C'est un peu l'objectif de ce déferlement de « news » quotidiennes, qui tournent toujours autour des mêmes sujets anxiogènes, des mêmes dangers potentiels et des images de destruction massive de personnes et de territoires habités. Basta ! Quel monde …
ça c'est quand on a un quotidien pas évident, que se loger est cher, se chauffer est très cher, se nourrir avec des aliments morts, se déplacer presque plus possible avec perte de travail, se soigner quasi impossible, bref se retrouver dans une précarité qui s'intensifie chaque jour.
Mais il y a aussi un autre monde où les salaires sont basés sur les performances industrielles qui détruisent petit à petit les territoires par l'extraction, l'engraissement par empoisonnement, par la captation de l'eau, par la densification des élevages et de la monoculture, les importations massives de produits éphémères, les places de positionnement politique d'élu-e bien discipliné-e qui profite de la manne publique pour délivrer des discours de l'air du temps...
Les différences de classes existent et les fossés se creusent. Plus la peine de rêver à un quelconque ascenseur social, pure illusion puisque les cercles sont fermés et qu'imaginer pouvoir y rentrer est pure démagogie et instrumentalisation quand ça peut servir les intérêts de la caste.
Donc, nous y voici, nous y revoilà et il faudra bien se déterminer puisque les clivages sont évidents.
»Si tu es sage, obéissant, sans critique, tu pourras peut-être nous rejoindre et tu auras la vie agréable ». C'est beau comme un conte de fée, comme un discours électoral, mais sans lendemain concret, il faut arrêter de croire éternellement à des beaux rêves qui s'évanouissent dans la brume dès que les yeux s'ouvrent à nouveau sur une réalité quotidienne qui ne s'améliore pas, mais se dégrade de plus en plus... et sans protestations, tellement on est aujourd'hui soumis avec un sentiment d'impuissance. Voilà où on en est et nous sommes tous responsables.
Enfoncés, on n'a plus la force de se rassembler collectivement pour se battre et la répression est très violente. A la limite, on ne dit plus rien pour conserver le peu qu'on a encore. Et au-delà, on profite de tous les avantages en regardant ailleurs et en tenant un discours de méritocratie, cynisme des nantis héritiers.
Alors oui, au bout d'un moment, on sature...
On ne supporte plus les bla bla bla, les discours lénifiants idéologiques, les leçons d'une morale dépassée alors que le cynisme obscène se décline tous les jours sans complexe, on a envie de saboter ce qui détruit ou on se réfugie dans l'individualisme du bien-être personnel, de la recherche de son moi intérieur, un aveuglement volontaire qu'on justifie par l'horreur du monde, la violence humaine et la recherche de l'amour universel. Basta...C'est foutu !
On peut revenir au nihilisme d'une certaine époque car l'espoir on ne le voit plus. Il est obligé de se cacher, de se marginaliser dans ces groupes d'activistes ou ces nouvelles communautés qui se regroupent pour construire le monde de demain en recherchant des pratiques anciennes résilientes, un collectif qui partage, qui mutualise, qui utilise les nouvelles techniques mais en se détachant du contrôle centralisé du « cloud ». Ces ilôts de résistance ou de reconstruction sont disséminés et invisibilisés. Mais ils existent...partout, même si on les dit marginalisés.
Oui, il faudra bien se déterminer, savoir où on se situe et ce qu'on est prêt à faire, à s'impliquer...
Les clivages se précisent, les perspectives s'amoindrissent...
Vous êtes où ?

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