mardi 19 mai 2026

AU BOUT D'UN MOMENT, ON SATURE...

C'est un peu l'objectif de ce déferlement de « news » quotidiennes, qui tournent toujours autour des mêmes sujets anxiogènes, des mêmes dangers potentiels et des images de destruction massive de personnes et de territoires habités. Basta ! Quel monde …


ça c'est quand on a un quotidien pas évident, que se loger est cher, se chauffer est très cher, se nourrir avec des aliments morts, se déplacer presque plus possible avec perte de travail, se soigner quasi impossible, bref se retrouver dans une précarité qui s'intensifie chaque jour.


Mais il y a aussi un autre monde où les salaires sont basés sur les performances industrielles qui détruisent petit à petit les territoires par l'extraction, l'engraissement par empoisonnement, par la captation de l'eau, par la densification des élevages et de la monoculture, les importations massives de produits éphémères, les places de positionnement politique d'élu-e bien discipliné-e qui profite de la manne publique pour délivrer des discours de l'air du temps...


Les différences de classes existent et les fossés se creusent. Plus la peine de rêver à un quelconque ascenseur social, pure illusion puisque les cercles sont fermés et qu'imaginer pouvoir y rentrer est pure démagogie et instrumentalisation quand ça peut servir les intérêts de la caste.


Donc, nous y voici, nous y revoilà et il faudra bien se déterminer puisque les clivages sont évidents. 

»Si tu es sage, obéissant, sans critique, tu pourras peut-être nous rejoindre et tu auras la vie agréable ». C'est beau comme un conte de fée, comme un discours électoral, mais sans lendemain concret, il faut arrêter de croire éternellement à des beaux rêves qui s'évanouissent dans la brume dès que les yeux s'ouvrent à nouveau sur une réalité quotidienne qui ne s'améliore pas, mais se dégrade de plus en plus... et sans protestations, tellement on est aujourd'hui soumis avec un sentiment d'impuissance. Voilà où on en est et nous sommes tous responsables.

Enfoncés, on n'a plus la force de se rassembler collectivement pour se battre et la répression est très violente. A la limite, on ne dit plus rien pour conserver le peu qu'on a encore. Et au-delà, on profite de tous les avantages en regardant ailleurs et en tenant un discours de méritocratie, cynisme des nantis héritiers.


Alors oui, au bout d'un moment, on sature...

On ne supporte plus les bla bla bla, les discours lénifiants idéologiques, les leçons d'une morale dépassée alors que le cynisme obscène se décline tous les jours sans complexe, on a envie de saboter ce qui détruit ou on se réfugie dans l'individualisme du bien-être personnel, de la recherche de son moi intérieur, un aveuglement volontaire qu'on justifie par l'horreur du monde, la violence humaine et la recherche de l'amour universel. Basta...C'est foutu !

On peut revenir au nihilisme d'une certaine époque car l'espoir on ne le voit plus. Il est obligé de se cacher, de se marginaliser dans ces groupes d'activistes ou ces nouvelles communautés qui se regroupent pour construire le monde de demain en recherchant des pratiques anciennes résilientes, un collectif qui partage, qui mutualise, qui utilise les nouvelles techniques mais en se détachant du contrôle centralisé du « cloud ». Ces ilôts de résistance ou de reconstruction sont disséminés et invisibilisés. Mais ils existent...partout, même si on les dit marginalisés.


Oui, il faudra bien se déterminer, savoir où on se situe et ce qu'on est prêt à faire, à s'impliquer...

Les clivages se précisent, les perspectives s'amoindrissent...

Vous êtes où ?

 


 

lundi 4 mai 2026

DIALOGUE 2026


  • Non mais comment tu veux qu'on accroche avec cette gauche ? On ne voit que « génocide à Gaza », « Palestine vivra », on ne parle que du Liban, de l'Iran et ...en France ? LFI me plombe à ne pas parler de ce qui nous préoccupe, nous travaille. Les Ecolos ? Ils se battent entre eux et parler de pesticides, de vélos et zones piétons, d'interdire l'entrée des villes aux artisans et ceux qui n'ont pas les moyens d'acheter des voitures neuves- critères acceptés en ville- ce n'est pas ce qui va améliorer notre quotidien. Le PS ? Non mais là tu oublies. Tu ne te souviens plus de Hollande qui a engendré Macron en plus. Et les voilà qui ne votent plus les censures et laissent passer le budget. En plus, regarde toute cette bande qui croit qu'on a oublié et qui ne voit qu'une chose, reprendre le pouvoir pour eux, ces politicards professionnels qui n'ont rien fait d'autre et qui sont avec ces centristes mous toujours à la botte de ceux qui dirigent, des girouettes.... Le PC ? Il existe encore, on n'en entend plus parler et pourtant quand ils étaient actifs dans les quartiers, c'était quelque chose : salles communes, ateliers, bibliothèque, spectacles, ...ça occupait les jeunes, ça discutait entre plus vieux...Un autre temps !

  • Non, mais là tu pousses un peu, non ? Tu as lu le programme « l'avenir en commun » ? Voilà du contenu, des propositions, un vrai programme de gouvernement qui devrait unir toute la gauche sur l'essentiel et changer la constitution, nos institutions, s'attaquer aux racines, aux causes, …

  • Oui, mais ce n'est plus d'actualité, on va avoir à nouveau 4-5 candidats qui se revendiqueront de la « gôche » !

  • C'est sûr que tout est faussé dans une élection : c'est la personnalisation, l'incarnation alors qu'un gouvernement c'est une équipe avec des collaborateurs, des techniciens, des gens d'expérience, certains du terrain et pas qu'un bonhomme ou une femme mise en avant. On ne verra jamais une affiche électorale présidentielle avec sur la photo toute une équipe, même s'il n'y a qu'un nom du représentant de l'équipe en gros....et ça changerait notre perception, notre compréhension. Ah oui, avec CEUX-LA pourquoi pas ! Mais ça n'arrivera pas...Et c'est fini le Nouveau Front Populaire d'une gauche unie, rassemblée.

  • Et alors, tu penses quoi ?

  • Il faudrait déjà que ces représentants parlent de ce qui concerne notre quotidien, surtout actuellement. Diminuer les taxes pour que l'on ne dépense pas notre salaire à mettre de l'essence dans la voiture pour aller...travailler et gagner de l'argent ...qu'on met dans l'essence ! Bloquer les prix des produits courants du quotidien, se battre pour augmenter les salaires en taxant les plus riches qui se gavent sur notre travail et donnent à leurs actionnaires planqués qui ne produisent rien, ne partagent rien, des cyniques obscènes...Garder la Sécu et profiter de la baisse de natalité pour réduire les effectifs des classes dans les écoles...Ne pas nous bassiner avec ces guerres, ces génocides qui ne s'arrêtent jamais de toute façon et où on n'y peut rien, bref parler du quotidien et pas faire de beaux discours qui ne nous intéressent que peu...Il ne reste que là où on vit où on peut un peu agir avec les échanges entre voisins ou dans des groupes.

  • Là tu es d'un pessimisme consternant. Et le racisme, l'extrême-droite qui se voit déjà en poste à l'Elysée et dans les ministères, tu en fais quoi ?

  • Mais toutes leurs idées sont déjà là et votées pour certaines, avec une droite (dans le temps gaulliste sociale) et qui aujourd'hui est en phase avec l'extrême-droite. Il n'y a plus de différences, quasi plus aucune, alors ce n'est pas la peine de parler de ce qui risque d'arriver, on l'a déjà laissé s'installer....Mais ce sera pire pour tous les bronzés, métissés, identifiés racisés. Et ça c'est ce qui nous fait encore réagir. Personne n'est là pour dire que si on expulse ces gens, l'économie va subir un sacré choc car pas mal de secteurs seront vidés de leur main-d'oeuvre et ça, on n'en parle pas...

  • Et alors, tu vas faire quoi, toi ? Voter quoi ?

  • Je n'y crois plus au changement par le vote, il y aura un taux d'abstention tellement important (comme c'était déjà le cas) que ce sera un élu avec 20% des voix, une parodie de démocratie, de république, une sorte de 49.3 présidentiel !

  • Et alors ?

  • Se battre localement, sur le territoire où on vit, crée du lien, des réseaux d'échanges, s'alimenter auprès des producteurs locaux, mettre des choses en commun, ne plus se laisser imposer des décisions par les seuls maires et com 'coms, avoir le courage d'imposer ce qui est du bon sens, du bien commun, vital pour tous. Bref, rendre la vie plus supportable dans le quotidien où on vit. Et pour cela, il faut sortir de l'individualisme, recrée du lien entre les gens, partager, s'entre-aider...C'est probablement du rêve, mais si on ne croit plus en rien, si on se sent impuissant sur tout, ce qui nous empêche d'avancer, alors que resterait-il ? Il faudrait augmenter les salaires, faire ruisseler la richesse produite et pas dans les poches de ceux qui en ont déjà bien assez, diviser par deux le prix des trains et bus, détaxer l'essence pendant cette crise, bloquer les prix des produits du quotidien, importer moins, échanger plus, il y a tant de choses possibles à faire, mais...

  • Ce que tu dis est très pessimiste, voire réaliste, des constats bien amers, mais qu'ai-je à te répondre encore pour faire croire à un meilleur lendemain ? Viens , on va se poser sous cet arbre, écouter les oiseaux et le vent.