samedi 3 octobre 2020

ON A UN NIVEAU DE « CONFORT », C’EST QUOI LE PLUS ?

Je sais, difficile de développer quand on parle de « niveau de confort » (acceptable et digne) comme préalable quasi acquis pour tous. Car, ça ne l’est pas. Mais, tout le monde a des rêves, des envies, des ambitions, des désirs et qui sont différents pour chacun-e.

 

Partons donc du commun, du vital humain :

Se nourrir, avoir un toit/logement (chauffé), de l’eau courante, de l’électricité, se vêtir, pouvoir se soigner (avoir accès aux soins), se déplacer, s’instruire, avoir des loisirs, un environnement de détente, parler, s’exprimer librement, …

 

Dans ce monde, ce système monétarisé, tout est soumis à paiement car on a aussi perdu nos savoirs-faire, on achète au lieu de fabriquer-construire soi-même, on jette au lieu de réparer, on veut aller loin au lieu de regarder autour de soi, on trime pour de l’argent et plus pour soi, on n’aime plus/pas le travail qu’on fait car il est subi, on n’a plus de temps pour soi, sa famille, ses proches, ni pour réaliser, créer, …

 

 


 


Et quand on est arrivé à un équilibre acceptable et moins contraignant, on continue quand même pour du plus. Mais c’est quoi, le plus ?

Ce plus ne devient-il pas un moins pour d’autres, ne crée-t-il pas justement le déséquilibre et la perte du sens de la solidarité, de cette notion que l’espèce humaine est liée à la même planète, que le « destin » est commun à tous-toutes ?

Que, pour ce plus, la terre-mère productrice de nos « biens communs » élémentaires est dévastée, pillée, détruite, amoindrie pour le seul profit financier d’une oligarchie minoritaire mondialisée. Dans quel but ? Amasser encore plus d’argent, pouvoir se payer encore plus de plus, voler à travers le monde, acheter les objets connectés et vite obsolètes, de l'éphémère, de l'inutile,… Jouir égoïstement, individuellement et « après moi le déluge » !


Quand on se « bat », qu’on souffre au quotidien, dans une angoisse, une peur permanente pour juste arriver à « vivre », c’est à dire assurer ce « confort élémentaire de l’essentiel vital », alors on n’a plus la volonté, le temps pour affronter dans un rapport de force en nombre cette oligarchie – et sa cour des « nantis » ou apprentis-nantis -. Et pourtant, le mouvement quasi spontané et collectif des Gilets Jaunes a rendu visible cette colère froide, ce ras-le-bol profond et qui végétait depuis longtemps, ces personnes qui n’avaient plus droit à la parole et qu’on ne considérait même pas comme des interlocuteurs. Cette révolte latente est bien réelle et ne s’éteindra pas car le chemin emprunté mène inéluctablement dans un mur, tout système a des limites, mais celui-ci hypothèque les conditions même de la survie de l’espèce humaine.

 


 


La légende du colibri où chacun fait sa part est belle et fait rêver. Même si les changements sont souvent-toujours venus de minorités agissantes, sur une planète économiquement, financièrement mondialisée, c’est la mobilisation du nombre, partout, qui fera frissonner, déstabiliser le château de cartes, …

Mais dans ce rapport de force, la répression est violente, armée et sanglante, mortelle parfois, car les dirigeants aux pouvoirs ont sous leurs ordres la police, l’armée et la ...légalité ...démocratique ! Alors qu’ils ne font que ...protéger LEURS intérêts. Ce n’est pas difficile de comprendre cela, mais c’est notre soumission, notre impuissance qu’il est difficile d’accepter. 

Et tout aussi difficile est d’emprunter d’autres chemins...

 



Il y a des « clusters » de résistance, des territoires en transition, des changements de comportement, de consommation, de déplacements, de production, d’échanges, de créations, de …

Il ne faut plus se dire, je suis seul-e, je ne peux rien faire. Autour de soi, il y a de quoi tisser des liens, participer et rentrer dans des réseaux, des associations, des mouvements, des personnes qui sont comme vous et moi et qui créent autre chose, d’autres « mondes », une vie humaine consciente des valeurs, animée par des convictions. Des personnes qui agissent collectivement, créent, imaginent, inventent, construisent, … pas pour du plus, mais pour du mieux, pour tous.


L’avenir n’est pas écrit…                          

                                                                                           ...jamais mollir !

 

___________________________________________________________________________

 

dessins/photos glanées sur internet


mardi 29 septembre 2020

VITE, VITE, TOUJOURS PLUS VITE ….

 

L’ANSES (agence nationale de la sécurité sanitaire) doit déposer le résultat de ses études sur l’impact des nouvelles ondes en avril 2021. La Conférence Citoyenne sur le Climat a déposé ses conclusions et recommandations parmi lesquelles la demande d’un moratoire avant tout nouveau déploiement d’un système de téléphonie mobile émetteur d’ondes électromagnétiques afin d’en mesurer les impacts sanitaires.

Mais nous avons un président qui n’a rien à faire des principes de précaution, des promesses de suivre les résultats du Grand Débat National ou de la Conférence Climat. Il est soumis à ses commanditaires industriels et financiers qu’il privilégie car ils l’ont fait élire. Il se présente comme un innovateur, un moderne, un fan de technologie « french tech », bref, il ne faut pas se laisser dépasser par « les autres «  pays , ni décourager par les opposants, les archaïques !

 


 

Depuis le XIXème siècle, les technologies ont été imposées au nom du marché, du progrès et de la concurrence. Aujourd’hui toujours, on nous fait croire que les solutions aux crises actuelles ( inégalités sociales, épuisement des énergies fossiles, effondrement de la biodiversité, dérèglements climatiques, …) vont passer par une révolution numérique. Les technologies comme sources de progrès social...Et aujourd’hui, sans débat, sans discussion, sans étude d’impact, contre l’avis de pas mal de monde dont la Convention Citoyenne Climat, M. Macron impose la 5G en mettant en vente dès ce 29 septembre plusieurs blocs/licences auprès des opérateurs Bouygues, Free, Sfr, Orange pour une exploitation de 50 MHz, le reste (110 MHz) étant vendu aux plus offrants. L’État espère en retirer un peu plus de 2 milliards €.

Le débit sera augmenté par 10 (plus de données) et en affirmant consommer moins d’énergie. Mais avec une augmentation régulière du trafic numérique, cela est un vœu pieux, sans compter l’énergie grise (extraction des minerais rares, transformation, transport, changement d’appareils puisque obsolescence, …).

On oublie aussi les 3 millions de personnes électrosensibles en France. On ne sait rien à l’heure actuelle sur les effets biologiques et sanitaires liés aux fréquences autour de 3,5 GHz et encore moins des futures bandes de 26 GHz qui seraient mobilisées plus tard. Et sans compter la démultiplication des antennes-relais puisque l’argument de diminuer la puissance émettrice va de pair avec le déploiement de milliers d’antennes supplémentaires au plus près des habitations.


Progrès social ? L’égalité d’accès au réseau pour tous ne sera pas de mise, le prix des abonnements va forcément augmenter, la vente des nouveaux appareils connectés compatibles 5G (Internet des objets) aura aussi un prix, et les villes parsemées de capteurs, les échanges d’information collectées, organiseront un maillage du territoire des plus intrusifs.

Ce n’est pas une nouvelle technologie qu’on nous impose avec la 5G (alors que la 4G est loin d’être déployée), mais un modèle de société qui va avec.


Comme pour le compteur « intelligent » Linky, voilà la nouvelle étape vers….Vous commencez probablement à comprendre tout doucement qu’il y a une stratégie et qui n’est pas liée à notre bien-être, une facilitation, une amélioration de la vie, mais un projet civilisationnel où l’humain n’a plus grande valeur autre que consommateur surveillé, dirigé et esclave de ceci.


Mais l’avenir n’est pas (encore) écrit ...

 


 

______________________________________________________________________________

 

Dossier développé dans POLITIS de cette semaine

Dessin de VEESSE   www.hebdi.com la magazine satirique indépendant alsacien

mardi 8 septembre 2020

LA DETTE, LA DETTE, LA DETTE, ….

Toute la précarité, le refus d’augmenter les salaires, les mises au chômage massif pour « restructurer » l’entreprise, …, bref toutes ces décisions et faits viennent accompagnées toujours par la même rengaine : rembourser la dette.
Bon, elle a bon dos la dette et quand on  n’est pas économiste, on se laisse facilement convaincre que si on a un crédit bancaire, il faut bien rembourser et avec des agios importants en plus (le pourcentage du prêt).
Mais si on se met au niveau d’un pays et dans un même espace monétaire, cela change un peu le point de vue.
Admettons que la BCE (Banque Centrale Européenne) puisse émettre des Euros pour faire tourner l’espace européen des pays membres de la zone Euros. Qu’elle en produise et prête beaucoup ou pas, cela ne pose pas de problème particulier à part un risque d’inflation de la valeur de la monnaie sur le marché mondial pour les échanges plus larges. Mais dans la zone Euros, cela ne peut pas poser un souci quelconque. Donc admettons encore qu’on n’achète que des produits européens et donc sans échanges avec les USA, l’Asie, la Chine, ...L’économie européenne produit, vend et tout cela dans la zone Euros.


Si maintenant on élargit et que les Etats ont besoin de milliards d’Euros pour « relancer » leur économie. 

La BCE dans ses statuts (!) ne peut pas monétiser directement les Etats et donc couvrir la dette publique. Les pays empruntent sur les marchés financiers, les banques privées...Oui, il y a à redire sur ce système qui enrichit les banques par les pourcentages retirés…Mais revenons au système en cours...
Par contre, la BCE est autorisée à racheter la dette publique (et privée) sur le marché secondaire et pourrait très bien annuler une partie de ces dettes des Etats ce qui dégagerait des millions pour financer de l’investissement dans de nouveaux projets ou relancer la consommation en augmentant les salaires. Et cela sans alourdir les dettes souveraines.

Vous me direz, mais alors pourquoi ne pas le faire ? Ben oui, tout est là, à mon avis, c’est que l’oligarchie des actionnaires et financiers est mondiale et que la production est délocalisée au meilleur prix de revient dans des conditions de fabrication à la limite de l’acceptable parfois.
Et que ces produits sont importés par tankers, avions, camions pour nous les faire consommer et surtout payés en dollars la plupart du temps. Et le déséquilibre vient de là, des échanges internationaux où le dollar -et donc les USA- imposent leurs lois « des marchés ». 

 



Mais si on reste en zone Euros, production européenne fabriquée et payée en Euros et vendus en Europe, alors cela ne joue pas, la dette n’a pas de sens, la BCE est maître de la planche à billets et permet d’inciter et de soutenir production, innovation, transition sans crainte de déséquilibre budgétaire et d’imposer une charge de précarité pour « rembourser » une dette quand l’argent dans une zone donnée n’est que un moteur, facilitateur d’échanges et de production.

Je ne connais pas grand-chose à l’économie, mais je peux tenir des raisonnements logiques tout en relisant Keynes et autres économistes « professionnels » !
Alors quand on parle de dettes pour justifier la précarité et le refus d’augmentation des salaires, chez moi, ça passe pas, j’ai du mal à comprendre ou plutôt j’ai du mal à accepter ce discours qui n’est là que pour servir les intérêts d’une petite caste avec une démonstration pompeuse qu’on  nous présente comme incontournable, inéluctable, comme seul modèle possible...A croire que l’histoire de l’homo sapiens ne commence qu’au début du capitalisme industriel...C’est un peu réducteur et se moquer de notre mémoire, notre histoire de l’humanité.

Il va falloir trouver autre chose car de plus en plus de monde comprend bien que la solution ou l’amélioration de leurs conditions de vie ne passe plus par ce schéma, ce modèle-là et que les discours argumentés ne sont que des façades pour nous faire avaler le pire, mais pas pour tout le monde.
Notre pouvoir de consommateur est donc bien un des leviers du changement. Ne plus acheter de produits importés, favoriser le local, le régional, le zone Euros, réduire l’inutile, l’éphémère, être plus sobre énergétiquement, retrouver une autonomie, une indépendance dans tous les secteurs d’activités et les secteurs géographiques, ce sont là des comportements à intégrer. C’est un de nos pouvoirs.

Nous sommes donc quelque part les acteurs du changement, ne l’oublions pas et mettons en œuvre ce nouveau rapport de force. Le nombre fait la différence.

L’avenir n’est pas écrit...

 ________________________________________________________________________________

dessin de VEESSE    www.hebdi.com

le magazine indépendant satirique alsacien - lanceur d'alerte

vendredi 4 septembre 2020

INNOVATION HYDROgénée

 

Innovation, c’est le nouvel élément de langage économique de la « Relance France » du président avec un habillage « vert » à 30 milliards.

Le programme de relance économique a trois volets : compétitivité (35 milliards), cohésion sociale (35 milliards) et transition écologique (30 milliards). Waouh !


Compétitivité : il faut voir là dedans une baisse des impôts de production (10 milliards) et un arrosage d’aides publiques aux big entreprises (qui licencient « en même temps »).

Cohésion sociale : un beau mot mais qui parle surtout d’emplois dont plus de 6 milliards pour le paiement du chômage partiel payé.

Transition écologique : une aubaine pour le BTP, 7 milliards pour la rénovation (thermique) des bâtiments ; 11 milliards pour le ferroviaire/transports (on verra si les petites lignes vont rouvrir comme Guebwiller-Bollwiller par exemple attendue depuis ...des décennies) ; arriver à la neutralité carbone en ...2050 grâce à l’hydrogène, mais aussi avec 470 millions pour le nucléaire !


« On a compris, on a changé de logiciel » dit le premier ministre actuel développant ce plan de relance début septembre après la crise du Covid-19. Ah oui ? 

Ça rappelle étrangement deux déclarations récentes du président Macron. 

Après le mouvement des Gilets Jaunes, ses mutilés et éborgnés, il avait dit : « j’ai changé ». Et quelques semaines après, il a voulu imposer sa réforme des retraites qu’il a essayé de passer en force par le 49.3. 

Avec la crise du Covid-19, il a affirmé : « Plus rien ne sera comme avant ! » Et ça recommence ...comme avant, en pire même.

 

 


HYDROGENE, la panacée de demain


Alors, innovons, la Nation France montée au 12ème rang pour l’innovation. Et sa nouvelle marotte écolo est l’hydrogène. Parlons plutôt de dihydrogène, un gaz hautement inflammable obtenu par une scission des molécules composant l’eau. Il est déjà utilisé pour propulser des fusées. Brûlé, il ne rejette que de l’eau chaude et de l’oxygène. Super ! 

Oui, mais il doit être fabriqué. Actuellement, le dihydrogène (utilisé dans l’industrie des engrais chimiques notamment) est produit à partir des hydrocarbures. L’intérêt c’est que c’est une énergie stockable. Mais pour son stockage sous forme liquide, il nécessite une température constante inférieure à -254°. 

Puis il faut le transformer en courant électrique. C’est donc intéressant pour tout ce qui est mobilité électrique : trains, camions, bus, …voire avions. Ce n’est pas pour rien que Total, Air Liquide, Engie, Michelin s’y intéressent pour l’après-pétrole. Mais ces entreprises comptent surtout sur la manne des subventions publiques et des exonérations fiscales sur l’énergie servant à l’électrolyse pour développer davantage cette technologie.

 

 



L’intérêt du dihydrogène est réel, MAIS pour le produire il faut sortir des hydrocarbures, du charbon ET du nucléaire. 

Il faut AUSSI un effort de sobriété énergétique tout à fait à l’opposé de ce qui est en court actuellement. 

ET SURTOUT, il faut un plan d’investissement massif dans les énergies renouvelables afin qu’on puisse vraiment parler d’un hydrogène vert produit par des énergies renouvelables.


Il y a donc encore un long chemin et un changement radical de paradigme, de stratégie industrielle, pour pouvoir parler de transition écologique avec l’hydrogène comme nouvelle source d’énergie propre.

 

L'avenir n'est pas écrit...

 


 

 

__________________________________________________________________________________

Sources : entre autres "l'hydrogène fait rêver les industriels" Erwan Manac'h dans  POLITIS n°1616 -27 août 2020 

Photos : internet


dimanche 16 août 2020

RESISTANCE !

Ne pas perdre la mémoire, celle proche et celle un peu plus loin de l’Histoire.


Pour la proche, on nous fait la leçon sur le port du masque. Il fut quelques mois, au plus fort de la pandémie, on a entendu le discours officiel, gouvernemental, par la voix de sa porte-parole, qui disait que ce n ‘était pas nécessaire, parce que ce système de l’immédiat et du no-stock ne voulait pas mettre en lumière qu’il n’y avait rien de prévu et que de masques pour la population, il n’y en avait pas et même pas pour les soignants. Je neveux pas dire qu’il ne faut pas en porter, bien au contraire, mais qu’on nous prenne pas pour des demeurés sans mémoire. On sait et on réfléchit !
Il ne faut pas se rassembler en nombre car cela propage. OK. Mais alors faisons les matchs de foot, les rave-partys, les concerts au Puy du Fou où là, le gouvernement (par le préfet, son représentant local) permet le rassemblement de 9000 personnes. Vous comprenez la logique ou vous comprenez à qui on a à faire ?
Il faut arrêter de prendre les GENS pour des imbéciles, dociles, malléables, à qui on peut tout administrer.
D’accord, on n’a pas en face de nous, une armée d’envahisseurs qui tuent, torturent, exterminent, incorporent de force sous menace de tuer leurs familles, qui abolissent toutes les libertés. C’est plus « soft » peut-être quoique on a aussi une police aux ordres qui éborgne, mutile quand sont attaquées leurs fiefs, les banques, les magasins de luxe, les bâtiments symboles d’un Etat qui ne les représente plus, et qu’on les empêche de défiler et crier leurs colères dans les rues.
Ce n’est plus une armée certes, mais une caste mondialisée, partout, qui a crée un système de profits et où nous ne serions que des esclaves soumis car attachés à un confort matériel de dépendance. Et ils ont leur cour, leurs exécutant-e-s, ces élu-e-s qui palpent un « salaire » (des indemnités!) pour perpétuer à grands mots ce qu’ils disent inéluctables, modernes, sans alternatives ! Et qui se gavent de subventions, nos impôts, pour dire combien ils améliorent la vie quotidienne en construisant des routes, des salles polyvalentes, des piscines, des supermarchés, des …, en oubliant la vie communautaire, l’écoute, la convivialité, la démocratie affichée sur toutes les mairies, des lettres qui ont perdu tout leur sens.
Et ces jeunes qui ont pris conscience que leur avenir n’est pas dans le dernier modèle de l’Iphone, de la 5g, des aliments trafiqués sans valeur nutritive venus d’ailleurs par cargos maritimes, par camions et une énergie qu’ils disent inépuisables en éventrant la terre avec ses pollutions dramatiques à répétition et un réchauffement climatique qui va libérer des molécules inconnues, source d’autres pandémies, du permafrost qui est mis à nu. Ces jeunes qui sont dans la rue, occupent des zones à défendre, qui essayent d’empêcher cette fuite en avant qui va à la destruction même de l’espèce humaine.
Oui, ces jeunes qui à dix-sept, vingt ans se faisaient tuer il y a moins d’un siècle pour s’opposer, résister à un envahisseur qui allait détruire leur avenir. On peut répliquer que ça n’a rien à voir et bien moi si, je dis que ça a à voir. Que c’est juste la représentation de l’ennemi de la vie qui change. Une armée ou un système pervers, cynique avec des allures propres et souriants, qu’est-ce que ça change au final quand l’objectif est si proche.
Il est temps de devenir des insoumis-es, des résistant-e-s d’un autre type, de s’interroger jusqu’où cela sera encore supportable, pour combien de temps.
Travailler pour survivre, et ne plus avoir aucune fierté de ce qu’on réalise, aller au turbin comme au bagne, pour pouvoir se nourrir, avoir un toit, se chauffer…
On ne veut pas se poser ce genre de questions, c’est trop dur, c’est comme un problème existentiel où on se dit que face à l’espace, à notre petite planète dans cette immensité, que sommes-nous, que veut dire être vivant, c’est quoi notre temps de vie ? Hallucinant, abyssal, mais ça remet les choses à leur juste place, notre temps de vie consciente.
Je n’ai pas de recettes, pas de mode d’emploi, pas de conseils à suivre, chacun-e est à même de se situer, d’expérimenter, d’agir, de faire de sa vie une voie choisie, selon où il-elle est, ses conditions, ses opportunités, ses désirs, ses rêves.




Mais ne nous lamentons pas, nous sommes des battant-e-s, des résistant-e-s ou alors des complices, des soumis-es. La solidarité, ça existe encore, l’esprit collectif aussi, l’écoute et le respect aussi. Bien sûr, ce sont des valeurs et des exemplarités qui se perdent, mais poindre du doigt pour se disculper n’est une solution ni globale, ni pour soi.
Regarder autour de vous, soyez curieux-ses, approchez ce qui  peut vous faire peur parfois, cette fange « alternative » qui invente un autre monde fait d’échanges et de relations réciproques riches en enseignement, en apprentissages et qui dessinent d’autres chemins. Primitifs-ves d’un autre temps ou préfiguration d’autres tribus qui ne veulent plus marcher, enrichir ce système moribond, ce n’est qu’une question de temps. Minoritaires peut-être, mais tous les changements sont venus de minorités agissantes, par l’exemplarité, la persévérance liées à des valeurs humaines qui ne doivent pas se dissoudre dans la pensée unique et la perte de libertés dans lesquelles on veut nous amener, nous entraîner ...à leur seul profit.
L’argent, ce veau d’or, ce papier ou carte plastique qu’on veut être une référence et un guide pour exister. Quelle illusion et sommes-nous tombés si bas que nous avons perdu tout sens de l’existence, abandonné toute fierté, à sacrifier notre corps, nos forces pour un leurre pareil.
Résistant-e-s, nous ne sommes peut-être que quelques-unes, mais nous savons nous reconnaître et nous disséminons partout.
La force répressive, la réduction des libertés institutionnalisées par des lois (iniques parfois, souvent) montrent bien que nous sommes plus puissant-es que nous ne croyons. « Ils » ont peur car « ils » se savent fragiles et nous n’attaquons pas frontalement, mais agissons dans les territoires où nous vivons, partout.
Nos convictions sont nos armes, notre force démultipliée et quand on n’a plus peur, on retrouve la liberté qui produit aussi de l’amour.


Ne plus céder le terrain à celles-ceux qui les abîment, ne plus laisser parler celles-ceux qui veulent nous endormir, ne plus se soumettre à leurs diktats et belles paroles creuses, leurs éléments de langage, leurs dévoiements des mots, leurs lois liberticides sur lesquelles ils s’assoyent car ils-elles sont « au-dessus » se croyant intouchables. Nous ne les abattrons pas, car c’est une « espèce » qui est si faible humainement qu’elle est vouée à s’auto-dissoudre par manque d’avenir, de soutien, de confiance.
Nos saines colères, nos douleurs ne sont pas des cris de haine, mais les signes de notre puissance intérieure qui peut « déplacer des montagnes ».

Résistance !




Pour trouver du sens, il faut remettre en question ce qui n’a pas de sens


L’avenir n’est pas écrit.


jeudi 23 juillet 2020

LA JEUNESSE, MA PRIORITE

                    EMPLOIS JEUNES, SERVICE CIVIQUE, FORMATIONS
On connaît les recettes depuis des lustres puisque tous les prédécesseurs de M. Macron ont appliqué les mêmes, alors pas la peine de nous faire gober à un "nouveau" plan massif jamais mis en place pour la jeunesse : "il n'y aura pas un seul jeune sans solution à la rentrée". Toujours les belles déclarations dans sa théâtralité caractéristique.




Il n'y a pas que l'emploi (précaire) qui préoccupe la jeunesse, mais avoir un avenir possible et la dimension "climat" est bien loin des préoccupations d'un président conservateur de l'ancien régime dans des habits neufs. Derrière les promesses d'un jour, il défend un système mortifère qui "exclut des catégories sociales entières, des paysans aux ouvriers, et qui concentre toujours plus le pouvoir médiatique, financier et technologique entre les mains de quelques puissants." Les "jours d'après" vont être pires, car pour cette caste "après" veut dire "encore"...Le "climat" n'est pas qu'une question de réchauffement, mais la révélation que ce système va dans le mur et entraîne le vivant avec lui. Tout le monde ne l'a pas encore compris, mais une bonne partie de la jeunesse, oui. On les retrouve dans un mouvement de désobéissance civile non-violente, Extinction Rébellion, avec des actions radicales car pour eux, "le risque climatique est plus grand que celui d'aller en prison" : une version verte des Gilets Jaunes. 

"Leur faisceau de valeurs est incompatible avec un libéralisme qui fait la part belle aux lobbys et qui braconne sur les terres de l'extrême-droite, comme il ne peut s'accorder avec une gauche qui ne s'est pas débarrassée des vieux démons du productivisme, de la croissance et du souverainisme." 

"Pour retrouver du sens, il faut remettre en cause ce qui n'a pas de sens" disait ce précurseur écologiste de Jacques Ellul. On ne se convertit pas à l'écologie, ce n'est pas une religion, mais un projet politique 
et les dernières élections municipales (que M. Macron veut ignorer) l'ont bien montré.


lundi 6 juillet 2020

L’ECOLOGIE EST LA SEULE IDEE SUBVERSIVE DE CE DEBUT DU MILLENAIRE


"On ne peut pas être écologiste si on n’est pas pleinement engagé dans le combat social .
Il faut fustiger les spécialistes du double discours (comme Macron), les cyniques, les imposteurs, les négationnistes, mais aussi les intégristes de l’écologie, les collapsologues, les « écologistes identitaires », qui « pensent leur survie (dans le confort) quand il faut repenser la vie » **.

Combien de fois entend-on que l’écologie appartient à tout le monde et que l’écologie politique ne devrait pas exister. Les personnes qui affirment cela sont les mêmes qui disent qu’ils-elles plantent des arbres et éteignent le robinet d’eau quand ils-elles se lavent les dents !!! Ils-elles ne veulent surtout pas qu’on prenne conscience qu’on est face à un système global destructeur où les multinationales sont les plus grands pollueurs, où l’économie mondialisée amène les pires catastrophes sanitaires, sociales, environnementales. 
Et il faut agir vite, de suite, à tous les niveaux et en commençant autour de nous, sur nos territoires, notre cadre de vie, ne plus laisser les discours, les belles paroles et déclarations nous endormir pour« leurs » profits et leurs seuls intérêts.

Les élections municipales ont bien surpris tout ce petit monde qui se maintenait dans le confort conservateur des dernières décennies. Un vent discret et constant a balayé leurs certitudes et schémas d’un autre siècle. 
Le roi est nu, ses disciplines dépourvus.
LREM, c'est La République En Miettes

A travers tout le pays, les villes ont changé de direction et pas les moindres, mais les plus importantes : Marseille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, avec Besançon, Annecy, Tours, Poitiers, Colombes, ...qui se sont rajoutées à Grenoble et celles où les réunions-coalitions de gauche sont dèjà présentes, Nantes, Rennes, Montpellier, Paris et quasiment Toulouse, Lille. 
Le constat ne peut pas être nié ou minimisé par l’abstention (car M. Macron n’a tout autant été élu qu’avec 24 % du corps électoral). 
La dernière élue en date, c’était hier après-midi (samedi 4 juillet) à Marseille où Michèle (Rubirola) a bien résumé l’esprit nouveau en affirmant : « je m’engage à servir ma ville avec courage et humilité ». Ces nouveaux-nouvelles élu-e-s travaillent collectivement avec un projet clair qui se décline souvent en écologie, social et démocratie. Les « professionnels » de la politique (vous savez, celles et ceux qui s’accrochent depuis des décennies à leurs mandats qu’ils-elles cumulent car cela rapporte un bon revenu mensuel et font des déclarations ...sans actes, toujours reportés), ceux-là sont les premiers à critiquer le manque d’expérience (!!!) et que ces nouveaux élu-e-s sont des inconnu-e-s. De qui ? 
Car nous, nous on les connaît depuis longtemps, entre gens déconsidérés dont on se moque…

Les gilets jaunes, les jeunes pour le climat, « fins des mois, fin du monde », la contestation des institutions, la condamnation et les limites d’un système économico-financier d’abord. Puis, de l'autre côté, installer la peur, la précarité pour créer la dépendance, la fragilité et donc la soumission, la violence policière et politique ensuite. 
Beaucoup de signes se sont installés dans nos conscience et la solidarité entre les gens, les « invisibles » qui ont tenu debout le pays pendant la crise sanitaire du printemps, ont changé le rapport de force, ont éclairé d’autres voies, montré de nouveaux chemins, mais pas ceux de ce gouvernement, même changé, qui suivra la même politique, les mêmes schémas, le même logiciel économie, croissance, secteur privé que celui d’hier et d’avant-hier.
Rien à attendre d'eux, fossoyeurs de la planète, assassins de nos vies d'une certaine façon.



« THE TIMES THEY ARE A CHANGING » chantait Dylan en son temps...et c’est ici et maintenant que les graines vertes semées éclosent et grandissent pour recolorier nos vies...



 

Christian, Michèle, Djamila
NANTES aôut 2010

______________________________________________________________________________


**  dans le nouveau livre de Noël Mamère