jeudi 20 août 2026

LE CASTING DE L'INCARNATION COMMENCE

 Quelques réflexions globales préalables

Un pays est gouverné par une équipe de ministres et des hauts-fonctionnaires, secrétaires d'Etat et autres collaborateurs. Le chef de l'Etat est le garant des institutions et de la mise en œuvre des lois et budgets votés par un Parlement composé de députés, élus par le suffrage universel et de sénateurs, élus par les « grands électeurs «  (maires et autres « dignitaires d'Etat »). C'est le principe de la Vème République de 1958 toujours en vigueur et dont on a pu observer les dérives possibles lorsque le chef de l'Etat s'octroye les pleins pouvoirs en ne respectant plus les débats par l'adoption du 49.3 et le non-respect du résultat des élections législatives qui donne la place de premier ministre au groupe qui obtient le plus de voix.

Nous sommes à la fin de l'été 2026 et dans quelques mois, ce sera l'élection présidentielle (18 avril-2 mai 2027) où le « sortant » après deux mandats quinquennaux successifs ne peut plus se représenter. C'est donc parti pour le grand casting des candidat-es et le déferlement des « sondages » qui valent ce qu'ils valent : des influenceurs d'opinion plus que des images de la société à un moment précis.

Le système de l'élection présidentielle est le pire puisqu'il est centralisé, focalisé sur l'affichage d' UNE seule personne qui est la cible de toutes les attaques (son physique, déclarations, rumeurs et chuchotages, fake news et déstabilisations si ce n'est diabolisation, …). Un système qui fausse toute analyse en profondeur et qui dénature totalement les choix pour un événement qui peut changer énormément la vie quotidienne et la vie du pays, socialement, économiquement, politiquement, démocratiquement, institutionnellement, fiscalement, …

Se déterminer sur le jeu des portraits pour un enjeu pareil, c'est fausser tout un avenir possible, qui peut être différent, en meilleur ou encore en pire. En 2027, nous sommes à un moment charnière de l'histoire de notre pays et de sa place en Europe et dans le monde.

Dans la galerie des portraits, nous avons une pléiade de prétendant-es, car ça attise beaucoup d'égotiques, apparatchiks professionnels qui ne connaissent pas grand chose de la vie quotidienne « de terrain », la vie des gens.

On en connaît certain-es par les merdias qui doivent remplir leurs journaux, radios, tv tous les jours pour créer de l'espace publicitaire pour des produits éphémères à l'obsolescence programmée et de goûts douteux !

Nommons les plus probables : La Pen, Zemmour, Retailleau, Philippe, Attal, Glucksmann, Mélenchon, ...Celles et ceux que je ne nomme pas ici peuvent se retrouver ensuite dans des équipes gouvernementales bien sûr.


Un peu de recul

Quand on a des convictions qu'on traduit dans des idées fortes, qu'on a bien réfléchi à un ensemble de dispositifs opérants et réalisables, on les consigne dans un ...programme. Et c'est celui-ci qui est le fondement de toute avancée possible. Il guide les choix de mise en œuvre, les changements profonds à réaliser. Un programme dans la durée que tout le monde peut lire pour se déterminer ensuite. C'est comme cela que ça devrait se passer : choisir un programme.

Mais, on le sait bien, aujourd'hui, on n'en est plus là, puisque c'est sur des portraits individuels qu'on se détermine superficiellement alors que ça va engendrer des années de vie. Beaucoup de candidat-es se préparent à du casting et de la com' médias, ce qui veut dire parler de choses qui peuvent plaire à un électorat donné, changer même selon l'actualité du jour, coller aux « idées » à la mode, emprunter celles des concurrents pour troubler la compréhension, instaurer des doutes permanents, bref utiliser des méthodes qui n'ont plus grand chose à voir avec des convictions ou des visions évolutives et émancipatrices.

Avec comme résultat que les programmes portés par les uns et les autres n'apparaissent jamais et parfois il n'y en a même pas puisque leurs communications ne portent que sur quelques points généraux (sécurité, racisme, endettement,....).

Le programme, pas la personne

On peut donc mesurer le sérieux d'une démarche quand on a un représentant qui est porteur d'un programme construit depuis des années, avec une équipe stable et en capacité. Si on prend ces critères pour faire des choix, alors celui-ci se réduit drastiquement.

Et dans le programme, on va donc puiser ce qui nous convient en fonction de ce que chacun-e souhaite voir se réaliser et qui va faire la différence de ce que peut devenir le pays dans les années à venir. Et si ces programmes sont radicalement différents, cela devient un vrai choix de société.


Il est donc indispensable, en tant que citoyen-ne, de lire les programmes proposés plutôt que de se focaliser sur le portrait du représentant qui va le porter pendant la période électorale et sera le porte-parole et garant de la mise en œuvre de ce programme avec son équipe et les votes du Parlement -à nouveau respecté- qui sera nouvellement élu aussi et peut-être à la proportionnelle pour une plus juste représentativité du « peuple souverain » dans une République, selon le résultat du vote de l'élection présidentielle.