vendredi 11 septembre 2026

« FACHé, PAS FACHO ! »

Ben oui, aujourd'hui et depuis un long moment, il y a de multiples raisons d'être en colère. Pouvoir d'achat, essence très chère, interdictions multiples, chômage, emplois précaires, effondrement démocratique, politique des égos, mensonges, propagande, surdité face aux protestations, conséquences climatiques, salaires stagnants, …

Et dans ces colères, on aime à trouver des responsables et le doigt se pointe différemment selon comment on capte des informations et comment on les analyse, on les intègre. Les médias de la propagande sont aux mains de ceux qui veulent que leur business juteux continue pour leurs propres intérêts et ceux de leur caste, et donc ils diffusent ce qui ne met pas en cause leurs agissements et désignent des leurres pour canaliser les colères vers ces cibles-là : les « étrangers », les « profiteurs », les « parasites empêcheurs d'agir en paix », les « différents », les …

Cela éloigne de penser aux causes réelles, aux façons de fonctionner pour des intérêts personnels, et permet de diviser pour continuer à régner.

C'est dans cet espace que le racisme trouve sa place car il est un bon défouloir et éloigne des critiques de fond. Bien sûr, il a peu de sens puisque d'une part, la France est un pays colonial qui a profité largement d'exploiter les ressources des pays sous tutelle et d'autre part, si les « travailleurs immigrés » quittaient tous la France, on verrait des pans entiers de secteurs qui seraient bien en difficulté.

On peut avoir des colères communes, mais voir l'avenir de différentes façons : soit l'exclusion, la marginalisation (et jusqu'à l'élimination !!!) ou un changement profond et radical des institutions, de fonctionnement économique, social, environnemental.

Mais aujourd'hui, ce qu'on entend est bien plus violent, avec des résonances qui rappellent , surtout pour des gens d'un certain âge, des souvenirs mortifères d'une période qu'on croyait révolue. Mais non, il faut croire que les leçons du passé ne servent à rien ou qu'on a oublié, qu'on n'a plus de mémoire, que nos cerveaux sont atrophiés.


Aujourd'hui, les limites ont sauté et on est passé du racisme primaire au fascisme d'un autre temps oublié.

Quand on entend les rejets généraux envers les arabes, les africains, les « étrangers », c'est du racisme. Quand on entend qu'il faut éliminer les homos, lesbiennes, transgenres, wokistes, gauchistes, écoloterroristes, ….etc.., ce n'est plus du racisme, mais du fascisme qui rappelle les années sombres du siècle dernier et plus particulièrement en Alsace.

Le racisme, la xénophobie, l'homophobie, le sexisme, le …, se rapprochent de plus en plus du fascisme et il faut bien en prendre conscience.

Dans la porosité de plus en plus marquée de la droite vers le RN/FN, les signes ne manquent pas et le fait le plus scandaleux au niveau de l'Etat ces dernières années a été ce 17 février 2026 où la présidente de l'Assemblée Nationale a demandé d'observer une minute de silence dans l'hémicycle pour un militant identitaire nationaliste et néo-nazi Quentin Deranque, sans avoir pris connaissance de tous les éléments de l'enquête qui a finalement complètement changé les faits présentés dans une urgence médiatique de propagande. Cette minute de silence qui avait été refusée pour Rémi Fraisse en 2014, tué par un gendarme. Un autre signe a été l'adoption de la la loi Ripost qui légalise le droit de tuer par « présomption » !!!

On a bien compris que dédiaboliser ce parti d'extrême-droite dont la chef est condamnée deux fois et qui se présente quand même à une élection présidentielle (pour pouvoir s'amnistier ensuite!), c'est bien une stratégie électorale pour nous refaire le coup une nouvelle fois pour le camp macroniste et du centre du « rempart contre l'extrême-droite ».

Mais, « que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement National ouvrent les yeux : rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme ».

Deux évènements récents illustrent bien cela.

Le procès en cours de l'assassinat du rugbyman argentin du Biarritz Olympique, Federico Martin Aramburu, par deux membres du GUD, mouvement d'extrême-droite. Six balles (dans le dos) à Paris, et les auteurs, Loîk Le Priol, ancien miltaire mais qui s'est fait radier des commandos au bout de deux ans et Romain Bouvier, bien sûr minimisent cet assassinat. Violence viriliste selon eux... « présomption » de légitime défense  !!!

A Carcassonne, les propos racistes, sexistes, homophobes, complotistes et appel à un putsch militaire d'un policier brigadier-chef, ex- parachutiste militaire, militant du RN et service d'ordre de Bardella quand il se rend à Carcassonne sont un autre des aspects. Ce Monsieur C.R. passe au tribunal pour des propos et attitudes qui tombent sous le coup de la loi, avec quatre autres policiers qui ont été suspendus ! Il avait oublié de désactiver sa caméra-piéton et l'enregistrement a duré 6 heures...La ville de Carcassonne a élu un maire RN en mars 2026, Christophe Barthès et cela a « dédiabolisé » certains policiers municipaux...


(https://twitter.com/i/status/2097607476887638020 )


Le RN « condamne les propos tenus, pénalement répréhensibles, qui vont à l’encontre des valeurs portées par notre mouvement », écrit le parti dans un communiqué (sic) !

Christophe Barthès, député puis maire, s'était illustré déjà avec sa pancarte « va faire la soupe, salope ! », propos adressé à une députée écologiste. Il ne faut pas se fier aux costumes-cravates, aux tailleurs bien coupés, le fond idéologique est là bien ancré et visible quand ils se « lâchent ».


Oui, les colères sont légitimes et multiples quand on n'est plus considéré, plus écouté, plus entendu. Mais ce qu'on peut croire comme de « bonnes solutions », ne le sont pas forcément et il faut y réfléchir, observer et ajuster sa pensée vers ce qu'on veut vraiment.

« Fâché, mais pas facho » !

 

 

Et ce glissement est encore plus préoccupant, au niveau mondial, quand on voit que « les successeurs des chefs de deux grands Etats qui écrasèrent le nazisme en 1945 (USA-URSS) se retrouvent en 2026 à se féliciter du score historique en Allemagne de nostalgiques revendiqués de la croix gammée ».*

Voilà où Trump et Poutine nous entraînent : un volte-face radical et il faudrait y trouver de la cohérence, du sens ?





dessin de PAT Thiébaut (Still-67) www.lagitedulocal.com

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* source : Le Canard Enchaîné »

samedi 5 septembre 2026

PROGRAMME COMMUN - PAS ESSAYE - FRONT REPUBLICAIN

Converger, mutualiser, relocaliser, diversité, indépendance, ….

La démocratie est en crise, le cynisme obscène s'affiche tous les jours sur les chaînes TV-radios et médias de Stérin, Bolloré, Arnaud, Dassault, Saadé et consorts...Et il faudrait se contenter à l'impuissance et à la soumission, lobotomisé déjà ! S'auto-censurer par peur et oublier dans quel pays nous sommes : celui des droits de l'homme, une République de Lumières où les libertés étaient chèrement préservées, où les gens ne se disciplinent pas facilement, où l'esprit critique et l'ouverture des consciences trouvent encore des chemins de lucidité.

Cette séquence de l'élection présidentielle revêt une importance plus particulière cette fois-ci puisque tout un système est fragilisé par la captation des richesses par une caste, par une mondialisation financiarisée qui met au grand jour les abus en permanence et la présence d'un fonctionnement de plus en plus mafieux, au-delà des lois et règlements adaptés selon les besoins de l'oligarchie, qui crée les conditions économiques et industrielles d'un dérèglement climatique et social. Afin que celui-ci puisse perdurer à leur seul profit, cette caste utilise tous les médias qu'ils ont acquis afin de nous imposer leur vision du monde et de la société. On diabolise, on dédiabolise, on fake-news, on présente ses candidats apparatchiks aux ordres, on personnalise à l'excès pour empêcher de penser collectivement. 

Pour cette campagne électorale, il y a des noms qu'on souhaite saturer avec tout ce qui existe de négatif afin d'en faire des repoussoirs, des personnages clivants, en manipulant toutes les déclarations hors contexte ou utilisées par bribes. Mais même si l'élection présidentielle est complètement faussée par l'incarnation d'une personne, par la personnalisation, par un casting qui ne révèle que peu de compétences et surtout...qui ne parle jamais de programme, d'une équipe, d'une probable composition gouvernementale. Et qui veut monter les uns contre les autres : diviser pour continuer de régner et que le business perdure, peu importe les dérèglements, les répressions, les exclusions, …

Dans tout ce qu'on entend dans cette propagande orchestrée, il n'y a plus de place pour la réflexion et l'apprentissage du passé (le plus récent même !), la mise en perspective.

Alors voilà trois arguments puisque on entend toujours la même rengaine : la gauche est divisée, irréconciliable, on n'a pas encore essayé l'extrême-droite en cravate, il faut craindre le pire qui est un deuxième tour entre les deux extrêmes où disparaissent le macronisme qui a fait dix ans en enrichissant au maximum les déjà très riches et le parti socialiste qui s'est fourvoyé en cherchant à négocier avec eux et en se faisant rouler dans la farine, d'autant qu'on se souvient encore bien de Hollande président....

Alors, voilà :

  1. « l'Avenir en Commun » était le programme commun validé par le PS, EELV, PC et LFI au sein de la NUPES, puis du Nouveau Front Populaire (NFP), et qui a permis l'élection de nombreux députés et la survie financière du PS, EELV, PC en groupe parlementaire. Ce programme (« réactualisé » pour cette élection 2027) est le plus novateur, en rupture avec ce système du président-roi. Il revoit les institutions et rééquilibre l'économie, la richesse, l'exploitation minière et les ressources naturelles. Il revoit la mondialisation et combat racisme et exclusions. Pourquoi ce programme qui a été signé par tous les partis de gauche ne fait-il plus consensus deux ans après ? Par calcul de stratégie égotique où le PS veut remonter sur le trône -comme Hollande- avec toutes les compromissions qu'on a vu lors de ces dernières séquences parlementaires ? Ce programme qui était commun, l'est toujours, mais plus porté par toutes les composantes, même si Les Ecologistes (ou du moins une grande partie d'entre eux) et le PC pourrait rejoindre cette force montante du désir d'autre chose, d'un autre système, …

  2. « On ne les a pas encore essayé », c'est ce qu'on entend quand on parle du RN-FN comme si ce seul fait leur donnait une légitimité, alors qu'ils n'ont pas de programme opérant et une représentante condamnée déjà deux fois par la justice de son pays et en sursis. Mais si on reprend cette phrase, alors on peut l'attribuer tout autant à « l'avenir en commun » puisque cela non plus n'a jamais été essayé. On a vu au pouvoir la droite UMP, RPR, LR , puis le PS, puis le centre mou et la caste avec MODEM, HORIZONS, RENAISSANCE, EN MARCHE, ...Mais jamais le FN-RN, jamais la Gauche de transformation, de rupture et qui s'attaque aux racines des injustices et dérèglements climatiques et sociaux. Ils sont deux systèmes qu'on n'a jamais essayé.

  3. Lors des deux dernières élections présidentielles, comme d'autres avant, on a agité le racisme, l'exclusion, le manque de programme, la peur d'un Front National au pouvoir et il y a eu un appel pour un « Front Républicain » contre l'obscurantisme d'un parti fascisant. Les partis de gauche se sont joints au centre et encore républicains pour éviter cela. La question qui se pose, en conscience, est que si au deuxième tour, on se retrouve avec l'extrême-droite face à la gauche de transformation, que vont choisir les français ?  Et que vont déclarer les camps centriste, macroniste, socialiste ? Est-ce que le Front Républicain se constituera aussi ?


La question est cruciale sur ce que les habitant-es de ce pays veulent pour leur pays et l'image donnée au monde entier.

Un programme commun de gauche rejeté par le PS alors qu'il leur a bien profité il y a deux ans. Qu'est-ce qui a changé chez eux ?

On n'a pas encore essayé, mais pas qu'un seul groupe, le choix est entre deux groupes très différents de l'idée de la France.

Le Front Républicain qui a profité à deux fois à celui qui s'est comporté comme un roi absolu va-t-il se reconstituer avec les mêmes arguments de dangerosité ?

Qu'est-ce qui a changé en deux ans ?


Il ne faut pas se laisser endormir par la propagande distillée quotidiennement sur quasi toutes les chaînes et même les réseaux sociaux mis aux ordres comme Kombini et Brut par exemple...

Les français ont toujours été d'un esprit critique et combatif. Qu'est-ce qui nous a endormi, rendu craintif avec un sentiment d'impuissance ? C'est le collectif qui donne la puissance et change les rapports de force. L'histoire est là pour nous le rappeler, même si aujourd'hui la démocratie (et la République) sont en danger, fortement malmenées.

 Ils ont l'argent , mais on a le nombre !

 

L'avenir n'est pas écrit....