mardi 26 mai 2020

VOUS EN REVIEZ, MAIS RIEN N'A CHANGE

Les mêmes schémas, les mêmes modèles, les mêmes discours et stratégies, la même poudre aux yeux de perlimpinpin...Double peine, avec des éléments de langage, d'une part et "en même temps" des décisions ou silences ou actes contradictoires. Derniers exemples. 
 
Les villes développent les pistes cyclables, souhaitent moins de voitures dans l'espace urbain et ...le gouvernement va mettre des milliards (qu'on nous fera payer pour "rembourser la dette") pour Renault, industrie automobile, soutien aux milliers d'emplois qui pourraient être utiles, employés dans d'autres secteurs. Et avec un discours d'accompagnement dans l'air du temps du ministre de l'économie, B.LeMaire qui prône que "le plan de soutien sera orienté vers les technologies vertes et une relocalisation de productions en France". 
Pour les héros de la santé, on inaugure un "Segur", une "consultation" jusqu'en juillet avant la présentation d'un programme de soutien selon le 1er ministre qui se veut "pragmatique" (on sait ce que cela veut dire). Les soignants-hôpitaux ont déjà largement ces dernières années exprimés ce qu'ils veulent pour améliorer le système. Mais le gouvernement veut une consultation. On connaît le Grand Débat National, la Convention Climat, ...et comment cela été (non)-traduit dans les faits !!!! 
Par contre pour la surveillance numérique, l'application Stop Covid, une présentation rapide, un débat minimal et un vote immédiat sans surprise puisque LREM-Modem votent comme un seul homme, comme sous la royauté...
Et puis, la jeunesse, notre avenir, une priorité pour M. Macron. Après avoir diminué leurs indemnités APL (aides au logement) de 60 €, voilà qu'il refuse de leur verser le RSA en cas de précarité (pour les 18-25 ans). Oui, une priorité, c'est évident...
 
Oui, "le temps est venu" (comme dirait le prophète qui nous endort) de se frotter les yeux et de se dire que le changement ne viendra pas de là, mais de nous, résistant-e-s d'aujourd'hui qui sommes le nombre et LES GENS. Ce mercredi 27 mai est la journée nationale de la Résistance, souvenez-vous (ou re-lisez) du Programme du Conseil National de la Résistance "les jours heureux" , banques nationalisées et mise en place des services publics dans un pays en ruine. Les discours actuels, les excuses de la mondialisation, du chantage à l'emploi, de la charge de la dette, ne sont que des leurres quand on revoie ce passé pas si loin. 
 
Souvenez-vous ou inspirez-vous...
 
 
 
 
 
"Ceux qui se battent peuvent perdre, ceux qui ne se battent pas ont déjà perdu" (Bertold Brecht)
 
Le rassemblement annuel des Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui (CRHA) sur le plateau des Glières où on rencontrait Stéphane Hessel, Walter Bassan et d'autres n'aura pas lieu sous cette forme cette année. Mais les animateurs et d'autres vont créer/proposer ce jour-là un programme actualisé et la création d'un Conseil National de la Nouvelle Résistance. 
 
Alsacien, fils d'un Tambow, j'ai probablement une mémoire inscrite dans mes gènes et toute injustice ou abus/captation abusif de pouvoir me sont insupportables. Je suis loin d'être seul dans ce cas et l'insoumission, la résistance, la liberté sont notre ADN...Nous savons ce que nous devons aux "Jours Heureux" le programme du CNR de 1945 et ne laisserons pas un gouvernement les casser au nom de l'argent, de la rentabilité comme seuls objectifs avec des pouvoirs captés par une seule caste. 
RESISTANCE !
 
 
 
 

dessin de VEESSE www.hebdi.com
le magazine satirique-lanceur d'alerte indépendant alsacien

samedi 9 mai 2020

" DANS LE DOUTE, ABSTIENS-TOI !"



"La priorité est la santé."
C'est ce qu'affirmait le roi-président il y a une-deux semaines avec une solennité qu'il voulait dramatiser. Mais l'acteur Macron commence à nous fatiguer car son registre est toujours le même : un discours adapté selon les conditions du jour (donc changeant comme la météo) et ensuite, les affaires continuent et on fait comme ont dit les commanditaires. Là, on est proche de l'écoeurement total.  
"Il a râté le confinement, il faut réussir le déconfinement" ...coûte que coûte serait l'expression adaptée. Rouvrir les écoles pour que les parents retournent bosser ...et rattraper les retards « économiques » !!!! en bossant encore plus et d'ici l'automne, on dira «  pour lutter contre l'appauvrissement généré par la crise sanitaire". Vous avez mis le décodeur, donc vous savez ce qui nous, vous attend ! Et puis, beaucoup de français-es sont déjà contaminés par la propagande gouvernementale des médias-copains quand on entend : "on aimerait que notre département passe au vert". Non, attendez ça veut pas dire devenir écolo, c'est juste vert sur la carte de déconfinement. OK, ils n'ont pas encore compris, et qu'ils sont manipulés.  Alors regardons les différences entre classé vert et classé rouge. TROIS choses super vitales : dans le rouge, ne seront pas ouverts les collèges, les parcs, les jardins. Voilà, c'est tout. Non, vous ne rêvez pas, écoutez attentivement...Donc 69 départements verts et 32 rouges, tout le quart Est du pays. Les ministres exhument leurs trophées de réussite (attendues) : les crèches, maternelles et primaires seront ouvertes soit 1 million d'élèves (15%) et 130 000 enseignant-e-s , les usines-commerces ouverts (sauf bars-restaurants, lieux de spectacles et de sports, ...). 

Alsacien, je suis content d'avoir au moins entendu Frédéric Bierry, président du département du Bas-Rhin dire clairement les choses : "déconfiner le 11 mai dans ces conditions est de la PURE FOLIE". Et lui a été sur le terrain tout le temps, est passé outre des blablablas gouvernementaux pour commander, distribuer masques et commencer très tôt des tests. Il sait ce qu'ont subi les hôpitaux, les personnels soignants, les éduc's, caissières, employés, éboueurs, etc...tout ces « invisibles » que Macron croit calmer en offrant des primes (pas des augmentations de salaire, non) de nos impôts qu'il nous fera payer plus tard quand il faudra "pallier à l'appauvrissement du pays" suite à la crise. 
ISF, paradis fiscaux, taxation des transactions, tout cela il ne connaît pas. Il est sourd de tous les côtés et ses logements ne donnent que sur les grands boulevards !!! Il y a de quoi être écoeuré et c'est le but, nous épuiser pour pouvoir continuer et même accentuer encore plus l'a-normal d'avant. Vous croyez retrouver de la liberté en soufflant de bonheur de pouvoir circuler. Un leurre total, votre liberté, notre liberté n'est plus qu'apparente. Vous souvenez-vous des éborgnés, de la répression violente, et aujourd'hui des brigades sanitaires qui passeront outre tout secret médical avec un tracking numérique généralisé, mais ...anonyme !  Ce cynisme affiché, exprimé, ça ne fait plus rire ! 

Et puis, pas un mot sur ces gens qui ont du mal à se nourrir aujourd’hui, dont la précarité a encore été accentuée par la crise sanitaire, le confinement nécessaire. Mais tout cet aspect social est du ressort des départements, donc à eux de se débrouiller. 

Il y a les mots, les déclarations et puis, il y a les actes, les décisions. Le décalage entre les deux est abyssal. Et les contradictions permanentes ont creusé la perte de confiance (si elle a existé), elles génèrent angoisses, doutes et un sentiment profond d’impuissance, qui engendre une certaine soumission et en cela, renforce encore le pouvoir souverain.

Bon déconfinement dans l'inconnu ...








                                                                      dessin de VEESSE 
                                          www.hebdi.com      le magazine satirique alsacien indépendant

dimanche 3 mai 2020

PAS DE RETOUR A L'A-NORMAL !


On est loin de la disparition du virus, loin d'un vaccin (de toute façon le prochain aura encore muté différemment)  et pas encore de traitement vraiment 100% efficace...
On a encore pas mal de semaines et mois à passer avec des attitudes de protection et distanciation physique.On nous parle de reprise, qu'il faut que les gens retournent au boulot pour faire tourner "l'économie", les actionnaires piétinent d'impatience... Ils veulent le retour à la normale qu'on devrait appeler clairement "l'a-normal", tellement les problèmes viennent de là, de ce mode de fonctionnement qui n'a plus rien de cohérent, mais une anarchie de concurrence et monétarisée, mondialisée. On en a vu l'effondrement, mais ...pas totalement ! 
Qu'est-ce qui a tenu ou survécu grâce à la volonté et l'investissement humain de celles et ceux qui font tourner, fonctionner....le pays ? Posez-vous encore une fois la question : qui a fait quoi pour que ça fonctionne encore ? 
On a eu de l'électricité, de l'eau, les connections internet/fibre/téléphone, de quoi se nourrir, se déplacer encore, des soins intensifs dans une période de surchauffe, ...
Oui, posez-vous une troisième fois la question : qui a fait quoi pour ça ? 
Quand vous aurez une réponse dans votre tête, regardez ce qui se passe pour un déconfinement (imposé/écoles), qui parle et dit ce qu'il faut faire ou pas. Ce ne sont pas les mêmes...


Et voilà, vous avez tout compris. Celles et ceux qui font tourner le pays (une grande partie de fonctionnaires) sont dans les biens communs, les services publics, tout ce que ceux qui parlent et décident veulent casser, privatiser, rentabiliser, ....
Ce décalage est tellement évident aujourd'hui que ces personnes veulent être suivies, qu'on obéisse avec la même surdité qu'ils nous ont montré depuis deux-trois ans lorsque les Gilets Jaunes, les retraités, les chômeurs, les personnels de santé, les profs-instits, les ouvriers-employés et même cadres étaient dans la rue à devoir crier, hurler leurs revendications ....sans aucune écoute ! Alors, qui fait tourner le pays ?

J'ai entendu quelqu'un de cette caste-oligarchie dire que "les patrons sont les SOIGNANTS de l'économie". Ils n'ont pas honte d'utiliser des mots à leur sauce (comme résilience, solidarité, ....). Mais on parle de quelle économie ? Celle qui nous a rendu dépendants de la Chine qui peut fermer le robinet quand elle veut et se vendre au plus offrant ? 

REPRENONS LE POUVOIR : économie locale, droit de retrait, démocratie communale et territoire, .....Résistance puisque "nous sommes en guerre" selon le Président, CE temps de "guerre" où les masques sont VENDUS dans les supermarchés (et non pas distribués aux gens).
PERTES humaines, mais PROFITS financiers. 
Tout est symboliquement là, voilà.





samedi 18 avril 2020

TEMPS DE RUPTURE ?


Après un mois et demi de confinement, ce qui manque vraiment, ce sont les relations sociales, les présences physiques, les moments ensemble, la vie sociale humaine, quoi !
 

Angoisse, inquiétude et colères sont les sentiments qui animent ces moments si particuliers.
J’ai beau vivre dans un bel environnement, à distance du chaos, être dans un rythme retraité depuis des années et donc pas dans une véritable rupture quotidienne, malgré tout, c'est un tout qui interpelle quand ça touche toute la planète à cette vitesse et dans ces proportions.
Ce mode civilisationnel économique, monétarisé, mondialisé montre toutes ses facettes monstrueuses, ainsi que le cynisme des "dirigeants" du monde qui ne dirigent plus grand chose, puisque ce sont les gens qui se solidarisent, les gens qui travaillent, alors que les sièges des entreprises sont vides...




Nos parents ont connu la guerre, nous, la transformation financière du monde et le développement de l'addiction numérique.
Et les épidémies, sars, mers, sida, HiV1, …, covid maintenant , les autres à venir avec la fonte du permafrost, les catastrophes climatiques, le terrorisme aveugle et fanatique, le-s... Oui, ce n'est pas la même chose qu'une guerre qui a détruit des millions de vies, mais nous, on ne connaît que ça, on vit ça...

Après la guerre, il y a eu la reconstruction, le désir de paix, d'une vie meilleure. Le Conseil National de la Résistance a mis en œuvre son programme intitulé "les jours heureux" avec la création de tous les services publics dont la Sécurité Sociale mutualisée, mais surtout en nationalisant les banques et les secteurs industriels vitaux. M. Macron a osé mettre ces mots (les jours heureux) dans son allocution de lundi soir 13 avril, une honte quand on sait que toute sa politique (et celle de ses prédécesseurs qu'il a encore amplifiée) est le contraire, la casse et mise en concurrence des services publics, la privatisation et la gestion managériale d'entreprise et l’obsession des rendements financiers.




Oui, angoisse et colères, car il y a les mots et puis les actes. Et il n'y a rien à attendre de ces cyniques, pas de rupture, car ces technocrates formatés ne connaissent qu'un modèle. Et ils n'ont qu'un objectif : le retour à la normale et à la croissance !!!
Or c'est ce normal (pour eux) qui pose problème. Et qu'il faut complètement changer. Nos enfants ont du boulot !!!
Mais le moment est bien là, pour amplifier ce qui se passe depuis un moment un peu partout aussi dans le monde : une autre façon de vivre, plus locale (mais ouverte sur le monde par les réseaux), plus résiliente, plus collective, plus ...humaine, maintenant qu'on a bien compris nos fragilités et nos dépendances.
Et réhabiliter, r’habiller ces services publics, de santé, de transports, ...en rémunérant ces personnels « utiles » à leur juste hauteur. Pas par des primes (comme une aumône de remerciement), mais par des augmentations de salaires (pour tous d’ailleurs) et des conditions de travail dignes d’un pays civilisé !

J'en suis bien là, observateur impuissant, inutile. Je n'ai plus que mon expérience à partager, mes réflexions. Je reste un optimiste angoissé.
Quand je regarde autour de moi, je vois la beauté de la nature sous toutes ses déclinaisons, je me sens animal humain, petite espèce fragile, dépendante, sociale, faisant parti d'un tout, relié. Et avec des émotions, ce qui est le propre de l’humain.

J’ai aussi encore un regard qui porte plus loin, des visions d'un temps à venir, fruits de l'imagination et des désirs-rêves, c'est la part d'angoisses constructives.

2020...Z0Z0...An 01 ou cap vers/dans le mur 

Comme je dis toujours, 
l'avenir n'est pas écrit !

vendredi 13 mars 2020

LE POSITIF derrière la peur



De mon point de vue, je vois aussi plein de signes positifs à ce que déclenche cette crise, cette épidémie virale.

Ce que nous dénonçons depuis des lustres (au niveau des Verts) se fait évidence aujourd'hui. L'industrie, la circulation automobile, les avions, les bateaux-tankers, l'énergie, les activités agricoles sont les causes principales de la pollution. Les avions qui volent à vide (pour conserver leurs créneaux) montrent la stupidité des règles européennes. La dépendance économique envers la Chine est démesurément trop importante et on en voit les incidences et les dépendances majeures dans tous les secteurs même prioritaires (médicaments et autres...). Les productions agricoles dans la concentration des fermes géantes et la promiscuité créent des foyers de mélanges de molécules qui mutent gravement....

La nécessité des services publics (hôpitaux, personnels soignants, Sécu mutualisée, ...) se fait criante et montre les conséquences en services réduits...Les marchés financiers (qui étaient tout près d'une nouvelle crise après 2008 bien que regonflés grâce à nos impôts) s'écroulent avec des milliards de pertes en bénéfices journaliers et on voit ainsi les sommes spéculées qu'on peut mettre en relation avec les plaintes d'un Macron qui veut justifier la réforme des retraites par points à cause d'un manque de quelques milliards (12 !!!), qui sont largement dans les réserves des assurances-vie....

Emplois, déplacements professionnels, transports publics, services et biens communs sont interrogés tout autant. Bref toute l'idéologie de la croissance (éternelle) et de l'emploi prioritaires s'écroule et la rupture à entamer est si visible qu'il a peur de devoir peut-être l'engager au-delà de ses blablabla habituels....car il (M. Macron) peut aussi mesurer dans un temps de crise la fragilité du système mis en place par ses commanditaires où dans une période de ce type, ils font "chacun pour soi". Leur modèle mondialisé se liquifie....

Il peut parler de "solidarité" et "d'union" mais c'est ce président Macron qui a divisé, a pris fait et cause pour l'oligarchie et s'est éloigné inexorablement des habitant-e-s de son pays...Aujourd'hui, il est seul et les personnes s'en sortiront sans lui comme c'est déjà le cas....car on ne compte plus sur ce gouvernement, la confiance est cassée.  
         "Nous ne sommes pas du personnel, nous sommes des gens."



Après avoir écrit cela, tout d’un coup hier soir (jeudi 12 mars), j’entends Jaurès à la TV ou alors le porte-parole du Conseil National de la Résistance ou encore...enfin voilà ce que j’entends :

« ...il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties.
(...) c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe.
(...) c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché.
Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main.
Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai. » 

 
Je reconnais cette voix, mais oui, c’est le Président Macron, on est en 2020. Mais là, il dit tout le contraire de ce qu’il a fait depuis qu’il est au pouvoir absolu. Trois ans à casser les services publics, à vouloir rentabiliser l’hôpital, à démolir la retraite mutualisée, à précariser encore plus et être sourd à deux ans de mobilisations dans la rue, réprimées par la police armée qui mutile les gens violemment.






La nature reprend le dessus puisque l’homme a été sourd aux alertes et aux cris. Big data qui assiste à l’écroulement du modèle château de cartes.  
Il y avait urgence, là il y a pandémie.

lundi 17 février 2020

MUNICIPALES : une formalité sans surprises ? **

« Je me représente encore une fois car la liste d’opposition ne saura pas gérer la commune ». « Je me représente encore, car personne d’autre ne s’est signalé et je ne suis pas encore usé(e) ». « Je me représente car j’ai des dossiers-projets en cours et je veux les terminer ». « Je me représente car je suis touché par le cumul des mandats et je préfère reprendre mon ancien poste de maire et laisser tomber les autres mandats plus aléatoires (et donc toi mon adjoint qui m’a remplacé, dégage...) ». « Je me représente car je suis attaché-e à ma commune (je suis disponible,  je n’ai rien d’autre à faire, je connais du monde, ...) »
Bon , on pourrait continuer ainsi à démultiplier les exemples sans trop tomber dans la caricature, car on a entendu tous ces arguments et justificatifs. Mais tous ceux/celles-là sont à côté de ce qui est écrit sur le ponton de leur mairie où ils passent pourtant souvent, sinon quotidiennement : « Liberté, Egalité, Fraternité ».



Quand on découvre des listes municipales où c’est un montage équilibré de façade (des jeunes, des vieux, des blancs, des colorés, des …), on comprend l’objectif : faire plaisir à tout le monde, peu importe la cohérence et les projets. Quand on découvre des listes municipales avec  des gens qui ne vivent même pas de façon permanente dans la commune (mais le week-end, en vacances, dans leurs résidences secondaires), avec des jeunes qui suivent leurs études ou travaillent loin de leur village où ils ne viennent plus qu’épisodiquement voir les parents, des listes épurées de tous ceux qui ont pu émettre des critiques ou des projets autres, alors on est loin de la représentativité collégiale, on est dans un casting passif. Quand les conseils municipaux ressemblent à juste la validation des décisions du maire - voire la validation des décisions de la Com’Com’ du coin (souvent des décisions gouvernementales transmises et à mettre en œuvre)-, on est loin de la liberté de la parole, du débat, d’une autonomie adaptée au territoire.
Les élections devraient être des moments démocratiques pendant lesquels on essaye de trouver un équilibre et quelque chose de vivant, d’inventif. Mais par chez nous, en France, et encore moins en Alsace, terre de conformisme et de légalisme, il n’y a guère de place pour la critique, l’alternative, l’innovation, le changement de fonctionnement, le débat sur des idées nouvelles, l’expérimentation, etc… Bien sûr, il ne faut pas non plus être aveugle, il y a des lieux, des communes différentes où cela existe, mais elles sont si rares et discrètes que personne ne souhaite s’en inspirer, car ça remettrait en cause pas mal d’attitudes et de choix, voire mettre en lumière une certaine incapacité ou indolence.
Avoir une vision pour sa commune, l’intégrer dans un dessein territorial, changer les méthodes pour  une vraie démocratie de construction collective, user du « nous » et oublier le «  je », rassembler toutes les énergies sans tenir compte des a-priori, des différences d’appréciation, s’occuper des communs et non pas des intérêts particuliers, accepter la discussion et penser la mairie comme une maison commune de la citoyenneté. Ce ne sont pas des rêves, des délires, cela devrait être la norme dans une République laïque.
Liberté, égalité, fraternité : quand on franchit le seuil de ce lieu où s’affichent ces valeurs, il faudrait être conscient que cela devrait être un devoir, un souci permanent.
On peut se demander aujourd’hui si les mots ont encore du sens ou si ce ne sont plus qu’un décorum et les personnes élu-e-s des comédiens, plus ou moins bons, dans une pièce sans surprise à laquelle on n’a même plus envie d’assister.
L’état de notre démocratie est au plus mal, cela permet de perdurer, mais engendre aussi des tensions, des frustrations, des colères, de l’indignation et les élu-e-s en sont souvent bien complices par leur passivité et silences.
Cela est vrai depuis pas mal d’années et nous revotons les mêmes personnes ou les même schémas en toute connaissance de cause.
Cela aussi devrait nous interpeller sur notre propre attitude, notre rapport au pouvoir. Pourquoi ?





Une réflexion encore. Quand on présente une deuxième, une autre liste, lors d’une élection municipale par exemple, cela est perçu immédiatement comme une liste « d’opposition ». Pourquoi ? A chaque élection, les cartes sont rebattues, on présente des projets, des idées et aux électeurs-électrices de faire un choix. Si une des listes est l’équipe sortante, elle a un bilan à présenter et des nouvelles perspectives. Elle n’a donc « rien à craindre » sans compter qu’elle bénéficie de la « prime au sortant ». Pour faire un choix, il faut au moins deux listes, sinon c’est quoi un choix ? En continuant sur cette idée, on pourrait très bien imaginer, afin que la démocratie puisse s’exercer, de rendre obligatoire qu’il y ait au moins deux listes par commune. Ainsi, il n’y aurait plus opposition, mais propositions. Cela redorerait la démocratie, non ? A méditer...



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** Mes « textes » sont du débat, des réflexions
    et non pas, je le répète, des affirmations !

Dessin de Pat Thiébaut  67-Still    www.lagitedulocal.com

dimanche 16 février 2020

MUNICIPALES : COMME D’HABITUDE ou UNE DEMOCRATIE DE CONSTRUCTION

Candidat-e-s ?
 
Les candidat-e-s aux Municipales parlent beaucoup pour que les gens votent pour eux/elles ou alors ...se taisent, sortent leur liste au dernier moment pour éviter toute discussion...Il y a ceux qui ont un bilan positif et ne se représentent plus après deux-trois mandats, ceux-là ont une vraie éthique et on les apprécie pour l’exemplarité. Il y a celles et ceux qui mettent en avant une ou deux réalisations pour dire qu’ils-elles ont encore des projets à terminer et les nouveaux candidats qui font des promesses, qui déclinent des projets destinés à nous enchanter. Il y a celles et ceux qui construisent une liste comme une palette de couleurs (un blanc, une femme, un noir, une jeune, etc.), d’autres qui lancent un appel envers celles et ceux qui veulent s’investir et portent des projets-idées. Il y a celles et ceux qui décident seul-e-s de tout et celles et ceux qui mettent tout en discussion, qui agissent et décident collectivement. Il y a celles et ceux qui s’accrochent indéfiniment à un titre, comme s’il n’y avait rien d’autre dans leur vie, et squattent la fonction  éternellement, en en faisant un « métier » rémunéré et avantages en nature (invitations, voyages « d’études » all-inclusive , …), contraire à une démocratie vivante puisque leurs territoires deviennent des royautés locales d’un autre temps. Il y a celles et ceux qui aiment les sunlights, qu’on parle d’eux et qui pensent aux avantages, aux intérêts privés qu’on peut tirer de la fonction...Il y a celles et ceux qui se rangent toujours du côté de ceux qui sont au pouvoir (quitte à changer de soutien à chaque nouvelle élection, des girouettes, quoi!), qui s’en revendiquent ou alors voilent cette proximité lorsqu’ils sont en campagne en disant que là non, c’est pas politique !!! Et il y a celles et ceux qui sont sincères, exemplaires, ces personnes de l’ombre qui parfois prennent le courage de s’exposer car ils ont des convictions profondes, des projets qu’ils-elles souhaitent porter collectivement auprès de la communauté villageoise.
Les profils sont multiples et chacun-e sait en fait à qui il/elle a à faire. Après, il faut être cohérent-e et mettre en œuvre ce à quoi on croit et à qui on veut bien déléguer son pouvoir. Ne pas se leurrer et utiliser son bulletin de vote pour exprimer vraiment quelque chose (puisqu’il n’y a pas de référendum en France).
On a assisté depuis des semaines, des mois, depuis plus d’un an à des mouvements de contestation, de ras-le-bol, de cris de misère, et en face, une surdité profonde, des écrans de fumée, des blablablas thématiques, des calculs d’apothicaires (je n’ai rien contre cette profession disparue!), des embrouilles à n’en plus finir, un gouvernement de technocrates financiers qui sont hors sol, qui ne connaissent rien du quotidien de leurs « administrés »….Alors, il faut bien les prendre aux mots, faire pareil, être sourd à leurs promesses et voter en conscience, en cohérence, en résistance…





Une démocratie de construction
 
Beaucoup pensent que leur légitimité  vient  du seul fait d’avoir été élu-e. Légalement oui, ils-elles sont élu-e-s. Mais la légitimité c’est autre chose. Elle vient-viendra plus des comportements, de la façon d’agir, de faire, bref, du processus des décisions (conseils participatifs, réunions publiques), des promesses tenues, des résultats (usage des deniers publics), des symboles (comme ne plus faire des inaugurations « coupé de ruban », ou plus de « vœux du maire ») , c’est à dire être exemplaire, donner du sens, savoir associer la population à la co-construction et aux décisions. Il faut sortir du discours « faire POUR...» (qui permet de justifier des choix en ayant bonne conscience) et passer au « faire AVEC... ». Passer du « je » au « nous ».
Pour cela, il faut savoir accepter trois « cultures » :
* celle de la résistance (de l’indignation, du contre-pouvoir, de la colère),
* celle de l’utopie (des idées, des visions, de l’imagination) et
* celle du parler vrai (de l’engagement, du principe de réalité).

Il faut savoir penser commun (pas l’addition des envies), collectif et co-responsabilité.
Pour tout projet, il faudrait passer par une séquence démocratique (partage, échanges, co-construction, décision, suivi, évaluation) et par un périmètre démocratique (ce qui est discutable et ce qui ne l’est pas / les lois).
Un maire est un décideur, mais surtout un animateur, un catalyseur de citoyenneté et aussi un garant de la sécurité publique ET sanitaire. Il doit élever le débat public (en provoquant parfois), tirer vers l’avant et le haut, faire jaillir l’intelligence collective.
Citoyens, élus, experts, organisations  doivent travailler, co-construire ensemble, et non pas s’opposer.

On en est encore très loin dans certaines communes, dans certains territoires avec un système centralisé auquel s’accrochent celles et ceux qui ne veulent rien changer tout en reconnaissant d’autre part que le monde change et est en mouvement sans arrêt. Et il n’y a pas d’autre niveau de décisions car les Communautés de Communes sont juste une addition, puisque ce sont les seuls maires et adjoints qui y siègent. Un autre déni de démocratie, de représentativité, un captage centralisé du pouvoir.
Il est temps de reprendre conscience que nous faisons partie d’une communauté villageoise, d’un territoire et que ce qui s’y passe nous concerne pour y construire notre vie, nos vies et celles de nos enfants, petits-enfants. Il faut reprendre le pouvoir sur nos vies et agir en conséquence. Il est de la responsabilité de chacun-e de nous, de ne pas laisser filer sans réagir quand on n’est pas d’accord, de ne faire que critiquer sans proposer, en continuant à voter « comme toujours, car rien ne changera »...

Cette lâcheté larvée est assez répandue, tant on a PEUR des vagues, des changements. Mais la vie, c’est quoi pour chacun-e d’entre nous ?
Un temps où on se déplace comme une ombre ?