Le temps, le vécu, qu'est-ce qu'on en tire ? Aujourd'hui, avec ce bagage de la mémoire, je peux en extirper d'innombrables histoires. Et trotte alors dans ma tête comme une lassitude. Entre désillusion et nostalgie ? Pas vraiment. Plutôt une sorte d'accumulation de rêves qui se sont envolés doucement avec quand même au fond toujours l'espoir que quelque chose de lumineux va bientôt éclore. Sous une forme ou une autre. Les transformations que j'ai constaté-vécu tout au long de ces années d'accélérations me donnent l'impression qu'on arrive à la fin d'un cycle.
Comment se passe-passera la transition, je n'en sais rien. Mais il y des « signes » qui ne trompent pas. Il y a les espèces vivantes et il y a la planète et le cosmos. Nous, être Humain, ne sommes guère plus qu'une fourmi, qu'un amas de poussières d'étoiles...
Global, local
Chaque jour, on est soumis à un flot de sons, d'images, de journaux, d'écrans, de mots, dans un rythme qui frise le trot, et l'on n'a plus le temps et le recul pour digérer tout cet afflux constant, permanent, étouffant. Tout se mélange, se répète, on ne sait plus distinguer le vrai du faux, l'important du futile, la communication de l'information. Relié à l'immédiateté, on croit avoir accès illimité à des connaissances disponibles, mais on en sait encore moins, le superficiel sans analyse n'est rien ! On oublie l'histoire, le passé et on reproduit les mêmes erreurs en pire. Les guerres pullulent, les conflits sont permanents, les destructions sont mortifères, les raisons ne sont pas raison. Ce sont des abominations inexcusables. Mais ce qui est détruit doit être reconstruit et générera des profits monétaires importants. Le « veau d'or » d'aujourd'hui, c'est l'argent. Une carte plastique, des chiffres qui circulent, codés dans des tuyaux, gérés dans des data centers énergivores.
Si l'impuissance globale vous gagne, il y le local, autour de soi, sur un petit territoire, comme les tribus (des contes). Si l'être humain est l'espèce vivante la plus fragile, elle est aussi la plus dépendante. Non, on n'est pas robuste et individu solitaire. Regardez la naissance d'un cheval, d'un veau, très vite sur ses pattes et broutant dans un pré. On comprend alors... Combien de temps met un humain pour marcher, devenir autonome, se nourrir, … ? L'être humain a besoin des autres pour vivre-exister-créer et la dimension humaine (valeurs et comportements) va forcément resurgir...par nécessité même peut-être ! L'imagination, la créativité, les rêves, les réalisations, le foisonnement des émotions, l'énergie partagée, …, la tolérance, la compassion, l'entre-aide, les échanges, …. Ces mots reprendront du sens, une réalité concrète dans le quotidien. Si une transition doit s'effectuer, elle devrait aller dans ce sens, une réappropriation du territoire et ...un fonctionnement organisationnel en démocratie directe. Retrouver aussi un maximum d'autonomie dans une vie sociale collective.
Cela réduira tout autant l'impact écologique destructeur de la planète avec ces industries polluantes, ces importations lointaines, racines du dérèglement et réchauffement climatiques.
Sortir de l'enfermement du travail salarié et des écrans de loisirs, de la communication hors sol, c'est avoir des activités, des implications collectives. Confrontés aux autres, associés à d'autres, on s'enrichit, on ouvre son niveau de conscience. Le spectacle vivant participe aussi à cette « émancipation » ! On commence à discerner mieux les dysfonctionnements, les abus, les injustices. L'énergie, la robustesse accompagnent et se nourrissent dans le cheminement.
Lorsque le capitalisme s'écrasera dans le mur de ses limites, reviendra l'Humain des tribus ancestrales avec de nouveaux outils performants.

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