mardi 9 avril 2019

APRES LE DEBAT...


         LE GRAND DEBAT /01 et LE VRAI DEBAT : vers quels votes décisionnels ?

Pour la « restitution », c’est la recherche de la légitimisation du cadre imposé par M. Macron. On commence par énumérer les chiffres du genre : 1 500 000 réponses au questionnaire sur internet, réunions dans 10 000 communes, 10 heures de paroles du Président dans les « débats » qui a prêché dans toutes les parties du pays ! Mais ces chiffres ne valent rien car ce n’est pas une consultation, mais une énumération basée sur UN type d’échantillon de la population. Et selon les échantillons, les résultats varient, on le sait bien. 

Les Gilets Jaunes ont aussi organisé un Vrai Débat (de janvier à mars) avec l’aide de l’Université de Toulouse : 45 000 contributions d’où ressortent RIC, justice fiscale, ISF, nationalisation des autoroutes, vote blanc, … et 1 million de participant.e.s au vote final.



Le Grand Débat National a surtout été un semblant de dialogue entre le pouvoir exécutif et une certaine catégorie de gens (maires, militant.e.s LREM, électeurs-électrices de M.Macron, curieux, …). S’il y a eu un semblant de libération de la parole, cela s’est fait plus autour des rond-points que dans ces assemblées normées, encadrées...Et puis, après la libération de la parole, il faut des délibérations et des décisions-votes ensuite. Sinon, cela n’est que de la poudre aux yeux...Et c’est le cas.
Quels sont les points « sortis -sélectionnés» par le Premier Ministre en attendant que le Président soigne la mise en scène de SA restitution ? 

Quatre points :
la fiscalité (baisse des impôts), la justice, l’évolution des institutions, la transition écologique.
Par rapport à ces demandes radicales, selon E. Philippe, il ne faut pas que les décisions soient frileuses...Mais « en même temps » il explique en gros que toutes ces thématiques sont déjà mises en œuvre par le gouvernement, mais qu’il faut simplement les accentuer, les accélérer. Bref, vous voyez, on est d’accord et on va faire mieux et plus vite, pas vrai ?
On assiste donc à la suite d’un enfumage politique après un Grand Débat qui a coûté malgré tout 12 millions d’€ !!!
Et les suites, ce sera quoi ? La poursuite du cap de la politique austéritaire, mais pas pour tous...Des effets d’annonce, quelques mesures à la marge, rien qui remette en cause l’oligarchie qui a mis en place le Président.



Quand il parle de baisser au plus vite les impôts, ça veut dire quoi pour vous ? La diminution du train de vie de l’État et de ses élu.e.s, arrêter les dépenses inutiles dans des projets inutiles (GCO, ...), rétablir l’ISF, redéployer les services publics, baisser la TVA sur des produits de première nécessité, augmenter les tranches d’impôt, ….

Quand il parle de la justice, ça vous fait penser à quoi ? Aux assignations à résidence, à l’interdiction de manifester, aux violences policières couvertes, à l’envoi de l’armée, à la surveillance accrue des « suspects », aux fichages aléatoires, à l’impunité de Benalla et des détournements de fonds, des conflits d’intérêts, …

Quand il parle de transition écologique, ça vous fait penser à quoi ? A la conversion énergétique, la fin des forages, de l’exploitation des énergies fossiles, d’une agriculture sans glyphosate et tueurs d’abeilles, sans pesticides et de la production locale pour se nourrir sainement, des transports collectifs accessibles à bas prix et répartis sur tout le territoire par un maillage général multimodal, le soutien à l’agriculture biologique et aussi de montagne,la fin du plastique et des déchets industriels, …

Quand il parle d’institutions, ça vous fait penser à quoi ? Un pouvoir réel au Parlement avec des députés élus à la proportionnelle pour une vraie représentativité, le RIC, une régionalisation avec des régions à identité et des compétences réelles (économie, transport, environnement, …)



On est loin des assemblées citoyennes, tirées au sort, délibératives où les décisions sont ensuite soumises à référendum/vote.
La France est divisée en deux et il n’y aura pas de grande réconciliation entre le ras-le-bol général exprimé par le mouvement des Gilets Jaunes et les supporters de la politique libérale de M. Macron.

Tout est parti de là (les Gilets Jaunes, un mouvement d’ampleur et de durée inédites) et qui n’est pas cité une seule fois… Edifiant pour la suite, qui sera larvée, perlée, leurrée..à la marge !




RESTITUTION du GDN / 02  (10 avril)

                                              dessin de VEESSE  www.hebdi.com
                                         le magazine satirique indépendant alsacien
 

C'est quand même très fort de café que d'entendre trois heures de discours du Premier ministre pour décrire ce qu'on sait depuis novembre 2018 et être interpellé par ce qu'IL en retient.
J’ai apprécié ce qu’en disait hier Bruno Cautrès , chercheur CNRS et Sciences Po « C’est une tentative de l’exécutif de faire rentrer le torrent de l’explosion de la colère populaire dans le lit du courant macroniste ». C’est exactement cela. Utiliser un choix dans les thèmes de discussion imposés pour expliciter SA politique pour ne changer que à la marge. Cela se voit vraiment dans ce qu’il dit sur deux des thèmes retenus : démocratie et écologie, où il dit crânement que ce qui est exprimé dans les questionnaires est ce que a commencé le Président et le gouvernement. C’est gros, mais plus c’est gros et plus ça passe, pensent-ils encore ! De toute façon, le discours, les annonces, les décisions très attendus et reportés chaque jour (du Président) commencera sans aucun doute par une généralité redondante pour se défausser du genre : « ce qui arrive n’a pas été réglé depuis 30-40 ans »…
 
Dire que le Grand Débat est un succès populaire, c’est encore une fois tromper, faire de la propagande. Il suffit de regarder la sociologie de celles et ceux qui ont participé pour se rendre compte que ce sont surtout les classes moyenne et aisée qui ont participé, se sont déplacées. Pas grande trace des décrocheurs, des banlieues, des jeunes, des milieux ruraux. Ce Grand Débat est un gâchis et coûteux (14 millions €).
Il faut quand même se souvenir que sans le mouvement des Gilets Jaunes, il n’y aurait pas eu de débat, ni de désirs de changements profonds. Et pourtant le premier ministre se félicite de cette grande consultation, d’avoir entendu les français.es ….sans nommer une seule fois les Gilets Jaunes ! C’est comme tirer la couverture à soi...et ce n’est que le début !

Il parle de baisses d’impôts (pour qui ?) : oui l’ISF (3,2 milliards/an), taxe d’habitation pour certains, mais il oublie les hausses du carburant, du tabac, de la CSG, du gaz, de l’électricité,etc.
Il parle de réduire les dépenses de l’État alors qu’on voit les projets inutiles imposés partout et des grandes messes très coûteuses. Un exemple (puisqu’on parle de l’impact des GJ sur les commerces des centres villes) : le prochain G7 (vous savez ces rencontres des « 7 maîtres du monde ») aura lieu en France à Biarritz en pleine période estivale (24-28 août) où le centre-ville, le marché, seront bloqués et interdits, et surtout les plages (et le surf) . Perte de commerce et grosse dépense d’organisation ! Et tout ça, pourquoi ? M. Macron peut nous faire la leçon, mais nous ne sommes pas dupes et de moins en moins influençables par les médias de propagande….
D'ailleurs, il faut attendre que le Président décide de sa mise en scène pour entendre ses décisions politiques de la grande transformation du pays !!!!!!

Pour terminer pour aujourd’hui, quelque chose qui n’a rien à voir peut-être, mais bien dans l’esprit d’hypocrisie totale actuelle, même l’Église s’y met. Quoi ? Ben oui, j’ai vu ce matin, cette pub TV qui dit : « je crois en l’Église, je lègue à l’Eglise » !!!! En pleine crise de pédophilie où les religieux à tous les niveaux sont démasqués, l’Église craint pour son niveau de vie et de revenus !!!!
Cela montre bien où nous en sommes en 2019….

Belle journée à vous !
L'avenir n'est pas écrit...

mercredi 13 mars 2019

LES GENS, LA CASTE, nous ...


La misère sociale se chuchotait entre les mots. Phrases jetées, avec discrétion, parce que la honte s’ajoute aux malheurs : celle de ne pas s’en sortir, de ne pas pouvoir offrir même quelques bribes de bonheur à sa famille, en se cachant dans sa  souffrance. « Cette honte privée est devenue une colère publique » analyse le député LFI-journaliste François Ruffin dans son récent livre « Ce pays que tu ne connais pas » qui est comme une lettre d’un « représentant des gens » à E.Macron. Et il rajoute : « La pudeur a sauté comme un barrage, et à chaque carrefour c’est le grand déballage des témoignages. »

 

Nous voilà donc face à une nouvelle réalité, une mutation, face à laquelle tous les discours précédents sonnent faux, parce que les dirigeants de notre pays ne la comprennent pas, ne la voient pas ou préfèrent détourner la tête, inventer un leurre-débat, réprimer toute manifestation, en attendant le retour au calme des affaires.
Il y a une remise en cause profonde, par le mouvement des gilets jaunes (GJ), des institutions et de la démocratie représentative, des pouvoirs politique et syndical, de l’organisation de la société, de la vie…

Il y aurait pu avoir une convergence avec les syndicats puisque une part des revendications liées au monde du travail se recoupent. Mais les syndicats fonctionnent de façon catégorielle alors que le mouvement des Gilets Jaunes aborde les problèmes sociaux de façon globale.
Il y aurait pu avoir une convergence avec des partis politiques qui s’opposent au néo-libéralisme de la caste dirigeante. Mais ces dernières décennies, nous avons eu l’alternance gauche/droite où il n’y avait même plus d’antagonisme visible, tant, au niveau de l’État, l'incapacité et l’inadaptation à faire contre-poids à la globalisation irréversible de l'économie devenaient chaque jour plus évidents. Dans les politiques successives, on voyait surtout une justification des mesures d’austérité administrées au pays afin de sauver les apparences, faire croire que le pouvoir politique régulait l’économie, alors qu’il engraissait la caste en faisant  le sacrifice de la cohésion sociale par ailleurs.
La robotisation, l’informatique et l’intelligence artificielle, les délocalisations sont les signes d’un monde industriel globalisé qui produit en quantité des marchandises avec en parallèle une diminution significative des hommes nécessaires à cette production. L’idéologie ouvriériste d’un développement lié du monde ouvrier et de la production marchande s’est effondré. Comme se sont effondrés le capitalisme (on peut s’enrichir en fournissant un bon travail!) et le communisme (après la chute du mur de Berlin en 1989) avec l’émergence d’une économie mondialisée et dérégulée. Opposer politique et économie n’a plus de sens puisque la politique n’a plus de prise sur l’économie, elle ne fait plus que l’accompagner ou être à ses ordres.
Sur ce chaos larvé fleurissent les « populismes » nationaliste et/ou élitaire.
Imaginer le cadre national comme forteresse face à la globalisation économique, aux bouleversements environnementaux est une vue de l’esprit très étroite et mythique. C’est se raconter des histoires face à la réalité du monde.
De même, c’est tout autant une histoire que de prétendre qu’en s'appuyant sur les élites administratives issues des grands corps et les élites civiles dépositaires d'une expertise, on arrivera à maîtriser cette mondialisation au niveau européen et/ou du pays.

Faillite syndicale, faillite politique, les captations des ressources naturelles et financières par une caste, une oligarchie, posent les questions en profondeur sur notre existence commune, le pouvoir sur notre vie et nos choix.

C’est dans cette optique que le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne / en toutes matières) est très fortement mis en avant par le mouvement des Gilets Jaunes, car il marque une envie, une revendication, une exigence d’une nouvelle démocratie qui couvre tout le champ de la vie quotidienne.





Pour mémoire, le programme « Les jours heureux » mis en œuvre par le Conseil National de la Résistance au sortir de la dernière guerre mondiale, dans un pays en ruines, a montré la voie. Les citoyens- résistants d’hier et d’aujourd’hui doivent avoir à coeur de le poursuivre, et non pas d’assister à son enterrement.


Nous sommes dans un nouveau temps de résistance, multiforme, polymorphe, qui dépasse les frontières et touche à la survie même de l’espèce humaine. Cela semble exagéré de le dire ainsi, mais en prenant le temps de développer, de fouiller avec ce que l’on sait et qu’on apprend, on se rend bien compte que nous sommes dans une situation de clivage de classes, de rupture, et elle peut devenir plus radicale chaque jour.

L'avenir n'est pas écrit....



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Le rassemblement annuel des Citoyens-Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui 

a lieu comme chaque année sur le plateau des Glières (Haute-Savoie) 
à Thorens-Glières les 17,18,19 mai 2019     
http://www.citoyens-resistants.fr/

mardi 5 mars 2019

« ECOLE DE LA CONFIANCE »

Ce sont les termes employés pour cette enième réforme de l’Education Nationale. Dans le langage macronien brut, cela veut dire : 
défiance, contrôle, économie.

L’Assemblée Nationale, avec une majorité écrasante LREM qui vote « comme un seul homme » ce que le gouvernement (autant dire le patron Macron) lui demande, a validé, en 5 jours, 26 articles et 1000 amendements la loi Blanquer-Ministre.




Les médias de propagande ont bien relayé les éléments de langage du gouvernement :
dans toutes les classes du pays on trouvera dorénavant les drapeaux français et européen, les paroles de La Marseillaise seront affichées ainsi qu’une carte de France ; il n’y aura plus les mentions père et mère, mais parent 1 et parent 2. ( Pour mémoire, existent depuis un moment, les mentions représentant légal 1 et représentant légal 2 !).
 
Voilà pour la façade et de quoi alimenter les conversations.
Mais derrière il y a autre chose qui pose questions.

Défiance :
* Qu’est-ce qu’un prof a encore le droit de dire quand on veut encadrer sa parole dans un « devoir de réserve des enseignants » ? L’exemplarité du métier ne semble plus suffisante.Il faut éviter toute brèche possible de critiques institutionnelle et/ou politique.

Contrôle :
* Le CNESCO, assez indépendant et objectif dans ses analyses et avis, évaluait l’école de la République. Il est supprimé ou quasiment et remplacé par un CEE (Conseil Evaluation Ecole) composé de 14 membres dont 10 nommés par le Ministère et 4 parlementaires. Autant dire que le Ministère s’évalue lui-même.
* Les étudiants qui préparent le concours pour être enseignant percevront un salaire dès la 2ème année en échange d’heures dans un établissement scolaire. Pour quelles missions de formation ? Des remplaçants au rabais, sans réelle expérience, appliquant ce qu’ils ont emmagasiné ?
* Les centres de formation (reliés à l’Université) ESPE, deviennent des INSPE et sont rattachés directement au Ministère qui y diffusera ses directives, une formation standardisée sous contrôle.

Economie :
* « L’instruction obligatoire à 3 ans ». Une belle annonce, mais il faut savoir que c’est déjà le cas à 98 % . C’est par le biais des charges obligatoires payées par les Mairies pour les écoles que cela va apporter un peu plus d’argent aux écoles privées (pour cette tranche d’âge). Qui sera forcément, par vases communicants, être diminué de la somme allouée pour les ATSEM des écoles publiques qui remplissaient déjà cette mission.
* Création possible par décision du Préfet ou des Collectivités Locales des « Etablissements publics des savoirs fondamentaux » EPSF ou plusieurs écoles sont mis sous tutelle d’un collège. C’est annoncé comme une meilleure liaison pédagogique, mais c’est surtout une annexion administrative des écoles primaires. Les écoles deviennent des « classes du 1er degré ».
* Il est aussi cité un « élargissement des expérimentations pédagogiques » comme permettre par exemple de répartir les heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire-une annualisation du temps de service des enseignants.
Il ne faut pas perdre de vue que le programme de M.Macron est de réduire de 50 000 postes dans l’enseignement sur le quinquennat.

Voilà ce qui attend les acteurs de l’Education Nationale et tout cela sans débat puisque les amendements sont votés directement.

Et surtout, surtout : où sont les élèves dans toute cette réforme ?

 

Les questions sont là, réelles, légitimes, et sans réponse politique, voilà que s’ajoutent aux gilets jaunes, les stylos rouges.
Sans compter que les enfants sont aussi dans la rue toutes les semaines et réclament un avenir, des mesures pour le climat.
« A quoi peut servir le Bac si on n’a pas d’avenir ? »
2 millions de signatures pour « l’Affaire du siècle » qui demande la même chose au Président qui rejette la responsabilité sur les citoyens et les entreprises !!!

Qui croire encore ? Quoi faire ?
Responsabilités, actions, urgence, violence, rapports de force, clairvoyance, …..

Les mots ne règlent pas les maux.

samedi 9 février 2019

DES GILETS JAUNES A HOMO SAPIENS ...pour ne pas parler du futur


DES GILETS JAUNES
Ce mouvement inédit qui a éclos d’un trop-plein d’insatisfactions, de colères, de révoltes, de frustrations, d’injustices, …, a été déclenché par une nouvelle augmentation de taxe carburant, justifiée par le gouvernement comme étant une mesure pour la « transition écologique ».
Le symbole affiché de cette révolte fut le port du gilet jaune que tout automobiliste a obligatoirement dans son véhicule pour signaler un danger quand il le porte.
Bien vite, les revendications se font bien plus générales et plus précises aussi, toutes convergeant vers une volonté de changement de politique. Elles touchent à la fois le monde du travail, la précarité sociale, l’économie mondialisée et la production de biens, la justice fiscale et l’abandon des services publics, le « train de vie » de l’État, l’exemplarité de nos élu.e.s, le manque de démocratie et la structure verticale du pouvoir, ….
Les exigences sont multiples, polymorphes, expriment un mal-vivre dans un pays riche et « civilisé ».


Face à cette révolte populaire, il n’y a pas eu de réponse politique appropriée du président-roi Macron. Quelques miettes : le report de six mois de la deuxième augmentation de la taxe carburant prévue ce janvier 2019 et une mini-augmentation sur la fiche de paye pour celles et ceux qui touchent la prime d’activités. Puis, une dispense de la CSG pour quelques-uns, la disparition de la taxe d’habitation pour d’autres et de menus aménagements techniques favorables à celles et ceux qui en feront la demande (et seront au courant) avec l’aide de services sociaux débordés, des fonctionnaires en diminution permanente…
La grogne généralisée est attisée par ce qui ressemble à de la provocation, une sorte de surdité d’un chef d’entreprise interpellé par une grève surprise géante et reconductible ! Alors, en affirmant qu’il a été élu sur un « programme », M.Macron rappelle qu’il gardera le « cap »...et fait intervenir les robocops de la police, la mieux équipée d’Europe, qui balance ses flashballs (LBD) et autres grenades lacrymogènes et de désencerclement sur les foules jaunes, quasi sans discernement, en éborgnant des dizaines de manifestant.e.s. L’état de violence augmente dans ces affrontements, gangrenés aussi par des casseurs infiltrés dans la masse.
Et puis, la stratégie politique se met en place. Destruction et évacuation forcés des lieux de rassemblement des Gilets Jaunes, les rond-points du pays. Annonce et mise en place rocambolesque du « grand débat national » avec une consultation nationale sur quatre thèmes et trente-cinq questions pré-choisies comme « cadre » des discussions. Un bel enfumage-open bar destiné surtout à user et minimiser le mouvement général de protestation. Avec des meetings médiatiques (et électoraux!) rassemblant les maires et élu.e.s, quelques jeunes pour leur promettre qu’avec lui, « ils » construiront un « nouveau monde », une propagande orchestrée à grande échelle (sur les deniers publics) et qui promet une « restitution » de tout ce qui a été noté, débattu !!! Il faudra un sacré algorithme pour trier, synthétiser les 800 000 contributions, et du temps...Que nenni ! A part quelques décisions à la marge, il n'y aura rien qui ne sortira pas du logiciel présidentiel. Pas d’abolition de l’ISF, du CICE, de la flat-exit-tax, des paradis et exilés fiscaux, pas d’exemplarité sur le train de vie de l’État, pas d’arrêt de la casse des services publics, pas d’augmentation substantielle du SMIC, pas de … la liste est longue !
Seule, la minorité d’élu.e.s d’opposition LFI, ne peut rien faire bouger face à une assemblée ultra-majoritaire qui vote comme un seul homme (le Président à qui ils doivent leur poste bien confortable pour la plupart).
La stratégie du gouvernement est simple : en même temps que le « Grand Débat National » pour affaiblir et user la mouvement, demander à avoir des représentant.e.s Gilets Jaunes pour mieux les coincer très vite, les neutraliser.

 

 



Le piège ne prend pas vraiment, même si certain.e.s veulent créer un ou des partis (4 déjà !)  qui se présenteraient aux élections….européennes et avec la dispersion des voix, par le système électoral, donner encore plus d’élu.e.s à LREM, le mouvement-parti du président.
Mais, selon les régions, d’autres s’organisent et choisissent la structure associative.
Les protestataires du premier cercle du 17 novembre cherchent un deuxième souffle, épuisés par toutes les manifestations du samedi où la seule réponse est la répression policière et les blessés.
Moins optimistes sur une réponse politique, ils veulent initier des actions locales pour créer du mieux-vivre ensemble sur un territoire donné.
Mais la structure associative « légale » les confronte rapidement à quelque chose qui jusque là était vraiment dans les fondements de ce mouvement, les décisions collectives sans chef, sans président.e d’association. Pour rester sur cette ligne collective, les trois représentant.e.s légaux d'association devraient être tirés au sort et le travail organisationnel, sur les fonctions administratives (tribunal, police, banque, assurance), de communication (interne et externe, porte-parolat) et comptables (finances), délégué à des « responsables » entourés.
Car, il y a là un risque pour le mouvement GJ (mais pas du tout pour le gouvernement) que cette association à caractère social très marqué ne devienne à terme qu’une association comme une autre, un nouveau partenaire, mais à qui on a enlevé toute revendication politique radicale.
Du point de vue local, c’est très positif dans la mesure où des nouvelles initiatives et actions locales peuvent amener à un mieux-vivre ensemble, tout en créant du lien social indispensable actuellement.
Mais où serait encore « l’âme » du mouvement ? La question mérite d’être posée car ce sera le cas partout où le mouvement est inscrit dans la durée.
Sans cette politique libérale financiarisée en œuvre depuis des années, sans son application au profit d’un système de classe, d’une oligarchie dominante et accumulatrice, il n’y aurait pas eu de mouvement des Gilets Jaunes. Sans gilets jaunes, il n’y aurait pas eu cette émancipation politique et sociale de masse.
Sans réponses politiques acceptables, sans avancées sociales, économiques, sans changements profonds durables, quelles seront les réponses du « peuple » ?
La représentation politique rentrera très tôt dans les discussions-débats des Gilets Jaunes. Syndicats, parti, associations existantes qui portent ces revendications aussi ne sont pas des ennemis ou des opportunistes, mais des forces de convergences à ne pas ignorer.
En politique, c’est le rapport de force qui est le critère.

Et, parmi tout ce que j’entends dans la parole des GJ de mon territoire, c’est aussi sa vie qu’on interroge, ces vies rencontrées, la vie. Et là, on remet en perspective, l’humain, l’espèce humaine, la survie, la survie de la planète aussi quand on a des enfants, petits-enfants (ou par convictions.)
Comment le tout - le global - agit, intervient dans notre quotidien où nous sommes dépendant.e.s, et comment ici et maintenant - le local – je peux agir et intervenir pour changer un certain nombre de choses pour le bien de tous (et donc moi aussi).



 
A HOMO SAPIENS
Nos cousins chimpanzés nous ont vu évoluer vers la connaissance, l’invention, la créativité qui nous ont amené où nous en sommes aujourd’hui. Ce long cheminement n’a pas été uniforme loin de là en passant par toutes sortes de système d’organisations « politico-économique » de la tribu à la mondialisation, de l’esclavagisme, au collectivisme, à l’individualisme.
La valeur marchande n’a pas toujours été la monnaie, l’argent, (les valeurs monétaires). Des biens (nourriture, abri) au capitalisme il y a eu du chemin qui est passé par bien des structures différentes (empires coloniaux, …) avant de créer la dette, l’emprunt comme valeur spéculative et le marché mondialisé des biens communs. Il y eut un temps long où le travail était une valeur humaine. Que vaut encore le travail de chacun.e aujourd’hui ? Il n’y a plus aucune fierté à faire car ce qu’on fabrique n’est qu’un élément d’un tout et ne nourrit même plus, ne nous permet même plus d’avoir un abri chauffé.
Si encore l’évolution technologique avait permis à tous d’atteindre un niveau de confort acceptable, on n’en serait pas là. Mais le profit, l’accumulation, le pouvoir de l’argent, de la possession, les privilèges qu’on s’octroie par ce biais, le pouvoir sur les autres qu’on prend en s’entourant de sa caste, …, sont venus polluer Homo Sapiens. Aujourd’hui, c’est un être dépendant, fragile comme au début, qui ne peut plus être autonome, libre, qui souffre dans la survie dans ce monde « deshumanisé », qui est perdu face à lui-même. Homo Sapiens aujourd’hui a perdu de sa hauteur face à ses frères animaux. Il est le super prédateur, le pilleur de la terre, l’exterminateur d’innombrables espèces, le pollueur des ressources vitales, mais totalement dépendant.
Et livré à lui-même, de quoi est-il encore capable, que peut-il encore créer de ses mains ?
On vient de loin, mais on ne vient pas de nulle part.
Il ne s’agit pas de revenir à la préhistoire, mais de s’interroger sérieusement ce qu’on veut faire de notre vie, comment on veut la vivre. Et pas besoin d’attendre une « retraite » pour « enfin en profiter » : ça aussi ça fait partie du système, mais qui arrive à son terme, car la retraite « coûte » trop cher pour la caste dirigeante et elle ne « rapporte » rien !
Et puis où va l’espèce humaine ? Algorithme est écrit pour demain : la nouvelle richesse (avec le sable et l’eau). Des milliers, des millions de métiers réalisés par l’humain vont disparaître et on aura une armada de personnes oisives, population inutile économiquement et qu’il faudra occuper par des jeux, des drogues, laisser mourir, puisque les « puissants » seront cyber-immortels !
Alors ?
Penser global, agir local.
Lien social, entraide, production et consommation locale, de saison, boycott, grèves et actions collectives, démocratie directe-décisions pour le bien commun, ...la créativité est une valeur !

POUR NE PAS PARLER DU FUTUR
Que va devenir le mouvement des Gilets Jaunes ? Une association sociale locale, un mouvement-parti politique de gouvernement, une structure politique collective d’influence avec des élu.e.s dans les Com Com, un mouvement révolutionnaire d’insurrection, le ferment d’un autre monde, d’une autre civilisation en construction et dont pas mal de signes et prémisses sont déjà bien là dans des alternatives diverses, …. ?

Les questions sont là, l’avenir n’est pas écrit...


Les dessins sont de VEESSE        www.hebdi.com
le magazine satirique indépendant alsacien

mardi 15 janvier 2019

« grand » DEBAT NATIONAL


                          Jupiter fait les questions, ses vassaux-maires les réponses…

Du 15 janvier au 15 mars 2019 sont proposés des débats nationaux près de chez vous ou sur internet www.grandedebat.fr   (à partir du 21 janvier).
Hier, le président Macron a publié une « Lettre aux français-e-s » où il énumère un certain nombre de questions sur 4 thèmes choisis qu’il propose au débat national.

Le cadre est clairement défini dans cette « Lettre » :
« pour moi, il n’y a pas de questions interdites »…. MAIS, … « je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur des grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. »

Causez toujours, mais je reste droit dans mes bottes (comme Juppé, le solide « soutien ») tout en gardant « mon cap ». Premier enfumage...

Le pilotage est donné à deux ministres de son gouvernement, Sébastien Lecornu (officier de réserve, qui était avant l’oreille de Macron chez Hulot) et Emmanuelle Wargon, actuellement chez De Rugy, ex cadre de chez Danone et fan de l’huile de palme !!! A eux deux doivent se rajouter 5 garants d’indépendance qui seront nommés ce vendredi par….M. Ferrand (président de l’Assemblée), Larcher (président du Sénat) et Bernasconi (Travaux Publics/Medef).

Bref, l’indépendance est pour le moins un mot usurpé, puisque ce sont des personnages de son clan, forcément. Deuxième enfumage…

M. Macron ne veut pas changer quoi que ce soit d’important et il le précise bien dans sa lettre : « je pense que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen... » …. »Nous avons retenu 4 grands thèmes…….des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat, mais me semblent au coeur de nos interrogations. »
« Je vous invite à répondre à ces questions….j’entends transformer avec vous les colères en solutions…. »

M. Macron POSE donc LES questions et attend qu’on réponde à SES questions qui lui permettront de clarifier SON projet auprès des français-e-s sur les 4 thèmes qu’IL a choisi. Mais « il n’y a pas de questions interdites... » Seulement, si elles sortent du cadre, il n’en sera pas tenu compte, car c’est lui qui fixe les bornes.

D’ailleurs qu’est-ce qui sera retenu ? Quasi rien. En tout cas, rien d’important à part des déclarations d’intention du genre : « oui, on tiendra compte du vote blanc. » par exemple !!!M.Macron dit lui même : « Je vous en rendrai compte (des conclusions, décisions) directement dans le mois qui suivra le débat. » J’avoue que je suis dubitatif quant à la vitesse de synthèse du traitement de tout ce qui est censé remonter et être pris en compte, car vu le nombre de contributions, les conclusions communiquées quasi à la suite de la fin du débat, ça ressemble à du prémédité, non ?

La méthode également est connue avec une première mise en œuvre aujourd’hui, 15 janvier.

Les maires (volontaires) * organiseront les tables-rondes de discussion/débat par thèmes (et questions pré-posées) appelées « réunions d’initiatives locales », puis seront élaborées des « pistes concrètes » à partir des synthèses des réunions locales (QUI les rédigera?), lors des « Conférences régionales » ** (après le 1er mars) composées de français-es tiré-e-s au sort associés à des « représentants de diverses parties prenantes » (!!!).

Pour exemple, aujourd’hui, M. Macron rencontre 600 maires normands dans un gymnase de Bourgthéroulde, près de Rouen sous très haute sécurité (leur dira-t-il ce qui est autorisé de discuter ou non?). Il va faire quelques sorties de ce type pour donner l’image qu’il est sur le terrain, à l’écoute des représentant-e-s des habitant-e-s !
Ce qui sera repris dans les « médias de propagande » sera le nombre de participant-e-s mis en avant comme un facteur de réussite et peu importe les contenus. De toute façon, on a bien compris que c’est une manœuvre pour faire s’opposer les « Gilets Jaunes » et « les Français-e-s »...(d’où aussi le rajout de la question des quotas d’immigration dans ses questions). C’est insidieux, mais bien présent dans la stratégie politique gouvernementale (pour miner les partis d’opposition).

Comme pour le Grenelle de l’Environnement (sous Sarkozy), on sort du débat comme préalable ce qui gène. Là-bas, c’était le nucléaire, ici c’est l’ISF (Impôt sur la fortune) et le CICE (argent public 22 milliards/an, distribué aux grandes entreprises). C’est bien précisé dans LA lettre du Président (parlant de l’impôt) : « s’il est trop élevé, (il) prive notre économie de ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises.. .  « nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela. » Voilà, tout est dit. Circulez, y a rien à changer…

Donc, dans cette méthode, les maires seraient nos porte-paroles chargés de faire remonter ce qu’ils ont entendu pendant ces réunions. C’est sûr que les députés-sénateurs ne sont plus en odeur de sainteté dans la population, décrédibilisés par leur manque d’exemplarité, leur double-langage, leur servitude...Mais les maires ?
Si certain-e-s sont proches des habitant-e-s et à leur écoute, ce n’est pas le cas partout et leur indépendance est loin d’être évidente, soumis aux subventions distillées par ...l’Etat ...avec l’aide des intermédiaires, élu-e-s régionaux et autres...de préférence du « camp présidentiel », majoritaire.

Une multitude de questions (entendues depuis des semaines dans la bouche de toute cette foule qui en a « ras-le-bol ») ne seront donc pas prises en compte. Je ne crois pas que l’éveil des consciences va se calmer avec cette mascarade présidentielle qu’il donne en pâture pour gagner du temps avant les élections européennes où il compte tirer un bénéfice et une nouvelle notoriété en berne actuellement.

Le « nouveau monde » de Macron ressemble étrangement à l’ancien. Balladur avait organisé un grand débat, Sarkozy deux (sur l’Education et sur l’identité française), Hollande aussi (sur la transition écologique et les vaccins) avec quels changements ????





Stratégie à double tranchant
De toute façon, on sait bien que ce genre de manœuvre politique est à double-tranchant :
- vous n’allez pas débattre, on vous dira de vous taire dorénavant puisque vous aviez l ‘occasion d’aller vous exprimer ...librement…..de tout…..et vous ne l’avez pas fait ;
- vous allez débattre, on vous dira que vous avez été écoutés, que le vote blanc sera pris en compte par exemple, que pour d’autres points, ils sont mis à l’examen et seront soumis au Parlement pour un vote, quant aux dernières propositions, elles sont mises à l’étude pour les inclure dans le programme des prochaines élections.


Et, LREM (La République En Marge) veut se mettre un peu à l’écart et réapparaître au moment de la « synthèse », juste avant les élections européennes.
Le bénéfice pour les maires est de garder un bon contact avec la population car les prochaines municipales sont en 2020.

Alors, GRAND débat national ou opération d’enfumage pour gagner du temps, épuiser les mobilisations, mettre en retrait les revendications radicales du mouvement national du « ras-le-bol général » ?

L’avenir n’est pas écrit…







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* Les relais du gouvernement devraient être en principe les députés en charge d’écouter les citoyens pour ensuite proposer des lois (et non pas les maires).

** Les référentes du gouvernement en Alsace sont deux sous-préfètes (d’Altkirch, nommée en ...décembre et de Molsheim).

mercredi 9 janvier 2019

POUVOIR D’ACHAT ?

Il y a pouvoir et achat. Prenons-les séparément en commençant par le deuxième.

On achète quoi ? Qu’est-ce qui est indispensable, courant, quotidien ?
Et la question pas subsidiaire du tout, sans même parler de la qualité et comment c’est produit, est :
d’où viennent - où sont fabriqués -les produits achetés ?
Ce que je veux dire est que si on achète des produits « made in China » en quoi cela aide la production de notre pays et donc le maintien d’emploi. Acheter local, en vente directe, au marché des produits locaux, ce qui est fabriqué en France, c’est possible aussi, souvent. Oui, mais c’est plus cher.
Donc, il faut des salaires corrects. Mais aussi prendre l’habitude de faire vivre nos producteurs locaux, nos artisans, les PME locales, le « made in France »… sinon on revient au point de départ, la Chine !
Bilan négatif.
Mais la France ne fabrique pas des objets technologiques, par exemple.
Aïe, aïe, aïe. Là, on a laissé filer nos technologies ; vous souvenez-vous du Minitel et d’où vient la fibre optique ?
Oui, bien sûr, local au maximum de ce qui est possible et ensuite, on n’est pas obligé de changer de portable, ordinateur, PS4 et autres tous les deux ans. On n’est pas obligé non plus d’avoir une connexion internet sur chaque appareil.
Et les voitures ? Nous pousser à acheter des voitures nucléaires. On peut viser Zoé, mais d’où viennent les batteries et leurs composants ? Et l’uranium ?
On peut développer longtemps sur nos CHOIX d’achats, car chacun-e a ses stratégies ou habitudes. Mais, on ne peut pas revendiquer plus de pouvoir d’achat sans se poser les questions ci-dessus.










 

Le pouvoir ?
De quel pouvoir parle-t-on quand on associe les deux mots ? Pouvoir acheter, et donc pouvoir disposer de revenus suffisants pour améliorer sa vie, se faire de temps à autre plaisir, et pas avoir tout dépensé le 15-20 du mois dans les loyers, les remboursements de dettes, le chauffage, la nourriture, les déplacements, les frais enfants, le gaz, l’électricité, l’eau, ….
Pour cela, il faut des salaires « corrects », du travail, diminuer certaines dépenses (essence-voiture, ….).
Augmentation importante du SMIC, indexation des retraites sur l’inflation/coût de la vie et revalorisation,
les propositions ne manquent pas, mais rien que cela, ce serait déjà une avancée.
Cela aura un coût pour le budget de l’État et demandera un effort des entreprises, qui elles-mêmes, ne l’oublions pas, dépendent quand même des personnes qui y travaillent et produisent.
Et là, on arrive aux questions qu’on entend beaucoup ces derniers mois jaunes.
Le budget est composé pour une large part par les impôts. Qui paye et pas les impôts ?
Justice fiscale d’abord et exemplarité de l’État et de ses élu-e-s. Refaire plus de tranches d’imposition, moins larges, et que tout le monde paye à hauteur de ses revenus, finies les exonérations ISF et autres déductions sans contreparties.
Ce budget d’argent public, tout citoyen a le droit de savoir comment il est utilisé et avoir un pouvoir de décision. Si cela doit passer par les députés, alors il faut que l’Assemblée Nationale soit représentative et donc élue proportionnellement, et paritairement h/f.
Si le Président est le seul à tout décider, alors on peut se demander pourquoi le CICE distribué aux grosses entreprises coûte au budget national quelques 22 milliards par an sans contreparties. Et les exilés fiscaux, les paradis fiscaux (même en Europe), c’est combien ? 80-100-150 milliards ?
Argent public, budget d’État, c’est avant tout pour payer et offrir des services publics à l’ensemble de la population. Or ces services diminuent et se concentrent de plus en plus. Manque d’argent ? Ou mal utilisé aux profits de qui ? Moderniser en utilisant internet, en forçant à l’utilisation numérique, par défaut plutôt.
Tous connectés dans un monde sous contrôle permanent. Linky en est aussi un des maillons « communicants ».







Pouvoir d’achat ? 
 
Derrière ces deux mots, il y a donc dans un premier temps :

* l’exigence de justice fiscale : impôts pour tous en fonction des revenus avec plus de tranches, moins amples, et on arrête les déductions, les exonérations ISF ou autres « optimisations » (exilés fiscaux, paradis fiscaux, …) ;

* l’exigence de consacrer l’argent public aux services publics (santé, éducation, transports, …) et de les conserver en qualité sur tout le territoire du pays ;

* l’exigence d’une augmentation importante du SMIC, des basses retraites et l’indexation des retraites sur l’inflation ;

* la conscience qu’il faut acheter local et « made in France » ;

* l’exigence de l’exemplarité du train de vie de l’État : le nombre et les rémunérations des élu-e-s et hauts fonctionnaires d’État, les dépenses dans des projets inutiles, ...


Je pense que tout le monde l’a bien compris.
Mais ces revendications ne seront pas repris dans le Grand Débat National !!! Et, pour cause, on a comme l’impression que dans celui-ci, le cadre sera réduit aux questions posées incluses, que celles qui seront retenues et les réponses du gouvernement sont déjà rédigées puisque le Président vaut « garder le cap » !
Celui-ci est si déstabilisé que son attitude actuelle est de l’ordre de la répression à tout prix (raser les campements, assigner à résidence les « hooligans-manifestant-e-s ») et pour faire bonne figure, après l’itinérance mémorielle, il va entamer une « tournée des maires » (pour expliquer la pédagogie du Grand Débat ou les rappeler à l’ordre ?).

Craint-il une grève générale lorsque Gilets Jaunes et syndicats convergeront ?

L’avenir n’est pas écrit ….