jeudi 27 août 2015

"ECOLOGIE ou GAUCHISME, il faut choisir...."

Mon ami militant Verts, Samir, s'irritait chaque fois qu'on voulait positionner l'écologie politique à gauche. Mais il ne tenait surement pas le même langage que Waechter, Lepage, Lalonde et autre De Rugy ....Il disait simplement que l'écologie ne pouvait pas se retrouver dans une politique de droite productiviste, capitaliste, destructrice et exploitatrice. Ainsi, c'était clair.


Mais aujourd'hui, avec ce titre du "livre", on est dans un clivage qui veut marginaliser les mouvements zadistes, les écologistes radicaux et faire le tri entre les bons écologistes et les mauvais écologistes. Et c'est qui qui délivre les bons points ?
L'auteur de ce “livre” est loin d'être un inconnu puisqu'il adore les médias et s'y exprime aussi souvent que possible. François Goullet de Rugy (42 ans/ de Nantes), fils d'enseignants apparait aux Journées d'été des Verts à Quimper en 2007. Dès le premier jour, il distribue un tract appelant à créer un “think tank” (groupe de réflexion influant) afin de remettre de l'ordre dans ce parti et y prendre le pouvoir implicitement. Il se fait désavouer par la majorité des militant-e-s de tout le pays présents à cette rencontre annuelle. Mais il se fait remarquer, il se fait un nom et on lui attribue une ligne politique plus près de Waechter et Lepage que des Verts. Pas étonnant quand on sait qu'après des études à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, il crée et devient président de l'association Ecologie 44. Avant, de 1991 à 1994, il est membre de “Génération Ecologie” de Brice Lalonde.En 1997, il adhère aux Verts pour devenir secrétaire général-adjoint du groupe “Radical, Citoyen et Vert” à l'Assemblée Nationale. En 2007, il s'associe au PS, Pascal Bolo, et est élu député de Loire-Atlantique. Le même duo se fait réélire en 2012.
Depuis son adhésion, il est évident qu'il rêve de faire partie d'un gouvernement. Il suit Cohn-Bendit dans sa démarche de muter Les Verts en Europe Ecologie, moins marqué politiquement, plus mou, plus conciliant, plus réformiste, plus centriste, pour aller vite. Ces derniers mois et depuis le départ de Cécile Duflot et de Pascal Canfin du gouvernement, François de Rugy et ses deux cox , transports et énergie...Et le Congrès de l'an prochain devrait éclaircir enfin à nouveau le projet radical réformateur du parti de l'écologie politique, Les Verts.mparses, Barbara Pompili et le sénateur, Jean-Vincent Placé ne s'expriment plus que pour dire qu'ils ne sont pas contre de participer à un gouvernement Valls et cela contre l'avis du Conseil Fédéral et du Bureau Exécutif de EELV. De fait, ils se mettent en retrait et au-dessus du fonctionnement démocratique du parti. Dès lors, leur départ était quasi-programmé. Ils ont crée un nouveau micro parti avant l'été (“Les Ecologistes !”) et après les Journées d'été EELV de Lille où ils n'ont trouvé aucun écho, voilà qu'il est le premier de la bande à déclarer (dans “Le Monde”) qu'il démisssionnait de EELV.
Mais pas discrètement puisque son plan de carrière est prêt depuis longtemps, son ambition a toujours été perceptible et sa ligne politique pas très claire, plutôt opportuniste, tourné vers le PS et le Centre/Modem (mais la place y est déjà prise par Corinne Le Page et Yann Wehrling, autre transfuge). Et ses justifications tombent à plat pour des militant-e-s de longue date qui l'ont vu “grandir”. François de Rugy veut “fédérer les écologistes réformateurs”, exactement ce qu'était la démarche de création de Europe Ecologie et ce que prône Antoine Waechter depuis ...1984. Il affirme aussi que le parti EELV s'enlise dans une idéologie gauchiste. Que veut dire “gauchiste” dans sa bouche ?
François de Rugy et ses rares aficianados ont avalé sans quasi moufter toutes les reculades et reniements du PS gouvernemental sur les projets écologiques. Il suffit de lire les votes au Parlement. Il s'est mis hors du parti depuis un moment par ses votes contraires aux décisions du Conseil Fédéral EELV. Désavoué en interne, pour continuer à exister, il ne pouvait que quitter ce parti pour essayer d'arriver par d'autres voies au poste dont il rêve...




Cela n'est que le début d'un plan de retrait de quelques parlementaires car les adhérent-e-s du parti écologiste ( une confédération écologique au départ) ne sont pas dupes et loin de se laisser entraîner dans ces dérives carriéristes présentées médiatiquement comme des critiques profondes d'une idéologie qui traverse depuis quelques années maintenant l'ensemble de la population tant les préoccupations environnementales deviennent de plus en plus vitales.
Pourquoi opposer donc dans son titre écologie et gauchisme ? C'est comme si ce député était habilité à décerner les bons points entre bons écologistes et mauvais écologistes. C'est comme si les activistes environnementaux contre les grands projets inutiles sur le terrain étaient des voyous, des violents, des sans réflexion, trop autonomes et incernables à son goût. Rappelons quand même que les morts sont dans les rangs de ces écologistes et non pas du côté des forces de l'ordre de ce gouvernement.





Alors, Monsieur François Goullet de Rugy, allez votre chemin, on ne vous regrettera pas du côté de l'écologie politique qui se bat contre les grands groupes industriels et financiers qui exploitent les ressources naturelles de la planête pour leur seul profit, qui défigurent la terre en éliminant toute la biodiversité, qui veulent garder la main-mise sur les semences, la production agricole, qui veulent écouler les stocks d'armes chimiques dont ils ont été les fabricants et qu'ils transforment en pesticides, qui sont les détendeurs du marché de l'eau et de l'énergie et imposent leurs choix, etc...etc...etc...Face à cette puissance, il n'y a que les actes de résistance de terrain qui sont efficaces et montrent le vrai visage en face....et leurs alliés, complices quelque part.

Alors oui, il faut être radical pour arriver à quelque chose, il faut du courage pour s'exposer et même être en danger face à la répression, que sans ces militant-e-s de terrain, ce serait bien pire déjà.
Les belles paroles du professionnel de la politique (politicienne) ne feront pas avancer grand chose si ce n'est sa prétendue carrière.

Alors, Monsieur de Rugy, quittez le parti et ne crachez pas sur les emplois et mandats  qui vous ont fait vivre depuis 1997, depuis vos 24 ans !

Et il est grand temps que Les Verts redeviennent le parti avec un projet radical toujours d'actualité et où ses alliés politiques sont les mouvements citoyens, les partis de gauche non-gouvernementaux.

Croire au réformisme d'un Sarkozy ou d'un Hollande, c'est être complice d'un endormissement général des consciences et de l'action.

Quand on a peur, on accepte tout !
“Ils sont grands parce que nous sommes à genoux”.



Le lendemain de la "démission" de François De Rugy, c'est Jean-Vincent PLACE, sénateur EELV qui quitte le parti. Encore une personne qui priviligie sa "carrière" personnelle qu'il espère au gouvernement (PS) remanié probablement en janvier...Et puis suivront sûrement Barbara Pompili, fidèle de De Rugy et Denis Baupin, le compagnon de la secrétaire nationale EELV, Emmanuelle Cosse.
C'est le congrès du parti l'an prochain qui devrait enfin éclaircir tout cela et remettre en avant , non pas les biz-biz de ces personnes carriéristes avant tout, mais à nouveau le projet-programme radical réformiste du parti de l'écologie politique, Les Verts. 
Parler enfin à nouveau du projet, des actions de terrain et non plus des cheminements des uns et des autres qui, par opportunisme personnel, acceptaient tous les renoncements de ce gouvernement Hollande sur les sujets environnementaux (transports, énergie, santé, agriculture, ....etc...) et ont fait fuir de nombreux-ses militant-e-s de longue date.
Heureusement, il est toujours resté les actifs-actives de terrain dans les régions, même si les médias de propagande ne se gaussaient que des "états d'âmes" de ces cadres parisiens qui vivaient dans les dorures des palais présidentiels, Sénat et Assemblée Nationale...
 

mardi 25 août 2015

RENTREE 2015 : Régionales en vue !

Les Universités d'Eté des partis  se terminent et la rentrée politique s'annonce avec comme ligne de mire les élections régionales de décembre et en arrière-plan, la conférence mondiale sur le climat à Paris. Nos médias nationaux et régionaux de propagande vont donc être remplis par ces deux sujets pour les mois à venir.





Si on connait les stratégies du PS, FN et LR-UDI (ex-UMP), du côté des écolos et de la gauche non-gouvernementale c'est moins clair. Et pour cause...Différents scénarios se dessinent dans ce qui peut paraître incohérent vu de l'extérieur.

En écoutant les interrogations des un-e-s et des autres, il est clair que l'envie d'un “rassemblement” de cette gauche-là est très forte pour présenter un autre projet, une autre alternative que le FN aux électrices et électeurs. Mais statutairement, il n'y a pas de diktat national dans ces partis en ce qui concerne les élections régionales et donc une grande latitude de décision. On sent ainsi très vite les disparités d'un territoire à l'autre.



Dans certaines régions et non des moindres, on s'achemine effectivement vers une proposition d'un front rassemblé autour de EELV (Europe Ecologie -Les Verts), du Front de Gauche, d'Ensemble et des associations citoyennes. C'est le cas en Rhône-Alpes-Auvergne, Nord-Picardie, PACA et Midi-Pyrénées-Languedoc. C'est encore en discussion en Aquitaine-Limousin et en Bretagne, soit un total de 4 à 6 régions sur 13. Si la ville de Grenoble (lors de l'élection municipale) est exemplaire, ce scénario ne se met pas en place automatiquement , mais demande pas mal de réunions et forums de discussion pour construire des projets solides et opérants. Même s'il est évident pour pas mal de monde qu'il faut construire une alternative des gauches non-gouvernementales face au FN, la construction de ce pôle ne peut pas se faire en un jour car cela est loin de faire l'unanimité dans les partis.
Mélenchon (Parti de Gauche) dénonce “l'annexion en cours des écologistes sur le Front de Gauche” pendant que EELV est largement divisé entre une base militante radicale et une direction qui penche pour participer au gouvernement Valls (ou PS). Ainsi en Ile de France, la secrétaire nationale EELV, Emmanuelle Cosse est tête de liste, mais a refusé une alliance avec le Front de Gauche pour privilégier une alliance avec Cap 21, le parti de Corinne Lepage, ex-ministre de Alain Juppé !!!
Et ça joue sur les mots : “écologie d'accompagnement ou écologie de transformation”, “transition énergétique pour une CROISSANCE verte” !!! pour justifier des choix qui sont stratégiques mais dans des démarches souvent carriéristes et personnelles.



Les Régionales préfigurent vraiment ce qui s'esquisse dès à présent pour l'élection présidentielle de 2017. Avec notre système électoral et le fonctionnement des institutions dans le cadre de la Vème République, on peut déjà prévoir ce qui risque de se passer : l'élection d'un-e président-e avec moins de 20% de la population (par le biais d'une forte abstention).
Un changement vers une 6ème République est aujourd'hui plus que nécessaire pour coller au XXIème siècle. Mais ce n'est pas pour tout de suite tant les partis “traditionnels” sont attachés à ce fonctionnement où ils y trouvent tous les avantages, en mandats et indemnités....

Est-ce que cette construction d'un autre pôle à gauche grandira jusqu'en 2017 ? Rien n'est moins sûr, même si c'est souhaitable, car la Présidentielle est une élection basée sur une personne et cette personnalisation attise les égos dont sont pourvus, de façon parfois démesurée, nos femmes et hommes politiques.

Un mouvement comme Syriza ou Podemos n'est pas prêt à exister dans une France encore trop riche (même si c'est très mal réparti) pour se sentir acculée à faire bouger les lignes...
Mais l'avenir n'est pas écrit et différents scénarios sont encore possibles, du pire au plus encourageant.

Les Régionales préfigurent quelque part la suite et c'est son seul intérêt car pour le reste, il n'y a guère d'économies qui seront faites tant les pouvoirs sont doublés voire triplés pour satisfaire tous les sortants et les “têtes” des  différentes régions. Un peu comme pour les Départementales où le nombre d'élu-e-s a même augmenté...



Mais on aura l'occasion d'en reparler en détail dès que les listes seront publiées et qu'on pourra clairement identifier nombre et cumulards.

À suivre donc....


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              les dessins sont de Pat Thiébaut   www.lagitedulocal.com

Quand au nom de la région "Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes" (ACAL-ALCA) d'autres régions aussi hésitent !!!! 




jeudi 20 août 2015

de la guerre d'Algérie au XXI ème siècle

En avril 2007, le candidat ex-ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy déclarait : "Il ne faut pas dire que l'on veut l'ordre et prendre systématiquement parti contre les forces de l'ordre. Il ne faut pas crier à l'Etat policier et à la provocation à chaque fois que la police cherche à faire respecter la loi. Il ne faut pas dire que l'on est pour la valeur travail et généraliser les 35 heures, continuer à surtaxer le travail ou encourager l'assistanat, empêcher ceux qui veulent créer de la richesse d'investir en France....Cette gauche héritière de mai 1968, tous ces politiciens qui donnent aux autres des leçons qu'ils ne s'appliquent jamais à eux-mêmes...Mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral..... Dans cette élection, il s'agit de savoir si l'héritage de mai 68 doit être perpétué ou s'il doit être liquidé une bonne fois pour toutes", a-t-il poursuivi, en affirmant vouloir "tourner la page de mai 68". 

Bien sûr, c'était le contexte de la campagne présidentielle et Sarkozy voulait faire passer le message que la "chienlit" décrite par De Gaulle était à attribuer à la gauche c'est à dire, pour lui, au PS et celles et ceux qui votent pour ce parti.

Bien sûr, la réalité n'était pas tout à fait cela, mais il ne faut pas s'attendre à ce que les politiciens parlent vrai pendant une campagne électorale...
Toujours est-il que quand on veut tourner la page de 68, c'est aussi vouloir se débarrasser de ses survivants et de l'esprit dont certain-e-s se revendiquent encore.
Mais toutes-tous ne sont pas encore morts et continuent à croire quelque part en cette autre vie possible. Et ils-elles savent voir, dans des combats comme les ZAD et autres réseaux d'un autre "vivre ensemble",  les graines semées et qui mutent en toute indépendance idéologique. 







J'ai regardé les deux parties du film passé récemment sur Arte "Nés en 68" qui suit le parcours de quelques jeunes (merveilleuse Laetitia Casta qui incarne le personnage principal) et de leurs enfants de 1968 à 2007. Ce film *** bien que romancé sonne juste et aborde tous les thèmes relatifs à cette époque. 
A titre d'information historique ou sociologique ou avec un brin de nostalgie, je vous conseille son visionnage... Cela peut engager une discussion sur le monde en mutation, le changement de civilisation en cours.


Si on s'achemine vers une sorte de chaos qui sera brandi en avant pour faire "voter utile ", il y a tellement de personnes qui se détournent aujourd'hui de la politique complètement décrédibilisée que bientôt on aura un-e président-e élu-e avec moins de 15 % de la population. Avec les institutions de la Vème République , cela est tout à fait possible et n'aura plus aucun sens.
La peur distillée au quotidien dans les médias de propagande (quasi tous) participe à ce phénomène de tout accepter. 
" En 68, vous avez sapé l'autorité. Maintenant, la France se cherche un père." dit un de ces enfants de 68.

Que, qui  représentent  encore  aujourd'hui les hommes et femmes politiques aujourd'hui ? Plus grand monde tellement "la vie est ailleurs"...(et l'abstention abbyssale).
Pour recréer du lien, il va bien falloir revenir à plus de démocratie, des décisions collectives. Et il y a aussi ce retour vers le local, production et consommation et une certaine conscience planétaire devant le flux permanent des immigrations politiques et bientôt environnementales et la barbarie des guerres idéologiques ou stratégiques.

Qu'est-ce qui est pire ?  Le monde de paix, d'amour, de liberté ou l'accélération mortifère vers le chaos généralisé ? 
Mais peut-être ne sommes-nous que quelques-un-e-s à présentir les choses avec l'éclairage du passé récent.

Mais il faudrait y réfléchir pour donner une autre dimension à son quotidien et à ses relations.

L'avenir n'est pas écrit....



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***  encore visible sur ARTE +pendant qulques jours ou sur internet

dimanche 9 août 2015

CREDIT MUTUEL : banque mutualiste ?

       UNE BANQUE A QUI PARLER, mais qui sait faire taire aussi...

Le Crédit Mutuel est un réseau bancaire français constitué de 5 390 caisses locales coopératives et mutualistes, regroupées en 18 fédérations régionales, elles-mêmes constituées en Confédération Nationale. Un groupe financier important donc. Avec 11 millions de clients en 2010, dont environ 7 millions de sociétaires, c’est la principale composante du groupe Crédit Mutuel-CIC. 54 % de ses filiales étrangères sont localisées dans des paradis bancaires ou des paradis fiscaux. 

 

Le Crédit Mutuel trouve son origine dans un mouvement mutualiste qui apparaît en 1847 en Rhénanie sous l'impulsion de Friedrich Wilhelm Raiffeisen. En 1849, il crée la société de secours aux agriculteurs impécunieux. C'est dans le village de La Wantzenau,  en Alsace, près de Strasbourg, qu'est fondée la première Caisse du Crédit mutuel en 1882, sur le modèle de Raiffeisen. Dès cette première année, 17 autres Caisses voient le jour en Alsace-Lorraine encore annexée à l'Empire allemand. L'essor est rapide puisque dès 1885, l'Alsace se dote de structures fédérales et qu’en 1892 on y compte déjà 127 caisses ; en 1914, on en dénombrait 471.     (sources Wikipedia)

Je suis sociétaire de cette banque depuis le versement de mon premier salaire en 1974, autant dire il y a très, très longtemps. J'ai toujours été satisfait des services pendant des dizaines d'années, mais cette confiance est remise en cause depuis quelques années, depuis que cette banque "mutualiste" rachète d'autres banques à l'étranger, rachète des sociétés de crédit et base son développement sur les affaires en utilisant les dépôts. Sa structure d'actionnaires-sociétaires devait la préserver de pratiques que d'autres banques ne s'interdisaient pas. Malheureusement, force est de constater que cette spécificité n'existe plus aujourd'hui et de banques mutuelles, il ne reste que le Crédit Coopératif et La Nef.
En tant que sociétaire-actionnaire, je me pose des questions que bien d'autres se posent aussi. Et en tant que sociétaire, nous devriions avoir droit à une information transparente et claire. Or il n'en est rien.
Alors, pourquoi cette dérive et comment en sommes-nous arrivés là ?



DE LA BANQUE DE DEPOTS A LA BANQUE D'AFFAIRE et maintenant blanchiment d'argent et évasion fiscale ?

Jean-Pierre Canet et Renaud Le Van Kim ont tourné un documentaire appelé " Evasion fiscale : une affaire française" sur le système occulte d'évasion fiscale crée au sein du Crédit Mutuel-CIC et qui devait être diffusé le 18 mai dernier sur Canal + lors de l'émission " Special Investigation". Le propriétaire et actionnaire majoritaire de Canal +, le milliardaire Vincent Bolloré (groupe Vivendi), - oui, celui qui a prêté son yacht à Nicolas Sarkozy , au lendemain de sa victoire à la Présidentielle française de 2007- , a censuré cette diffusion en la déprogrammant de sa propre décision. Ce film-enquête journalistique, mené conjointement avec Médiapart, met en plein jour entre autres les agissements de la Banque Pasche de Monaco qui permet les évasions fiscales vers la Suisse et d'autres paradis fiscaux comme le Luxembourg, Panama, les Bahamas, etc...Or cette Banque était une filiale du Crédit Mutuel-CIC jusqu'en 2013 et favorisait le blanchiment d'argent, l'évasion fiscale. Son siège est en Suisse à Genève. Vous vous souvenez sans aucun doute du scandale des banques UBS et HSBC sur les mêmes charges de blanchiment d'argent et évasion fiscale.
Comme par hasard, quelques jours avant, le 12 mai, Vivendi lançait une OPA pour racheter des parts et devenir actionnaire à 100 % de Canal +, OPA pilotée et garantie par....le Crédit Mutuel. Le Crédit Mutuel est l'un des principaux partenaires financiers du groupe Bolloré. Son directeur actuel, Michel Lucas est un intime de Vincent Bolloré. Il est par ailleurs aussi un tycoon de la presse régionale puisqu'il dirige "Le Progrés de Lyon", "L'Est Républicain", "Le Dauphiné Libéré", Les "DNA-L'Alsace" pour ne citer que quelques journaux régionaux importants. Autant dire que les deux hommes sont des artisans de propagande très influents (avec Canal + et la presse régionale) et sont des amis proches de Nicolas Sarkozy dont ils vont orchestrer la campagne médiatique pour la Présidentielle de 2017 en éliminant tout ce qui gène et est trop critique sur les écrans et journaux.

En décembre 2014, une enquête judiciaire est ouverte contre le groupe Crédit Mutuel-CIC pour système occulte d'évasion fiscale. Sa filiale, la Banque Pasche de Monaco est largement dans le colimateur (même si le Crédit Mutuel s'en est séparée en 2013 en la cédant à Havilland) pour ses pratiques en lien avec le Crédit Mutuel. Son directeur est l'avocat genèvois, Dominique Warluzel qui est aussi cité dans l'affaire Karachi de ventes d'armes. La banque Pasche a des bureaux aussi bien en Suisse, qu'à Dubaï, Lichtenstein, Bahamas, Chine , Brésil...D'ailleurs sur la liste des bénéficiaires des évasions fiscales de la Banque Pasche, on trouve aussi le brésilien Ricardo Texeira dont le beau-père est Joao Havelange, longtemps président de la FIFA (Football) et d'ailleurs ce M. Texeira est un ex-dirigeant de la FIFA aussi...Lorsqu'on met en relation avec le scandale qui touche l'organisme international de football actuellement, on se dit que décidemment les mondes de la corruption, de l'argent, des paradis fiscaux, du blanchiment d'argent, du sport, de la politique ont des proximités de plus en plus évidentes sur la place publique.



EN SAVOIR PLUS : ce sera sur France 3 en clair et sur MEDIAPART dès à présent

Il faut croire que le Crédit Mutuel commence à avoir "chaud" car, par exemple, un sociétaire depuis 15 ans de la banque en Bretagne s'est fait virer du Crédit Mutuel car dans quelques tweets sur son téléphone, il a dénoncé quelques pratiques commerciales douteuses.

Toujours est-il que les producteurs du documentaire censuré se sont battus pour récupérer leurs droits et il sera finalement diffusé à l'automne sur France 3 dans le cadre de "Pièces à conviction". Lucas et Bolloré arriveront-ils à museler France 3 ? Et qu'ont-ils à cacher qu'on sait déjà par les enquêtes journalistiques de Médiapart ?
C'est surtout que cela risque d'être dévoilé en plein jour sur une chaîne publique en clair à présent.
Une censure qui risque donc de se retourner contre ses commanditaires.



Vincent Bolloré en "Guignol de l'Info" 
qu'il a déprogrammé aussi afin que ce soit crypté plus tard e
t donc bien moins VU



lundi 27 juillet 2015

LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE ....

Chaque été, ARTE revient sur un passé pas si lointain qui allie culture/musique et histoire contemporaine...
Nous sommes en 1967, oui, je sais , cela ressemble à la préhistoire pour celles et ceux nés après 80-90, mais n'oubliez pas d'où vous venez et que c'était il y a moins de cinquante ans...et que les “survivants” existent encore !!!
Vous avez entre vingt-cinq et cinquante ans, vous croyez que ce monde d'avant ne vous concerne pas. Certes, mais il y a quand même quelques bribes de souvenirs que vous avez pu entendre dans la bouche de vos oncles et tantes, frères-soeurs plus agés, parents peut-être !!!


Vous me direz : quel intérêt ? A priori aucun si vous pensez que vous êtes né-e-s sur un terrain vierge sans autre mémoire apprise à l'école que la dernière guerre mondiale et encore, c'était il y a …..Ne parlons même pas des guerres d'Indochine et d'Algérie complètement occultées dans nos mémoires et qui pourtant sont un sacré traumatisme pour ceux qui ont du y participer...



Nous sommes donc en 1967 et c'est vers ces années-là que je découvre comme beaucoup de jeunes de MON époque un livre qui marquera toute une génération, en tout cas une partie de cette génération : “Sur la route/On the road” de Jack Kerouac. Incitation à aller vers les autres, à voyager sur les routes en auto-stop, à vivre intensément sans se préoccuper du qu'en dira-t-on, à rêver à un monde de paix, sans guerres et convivial, accueillant, festif...Le lieu de concentration de ce qui sera pris pour un “mouvement” est  une ville de la côte ouest des Etats-Unis, en Californie, San Francisco. Et ce mouvement post-world war two sera nommé “les beatnicks – la beat generation” avec son centre névralgique, la “City Lights Library”. Après les souffrances et horreurs de la deuxième guerre mondiale, de l'Indochine, d'Algérie, il y avait ce désir de “plus jamais cela” et vivre intensément en dehors de la morale chrétienne, du conservatisme, du conformisme. “On n'a qu'une vie et on veut la vivre pleinement”. Sur ce même schéma éclatent en Europe, Mai 68, le printemps de Prague, les révoltes en Allemagne et ailleurs contre “l'ordre établi” !


En 1971, j'ai vingt ans et, avec mes économies gagnées en travaillant les mois d'été en usine (textile à Colmar/Berglas-Kiener), je prends l'avion pour la première fois pour traverser l'Atlantique et débarquer à New-York.
Issu d'une famille nombreuse, d'un milieu ouvrier,  d'une Alsace légaliste, conservatrice, ce fut un choc. Mais c'est surtout en passant des mois à traverser les Etats-Unis en auto-stop de New-York à San Francisco et du New Mexico au Canada que s'est formée en moi une façon de voir la vie autrement, de voir les relations différement (les américain-e-s sont très accueillant-e-s, et encore aujourd'hui), de voir la créativité,  la liberté pleinement et surtout de vivre dans le bain musical permanent des groupes de San Francisco qui alors n'étaient connus nulle part : Janis Joplin, Jimi Hendrix, Grateful Dead, Jefferson Airplane pour n'en citer que quelques-uns et qui se produisaient en plein air et gratuitement très souvent dans le Golden Gate Park. Et puis, l'Amérique vivait avec le traumatisme de la guerre du Vietnam que beaucoup de jeunes fuyaient, ne voulant pas être enrôlés. Ce fut la fuite vers l'Oregon et le Canada pour y échapper.
Ces mois passés là-bas , à cette époque, m'ont marqué...à vie.

L'année suivante, un long périple à travers l'Amérique du Sud, du Pérou au Chili en passant par la Bolivie et la forêt amazonienne où les réfugié-e-s des pays totalitaires transitaient pour rejoindre le Brésil et embarquer pour l'Europe fut tout aussi marquant par le “présence” du Che (et ses combattants)  dans ces territoires indiens.

Ces émissions TV sur Arte font remonter pas mal de souvenirs avec beaucoup de nostalgie, mais sans regrets.
Oui, “les voyages forment la jeunesse” dit-on  et ce fut vrai pour moi car ces séjours longs ont formé ma nature profonde, ont enrichi ma culture, ma réflexion sur le monde, la vie, mes convictions profondes écologiques en contact avec les amérindiens du sud-ouest des USA, mes combats politiques contre un capitalisme débridé financier qui ne respectait ni l'homme, ni la nature...


A l'âge de “la retraite” à présent, je revois très nettement tous ces périples, je ressens encore pleinement des émotions fortes, ma discothèque regorge de groupes de cette époque, je porte un regard sur le monde d'aujourd'hui avec le recul de mes propres expériences et j'y décèle les soubresauts de ce qui peut évoluer demain vers quelque chose qui a des émanations de ce passé proche sans le savoir : toutes ces initiatives locales “alternatives”, une façon de se vêtir qui est un mélange de genres, une conscience écologique forte, des combats contre les projets inutiles, contre la destruction de la biodiversité, le refus de suivre ce libéralisme/capitalisme qui va dans le mur et capté par une caste sans scrupules qui ne vit que par-pour l'argent, une façon d'expérimenter dans la construction, les transports, les énergies, les plantes et l'alimentation, ...il y a plein d'initiatives qui me font penser à ce bouillonement de ces années beatnicks-hippies de refus de la “société de consommation”, d'une envie très forte de vivre ensemble dans un monde apaisé, de partage et de respect.


Je sais , on va me dire que tout cela c'est du rêve, complètement déconnecté de ce qui se passe en ce début du vingt-et-une nième siècle. Peut-être, mais pas vraiment non plus quand on sait regarder et lire, écouter...Je sais que le monde est en mouvement permanent, que la nature a horreur du vide et que ce qui est contre nature est voué à disparaître...

Alors, n'hésitez jamais à inventer, à essayer, à expérimenter, à aller contre les idées reçues, contre le conformisme qui ne vous épanouit pas, à suivre ce que vous “sentez” en vous, à ne pas avoir peur du ridicule des bien-pensants, du regard des autres, laissez parler votre coeur, parlez aux inconnu-e-s autour de vous, prenez les gens dans les bras (pour savoir/sentir à qui vous avez affaire), sortez des chemins tout tracés et que vous croyez rassurants....

“Créer c'est résister, résister c'est créer” . Soyez les créateurs de votre vie, mettez vos peurs à distance...L'avenir n'est pas écrit !

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pour visionner le documentaire :
 SAN FRANCISCO le son de la ville

jeudi 23 juillet 2015

L'ECOLOGIE NE PEUT QU'ETRE RADICALE ?


“Sommet des consciences” ( de la bonne conscience Nicolas Hulot !), clip EELV pour sauver le climat (médiashow électoraliste), vote sur la transition énergétique (scandaleux car sans engagements écrits précis, sur le nucléaire par exemple), reportages sur l'agriculture biologique, l'agroforesterie, …. (et la FNSEA avec ses élevages industriels qui bloquent les routes et sites) , nous sommes à quatre mois de la COP 2015, de la grande négociation sur les droits de polluer dont l'organisation à Paris bénéficie de sponsors “prestigieux” (Total, Nestlé, etc...).
La grande offensive de propagande médiatique a commencé et décembre 2015 marquera une “avancée révolutionnaire écologique à l'échelle de la planête” !!!!

Vous avez bien compris combien je suis cynique et rageur. Mais peut-on être autrement quand on SAIT pas mal de choses et qu'on fait le bilan environnemental des promesses reniées de ce gouvernement “socialiste” ces trois dernières années.
Pas d'écologie punitive” dit Mme Ségolène Royal, la 3ème ministre de l'environnement de ce gouvernement. C'est sûr que quand on se met à genoux devant le lobby des transporteurs, des éleveurs, des céréaliers, d'Areva, etc..., on ne peut guère tenir un discours cohérent et entre annonces et immobilisme, le temps passe sans ...changements.
Avec des écologistes qui ne pensent qu'à un poste de ministre ***, il n'y a aucun danger pour la République ! Leurs protestations ne couvrent pas leurs ambitions électorales....

 
dessin Jean Aurel -POLITIS


D'ailleurs, c'est quoi l'écologie politique en France ?

Vous n'avez pas été sans remarquer qu'il y a des prédominaces écologiques pour chaque pays selon ses spécificités...presque culturelles. Au Canada par exemple, on s'occupe plus particulièrement de la mer, les forages et mines. En Angleterre, c'est plutôt la protection des animaux et l'opposition à la chasse à courre. Aux Etats-Unis, le combat est plus radical et porte sur les grands espaces, la vie sauvage, la forét, les implantations industrielles, le gaz de schiste. En France, l'écologie, c'est Brigitte Bardot et Nicolas Hulot (on en rigole à l'étranger !), mais surtout le combat anti-nucléaire.
Les formes d'action sont aussi très différentes d'un pays à l'autre. Si en Europe, ce sont les gestes du quotidien qui sont valorisés, les pétitions et manifestations de rue, aux Etats-Unis, on met du sable dans les réservoirs des engins qui coupent les arbres, creusent des puits pour l'extraction des gazs de schistes ou construisent des mégaroutes...L'écologie est politisée et captée par un parti dont les membres sont bien gentils et pensent plus à un poste électoral qu'à des actions de terrain radicales de désobéissance civile menées elles par les Zadistes, groupes anonymes et décidés qui montrent un retour aux sources de l'engagement militant écologiste.

Et il y a aussi ces courants naturalistes qui veulent donner la prééminence de la nature sur l'homme qui n'est qu'un animal comme les autres. Et, dans la nature, les plus forts mangent les plus faibles ce qui peut entrainer jusqu'aux excès qu'on imagine.
Et ils pensent également qu'il faut un équilibre naturel à savoir que la terre ne peut pas nourrir quatre planètes, autrement dit pas six milliards d'humains. Ils ne sont donc pas pour “accueillir toute la misère du monde”, pas pour empêcher épidémies, guerres tribales et même conflits armés, pas pour protéger “les pauvres qui se multiplient comme des lapins” et profitent de notre assistance qu'il faut réduire. Vous voyez bien que cette façon de penser l'écologie naturaliste amène à une façon d'exclure, d'éradiquer une grande partie des populations du sud...d'une façon ou d'une autre !

Une autre partie redoute l'action industrielle de l'homme qui détruit la nature et a comme objectif de l'empêcher dans sa destruction par des moyens radicaux qui peuvent sembler illégaux. Mais il y a la loi d'un côté, celle qui protège les intérêts des grands groupes industriels et financiers et de l'autre côté, il y a la justice, ce qui est moralement bien. (“no justice, no peace”).

La grande messe-mascarade de décembre prochain n'a donc rien de révolutionnaire et dans la bouche de M. Hollande, cela fait bizarre. Il veut juste redorer son blason, mettre dans sa poche les écolos notables carriéristes en vue de l'élection Présidentielle de 2017. On n'est pas dupe, on a la mémoire de tous ses renoncements, on n'oubliera rien et on n'écoute même plus ce show médiatique où l'écologie sous différents noms (transition énergétique, plan climat) est complètement instrumentalisée et non pas considéré comme un facteur d'évolution et de durabilité.
Mais bien sûr, qui est surpris ? Personne...

Les écologiste français donc beaucoup plus antinucléaires que les canadiens , américains, etc...(et pour cause puisque c'est le pays le plus nucléarisé) attendent un engagement écrit, acté, sur la fermeture d'au moins une centrale nucléaire avant 2016 (Fessenheim). Mais concernant le nucléaire, nous savons très bien ce qu'il en est ; nous avons les exemples de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011) qui nous éclairent sur ce qui nous attend (peut-être, probablement, statistiquement).



Petit rappel : le 11 mars 2011 à la suite d'un tsunami le site des 4 réacteurs de Fukushima explose, les coeurs de 3 réacteurs fondent , s'enfoncent et sont inaccessibles depuis. 300 000 litres d'eau chaque jour sont injectés pour refroidir les barres de combustible. Cette eau est soit-disant stockée (ça fait quoi comme volume en 4 ans ?) mais des fuites multiples font qu'en réalité elles se déversent dans l'océan Pacifique depuis quatre ans. Pas de démantèlement possible car on en est qu'à la construction de robots pour accéder dans les coeurs des réacteurs. Une estimation du temps nécessaire pour un résultat nous amène à 2045 au mieux ou dans ...deux cent ans ! Ce n'est pas la compagnie TEPCO (l'AREVA japonais) qui paye la facture, mais les contribuables. Et 120 000 réfugiés sont toujours dans des camps depuis 2011 et vivent avec une aide de 725 € par mois pour vivre ...jusqu'en 2017 (ils ont tout perdu). Aujourd'hui on entend que le gouvernement japonais veut les ramener dans la zone contaminée et reouvrir des centrales nucléaires.
En France, la cuve du réacteur EPR doit être refaite, le béton des tours aussi, bref le coût de construction explose, la technique pas meilleure que les vieilles centrales qui elles deviennent des réacteurs rafistolés de plus en plus dangereux. Et comme il y en a beaucoup en France, le risque augmente chaque jour...En plus, on ne sait plus quoi faire des déchets ultimes et pour y remédier, là encore au détriment de la sécurité, le gouvernement a décidé de les enfouir à Bure sous terre dans un terrain pas stable et avec une nappe phréatique en dessous. Sans débat, sans vote puisque c'est par la procédure 49-3 que cela s'est fait et le texte mis dans la loi Macron sans lien direct, une sacré tromperie, duperie, ...de plus. Mais hors de la vue, on les oublie... pour toujours, mais pas pour les générations futures.

Le nucléaire est l'exemple parfait de l'hypocrisie totale qui entoure l'écologie à la sauce PS (ou Républicains ou FN). M. Sarkozy se faisait passer pour le super écolo puisque le nucléaire ne produit soit-disant pas de CO2, une industrie “décarbonnée” (ce qui est faux quand on considère toute la filière).

L'écologie revêt plusieurs habits et plusieurs formes.
Si dans l'institutionnel on n'obtient que renoncements et annonces sans actes, la question des formes d'actions se pose de façon encore plus forte. Les écolos EELV ne font pas de vagues, ne présentent aucun danger et sont si gentils en attendant un poste ministériel (pas tous heureusement !). Celles et ceux qui s'engagent dans des actions plus radicales (les “zadistes”) comprennent très vite lorsqu'ils ont en face d'eux une force armée (qui tue) que l'Etat tremble dès qu'un collectif décidé se bat pour plus de JUSTICE, contre les projets inutiles, contre la bêtise financière/industrielle qui n'a aucun respect pour une terre nourricière et source d'épanouissement.

L'écologie est donc un marqueur de l'état d'un pays, de son avenir.
Autant y repenser encore une fois sous un autre éclairage que la grande messe médiatique de COP 2015.


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*** Manoeuvres de basse besogne que ce qui s'est passé début juillet. Un groupe de parlementaires écolos EELV a crée un nouveau micro-parti “les écologistes ! “ et ses adhérent-e-s , la plupart des députés et sénateurs EELV se sont mis “membres” et donc ne versent plus leur part d'indemnités d'élu-e-s à EELV, mais à “les écologistes !” ce qui prive le parti EELV d'une somme conséquente juste au moment où leur endettetement fait que EELV doit se séparer de son siège national. C'est une façon aussi de faire du chantage auprès de la direction nationale afin qu'elle change d'avis sur la participation au gouvernement que souhaitent ces parlementaires. C'est honteux d'agir ainsi. Qui parmi les membres EELV sont au courant de ces magouilles internes d'été ? Et puis cela plombe aussi la future campagne présidentielle de Cécile Duflot, la seule alternative qui se hissera contre le FN...à moins que Coluche ne résuscite !!!

lundi 20 juillet 2015

EST-CE QUE NOUS LE POUVONS ?

C'était il y a quelques jours. On était assis sur la terrasse à regarder le paysage magnifique des chaumes, des prés, des arbres, des forêts, des monts ronds des Vosges, des vallées fleuries, le soleil se couchait, il faisait encore chaud...
On évoquait les évènements des derniers jours, la Grèce, l'Europe, nos souvenirs militants, nous échangions sur notre façon de voir les choses avec chacun son expérience, Jean-Pierre  le syndicaliste-communiste, moi l'ex-Verts radical... Notre longue expérience nous permet de passer de suite à l'essentiel et d'analyser froidement, assez objectivement les "choses"...


Bien sûr que ce qui a été "administré "à la Grèce est révélateur et met en évidence ce qu'est l'Europe aujourd'hui. Et puis, on a extrapolé à l'Espagne, la France...La perspective des législatives d'octobre en Espagne, le changement de rapport de force que cela peut engendrer en Europe, mais aussi la perspective de l'élection Présidentielle en France et nos appréhensions-analyses à ce sujet dans les actuelles institutions (de la Vème République) qui ne sont plus du tout adaptées au XXIème siècle.
Nous savions tous les deux que le rejet de la politique politicienne, des cumuls des mandats, de la maintenance aux pouvoirs des mêmes personnes pendant des décénnies, ... a complètement sclérosé la politique, a décrédibilisé le personnel politique, a produit et continuera à produire une abstention gigantesque aux élections avec comme corrolaire l'élection d'un-e président-e avec 20 % des voix. Il n'y a donc plus de représentativité, de démocratie réelle, on peut se retrouver à la tête de l'Etat avec peu de voix,  car il y aura une abstention énorme même au deuxième tour, puisque ni la propagande, ni la peur et l'appel au vote utile ne feront la différence, les vieilles recettes ne marchent plus, les candidats passés (Sarkozy et Hollande) non plus...
Il faudra bien dans ce cas passer par une période de chaos où aucun-e n'a plus de majorité avec des crispations certaines et une politique très à droite et répressive. Mais peut-être faut-il passer par là pour se rendre enfin compte qu'il faut se réattribuer notre avenir, redevenir acteur de sa vie.
Des alternatives il n'y en a pas beaucoup et avec le système électoral des institutions de la 5ème république, il faut une femme ou homme médiatique sachant que l'élection présidentielle est vraiment une élection personnalisée et souvent un chantage à l'élimination plutôt qu'un vote par choix et conviction.
Et si à l'extrème-droite, il n'y a pas de discussion démocratique, le choix est fait depuis longtemps, par contre à l'extrême-gauche (autre alternative possible) il n'y a pas de consensus sur le-la représentant-e et entre Mélenchon et Duflot, cela ne le fera peut-être pas : l'un, même brillant sur les dossiers,  est "grillé" médiatiquement parlant, l'autre pas assez rassembleuse...
Et aujourd'hui, il n'y a plus Coluche (qui ferait peut-être un "malheur" !).

Mais il faudra bien pouvoir présenter une alternative à gauche afin de ne pas laisser les électrices, les électeurs, notre pays, devant un vide ou une seule option.



Pour recréer une dynamique, un changement radical, peut-être faut-il en revenir à la démocratie ....grecque du tirage au sort pour les candidat-e-s. Et adopter le fonctionnement d'un parti-groupement comme Podemos en Espagne et/ou Syriza en Grèce.

On a vu comment le FMI, la BCE, la Commission Européenne, l'Eurogroupe des financiers monétaristes ont humilié le peuple européen grec, préfiguration de la suite et mise en lumière de la gouvernance en Europe, dans le monde....On a vu que les intérêts financiers/monétaires sont au-dessus des nations, au-dessus de toutes règles de souveraineté, d'intérêts des peuples et qu'ils mettent en oeuvre la stricte application d'un système totalement discriminatoire et dont les bénéfices sont réservés à quelques " world compagnies" que nous connaissons tous. Niveau santé, on voit bien comme Monsanto arrive à imposer partout contre l'avis des pays ses produits mortifères et ses manipulations génétiques.

Alors, les alternatives. 
Pour comprendre la difficulté à mettre en place un mouvement comme Podemos  en France, il faut voir comment il fonctionne et pourquoi notre "culture politique française" basée sur la personnalisation est un frein énorme à une équivalente démarche.

Alors, allons-y pour un peu d'histoire....récente.



De la réflexion à la mobilisation sociale et la participation au processus électoral

Un cercle d'universitaires espagnols altermondialistes travaillent sur les discours politiques et les démocraties latino-américaines. Un vaste mouvement commence à être visible dans le pays touché par la crise, le chomage massif, avec des rassemblements géants sur les places des villes, on les appelle les Indignés.
La question se pose de convertir l'indignation en changement politique.
En janvier 2014, le journal numérique Publico publie ce qui sera l'origine de Podemos (nous pouvons),  le manifeste “mover ficha ….” (prendre les choses en main) signé par une trentaine d'intellectuels, de personnalités de la culture, du journalisme, de l'activisme social et politique.
Ce manifeste parle de transformer la mobilisation sociale des Indignés en processus électoral participatif et de présenter des candidat-e-s aux élections européennes de 2014 avec l'objectif d'opposer des idées de gauche aux politiques de l'Union Européenne concernant la crise économique.
Le mouvement est enregistré comme parti politique le 11 mars 2014.

Un fonctionnement de démocratie directe

Podemos consacre les internautes comme des militant-e-s à part entière : ils-elles votent les statuts, les têtes de liste et la hiérarchie du programme  sur simple inscription internet gratuite.
Cercles et marées en sont la structure participative.
Dans chaque quartier des grandes villes comme dans les villages, des centaines de “cercles” rendent concrète cette démocratie réelle.
Ensuite,  pour contester l'emprise des syndicats sur le mouvement social, la marée verte regroupe les personnels de l'éducation, la marée blanche ceux de la santé, la marée noire ceux de la fonction publique.

Podemos a publié un document de 36 pages exposant sa ligne politique dans lequel les titres des six sections se terminent tous par “Construire la démocratie.”
1. Redresser l'économie en renforçant le contrôle public, en réduisant la pauvreté et en instaurant la dignité sociale via un revenu de base pour tous. Cela comprend le contrôle des lobbys et de l'évasion fiscale des grandes entreprises et multinationales, ainsi que le soutien aux petites entreprises.
2. 3. 4. Promouvoir la liberté, l'égalité et la fraternité en abattant les barrières à travers l'Europe et en permettant la coopération entre les personnes sans collecte de renseignements ou inhibitions sociales.
5. Redéfinir la souveraineté en révoquant ou en troquant le Traité de Lisbonne, en retirant l'Espagne de certaines zones de libre-échange et en promouvant le référendum pour toutes les réformes constitutionnelles majeures.
6. Récupérer la terre en réduisant la consommation de combustibles fossiles, en promouvant les transports en commun et les énergies renouvelables, en réduisant les cultures de rente industrielles et en stimulant la production agricole locale par de petites et moyennes entreprises.. 

Crise économico-financière et corruption/évasion fiscale

Les questions politiques en Espagne reposent sur la crise et la corruption, alors qu'en France, ce sont les thèmes de l'immigration et l'intégration qui prédominent.
La dépolitisation est très forte en Espagne, et pourtant la culture autonome et libertaire, alors encore réservée à un petit cercle, va faire tache d'huile...

Dans la perspective des élections générales (législatives d'octobre entre autres) de cette année 2015, une progression spectaculaire de Podemos est très probable car  fin 2014, Podemos était déjà au même niveau que le Parti Populaire (droite au pouvoir) et  avec une nette avance sur le PSOE (parti socialiste espagnol). Il pourrait ainsi devenir le parti pivot d'une nouvelle majorité qui reste à définir.

Podemos ne gagne pas sur sa seule étiquette : les listes qui ont remporté les municipales à Madrid, Barcelone, et ailleurs sont le résultat d'une convergence des mouvements qui dépasse largement les réseaux tissés par Podemos.

Bien que ne figurant pas parmi les signataires du manifeste, le mouvement annonça le 14 janvier 2014 que le professeur de sciences politiques et analyste politique télévisuel, Pablo Iglésis Turrion  en prendrait la tête.

Podemos est membre du groupe de la Gauche unitaire européenne et a soutenu dès le début  Syriza – Grèce qui a émergé tout aussi spectaculairement en quelques années après des années de corruption et le diktat d'austérité des institutions européennes et du FMI (Fonds Monétaire International).


L'avenir n'est pas écrit.


SYRIZA, PODEMOS...le rapport de force peut changer vite en Europe, la politique européenne aussi et dans la démocratie directe. Grèce, Espagne,et après ? L'Italie, la France ? 

Hors des partis politiques actuels, le voulons-nous, le pouvons-nous ? Nous donnons-nous une chance d'y arriver, d'y participer en réinventant la politique à partir des réseaux, des cercles, des marées, des...., à partir d'une démocratie directe à retrouver partout, localement, sans hiérarchie autre que celle choisie et/ou par ...tirage au sort.








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SOURCES : Wikipedia et Politis (n°1358 / 18 juin 2015)