lundi 16 mars 2026

Après le 1er tour des MUNICIPALES

La France est composée d'environ 35 000 communes dont plus de ¾ sont des petites communes rurales. En Alsace, pour 824 communes sur 880 (soit 93%), les résultats étaient connus avant même d'aller voter, avec le nouveau système électoral modifié en mai ...2025 (il y a moins d'un an juste avant l'élection municipale) qui a réduit la démocratie directe à un niveau si bas qu'on devait s'obliger à se rendre aux bureaux de vote pour marquer son attachement encore à ce droit de vote, mais où le choix était nul puisque une seule liste la plupart du temps et plus de possibilité de barrer, rajouter, ...

L'argument de cette réduction démocratique pour les petites communes était la parité. C'est bien beau, mais quand y regarde de plus près, on voit bien que c'est un leurre total. En effet, dans nos territoires ruraux, le vrai pouvoir est exercé dans les Communautés de Communes. Or, après le vote, on voit bien que 2/3 des têtes de listes sont des hommes et donc ces maires vont siéger dans les Communautés de Communes où, dans ces postes-niveaux de responsabilité, là où se décide la politique du territoire dans ses choix, il y a donc une très, très large majorité des hommes. Donc, si on veut la parité, c'est aussi dans les Com'Coms que cela devrait se traduire pour faire sens. Mais bien sûr, ce ne sera pas le cas et donc on comprend bien que cette « excuse » de la parité pour réduire la démocratie directe est encore une fois un leurre pour réduire la liberté d'expression. Merci qui ? Si on veut la parité dans les instances, alors il faut l'imposer tout autant dans les Communautés de Communes.

 


Donc, il reste ¼ de villes plus importantes où le scrutin revêt plus l'habit des partis politiques avec des essais pour configurer la prochaine élection : la Présidentielle de 2027 (voir les élections sénatoriales de cet automne). Dès qu'on parle de programmes, on s'entend traiter d'idéologue alors que toutes les décisions, les choix sont de la politique au sens noble de gérer une commune, une région, le pays. 

Et là bien sûr, on voit apparaître les fractures entre différents systèmes, différents fonctionnements. En gros, le système libéral-financier capitaliste où un groupe réduit de personnes s'enrichit sur la richesse produite par les travailleurs (sans partage, mais en accumulation, le "ruissellement" promis était juste une vue de l'esprit !!!) et un système plus distributif où c'est une majorité laborieuse qui voit des améliorations individuelles et surtout collectives (dans la défense des services publics, de l'augmentation du niveau de vie, de l'attention portée à la jeunesse-l'avenir, à la culture émancipatrice, à une démocratie directe et délocalisée, …). 

Mais qui lit les « programmes », ces choix ? Toute la propagande médiatique se base sur des personnes, des « combats » de chefs, pour éviter surtout les discussions sur des programmes, des projets, des visions pour l'avenir dans un système, un monde, où on nous rabâche les oreilles qu'il n'y a pas d'alternatives possibles, pas d'autres choix... Et ensuite, le plus détestable, ce sont les égos des dirigeants des partis que l'on nous présente comme seule parole d'un parti !!!

On peut ainsi diaboliser, blanchir, leurrer, faire détester, mais surtout ne jamais discuter programme et choix stratégiques...Tout cela pour dire qu'au-delà de cette élection municipale, pour les grandes villes, l'enjeu est déjà des configurations pour l'élection présidentielle 2027.

 


 

Dans ce jeu de com' pervers, la propagande a joué fort. On a mis en avant le RN, parti raciste et d'exclusion en le présentant comme acceptable et où les droites ex-gaullistes s'enfoncent de façon poreuse. On a scindé la gauche rassemblée qui avait gagné lors de l'élection législative de 2024, sans traduction constitutionnelle dans un gouvernement, où le PS parti socialiste-quasi disparu-a refait surface dans ses vieux travers perdants en ranimant une soit-disante « social-démocratie » qui s'est ralliée au centre mou, à une droite traditionaliste, a soutenu le budget qui enfonce encore plus la classe ouvrière, active, en essayant de se faire passer pour un parti raisonnable, fréquentable et on se souvient du quinquennat de M. Hollande. Les alliés qui ont empêché le naufrage du PS sont du coup pointés comme des ultras, des terroristes, des … Toujours pas de discussion sur les programmes ! 

 


 

Avec toutes ces réalités, ces faits, au lendemain de cette élection municipale, on peut observer un certain nombre de points édifiants, mais dont on ne tiendra aucunement compte comme d'habitude.

Dans les campagnes, les zones rurales, la démocratie directe a disparu, s'est considérablement amoindrie avec une abstention qui va augmenter car le vote n'est plus qu'un devoir, sans choix.

Dans les villes, les stratégies des partis traditionnels ont échoué et/ou ont éclairci les choses. Le RN fait des bons scores dans les quartiers, les villes les plus riches, bourgeoises, mais n'a aucunement percé nulle part, en gardant cependant, mais difficilement, quelques fiefs comme Perpignan, Toulon, Fréjus, Henin-Beaumont. LR et le clan Macron (EPR-MODEM-RENAISSANCE) ont quasi disparu et se dissolvent vers la droite extrême comme Cioffi-Wauquiez, ... Le PS qui se voit comme le pôle républicain sauveur de la gauche dans un centre mou,opportuniste de postes de pouvoir, est dépassé par LFI que le PS a diabolisé avec l'épouvantail Mélenchon. Mais un mouvement n'est pas un seul homme et le programme du Nouveau Front Populaire (aujourd'hui rejeté par le PS) a eu plus d'écho chez les jeunes, dans les quartiers, chez les actifs et ceux qui croient en l'émancipation, la rupture avec ce système capitaliste-financier, une re-écriture de la Constitution (de ...1958!) et la répartition des pouvoirs, état fédéral des régions, une justice sociale, la prise en compte des bouleversements écologiques et des causes qui les provoquent. 

Et ce ne sont pas des choix sectaires, idéologiques, mais une adaptation juste dans un monde en transition en pointant les responsables, les responsabilités. Au deuxième tour de cette élection municipale, on verra donc la droite -qui se dit républicaine- s'associer avec un RN fascisant (qui était l'ennemi pas fréquentable d'hier) et un PS- qui se veut honorable - qui ne veut pas renouer avec les « amis » d'hier de peur de perdre son « identité » (stratégie centriste Hollande) et se retrouver marginalisé. Aujourd'hui, M. Faure (PS) déclare que LFI ne peut pas gagner sans le PS, ce qui en réalité veut dire que le PS ne peut pas gagner sans LFI, qu'il a conspué, diabolisé...

Si l'avenir du pays est un changement en profondeur, alors on ne peut qu'entrevoir l'an prochain un choix entre RN et « alliés » de la droite poreuse et LFI, une gauche radicale émancipatrice avec ses alliés écolos et communistes. Les traditionalistes (centristes, PS) ne peuvent que disparaître après nous avoir amené là où on en est aujourd'hui, une situation (assez) chaotique et sans vision d'avenir dans ce système sclérosé qui en est à ses limites.

Les changements se devront collectifs avec des objectifs clairs, durables, au niveau de la reprise en main des politiques territoriales dans la ruralité, de pouvoirs économiques et sociaux accentués, et des transitions fortes dans les villes qui vont souffrir de plus en plus des changements climatiques et de la précarité économique. Les analyses des résultats de l'élection municipale montre bien combien tous les pronostics et sondages se sont fourvoyés. Le peuple qui ne peut plus s'exprimer (ignoré, censuré, réprimé, ..) montre bien qu'il n'est pas suiviste et dupé par la propagande ; ça ne marche pas pour tout le monde et ...

l'avenir n'est pas écrit !

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