Converger, mutualiser, relocaliser, diversité, indépendance, ….
La démocratie est en crise, le cynisme obscène s'affiche tous les jours sur les chaînes TV-radios et médias de Stérin, Bolloré, Arnaud, Dassault, Saadé et consorts...Et il faudrait se contenter à l'impuissance et à la soumission, lobotomisé déjà ! S'auto-censurer par peur et oublier dans quel pays nous sommes : celui des droits de l'homme, une République de Lumières où les libertés étaient chèrement préservées, où les gens ne se disciplinent pas facilement, où l'esprit critique et l'ouverture des consciences trouvent encore des chemins de lucidité.
Cette séquence de l'élection présidentielle revêt une importance plus particulière cette fois-ci puisque tout un système est fragilisé par la captation des richesses par une caste, par une mondialisation financiarisée qui met au grand jour les abus en permanence et la présence d'un fonctionnement de plus en plus mafieux, au-delà des lois et règlements adaptés selon les besoins de l'oligarchie, qui crée les conditions économiques et industrielles d'un dérèglement climatique et social. Afin que celui-ci puisse perdurer à leur seul profit, cette caste utilise tous les médias qu'ils ont acquis afin de nous imposer leur vision du monde et de la société. On diabolise, on dédiabolise, on fake-news, on présente ses candidats apparatchiks aux ordres, on personnalise à l'excès pour empêcher de penser collectivement.
Pour cette campagne électorale, il y a des noms qu'on souhaite saturer avec tout ce qui existe de négatif afin d'en faire des repoussoirs, des personnages clivants, en manipulant toutes les déclarations hors contexte ou utilisées par bribes. Mais même si l'élection présidentielle est complètement faussée par l'incarnation d'une personne, par la personnalisation, par un casting qui ne révèle que peu de compétences et surtout...qui ne parle jamais de programme, d'une équipe, d'une probable composition gouvernementale. Et qui veut monter les uns contre les autres : diviser pour continuer de régner et que le business perdure, peu importe les dérèglements, les répressions, les exclusions, …
Dans tout ce qu'on entend dans cette propagande orchestrée, il n'y a plus de place pour la réflexion et l'apprentissage du passé (le plus récent même !), la mise en perspective.
Alors voilà trois arguments puisque on entend toujours la même rengaine : la gauche est divisée, irréconciliable, on n'a pas encore essayé l'extrême-droite en cravate, il faut craindre le pire qui est un deuxième tour entre les deux extrêmes où disparaissent le macronisme qui a fait dix ans en enrichissant au maximum les déjà très riches et le parti socialiste qui s'est fourvoyé en cherchant à négocier avec eux et en se faisant rouler dans la farine, d'autant qu'on se souvient encore bien de Hollande président....
Alors, voilà :
« l'Avenir en Commun » était le programme commun validé par le PS, EELV, PC et LFI au sein de la NUPES, puis du Nouveau Front Populaire (NFP), et qui a permis l'élection de nombreux députés et la survie financière du PS, EELV, PC en groupe parlementaire. Ce programme (« réactualisé » pour cette élection 2027) est le plus novateur, en rupture avec ce système du président-roi. Il revoit les institutions et rééquilibre l'économie, la richesse, l'exploitation minière et les ressources naturelles. Il revoit la mondialisation et combat racisme et exclusions. Pourquoi ce programme qui a été signé par tous les partis de gauche ne fait-il plus consensus deux ans après ? Par calcul de stratégie égotique où le PS veut remonter sur le trône -comme Hollande- avec toutes les compromissions qu'on a vu lors de ces dernières séquences parlementaires ? Ce programme qui était commun, l'est toujours, mais plus porté par toutes les composantes, même si Les Ecologistes (ou du moins une grande partie d'entre eux) et le PC pourrait rejoindre cette force montante du désir d'autre chose, d'un autre système, …
« On ne les a pas encore essayé », c'est ce qu'on entend quand on parle du RN-FN comme si ce seul fait leur donnait une légitimité, alors qu'ils n'ont pas de programme opérant et une représentante condamnée déjà deux fois par la justice de son pays et en sursis. Mais si on reprend cette phrase, alors on peut l'attribuer tout autant à « l'avenir en commun » puisque cela non plus n'a jamais été essayé. On a vu au pouvoir la droite UMP, RPR, LR , puis le PS, puis le centre mou et la caste avec MODEM, HORIZONS, RENAISSANCE, EN MARCHE, ...Mais jamais le FN-RN, jamais la Gauche de transformation, de rupture et qui s'attaque aux racines des injustices et dérèglements climatiques et sociaux. Ils sont deux systèmes qu'on n'a jamais essayé.
Lors des deux dernières élections présidentielles, comme d'autres avant, on a agité le racisme, l'exclusion, le manque de programme, la peur d'un Front National au pouvoir et il y a eu un appel pour un « Front Républicain » contre l'obscurantisme d'un parti fascisant. Les partis de gauche se sont joints au centre et encore républicains pour éviter cela. La question qui se pose, en conscience, est que si au deuxième tour, on se retrouve avec l'extrême-droite face à la gauche de transformation, que vont choisir les français ? Et que vont déclarer les camps centriste, macroniste, socialiste ? Est-ce que le Front Républicain se constituera aussi ?
La question est cruciale sur ce que les habitant-es de ce pays veulent pour leur pays et l'image donnée au monde entier.
Un programme commun de gauche rejeté par le PS alors qu'il leur a bien profité il y a deux ans. Qu'est-ce qui a changé chez eux ?
On n'a pas encore essayé, mais pas qu'un seul groupe, le choix est entre deux groupes très différents de l'idée de la France.
Le Front Républicain qui a profité à deux fois à celui qui s'est comporté comme un roi absolu va-t-il se reconstituer avec les mêmes arguments de dangerosité ?
Qu'est-ce qui a changé en deux ans ?
Il ne faut pas se laisser endormir par la propagande distillée quotidiennement sur quasi toutes les chaînes et même les réseaux sociaux mis aux ordres comme Kombini et Brut par exemple...
Les français ont toujours été d'un esprit critique et combatif. Qu'est-ce qui nous a endormi, rendu craintif avec un sentiment d'impuissance ? C'est le collectif qui donne la puissance et change les rapports de force. L'histoire est là pour nous le rappeler, même si aujourd'hui la démocratie (et la République) sont en danger, fortement malmenées.
Ils ont l'argent , mais on a le nombre !
L'avenir n'est pas écrit....





