vendredi 13 mai 2016

COLERE, RAGE, VIOLENCE, REPRESSION...

Le PS est offusqué que des “casseurs” se soient pris aux permanences du parti et aux locaux de leurs élu-e-s. En même temps, ce parti au gouvernement fait passer la loi régressive sur les droits sociaux ( “loi travail Khomeri”) par la procédure sans débat et vote du “49.3”, chiffres largement tagués sur les lieux saccagés. Il y a du sens derrière cette violence matérielle.

On entend aussi tous les matins les médias de propagande nous gonfler les oreilles avec les “débordements violents” de bandes de “casseurs” (Black Bloc) autour des “Nuit Debout”.
Tout le monde a bien compris que le gouvernement veut mettre en avant une image de violence afin de décrédibiliser les mouvements sociaux en cours et justifier la répression à venir.



Cependant, ayant une certaine expérience des manifestations, des mouvements de protestation et d'actions militantes, je sais aussi voir les choses autrement. Ce qu'on veut nous présenter comme de la casse gratuite, de la violence dont il faudrait avoir peur, ne sont que des signes de révolte bien ciblés contre un régime financier, un système capitaliste, libéral, productiviste qui casse les individus et fragilise toute une partie de notre société.
Lorsque ce gouvernement (et le précédent)  aux ordres de la BCE-Commission Européenne-FMI (instances non-élues)  demande aux français (mais aussi aux grecs, aux espagnols, aux portugais, ….) de “faire des efforts” pour réduire la dette en éliminant les services publics ou en les réduisant de façon drastique, en précarisant l'ensemble des travailleurs, employés, fonctionnaires, etc... avec des lois de “flexibilité” pour améliorer la productivité, l'activité économique, la liberté des entreprises, mais surtout pour augmenter les dividendes des actionnaires et des financiers, alors il ne faut pas s'étonner qu'au bout d'un moment, trop c'est trop ! Surtout lorsque grâce à quelques rares journalistes qui font encore leur métier d'investigation et de quatrième pouvoir, on apprend les sommes estimées placées dans les paradis fiscaux pour échapper à l'impôt par les plus riches avec la complicité des banques et de cabinets d'avocats pour créer des “sociétés-écran”, alors on est encore moins étonné lorsque ces “casseurs” s'attaquent aux vitrines de la Société Générale, du Crédit Agricole, d'UBS et autres groupes financiers et aux symboles de ce pouvoir, de ces gouvernements qui ont usurpé la confiance, se sont reniés en permanence depuis des années en servant d'abord leurs intérêts avant ceux du “peuple”. On ne peut plus rejetter aujourd'hui l'idée que nous sommes dans une (nouvelle) lutte des classes où nous avons d'un côté une caste de nantis qui utilisent toutes les possibilités et les influences de leur milieu pour profiter au maximum de l'accumulation de richesses et de biens, et de l'autre, une population soumise à la peur du chômage, la peur du lendemain, la peur de ...la vie, sans espoir d'amélioration dans le modèle proposé et d'où sont évacuées toutes les alternatives qui pourtant commencent à se diffuser partout.

“Nuit Debout” sont bien les zones de rencontre des convergences de luttes, de partage de ces expérimentations de plus en plus généralisées sur une autre approche de la vie et du vivre-ensemble.  Six mois après les massacres, pas mal de personnes ont bien compris que le problème ne résidait pas dans la confrontation de communautés religieuses, mais bien dans les inégalités sociales et économiques de ce système du profit et de la productivité.

Quand on met alors ces actes de casse matérielle en perspective avec le modèle de société actuel, cela change complètement le regard porté sur ces évènements. Un exemple : lors d'une manifestation à Nantes, aux actualités du soir, les médias de propagande montrent une rue avec UNE voiture en feu. Les commentaires parlent de voitureS incendiéeS, alors qu'on n'en voit qu'une et que, si les autres sont épargnées dans le rue, celle qui brûle est une ...Porsche Carrera ! On peut bien sûr être offusqué par cette “violence” mais on ne peut que constater qu'elle est bien ciblée, sélective. 


Cette violence exclut l'atteinte à la vie des personnes et à leur intégrité physique. Vous me direz que ces groupuscules balancent des pierres et des cocktails molotov sur les forces de l'ordre. Celles-ci sont équipées de boucliers, d'un harnachement sécurisé, de bombes lacrymogènes, de fusils à balle de caoutchouc qui ont arraché un oeil à un manifestant non-violent. Il ne faut pas oublier qu'une certaine rancoeur s'est installée chez ces jeunes après les violences policières souvent gratuites en amont des évènements actuels ; souvenez-vous de la mort de Rémi Fraisse (à Sivens). Il suffit de regarder les images tournées par les manifestants (non-violents) sur leurs téléphones portables et mis en ligne sur les réseaux sociaux pour se rendre compte de la violence des “forces de l'ordre”. Et elles protègent quoi, ces forces de l'ordre, si ce ne sont les symboles du pouvoir. Un autre exemple : des syndicalistes se font lourdement condamnés pour avoir bousculé un dirigeant d'entreprise qui les a mis dans la précarité. Mais quand même, une chemise de patron, cela se rachète !!!
Il y a aujourd'hui une sorte d'état de guerre contre ceux qui sont dans la rue.
Et ce mouvement s'amplifie de jour en jour et s'inscrit dans la durée. S'il a démarré à l'initiative de la jeunesse qui est la plus touchée par ce qui l'attend dans ce monde violent néolibéral, elle devient de plus en plus  intergénérationnelle et gonfle car c'est comme un réveil après une longue période de coma et DEMAIN ne sera plus pareil.
Ce qui se passe est une réappropriation de la vie, des revendications fortes sur la dignité, la liberté, la justice dans les secteurs économiques, sociaux, écologiques, la distribution de la richesse, des savoirs, des biens, des pouvoirs, par la démocratie directe... 
Un autre monde est en marche et ce ne sont ni les violences répressives policières, ni les échéances électorales qui n'intéressent plus grand monde, qui vont arrêter le flux en mouvement.


mardi 10 mai 2016

La PARITE aurait pu être un rempart au harcèlement


Quand j'ai adhéré au parti Les Verts, il n'existait que depuis peu, construit à partir d'une confédération de plusieurs groupes d'écologistes. Dès le départ, il y avait des “règles” qui montraient une volonté de faire de la politique autrement, une appelation qui a été bien galvaudée depuis. 

Il y avait la respect de la parole de chacun-e dans des tours de table fastidieux parfois, mais toujours intéressants. Vu de l'extérieur on entendait dire que c'était toujours le bordel chez Les Verts, alors qu'en fait, c'était un lieu de débat permanent, très sain dans une démocratie vivante  (les décisions ne pouvaient être qu'actées avec une majorité de 60 ou 65 %). 
Et puis, dès le départ, il y avait la parité et c'était le seul parti en France où cela était strict et permettait une autre qualité de débat et d'actions, de prises de paroles et de décisions. On sentait la différence dans les assemblées, dans les instances nationales et régionales, au Conseil Fédéral (le CNIR-conseil national inter-régional, alors), aux Journées d'été, aux Congrès...
J'ai toujours, depuis le début, apprécié cet état de fait et cela aurait dû quelque part empêcher ou atténuer sérieusement des comportements éminemment sexistes et surtout des harcèlements lourds et jusqu'aux actes délictueux.




Ce qui est aujourd'hui mis sur la place publique, grâce au courage de quelques députées et femmes politiques élues qui ont brisé la “loi du silence”(!) ne peut qu'être libérateur si les actes sont lourdement condamnés. Au vu du déni de la personne concernée, il y a peu de chance que cela aille très loin en arguant de la prescription des faits (plus de trois ans) et des plaintes tardives. Mais le député de Paris et vice-président de l'Assemblée Nationale, Denis Baupin, est un habitué du cumul de fonctions diverses dans des assemblées, des réunions, des voyages, ce qui lui donnait l'occasion de multiplier ses actes, probablement. 

Personnellement, je ne l'ai jamais apprécié : hautain, suffisant, “parisien”, on sentait bien qu'il baignait dans le pouvoir, l'argent, ...Quand les militant-e-s antinucléaires le faisaient venir à Fessenheim pour appuyer la fermeture, il ne pesait pas très lourd face aux élue-s allemandes ou suisses, déclamant des généralités alors qu'il était au Parlement et même vice-président, mais bien collé au PS (et ses reniements). Il a depuis démissionné de EELV et rejoint les opportunistes dissidents député-e-s ex-EELV (De Rugy, Placé, Pompili, Cosse, …) dans la perspective des prochaines Législatives, pour garder leur mandat en étant soutenu par le PS. Ils plongeront comme les autres, c'est “marqué” !

J'ai honte pour mon ex-parti où j'ai milité de longues années, tout en sachant que les militant-e-s n'y sont pour rien. Mais apprendre que c'était un “secret de polichinelle” et soupçonné depuis longtemps, je ne comprends pas qu'on ne l'ait pas mis sur la touche plus tôt. Et quel jeu jouait la provisoire secrétaire nationale de EELV (pendant un an et demi), Emmanuelle Cosse, son épouse ? Et qu'est-ce qui l'a fait quitter le parti il y a peu ? L'ambition certes, mais aussi la crainte de se faire éclabousser ….avant sa nomination au ministère ? 




Aujourd'hui, on ne s'étonne plus de rien, tellement le monde politique est pourri dans tous les secteurs, dans tous les partis. Il est difficile d'en faire abstraction, d'essayer de dédouaner l'un ou l'autre. Tous les partis sont touchés, mais je pensais (encore naïvement) qu'un parti ou la parité existe depuis toujours serait plus épargné par le machisme, sexisme ambiant, dans ces lieux politiques ou des affaires où règnent pouvoir, argent et sexe.

Cela ne va pas arranger la reconstruction du parti écologiste où j'ai gardé des ami-e-s et où je sais combien les militant-e-s du quotidien sont des personnes ouvertes, combatives et convaincues. Je ne mets pas tout le monde dans le même cloaque, mais il faut dénoncer et condamner tout ce qui nuit à l'exemplarité. Mais il est peut-être déjà trop tard et un grand coup de balai sera peut-être fortement libératoire pour passer à autre chose...à construire, en devenir !




les dessins d'humour sont de Pat Thiébaut (Still-67)   www.lagitedulocal.com

lundi 25 avril 2016

Une crise institutionnelle par le boycott des urnes


On occupait le campus de l'Université de Strasbourg, l'amphi de la fac de lettres devenait le lieu des assemblées générales, du débat permanent, les locaux de l'école d'architecture de la place de la République un lieu de confection des affiches qu'on collait la nuit...On était jeune, on voulait changer le “vieux monde", vivre plus libre, sortir du carcan conservateur qui sévissait, casser les barrières, découvrir autre chose... La guerre était finie depuis presque vingt-cinq ans, nous étions la génération de l'après qui voulait jouir de cet espace de paix et de prospérité lié à la reconstruction.
Maintenant, ce sont nos enfants qui occupent les places publiques, qui réinventent la démocratie horizontale, qui expriment leurs envies, leurs désirs, leurs rêves, qui cherchent à construire un nouveau modèle du vivre ensemble, de vie tout simplement.

                                                  (dessin de Phil Umdenstock-Colmar)

 

Il y a quelque temps, Patrick, mon ami vigneron, se disait choqué par ce qu'il voyait autour de lui. Il me racontait que dernièrement alors qu'il se baladait en ville, il a vu une mère qui promenait sa poussette avec un très jeune enfant dedans. Et cet enfant regardait une tablette numérique dans sa poussette alors qu'il devait avoir deux-trois ans...
Il faut bien reconnaitre que où que nous allions, nous voyons nos adolescents, nos jeunes, accrochés à leur téléphone portable, connectés en permanence, les écouteurs collés aux oreilles. Cela peut être inquiétant pour une certaine génération, mais l'espace a été envahi très vite par tous ces objets connectés et c'est un super business. On pensait aussi que cela appauvrissait la réflexion, qu'ils étaient indifférents au monde réel, que c'était chacun-e pour soi et qu'avant tout, il fallait essayer de “s'en sortir” au mieux, sans espérer que cela dure. Détachés de la politique, car celle-ci sert essentiellement aujourd'hui les intérêts des entreprises en précarisant la main-d'oeuvre. L'accord transatlantique en discussion, le traité européen ont ouvert les barrières commerciales, financières et ont mis les salariés dans une situation de concurrence mondialisée. Les bénéfices des entreprises ne sont plus partagés (sauf avec les actionnaires) ou investis, mais placés en Bourse dans une économie virtuelle vouée à développer des crises à répétition.

Et puis, depuis quelques semaines, une partie de cette jeunesse s'est réveillée, s'est mobilisée, a retrouvé le sens de l'action collective. Et quand la jeunesse bouge et agit en groupe, le pouvoir politique tremble : ça a toujours été le cas, il faut bien en être convaincu.



Nous sommes aujourd'hui dans un moment fort où il y a la rencontre entre des personnes qui sont déjà en lutte pour un autre modèle de société et des citoyen-ne-s qui sentent bien qu'il y a un problème, mais qui ne savent pas comment l'aborder et agir dessus. Il s'agit de faire le lien entre ces deux attitudes, d'inviter ces indécis ou démobilisés à rejoindre les luttes en cours, les mouvements citoyens qui bougent, à se réimpliquer dans la politique plutot que de voter pour le moins pire ou par chantage au Front National/RBM. Le mouvement actuel fait le point sur ces luttes disséminées partout, sur ces iniatives citoyennes de personnes qui (se) bougent, agissent pour faire évoluer les choses, changer la vie. Nous sommes dans un moment de convergence de ce qui se passe déjà partout.

Ce mouvement se veut avant tout en dehors des partis traditionnels, en dehors des sphères des “élu-e-s”, un mouvement qui veut réinventer la démocratie directe, horizontale, aux décisions collectives sans représentant-e-s. Mais cette démarche ne peut cependant s'appuyer que sur des idées politiques définies par un fond commun partagé comme la remise en question du productivisme, du pouvoir financier, la lutte contre les idées d'extrême-droite, une prise en compte très forte de l'écologie, …
Longues et riches discussions lors des débats, partage des expériences, travail de synthèse en commissions, l'opposition constructive au projet de loi du travail dépasse largement ce cadre pour esquisser tout doucement le type de société dans laquelle veut vivre cette jeunesse et sur quelles bases. La citoyenneté est bien le rapport entre Etat et société et comme l'écrivait Victor Hugo : “Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue”.





Et aujourd'hui la diffusion des idées peut aller très vite avec les moyens numériques ….dont sont équipés tous nos jeunes et qu'ils maitrisent très bien. Le problème n'est donc pas l'outil (pour en revenir aux propos du début de cette rubrique), mais son utilisation, qui peut s'avérer redoutable en terme d'appels à mobilisation et à la diffusion des informations ou vidéos.

Dans ce même temps, la caste des élu-e-s, qui pense déjà à leur réélection aux Législatives de l'an prochain, à la Présidentielle, oublie qu'elle peut subir un choc, une révolution, une crise institutionnelle provoquée par ce mouvement qui pronerait un boycott, une grêve des élections et des urnes, ce qui serait un moyen de donner un grand coup de balai dans ce vieux monde, dans ce modèle de société que cette jeunesse ne veut plus et nous, non plus.

Tôt ou tard, la question institutionnelle des échéances électorales apparaitra dans ce mouvement “Nuit debout” et la question du choix apparaitra. Autant dégrossir la question avant, pour ne pas subir à nouveau le chantage classique du “contre” ou “par peur de...” !

Pour moi, le choix d'un boycott des urnes ou de la grêve du vote me parait aujourd'hui pertinent et peut devenir opérant si cela devient un mouvement de masse explicité.



dimanche 24 avril 2016

Un couvre-chef doré qui protège des sunlights : le Panama !

 Le 5 avril dernier, Elise Lucet dans son magazine TV  “Cash Investigation” (F2) dévoilait une partie des informations d'une enquête de plus de 380 journalistes du monde entier, réunis au sein du Consortium International des Journalistes d'Investigation (ICIJ), qui mettait en lumière comment au travers de sociétés-écrans basées dans des paradis fiscaux, des “personnalités” avaient soustrait à l'impôt de grosses sommes d'argent.*



Combien de temps les médias (de propagande) ont-ils parlé de ce scandale financier ? Quelques jours et puis, paf !

Pourtant cela représente un sacré manque à gagner pour le budget de l'Etat (estimation : 250 milliards €) alors que la précarité s'étend et que les services publics s'amoindrissent. D'autant plus que cela concerne du monde et pas des moindres : le premier ministre islandais (qui a démissionné de suite) et celui du Pakistan, le père de David Cameron, un proche de Poutine, etc...
Pour la France, la liste est également révélatrice.
On retrouve citée la Balerton Marketing Limited (crée le 15 novembre 2000) avec les noms de Gérald Guérin, Georges Paschaset qui ont des accointances avec l'association de financement du FN : Cotelec et Promelec. Pour le Rassemblement Bleu Marine, on retrouve Frédéric Chatillon, ex-GUD et sa société Riwal qui s'occupe de la communication de Marine Le Pen et aussi des proximités avec Nicolas Crochet et le micro-parti RBM, Jeanne. * *
Il y a aussi M. Patrick Drahi, patron de presse (groupe Altice, 262 filiales/Société Jenville SA, Libération, l'Express, RMC-BFMTV,...) ce qui pourrait peut-etre expliquer un rapide silence des médias !
Autre impliqué de ce meccano mondial de l'évasion fiscale, M. Takieddine qui fait partie du “réseau” de N. Sarkozy quand il est ministre du budget de Balladur et porte-parole de sa campagne présidentielle de 1995. La mémoire nous rappelle qu'il y a une proximité avec les rétrocommissions des sous-marins de Karachi (Pakistan, 1994).
Et puis les Guerini. Ce nom évoque les marchés truqués de Corse et des Bouches-du-Rhône. Alexandre Guerini est le roi des déchets, Jean-Noel Guerini est alors président du Conseil Général. Avec leurs comparses, hommes de main, hommes de paille, Bernard Barresi et Patrick Boudemaghe, ils font des affaires au sein de Batiment ABT, Sécurité Alba, Delta Real Estate Group, Barton Alliance, la décharge de Vautubière, …
On le retrouve à nouveau : M. Jérome Cahuzac avec Cerman Group Limited aux Seychelles, lui qui avait déjà sombré avec la banque Reyl et UBS, les banques suisses.
Et le couple Balkany avec Jean-Pierre Aubry, leur homme de confiance, et leur société Hayridge. On avait déjà parlé de leur villa marocaine non-déclarée...
On pourrait encore citer Lionel Messi, Michel Platini, un des grands sponsors du Real Madrid qui vient d'un pays producteurs de pétrole, l'industriel du carton, Gérard Autajon qui a fait “voyager” 24 millions de Hong-Kong aux Bahamas, puis aux Pays-bas et au Luxembourg afin de perdre la trace du nom du propriétaire et échapper au fisc. Ce patron ne publie pas ses comptes d'entreprise, il préfère payer l'amende (ridicule) qui est de … 1500 €.
Les banques suisses UBS et anglaises HSBS ont contribué à ces montages et transferts. Ainsi que la Société Générale, la banque Edmond de Rotschild et encore BNP Paribas et le Crédit Agricole.
Des banques oui, mais aussi des cabinets d'avocats comme Claude et associés où on retrouve à côté de Arnaud Claude, derrière le mot “associés”, Nicolas Sarkozy !

Au total, ce sont 11,5 millions de renseignements concernant 214 000 compagnies avec noms des directeurs, provenant du cabinet Mossack-Fonseca basé à Panama qui ont permis l'enquête et la révélation du scandale sous le nom de “Panama papers”.
Un scandale bien plus important que les premières affaires révélées en 2014 par ce qu'on a appelé les “Luxleaks”. Le procès s'ouvre le 26 avril...






Ils se croyaient bien couverts. Mais le Panama, s'il est efficace contre les rayons du soleil et permet de rester à l'ombre, il ne protège pas du déluge. Et quand ils seront mis à l'ombre, ces personnages n'auront plus besoin de Panama.

Tout ce qui est cité ici est repris des informations du magazine TV et de ce qu'on peut lire dans la presse indépendante, Médiapart et autres. Pourquoi les reprendre ? Parce que cela a pu vous échapper ou que vous n'avez peut-être pas compris l'ampleur de l'évasion fiscale ?
La liste est longue * * * et touche ces personnages qui s'expriment souvent publiquement en nous affirmant qu'ils sont blancs comme neige.

Pendant qu'on nous plonge dans un monde où chacun-e essaye de s'en sortir en ayant peur du lendemain, où on nous divise en cassant tout mouvement collectif, les affaires (financières) continuent en toute tranquilité et en toute discrétion.

Heureusement, il reste des journalistes indépendant-e-s qui font honneur à cette profession sensée incarner le quatrième pouvoir * * * *, celui de l'investigation, de l'information, de la liberté.






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* voir le magazine “Cash Investigation”  PANAMA PAPERS :    
              https://www.youtube.com/user/cashinvestigationf2



* *  http://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/panama-papers/video-france-2-cash-investigation-pourquoi-le-nom-d-un-proche-de-marine-le-pen-apparait-dans-les-panama-papers_1391361.html

 * * * Qui est concerné :
http://www.francetvinfo.fr/economie/fraude/panama-papers/infographie-panama-papers-qui-sont-les-hommes-de-pouvoir-qui-utilisent-des-societes-offshore_1385511.html

* * * * le quatrième pouvoir regroupe tous les moyens de communication qui peuvent servir de contre-pouvoir face aux trois pouvoirs incarnant l'Etat (pouvoir exécutif, législatif, judiciaire ), en recourant au principe de protection des sources d'information des journalistes. (Wikipédia)

mardi 19 avril 2016

NUIT DEBOUT

Ces rassemblements citoyens qui sont un vaste forum de débats, de redécouverte d'une démocratie horizontale vont vite se heurter à ce qui est la suite logique de tout mouvement de ce type : des propositions programmatiques et de réformes, de transformation, des passages à l'action et les décisions de représentativité du mouvement, entre autres. Il faudra bien une traduction politique de ce mouvement de protestation, d'envie de changement radical.
La question institutionnelle apparaitra tôt ou tard avec les interrogations colatérales sur les votes aux élections à venir : Présidentielle et Législative.
Ce ne sont sûrement pas les députés et sénateurs actuels qui vont se dissoudre pour créer un nouvelle assemblée constituante de la Vième République. Ce ne sont pas non plus les mouvements rassemblés qui seront légitimes pour créer cette nouvelle assemblée. Il faudra bien une crise institutionnelle pour rebattre les cartes !




Et celle-ci pourrait venir d'une très forte abstention aux prochaines élections afin d'enlever toute légitimité aux élu-e-s. J'ai déjà développé cette thèse de la "grève du vote" dans une de mes chroniques précédentes (http://weisschristian68.blogspot.fr/2016/02/je-suis-pour-le-droit-de-vote-et-je.html).

Plus j'en discute autour de moi et plus les arguments contre tombent. Je sais bien que ça peut surprendre, mais je ne vois pas d'autres chemins possibles pour le moment.
Les récentes investigations journalistiques des “Panama Papers” ont bien démontré les accointances entre monde politique et paradis fiscaux : plus d'un élu est mis en lumière sur ses pratiques financières et cela touche tous les bords, du FN de Marine au PS de Cahuzac en passant par l'UMP-LR Balkany et autres hommes d'affaires influents...On aurait bien tendance à crier : “qu'ils dégagent, qu'ils dégagent tous !” et c'est presque ce qu'il faudrait. Mais si c'est pour remplacer à ce qui deviendrait identique au bout de quelques années, alors ce ne serait pas libérateur.




Non, il faut réellement changer les institutions actuelles, les modes de représentativité, les strates de gouvernance, simplifier et démocratiser avec des pouvoirs redonnés aux élu-e-s à l'Assemblée.
Pour que les gens, les citoyennes, les citoyens reviennent à la politique, à un intérêt pour la gestion de leurs territoires, il faut effectivement créer du débat, construire un capital commun de pensée et d'initiatives et cela peut passer par ces soirées “nuit debout”.
Mais sa traduction inéluctable en revendications, en actions, en représentativité devra passer aussi par de nouvelles formes de désignation et de votes décisionnels.
Je fais confiance à l'imagination de nos jeunes générations pour qu'ils inventent, qu'ils innovent.

A suivre...






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POUR MEMOIRE (slogans des années 68 du siècle dernier) :

ce n'est qu'un début, continuons le combat
Il est interdit d'interdire
l'imagination au pouvoir
Comment peut-on penser librement à l'ombre d'une chapelle ?
Elections, piège à cons !
Fermons la télé, ouvrons les yeux.
Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner.
Prenons nos désirs pour des réalités !
Soyons réalistes, demandons l'impossible.
Vivre sans temps mort et jouir sans entrave.

lundi 11 avril 2016


Je ne pensais même pas que ça pouvait encore exister. Non, je ne parle pas des peintures murales qui sont partout et donne des couleurs à cette grande ville. Non, je parle d'un état d'esprit, d'une mentalité, de comportement.
La première chose que j'ai "senti", tout de suite, en me promenant à Berlin, c'est qu'il y avait quelque de très spécial, quand on vient "d'ailleurs". La ville est très cosmopolite, très mélangée, mais l'ambiance y est très paisible, respectueuse, il y règne une grande tolérance, on n'y sent aucune agressivité, aucune violence, on peut s'y promener, partout, dans tous les quartiers, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, seul, dans les métros, dans les trams, sans avoir à se méfier, à être sur ses gardes. Par rapport à d'autres métropoles, cela fait une sacré différence : on s'y sent bien, tranquille, tout de suite.

Et puis, il y a les oiseaux qui chantent toute la journée. En ville, il y a des parcs, des arbres, des espaces verts partout et cela fait qu'on se réveille le matin aux chants des oiseaux. Et puis l'aménagement des rues est fait de telle façon qu'on se croirait plus dans des villages que dans une grande ville.

Les transports publics sont partout et avec un pass-journée ,on va d'un endroit à l'autre sans soucis.Et autre étonnement, il n'y a pas de "portiques" pour accéder aux métros, il n'y aucune barrière ou filtrage, on va de la rue sur les quais.

Un autre intérêt d'une ville qui a une histoire récente "lourde", c'est qu'elle est en permanente reconstruction ou réaménagement et que cela amène un intérêt particulier et des surprises permanentes sur l'architecture, l'urbanisme, les aménagements des espaces...

C'est une ville où on se déplace à pied, à vélo, en tram, où on se sent bien de suite, une ville vivante, colorée, à la créativité exhubérante, une ville où on a envie de vivre, où il y a une qualité qu'on ne sent nulle part ailleurs, pas étonnant qu'elle attire beaucoup de monde pour s'y installer.

Vous avez bien compris que ce qu'on y a vécu pendant une semaine, les rencontres que nous y avons faites, les longues balades à pied, les nuits musicales et colorées sont autant d'invitations à ce que vous y alliez séjourner une fois pour comprendre qu'une ville peut être tranquille et conviviale et que cela dépend d'abord de chacun-e de nous de s'en imprégner et d'aller dans ce sens pour que la qualité des relations soient apaisées au bénéfice de tous.


la KULTURBRAUEREI

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ce qui m'a particulièrement plu : 

* oderberger strasse
comme on aimerait que les rues des villes soient aménagées
pour faire d'un quartier un village

*le Nicolaï Viertel
un quartier ancien qui a un cachet particulier

*le "no man's land  de l'ancien mur
transformé en espaces verts, aires de jeux et autres activités (Mauerpark)

* la Kulturbrauerei
un ancien corps de plusieurs bâtiments réhabilités d'une brasserie
qui est ainsi devenu un village culturel fantastique

*Kreuzberg et l'oranienstrasse
un quartier qui vit nuit et jour,
bigarré, alternatif, aux nombreuses boutiques, bars, lieux de création

* l'East side gallery
deux kilomètres de l'ancien mur au bord de l'eau 
et ses innombrables peintures murales 
 

lundi 4 avril 2016

MONNAIES LOCALES, MONNAIES COMPLEMENTAIRES

Je ne suis pas féru d'économie, mais je comprends un minimum (comme beaucoup de personnes...). Quand on nous a fait croire que la crise était accidentielle en 2008, un passage obligé avant que l'économie ne redevienne saine, on se posait la question de savoir ce qu'on pouvait faire devant l'endettement, l'effondrement de la bulle immobilière, la fuite des capitaux vers les paradis fiscaux voisins ou lointains, etc...
Bref, on se sentait soumis, dépourvu tout en se posant pas mal de questions sur cette dépendance et le diktat de la finance (cet ennemi aveugle et invisible, selon M. Hollande !).
Et puis les milliers de gens éjectés de leur maison, de leur emploi ont vite amené ce sentiment de fragilité , de précarisation, de peur qui devenait insupportable pour celles et ceux qui regardaient l'humain ...debout,  et non pas à genoux !

Alors, on a commencé à s'interroger sur ce qu'était réellement la monnaie, à quoi elle servait et comment elle était utilisée ou plutôt pervertie au profit de quelques-uns. Le passage des monnaies d'Etat à l'Euro fut un bon exemple vivant par lequel les déviances sont apparues très vite dans une gestion mondialisée.

Petit à petit, un certain nombre de personnes se sont relevées et ont décidé que la soumission à l'argent n'était pas inéluctable et qu'il y avait des moyens pour se réapproprier des échanges sur d'autres bases avec une éthique sociale, environnementale tout en dynamisant un territoire, les productions locales et une économie vivante de proximité.

Ainsi sont apparues des nouvelles monnaies locales, de l'argent complémentaire.
Quand on sait que 97 % de la masse monétaire est devenue spéculative au seul profit des banques et des actionnaires, qu'elle ne sert aucunement à l'investissement et au développement, alors la question devient encore plus évidente, vitale.

Les monnaies locales sortent absolument de ce cadre de la finance mondialisée, elle sert au paiement des échanges locaux, de la production locale, elle dynamise l'économie locale, elle donne de la vie à un territoire tout en se basant sur des valeurs autres que monétaires puisqu'il y a derrière tout cela aussi une éthique sociale et environnementale. Dire que cela est juste un épiphénomène marginal de quelques militant-e-s éclairé-e-s, c'est avoir survolé rapidement ce qui participe à ce changement de civilisation en train de se faire.

Regarder, fouiller, chercher les exemples de Bristol, de Bavière, en France  et de plein d'endroits au monde (car aujourd'hui il y a déjà des centaines ou des milliers de monnaies locales différentes en fonction) et vous comprendrez assez vite ce que cela entraine en réalité de passer de l'Euro à une monnaie locale. Vous me direz, mais si je voyage, je fais comment. Vous pourrez toujours utiliser vos Euros ou les changer en monnaie locale. Ne souriez pas : il n'y a pas si longtemps, vous alliez échanger vos Francs dans la monnaie du pays en perdant un peu de leur valeur à chaque échange selon les "taux de parité, de change" et cela vous semblait ...normal ! Donc, pas de panique, mais au contraire, approfondissez bien la question.
On appelle les monnaies locales aussi des monnaies complémentaires et on ne mesure pas encore vraiment l'impact réel de ce changement en cours, mais penchez-vous sur la question et des perspectives nouvelles vont s'ouvrir et surtout une autre façon de voir, de consommer, de vivre.




Pour élargir encore un peu plus ce débat, je ne peux que vous conseiller de regarder le court reportage VOX POP ** d'Arte de dimanche 3 avril et de vous documenter un peu plus sur ces monnaies complémentaires (qui complètent ou élargissent ce que proposent les S.E.L  -Systèmes Echanges Locaux).
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**  http://info.arte.tv/fr/monnaies-locales-solution-globale