie possible encore pour cette caste est alors de justifier la répression (pardon : ...le maintien de l'ordre) en ne montrant que les débordements matériels afin de minimiser au maximum les mobilisations non-violentes (qu'ils n'entendent plus depuis longtemps, depuis les semaines de manifestations contre la réforme des retraites par exemple).

Les symboles de la caste sont attaqués : les lieux de pouvoir, les boutiques de luxe, les vitrines des banques, les gros 4x4 de ville, les magasins d'alimentation, de vêtements de sport, de téléphonie, ...On comprend les cibles de la colère. La police est attaquée. Oui, mais elle défend quoi ? Les places des villes pour empêcher les rassemblements de masse, les rues sensibles des boutiques de marques, les kiosques de diffusion de la presse Bolloré/Arnaud et autres propagandistes CNews, les …. Analyser pour comprendre...
La seule question qu'on entend répéter en boucle sur les merdias est : qui va payer les dégâts matériels ? On voit bien à qui on a à faire. On n'évoque pas les raisons de la colère, les racines du mal-être, du mal-vivre, on n'évoque pas non plus les antécédents mortifères des actes policiers : mains arrachées, yeux crevés, têtes ensanglantées, palpations sexuelles sur jeunes personnes, grenades versus poubelles enflammées, ….
On devine les réponses du pouvoir : silence du président, premier ministre et chef des polices outrés, prêts à pointer du doigt les « coupables » : l'ultra gauche et LFI, qui n'a fait qu'accompagner un mouvement dont il partage les colères et analyses. On a l'habitude de ce détournement de sens comme lorsque les mêmes disent qu'ils n'ont pas les moyens financiers (rapport à la dette) pour promettre des arrangements. Mais jamais ils n'évoqueront toute l'injustice fiscale, les cadeaux aux entreprises du CAC40 à milliards (sans contreparties).
On a tout compris : parlons de cela, pour éviter d'évoquer cela....Ils ont l'argent, on a le nombre...

Quand le rapport de force change, la peur aussi change de camp. Car aujourd'hui, nous sommes bien dans une lutte des classes, on a bien régressé : « prolétaires » et « bourgeois ». Quand au « clergé », on sait de quel côté il est placé, depuis longtemps, impuni, au-dessus des lois de la République, tout comme les agissements de la police puisque on a tout autant compris l'impuissance de « la police des polices » pour condamner les brebis galeuses (voir le film « Dossier 137 », « vous faites bien votre boulot, mais vous êtes inutiles, sans résultats, sans condamnations, sans révocations »).
Et puis ce n'est pas seulement l'image de la France, car ce qu'on voit ici, on le voit aussi en Italie, en Serbie, peut-être bientôt en Belgique, en Allemagne, en Espagne fragilisée, en …. Beaucoup de pays au monde subissent la même chose et réagissent à l'identique. Et ce n'est peut-être que le début...
Rétablir l'ordre sera la seule déclaration. L'ORDRE : ce mot résonne différemment pour chacun-e.
Par quels moyens ? Changer radicalement ce système qui crée le chaos ou mettre tout le pays derrière des barreaux, le museler, le terroriser avec des armes, … ? On entend bien ces accusations fallacieuses et biaisées : c'est la « faute » de l'ultra-gauche et de l'immigration !!! Bien sûr, ILS sont très forts pour distinguer parmi les cagoulés en noir aussi bien les black blocs, que les groupuscules d'extrême-droite et policiers en civil. EUX, ils n'y perçoivent que des casseurs « gauchistes » !
Quand on voit aussi les symboles de la résistance utilisés : la tête de mort et bandana jaune-rouge du manga « One Piece », les musiques de Hunger Games et Star Wars, on a des références d'une génération (sacrifiée) qui ne veut plus l'être et qui a bien identifié les « causes ». Les pancartes revendicatives sont toutes aussi expressives en sens : « les vrais casseurs sont en costards-matraques ».
L'avenir n'est pas écrit....

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