La France est composée d'environ 35
000 communes dont plus de ¾ sont des petites communes rurales. En
Alsace, pour 824 communes sur 880 (soit 93%), les résultats étaient
connus avant même d'aller voter, avec le nouveau système électoral
modifié en mai ...2025 (il y a moins d'un an juste avant l'élection
municipale) qui a réduit la démocratie directe à un niveau si bas
qu'on devait s'obliger à se rendre aux bureaux de vote pour marquer
son attachement encore à ce droit de vote, mais où le choix était
nul puisque une seule liste la plupart du temps et plus de
possibilité de barrer, rajouter, ...
L'argument de cette réduction
démocratique pour les petites communes était la parité. C'est bien
beau, mais quand y regarde de plus près, on voit bien que c'est un
leurre total. En effet, dans nos territoires ruraux, le vrai pouvoir
est exercé dans les Communautés de Communes. Or, après le vote, on
voit bien que 2/3 des têtes de listes sont des hommes et donc ces
maires vont siéger dans les Communautés de Communes où, dans ces
postes-niveaux de responsabilité, là où se décide la politique du
territoire dans ses choix, il y a donc une très, très large
majorité des hommes. Donc, si on veut la parité, c'est aussi dans
les Com'Coms que cela devrait se traduire pour faire sens. Mais bien
sûr, ce ne sera pas le cas et donc on comprend bien que cette
« excuse » de la parité pour réduire la démocratie
directe est encore une fois un leurre pour réduire la liberté
d'expression. Merci qui ? Si on veut la parité dans les
instances, alors il faut l'imposer tout autant dans les Communautés
de Communes.

Donc, il reste ¼ de villes plus
importantes où le scrutin revêt plus l'habit des partis politiques
avec des essais pour configurer la prochaine élection : la
Présidentielle de 2027 (voir les élections sénatoriales de cet
automne). Dès qu'on parle de programmes, on s'entend traiter
d'idéologue alors que toutes les décisions, les choix sont de la
politique au sens noble de gérer une commune, une région, le pays.
Et là bien sûr, on voit apparaître les fractures entre différents
systèmes, différents fonctionnements. En gros, le système
libéral-financier capitaliste où un groupe réduit de personnes
s'enrichit sur la richesse produite par les travailleurs (sans
partage, mais en accumulation, le "ruissellement" promis était juste une vue de l'esprit !!!) et un système plus distributif où
c'est une majorité laborieuse qui voit des améliorations
individuelles et surtout collectives (dans la défense des services
publics, de l'augmentation du niveau de vie, de l'attention portée à
la jeunesse-l'avenir, à la culture émancipatrice, à une démocratie
directe et délocalisée, …).
Mais qui lit les « programmes »,
ces choix ? Toute la propagande médiatique se base sur des
personnes, des « combats » de chefs, pour éviter surtout
les discussions sur des programmes, des projets, des visions pour
l'avenir dans un système, un monde, où on nous rabâche les
oreilles qu'il n'y a pas d'alternatives possibles, pas d'autres
choix... Et ensuite, le plus détestable, ce sont les égos des
dirigeants des partis que l'on nous présente comme seule parole d'un
parti !!!
On peut ainsi diaboliser, blanchir,
leurrer, faire détester, mais surtout ne jamais discuter programme
et choix stratégiques...Tout cela pour dire qu'au-delà de cette
élection municipale, pour les grandes villes, l'enjeu est déjà des
configurations pour l'élection présidentielle 2027.

Dans ce jeu de com' pervers, la
propagande a joué fort. On a mis en avant le RN, parti raciste et
d'exclusion en le présentant comme acceptable et où les droites
ex-gaullistes s'enfoncent de façon poreuse. On a scindé la gauche
rassemblée qui avait gagné lors de l'élection législative de
2024, sans traduction constitutionnelle dans un gouvernement, où le
PS parti socialiste-quasi disparu-a refait surface dans ses vieux
travers perdants en ranimant une soit-disante « social-démocratie »
qui s'est ralliée au centre mou, à une droite traditionaliste, a
soutenu le budget qui enfonce encore plus la classe ouvrière,
active, en essayant de se faire passer pour un parti raisonnable,
fréquentable et on se souvient du quinquennat de M. Hollande. Les
alliés qui ont empêché le naufrage du PS sont du coup pointés
comme des ultras, des terroristes, des … Toujours pas de discussion
sur les programmes !

Avec toutes ces réalités, ces faits,
au lendemain de cette élection municipale, on peut observer un
certain nombre de points édifiants, mais dont on ne tiendra
aucunement compte comme d'habitude.
Dans les campagnes, les zones rurales,
la démocratie directe a disparu, s'est considérablement amoindrie
avec une abstention qui va augmenter car le vote n'est plus qu'un
devoir, sans choix.
Dans les villes, les stratégies des
partis traditionnels ont échoué et/ou ont éclairci les choses. Le
RN fait des bons scores dans les quartiers, les villes les plus
riches, bourgeoises, mais n'a aucunement percé nulle part, en gardant cependant, mais difficilement, quelques fiefs comme Perpignan, Toulon, Fréjus,
Henin-Beaumont. LR et le clan Macron (EPR-MODEM-RENAISSANCE) ont
quasi disparu et se dissolvent vers la droite extrême comme
Cioffi-Wauquiez, ... Le PS qui se voit comme le pôle républicain
sauveur de la gauche dans un centre mou,opportuniste de postes de
pouvoir, est dépassé par LFI que le PS a diabolisé avec
l'épouvantail Mélenchon. Mais un mouvement n'est pas un seul homme
et le programme du Nouveau Front Populaire (aujourd'hui rejeté par
le PS) a eu plus d'écho chez les jeunes, dans les quartiers, chez
les actifs et ceux qui croient en l'émancipation, la rupture avec ce
système capitaliste-financier, une re-écriture de la Constitution
(de ...1958!) et la répartition des pouvoirs, état fédéral des
régions, une justice sociale, la prise en compte des bouleversements
écologiques et des causes qui les provoquent.
Et ce ne sont pas des
choix sectaires, idéologiques, mais une adaptation juste dans un
monde en transition en pointant les responsables, les
responsabilités. Au deuxième tour de cette élection municipale, on
verra donc la droite -qui se dit républicaine- s'associer avec un RN
fascisant (qui était l'ennemi pas fréquentable d'hier) et un PS-
qui se veut honorable - qui ne veut pas renouer avec les « amis »
d'hier de peur de perdre son « identité » (stratégie
centriste Hollande) et se retrouver marginalisé. Aujourd'hui, M.
Faure (PS) déclare que LFI ne peut pas gagner sans le PS, ce qui en
réalité veut dire que le PS ne peut pas gagner sans LFI, qu'il a
conspué, diabolisé...
Si l'avenir du pays est un changement
en profondeur, alors on ne peut qu'entrevoir l'an prochain un choix
entre RN et « alliés » de la droite poreuse et LFI, une
gauche radicale émancipatrice avec ses alliés écolos et
communistes. Les traditionalistes (centristes, PS) ne peuvent que
disparaître après nous avoir amené là où on en est aujourd'hui,
une situation (assez) chaotique et sans vision d'avenir dans ce
système sclérosé qui en est à ses limites.
Les changements se devront collectifs
avec des objectifs clairs, durables, au niveau de la reprise en main
des politiques territoriales dans la ruralité, de pouvoirs
économiques et sociaux accentués, et des transitions fortes dans
les villes qui vont souffrir de plus en plus des changements
climatiques et de la précarité économique. Les analyses des
résultats de l'élection municipale montre bien combien tous les
pronostics et sondages se sont fourvoyés. Le peuple qui ne peut plus
s'exprimer (ignoré, censuré, réprimé, ..) montre bien qu'il n'est
pas suiviste et dupé par la propagande ; ça ne marche pas pour
tout le monde et ...
l'avenir n'est pas écrit !