vendredi 26 avril 2019

ENTENDU, MAIS PAS COMPRIS !




RESTITUTION DU GRAND DEBAT NATIONAL
conférence de presse du 25 avril 2019 – 18h03/20h20
et 15 questions pour les 230 journalistes présents


Le Président E. Macron fait des constats :
* injustices fiscale, territoriale, sociale
* manque de considération
* manque de confiance dans les élus
* sentiment d’abandon face à l’organisation du monde


"...Faut-il tout arrêter et changer ? NON. Au contraire, car ma politique répond aux attentes de nos concitoyens,il faut juste accélérer les changements pour que ce soit plus visible »


Les conclusions qu'il en tire :
redonner l’espérance dans l’art d’être français : enraciné et universel
l’humain au coeur du projet politique
la simplicité est la vraie protection


4 orientationsdans ses décisions :

1. changer notre démocratie, notre administration
- un statut pour les maires
- réduire le nombre de parlementaires de 25 % et limiter le nombre de mandats
- pas de vote obligatoire, pas de prise en compte du vote blanc
- pas de RIC, mais un RIP (un million de voix pour imposer un débat parlementaire)
- pétitions possibles pour les assemblées locales
- transformation du CESE en « Conseil de la Participation Citoyenne » (réduction du nombre et
  ajout de 150 citoyens tirés au sort
- nouvel acte de décentralisation (logement, transport, transition écologique)
- différenciation des territoires
- Nouveau Pacte Territorial : redéploiement des services publics
- plus de fermeture d’hopitaux et d’écoles
- abandon de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires
- Guichet unique des services de l’État par canton : « France Services »
- fin de l’ENA et des « grands corps » avec protection à vie
- 20 % de proportionnelle (Parlement)

2. justice fiscale
- la Cour des Comptes va évaluer le montant de l’évasion fiscale
- ISF : pas de rétablissement (évaluation en 2020), mais
  impôt sur le patrimoine immobilier et investissement défiscalisé (production de richesse)
- baisse des impôts des classes moyennes
- suppression de certaines niches fiscales des entreprises, pas des particuliers
- baisse des dépenses publiques
- plan pauvreté : investir dans la Petite Enfance, 24 élèves maxi entre GSM et CE2,
  suite du dédoublement dans certaines classes, mieux former les professeurs
- aides aux entreprises
- revoir le système assurance-chômage
- prime annuelle entreprises de 1000€ reconduite
- indexation des petites retraites (sous 2000€) sur l’inflation en 2020 et les autres en 2021
- retraite par points - minimum retraite 1000€
- pas de suppression de jours fériés, travailler plus mais avec droit légal de départ retraite 62 ans
- pas d’augmentation du SMIC (contraire à l’objectif de compétitivité),
  c’est aux entreprises d’augmenter les salaires
- Pacte productif : 2025 le plein emploi


3. le climat au coeur du projet
- création d’un Conseil de Défense Ecologique
- politique énergétique et économie circulaire
- aides pour changer de chaudière et de véhicule
- Conférence Citoyenne pour soumettre des sujets au Parlement
- Agenda 2025 : stratégie collective de la nation


4. Permanences « art d’être français »
- la famille : pension alimentaire non-payée pris en charge par la CAF,
  « aidants familiaux » pour handicapés et dépendants
- l’engagement : nation de citoyens, tissu associatif, service national civique
- la laïcité : réaffirmation de la loi de 1905 et intransigeance envers l’islam politique,
  refonder Schengen (frontières), bien accueillir, débat annuel sur les migrations






EN RESUME de ce long, très long verbiage :

                  « un nouveau pacte avec les français : l’humain au coeur du projet »

 
« Les désaccords s’expriment, j’assume de ne pas avoir cédé sur mon projet »
« augmenter le pouvoir d’achat, c’est se battre contre les dépenses contraignantes »
« je crois profondément » ... mot utilisé une cinquantaine de fois ainsi que
humain, responsabilité, pragmatisme
« Plus rien ne sera comme avant »avait annoncé la porte-parole du Président,
mais au bout de cinq minutes, on a compris que tout serait comme avant , avec quelques aménagements.
« Le Président donne le cap, le gouvernement et le Parlement proposent et choisissent. »
« Nous avons déjà fait beaucoup dans ce sens, il nous faut accélérer les réformes
pour ce que les résultats soient plus visibles »



Le Président a peut-être écouté certains français, mais il n’a rien compris…

Cette restitution n’est en fait que la déclinaison de SA politique qu’il essaie de justifier en y intégrant certaines dispositions-perspectives, il a fait sa campagne européenne et déjà préparé sa campagne de réélection de 2022 (agenda 2025!!!) même s’il dit le contraire.
Lors de sa rentrée dans la salle des fêtes de l’Elysée, les membres du gouvernement se sont levés comme c’est le cas dans une salle d’audience d’un tribunal !!!!!
On se serait cru aussi dans un cours magistral pédagogique universitaire ou encore une réunion de bilan gouvernemental, positif et à poursuivre.

dimanche 21 avril 2019

APRES "LE MEPRIS", "LES MISERABLES" …

Lundi 15 avril 2019. A 20heures, le président de la France Emmanuel Macron devait annoncer sur les chaînes TV les décisions politiques qui devaient calmer les colères, le ras-le-bol, exprimés depuis novembre à travers tout le pays. Une forte attente qui devait décliner du concret, de l’immédiat, du simple, genre augmentation du SMIC, retour de l’ISF, recours au RIC, ….
Mais avec le technocrate au pouvoir soutenu par toute la caste financière, industrielle qui l’a mis au pouvoir, il ne fallait pas rêver. Cela faisait des semaines et des semaines qu’il se moquait de tout le monde en minimisant, puis en terrorisant, puis en emprisonnant tout ce qui portait gilet jaune. Il inventa un Grand Débat National avec questions à choix multiples, autant dire que les réponses attendues étaient dans les questions. Il criminalisa les manifestant.e.s du samedi en semant la terreur avec ses forces de police qui éborgnèrent, mutilèrent de nombreuses personnes. Il enfuma, épuisa un mouvement populaire de revendications sociales.
Son intervention télévisée très attendue devait répondre à la « restitution » du Grand Débat. Mais l’incendie accidentel, sans blessés, d’un bâtiment cultuel célèbre fut pour lui l’occasion de reporter une fois encore cette allocution explosive non pas dans ses annonces, mais plutôt dans ses non-annonces. Reporté à un « moment plus opportun », le temps politique se soumet à un fait divers : ça veut tout dire.



Dès le lendemain, toujours pas de déclaration, mais une courte allocution pour exprimer sa tristesse par rapport à la chute en cendres de la tourelle de Notre Dame et son engagement à la reconstruire en 5 ans (pour la veille de l’ouverture des J.O. de Paris?). Et pour le financement, un appel à la « générosité » des français ! Pas de mise en cause de l’entreprise qui faisait des réfections sur le bâtiment, sûrement à l’origine du départ de feu ou même l’évocation de recourir aux assurances. Non, ce sera l’élan national du peuple qui sauvera l’église !!!
De toute façon, dès le lendemain, des centaines de millions d’Euros sont déjà promis en dons. Les contributeurs ? Arnault, LMVH, Lagardère, etc..Bref, les grands fortunes, éxonérées de l’ISF et qui trouvent là une nouvelle opportunité de déductions fiscales importantes (de 60 à 90%) et autres avantages induits. Immoral jusqu’au bout. Obscène, inadmissible. Une provocation pour ceux qui attendaient des réponses concrètes aux revendications énoncées depuis des mois.

Alors, ce qu’il devait annoncer (et qu’il verbalisera « le moment venu », ce sera au final une conférence de presse ce jeudi 25 avril) va « fuiter » (!!!) dans les médias de propagande : indexation des petites retraites sur l’inflation, paiement par l’État des pensions alimentaires non-honorées, prime annuelle de 1000 € payée par les entreprises, impôt sur les propriétés immobilières ( pas d’ISF), un RIC mais uniquement sur des questions locales, vote blanc comptabilisé, dose de proportionnelle aux législatives, ….bref des mesurettes déjà connues mais sans indications de faisabilité ou inscrites en chiffres dans le budget.
Emmanuel Macron continue ainsi son enfumage, sa politique, en ne faisant que de la figuration : sourires et belles paroles lyriques ! Cela va-t-il calmer la grogne générale ou enflammer davantage le pays avec la répression policière et même l’armée face au « peuple » ?



Ce président qui est le représentant des puissances d’argent est probablement le pire de ce que la Vème République a connu, malgré son âge, son sourire, sa capacité intellectuelle. Il ne connaît pas son pays, les gens, il ne fait que « contact » avec eux et le moins possible (et dans des cercles maîtrisés !). Il est coincé entre l’image à la Kennedy qu’il aimerait donner et les exigences de ses commanditaires ultra-libéraux et purement financiers...Et il n’a aucune hésitation pour savoir où il est. Le reste n’est pour lui qu’une scène de théâtre où il joue son rôle, son propre rôle où il est à la fois acteur et metteur en scène. C’est donc lui qui choisit comment et quand il rentre en scène. Tout le reste n’est que propagande, stratégies de communication.
En moins de deux ans, il s’est dévoilé et le résultat est désastreux : un pays divisé en deux classes très distinctes, des lois liberticides votées comme un seul homme sans débats, un appauvrissement des classes moyennes, quelques miettes jetées aux « pauvres » et les affaires de sa caste qui n’ont jamais autant prospérées. 


Ce printemps s’annonce chaud, c’est l’incendie dans le pays, pas seulement celui d’une cathédrale vite éteint, aussi célèbre soit-elle (rappelons qu'elle servait de cave à vin sous la Révolution !). Tout est tellement calibré et mis en musique si rapidement qu’il ne manquera sûrement pas un petit rigolo qui parlera que ce serait même lui (ou ses services) qui aurait allumé la mèche de la diversion. Car cela aussi met en retrait toutes les affaires de pédophilie au sein de l’Église avec un Président qui va à la messe pascale au Touquet-Paris plage ce dimanche.
Dans leur monde, tout est possible puisqu’on se fait de l’argent avec tout, sans scrupules, sans morale. Bizness is bizness !

Et pour les autres : des promesses non-chiffrées, des élections où on brandit à chaque fois la peur de l’extrême-droite RN-FN encore et toujours, où la gauche LFI est ignorée, et tout continue comme toujours, où les changements à la marge se font au rythme de la fermeture des centrales nucléaires bénéfiques pour le CO2 et le climat !!! 
Tout est dit, mais …
l’avenir n’est pas écrit !

mardi 9 avril 2019

APRES LE DEBAT...


         LE GRAND DEBAT /01 et LE VRAI DEBAT : vers quels votes décisionnels ?

Pour la « restitution », c’est la recherche de la légitimisation du cadre imposé par M. Macron. On commence par énumérer les chiffres du genre : 1 500 000 réponses au questionnaire sur internet, réunions dans 10 000 communes, 10 heures de paroles du Président dans les « débats » qui a prêché dans toutes les parties du pays ! Mais ces chiffres ne valent rien car ce n’est pas une consultation, mais une énumération basée sur UN type d’échantillon de la population. Et selon les échantillons, les résultats varient, on le sait bien. 

Les Gilets Jaunes ont aussi organisé un Vrai Débat (de janvier à mars) avec l’aide de l’Université de Toulouse : 45 000 contributions d’où ressortent RIC, justice fiscale, ISF, nationalisation des autoroutes, vote blanc, … et 1 million de participant.e.s au vote final.



Le Grand Débat National a surtout été un semblant de dialogue entre le pouvoir exécutif et une certaine catégorie de gens (maires, militant.e.s LREM, électeurs-électrices de M.Macron, curieux, …). S’il y a eu un semblant de libération de la parole, cela s’est fait plus autour des rond-points que dans ces assemblées normées, encadrées...Et puis, après la libération de la parole, il faut des délibérations et des décisions-votes ensuite. Sinon, cela n’est que de la poudre aux yeux...Et c’est le cas.
Quels sont les points « sortis -sélectionnés» par le Premier Ministre en attendant que le Président soigne la mise en scène de SA restitution ? 

Quatre points :
la fiscalité (baisse des impôts), la justice, l’évolution des institutions, la transition écologique.
Par rapport à ces demandes radicales, selon E. Philippe, il ne faut pas que les décisions soient frileuses...Mais « en même temps » il explique en gros que toutes ces thématiques sont déjà mises en œuvre par le gouvernement, mais qu’il faut simplement les accentuer, les accélérer. Bref, vous voyez, on est d’accord et on va faire mieux et plus vite, pas vrai ?
On assiste donc à la suite d’un enfumage politique après un Grand Débat qui a coûté malgré tout 12 millions d’€ !!!
Et les suites, ce sera quoi ? La poursuite du cap de la politique austéritaire, mais pas pour tous...Des effets d’annonce, quelques mesures à la marge, rien qui remette en cause l’oligarchie qui a mis en place le Président.



Quand il parle de baisser au plus vite les impôts, ça veut dire quoi pour vous ? La diminution du train de vie de l’État et de ses élu.e.s, arrêter les dépenses inutiles dans des projets inutiles (GCO, ...), rétablir l’ISF, redéployer les services publics, baisser la TVA sur des produits de première nécessité, augmenter les tranches d’impôt, ….

Quand il parle de la justice, ça vous fait penser à quoi ? Aux assignations à résidence, à l’interdiction de manifester, aux violences policières couvertes, à l’envoi de l’armée, à la surveillance accrue des « suspects », aux fichages aléatoires, à l’impunité de Benalla et des détournements de fonds, des conflits d’intérêts, …

Quand il parle de transition écologique, ça vous fait penser à quoi ? A la conversion énergétique, la fin des forages, de l’exploitation des énergies fossiles, d’une agriculture sans glyphosate et tueurs d’abeilles, sans pesticides et de la production locale pour se nourrir sainement, des transports collectifs accessibles à bas prix et répartis sur tout le territoire par un maillage général multimodal, le soutien à l’agriculture biologique et aussi de montagne,la fin du plastique et des déchets industriels, …

Quand il parle d’institutions, ça vous fait penser à quoi ? Un pouvoir réel au Parlement avec des députés élus à la proportionnelle pour une vraie représentativité, le RIC, une régionalisation avec des régions à identité et des compétences réelles (économie, transport, environnement, …)



On est loin des assemblées citoyennes, tirées au sort, délibératives où les décisions sont ensuite soumises à référendum/vote.
La France est divisée en deux et il n’y aura pas de grande réconciliation entre le ras-le-bol général exprimé par le mouvement des Gilets Jaunes et les supporters de la politique libérale de M. Macron.

Tout est parti de là (les Gilets Jaunes, un mouvement d’ampleur et de durée inédites) et qui n’est pas cité une seule fois… Edifiant pour la suite, qui sera larvée, perlée, leurrée..à la marge !




RESTITUTION du GDN / 02  (10 avril)

                                              dessin de VEESSE  www.hebdi.com
                                         le magazine satirique indépendant alsacien
 

C'est quand même très fort de café que d'entendre trois heures de discours du Premier ministre pour décrire ce qu'on sait depuis novembre 2018 et être interpellé par ce qu'IL en retient.
J’ai apprécié ce qu’en disait hier Bruno Cautrès , chercheur CNRS et Sciences Po « C’est une tentative de l’exécutif de faire rentrer le torrent de l’explosion de la colère populaire dans le lit du courant macroniste ». C’est exactement cela. Utiliser un choix dans les thèmes de discussion imposés pour expliciter SA politique pour ne changer que à la marge. Cela se voit vraiment dans ce qu’il dit sur deux des thèmes retenus : démocratie et écologie, où il dit crânement que ce qui est exprimé dans les questionnaires est ce que a commencé le Président et le gouvernement. C’est gros, mais plus c’est gros et plus ça passe, pensent-ils encore ! De toute façon, le discours, les annonces, les décisions très attendus et reportés chaque jour (du Président) commencera sans aucun doute par une généralité redondante pour se défausser du genre : « ce qui arrive n’a pas été réglé depuis 30-40 ans »…
 
Dire que le Grand Débat est un succès populaire, c’est encore une fois tromper, faire de la propagande. Il suffit de regarder la sociologie de celles et ceux qui ont participé pour se rendre compte que ce sont surtout les classes moyenne et aisée qui ont participé, se sont déplacées. Pas grande trace des décrocheurs, des banlieues, des jeunes, des milieux ruraux. Ce Grand Débat est un gâchis et coûteux (14 millions €).
Il faut quand même se souvenir que sans le mouvement des Gilets Jaunes, il n’y aurait pas eu de débat, ni de désirs de changements profonds. Et pourtant le premier ministre se félicite de cette grande consultation, d’avoir entendu les français.es ….sans nommer une seule fois les Gilets Jaunes ! C’est comme tirer la couverture à soi...et ce n’est que le début !

Il parle de baisses d’impôts (pour qui ?) : oui l’ISF (3,2 milliards/an), taxe d’habitation pour certains, mais il oublie les hausses du carburant, du tabac, de la CSG, du gaz, de l’électricité,etc.
Il parle de réduire les dépenses de l’État alors qu’on voit les projets inutiles imposés partout et des grandes messes très coûteuses. Un exemple (puisqu’on parle de l’impact des GJ sur les commerces des centres villes) : le prochain G7 (vous savez ces rencontres des « 7 maîtres du monde ») aura lieu en France à Biarritz en pleine période estivale (24-28 août) où le centre-ville, le marché, seront bloqués et interdits, et surtout les plages (et le surf) . Perte de commerce et grosse dépense d’organisation ! Et tout ça, pourquoi ? M. Macron peut nous faire la leçon, mais nous ne sommes pas dupes et de moins en moins influençables par les médias de propagande….
D'ailleurs, il faut attendre que le Président décide de sa mise en scène pour entendre ses décisions politiques de la grande transformation du pays !!!!!!

Pour terminer pour aujourd’hui, quelque chose qui n’a rien à voir peut-être, mais bien dans l’esprit d’hypocrisie totale actuelle, même l’Église s’y met. Quoi ? Ben oui, j’ai vu ce matin, cette pub TV qui dit : « je crois en l’Église, je lègue à l’Eglise » !!!! En pleine crise de pédophilie où les religieux à tous les niveaux sont démasqués, l’Église craint pour son niveau de vie et de revenus !!!!
Cela montre bien où nous en sommes en 2019….

Belle journée à vous !
L'avenir n'est pas écrit...

mercredi 13 mars 2019

LES GENS, LA CASTE, nous ...


La misère sociale se chuchotait entre les mots. Phrases jetées, avec discrétion, parce que la honte s’ajoute aux malheurs : celle de ne pas s’en sortir, de ne pas pouvoir offrir même quelques bribes de bonheur à sa famille, en se cachant dans sa  souffrance. « Cette honte privée est devenue une colère publique » analyse le député LFI-journaliste François Ruffin dans son récent livre « Ce pays que tu ne connais pas » qui est comme une lettre d’un « représentant des gens » à E.Macron. Et il rajoute : « La pudeur a sauté comme un barrage, et à chaque carrefour c’est le grand déballage des témoignages. »

 

Nous voilà donc face à une nouvelle réalité, une mutation, face à laquelle tous les discours précédents sonnent faux, parce que les dirigeants de notre pays ne la comprennent pas, ne la voient pas ou préfèrent détourner la tête, inventer un leurre-débat, réprimer toute manifestation, en attendant le retour au calme des affaires.
Il y a une remise en cause profonde, par le mouvement des gilets jaunes (GJ), des institutions et de la démocratie représentative, des pouvoirs politique et syndical, de l’organisation de la société, de la vie…

Il y aurait pu avoir une convergence avec les syndicats puisque une part des revendications liées au monde du travail se recoupent. Mais les syndicats fonctionnent de façon catégorielle alors que le mouvement des Gilets Jaunes aborde les problèmes sociaux de façon globale.
Il y aurait pu avoir une convergence avec des partis politiques qui s’opposent au néo-libéralisme de la caste dirigeante. Mais ces dernières décennies, nous avons eu l’alternance gauche/droite où il n’y avait même plus d’antagonisme visible, tant, au niveau de l’État, l'incapacité et l’inadaptation à faire contre-poids à la globalisation irréversible de l'économie devenaient chaque jour plus évidents. Dans les politiques successives, on voyait surtout une justification des mesures d’austérité administrées au pays afin de sauver les apparences, faire croire que le pouvoir politique régulait l’économie, alors qu’il engraissait la caste en faisant  le sacrifice de la cohésion sociale par ailleurs.
La robotisation, l’informatique et l’intelligence artificielle, les délocalisations sont les signes d’un monde industriel globalisé qui produit en quantité des marchandises avec en parallèle une diminution significative des hommes nécessaires à cette production. L’idéologie ouvriériste d’un développement lié du monde ouvrier et de la production marchande s’est effondré. Comme se sont effondrés le capitalisme (on peut s’enrichir en fournissant un bon travail!) et le communisme (après la chute du mur de Berlin en 1989) avec l’émergence d’une économie mondialisée et dérégulée. Opposer politique et économie n’a plus de sens puisque la politique n’a plus de prise sur l’économie, elle ne fait plus que l’accompagner ou être à ses ordres.
Sur ce chaos larvé fleurissent les « populismes » nationaliste et/ou élitaire.
Imaginer le cadre national comme forteresse face à la globalisation économique, aux bouleversements environnementaux est une vue de l’esprit très étroite et mythique. C’est se raconter des histoires face à la réalité du monde.
De même, c’est tout autant une histoire que de prétendre qu’en s'appuyant sur les élites administratives issues des grands corps et les élites civiles dépositaires d'une expertise, on arrivera à maîtriser cette mondialisation au niveau européen et/ou du pays.

Faillite syndicale, faillite politique, les captations des ressources naturelles et financières par une caste, une oligarchie, posent les questions en profondeur sur notre existence commune, le pouvoir sur notre vie et nos choix.

C’est dans cette optique que le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne / en toutes matières) est très fortement mis en avant par le mouvement des Gilets Jaunes, car il marque une envie, une revendication, une exigence d’une nouvelle démocratie qui couvre tout le champ de la vie quotidienne.





Pour mémoire, le programme « Les jours heureux » mis en œuvre par le Conseil National de la Résistance au sortir de la dernière guerre mondiale, dans un pays en ruines, a montré la voie. Les citoyens- résistants d’hier et d’aujourd’hui doivent avoir à coeur de le poursuivre, et non pas d’assister à son enterrement.


Nous sommes dans un nouveau temps de résistance, multiforme, polymorphe, qui dépasse les frontières et touche à la survie même de l’espèce humaine. Cela semble exagéré de le dire ainsi, mais en prenant le temps de développer, de fouiller avec ce que l’on sait et qu’on apprend, on se rend bien compte que nous sommes dans une situation de clivage de classes, de rupture, et elle peut devenir plus radicale chaque jour.

L'avenir n'est pas écrit....



__________________________________________________________________________________








Le rassemblement annuel des Citoyens-Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui 

a lieu comme chaque année sur le plateau des Glières (Haute-Savoie) 
à Thorens-Glières les 17,18,19 mai 2019     
http://www.citoyens-resistants.fr/

mardi 5 mars 2019

« ECOLE DE LA CONFIANCE »

Ce sont les termes employés pour cette enième réforme de l’Education Nationale. Dans le langage macronien brut, cela veut dire : 
défiance, contrôle, économie.

L’Assemblée Nationale, avec une majorité écrasante LREM qui vote « comme un seul homme » ce que le gouvernement (autant dire le patron Macron) lui demande, a validé, en 5 jours, 26 articles et 1000 amendements la loi Blanquer-Ministre.




Les médias de propagande ont bien relayé les éléments de langage du gouvernement :
dans toutes les classes du pays on trouvera dorénavant les drapeaux français et européen, les paroles de La Marseillaise seront affichées ainsi qu’une carte de France ; il n’y aura plus les mentions père et mère, mais parent 1 et parent 2. ( Pour mémoire, existent depuis un moment, les mentions représentant légal 1 et représentant légal 2 !).
 
Voilà pour la façade et de quoi alimenter les conversations.
Mais derrière il y a autre chose qui pose questions.

Défiance :
* Qu’est-ce qu’un prof a encore le droit de dire quand on veut encadrer sa parole dans un « devoir de réserve des enseignants » ? L’exemplarité du métier ne semble plus suffisante.Il faut éviter toute brèche possible de critiques institutionnelle et/ou politique.

Contrôle :
* Le CNESCO, assez indépendant et objectif dans ses analyses et avis, évaluait l’école de la République. Il est supprimé ou quasiment et remplacé par un CEE (Conseil Evaluation Ecole) composé de 14 membres dont 10 nommés par le Ministère et 4 parlementaires. Autant dire que le Ministère s’évalue lui-même.
* Les étudiants qui préparent le concours pour être enseignant percevront un salaire dès la 2ème année en échange d’heures dans un établissement scolaire. Pour quelles missions de formation ? Des remplaçants au rabais, sans réelle expérience, appliquant ce qu’ils ont emmagasiné ?
* Les centres de formation (reliés à l’Université) ESPE, deviennent des INSPE et sont rattachés directement au Ministère qui y diffusera ses directives, une formation standardisée sous contrôle.

Economie :
* « L’instruction obligatoire à 3 ans ». Une belle annonce, mais il faut savoir que c’est déjà le cas à 98 % . C’est par le biais des charges obligatoires payées par les Mairies pour les écoles que cela va apporter un peu plus d’argent aux écoles privées (pour cette tranche d’âge). Qui sera forcément, par vases communicants, être diminué de la somme allouée pour les ATSEM des écoles publiques qui remplissaient déjà cette mission.
* Création possible par décision du Préfet ou des Collectivités Locales des « Etablissements publics des savoirs fondamentaux » EPSF ou plusieurs écoles sont mis sous tutelle d’un collège. C’est annoncé comme une meilleure liaison pédagogique, mais c’est surtout une annexion administrative des écoles primaires. Les écoles deviennent des « classes du 1er degré ».
* Il est aussi cité un « élargissement des expérimentations pédagogiques » comme permettre par exemple de répartir les heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire-une annualisation du temps de service des enseignants.
Il ne faut pas perdre de vue que le programme de M.Macron est de réduire de 50 000 postes dans l’enseignement sur le quinquennat.

Voilà ce qui attend les acteurs de l’Education Nationale et tout cela sans débat puisque les amendements sont votés directement.

Et surtout, surtout : où sont les élèves dans toute cette réforme ?

 

Les questions sont là, réelles, légitimes, et sans réponse politique, voilà que s’ajoutent aux gilets jaunes, les stylos rouges.
Sans compter que les enfants sont aussi dans la rue toutes les semaines et réclament un avenir, des mesures pour le climat.
« A quoi peut servir le Bac si on n’a pas d’avenir ? »
2 millions de signatures pour « l’Affaire du siècle » qui demande la même chose au Président qui rejette la responsabilité sur les citoyens et les entreprises !!!

Qui croire encore ? Quoi faire ?
Responsabilités, actions, urgence, violence, rapports de force, clairvoyance, …..

Les mots ne règlent pas les maux.

samedi 9 février 2019

DES GILETS JAUNES A HOMO SAPIENS ...pour ne pas parler du futur


DES GILETS JAUNES
Ce mouvement inédit qui a éclos d’un trop-plein d’insatisfactions, de colères, de révoltes, de frustrations, d’injustices, …, a été déclenché par une nouvelle augmentation de taxe carburant, justifiée par le gouvernement comme étant une mesure pour la « transition écologique ».
Le symbole affiché de cette révolte fut le port du gilet jaune que tout automobiliste a obligatoirement dans son véhicule pour signaler un danger quand il le porte.
Bien vite, les revendications se font bien plus générales et plus précises aussi, toutes convergeant vers une volonté de changement de politique. Elles touchent à la fois le monde du travail, la précarité sociale, l’économie mondialisée et la production de biens, la justice fiscale et l’abandon des services publics, le « train de vie » de l’État, l’exemplarité de nos élu.e.s, le manque de démocratie et la structure verticale du pouvoir, ….
Les exigences sont multiples, polymorphes, expriment un mal-vivre dans un pays riche et « civilisé ».


Face à cette révolte populaire, il n’y a pas eu de réponse politique appropriée du président-roi Macron. Quelques miettes : le report de six mois de la deuxième augmentation de la taxe carburant prévue ce janvier 2019 et une mini-augmentation sur la fiche de paye pour celles et ceux qui touchent la prime d’activités. Puis, une dispense de la CSG pour quelques-uns, la disparition de la taxe d’habitation pour d’autres et de menus aménagements techniques favorables à celles et ceux qui en feront la demande (et seront au courant) avec l’aide de services sociaux débordés, des fonctionnaires en diminution permanente…
La grogne généralisée est attisée par ce qui ressemble à de la provocation, une sorte de surdité d’un chef d’entreprise interpellé par une grève surprise géante et reconductible ! Alors, en affirmant qu’il a été élu sur un « programme », M.Macron rappelle qu’il gardera le « cap »...et fait intervenir les robocops de la police, la mieux équipée d’Europe, qui balance ses flashballs (LBD) et autres grenades lacrymogènes et de désencerclement sur les foules jaunes, quasi sans discernement, en éborgnant des dizaines de manifestant.e.s. L’état de violence augmente dans ces affrontements, gangrenés aussi par des casseurs infiltrés dans la masse.
Et puis, la stratégie politique se met en place. Destruction et évacuation forcés des lieux de rassemblement des Gilets Jaunes, les rond-points du pays. Annonce et mise en place rocambolesque du « grand débat national » avec une consultation nationale sur quatre thèmes et trente-cinq questions pré-choisies comme « cadre » des discussions. Un bel enfumage-open bar destiné surtout à user et minimiser le mouvement général de protestation. Avec des meetings médiatiques (et électoraux!) rassemblant les maires et élu.e.s, quelques jeunes pour leur promettre qu’avec lui, « ils » construiront un « nouveau monde », une propagande orchestrée à grande échelle (sur les deniers publics) et qui promet une « restitution » de tout ce qui a été noté, débattu !!! Il faudra un sacré algorithme pour trier, synthétiser les 800 000 contributions, et du temps...Que nenni ! A part quelques décisions à la marge, il n'y aura rien qui ne sortira pas du logiciel présidentiel. Pas d’abolition de l’ISF, du CICE, de la flat-exit-tax, des paradis et exilés fiscaux, pas d’exemplarité sur le train de vie de l’État, pas d’arrêt de la casse des services publics, pas d’augmentation substantielle du SMIC, pas de … la liste est longue !
Seule, la minorité d’élu.e.s d’opposition LFI, ne peut rien faire bouger face à une assemblée ultra-majoritaire qui vote comme un seul homme (le Président à qui ils doivent leur poste bien confortable pour la plupart).
La stratégie du gouvernement est simple : en même temps que le « Grand Débat National » pour affaiblir et user la mouvement, demander à avoir des représentant.e.s Gilets Jaunes pour mieux les coincer très vite, les neutraliser.

 

 



Le piège ne prend pas vraiment, même si certain.e.s veulent créer un ou des partis (4 déjà !)  qui se présenteraient aux élections….européennes et avec la dispersion des voix, par le système électoral, donner encore plus d’élu.e.s à LREM, le mouvement-parti du président.
Mais, selon les régions, d’autres s’organisent et choisissent la structure associative.
Les protestataires du premier cercle du 17 novembre cherchent un deuxième souffle, épuisés par toutes les manifestations du samedi où la seule réponse est la répression policière et les blessés.
Moins optimistes sur une réponse politique, ils veulent initier des actions locales pour créer du mieux-vivre ensemble sur un territoire donné.
Mais la structure associative « légale » les confronte rapidement à quelque chose qui jusque là était vraiment dans les fondements de ce mouvement, les décisions collectives sans chef, sans président.e d’association. Pour rester sur cette ligne collective, les trois représentant.e.s légaux d'association devraient être tirés au sort et le travail organisationnel, sur les fonctions administratives (tribunal, police, banque, assurance), de communication (interne et externe, porte-parolat) et comptables (finances), délégué à des « responsables » entourés.
Car, il y a là un risque pour le mouvement GJ (mais pas du tout pour le gouvernement) que cette association à caractère social très marqué ne devienne à terme qu’une association comme une autre, un nouveau partenaire, mais à qui on a enlevé toute revendication politique radicale.
Du point de vue local, c’est très positif dans la mesure où des nouvelles initiatives et actions locales peuvent amener à un mieux-vivre ensemble, tout en créant du lien social indispensable actuellement.
Mais où serait encore « l’âme » du mouvement ? La question mérite d’être posée car ce sera le cas partout où le mouvement est inscrit dans la durée.
Sans cette politique libérale financiarisée en œuvre depuis des années, sans son application au profit d’un système de classe, d’une oligarchie dominante et accumulatrice, il n’y aurait pas eu de mouvement des Gilets Jaunes. Sans gilets jaunes, il n’y aurait pas eu cette émancipation politique et sociale de masse.
Sans réponses politiques acceptables, sans avancées sociales, économiques, sans changements profonds durables, quelles seront les réponses du « peuple » ?
La représentation politique rentrera très tôt dans les discussions-débats des Gilets Jaunes. Syndicats, parti, associations existantes qui portent ces revendications aussi ne sont pas des ennemis ou des opportunistes, mais des forces de convergences à ne pas ignorer.
En politique, c’est le rapport de force qui est le critère.

Et, parmi tout ce que j’entends dans la parole des GJ de mon territoire, c’est aussi sa vie qu’on interroge, ces vies rencontrées, la vie. Et là, on remet en perspective, l’humain, l’espèce humaine, la survie, la survie de la planète aussi quand on a des enfants, petits-enfants (ou par convictions.)
Comment le tout - le global - agit, intervient dans notre quotidien où nous sommes dépendant.e.s, et comment ici et maintenant - le local – je peux agir et intervenir pour changer un certain nombre de choses pour le bien de tous (et donc moi aussi).



 
A HOMO SAPIENS
Nos cousins chimpanzés nous ont vu évoluer vers la connaissance, l’invention, la créativité qui nous ont amené où nous en sommes aujourd’hui. Ce long cheminement n’a pas été uniforme loin de là en passant par toutes sortes de système d’organisations « politico-économique » de la tribu à la mondialisation, de l’esclavagisme, au collectivisme, à l’individualisme.
La valeur marchande n’a pas toujours été la monnaie, l’argent, (les valeurs monétaires). Des biens (nourriture, abri) au capitalisme il y a eu du chemin qui est passé par bien des structures différentes (empires coloniaux, …) avant de créer la dette, l’emprunt comme valeur spéculative et le marché mondialisé des biens communs. Il y eut un temps long où le travail était une valeur humaine. Que vaut encore le travail de chacun.e aujourd’hui ? Il n’y a plus aucune fierté à faire car ce qu’on fabrique n’est qu’un élément d’un tout et ne nourrit même plus, ne nous permet même plus d’avoir un abri chauffé.
Si encore l’évolution technologique avait permis à tous d’atteindre un niveau de confort acceptable, on n’en serait pas là. Mais le profit, l’accumulation, le pouvoir de l’argent, de la possession, les privilèges qu’on s’octroie par ce biais, le pouvoir sur les autres qu’on prend en s’entourant de sa caste, …, sont venus polluer Homo Sapiens. Aujourd’hui, c’est un être dépendant, fragile comme au début, qui ne peut plus être autonome, libre, qui souffre dans la survie dans ce monde « deshumanisé », qui est perdu face à lui-même. Homo Sapiens aujourd’hui a perdu de sa hauteur face à ses frères animaux. Il est le super prédateur, le pilleur de la terre, l’exterminateur d’innombrables espèces, le pollueur des ressources vitales, mais totalement dépendant.
Et livré à lui-même, de quoi est-il encore capable, que peut-il encore créer de ses mains ?
On vient de loin, mais on ne vient pas de nulle part.
Il ne s’agit pas de revenir à la préhistoire, mais de s’interroger sérieusement ce qu’on veut faire de notre vie, comment on veut la vivre. Et pas besoin d’attendre une « retraite » pour « enfin en profiter » : ça aussi ça fait partie du système, mais qui arrive à son terme, car la retraite « coûte » trop cher pour la caste dirigeante et elle ne « rapporte » rien !
Et puis où va l’espèce humaine ? Algorithme est écrit pour demain : la nouvelle richesse (avec le sable et l’eau). Des milliers, des millions de métiers réalisés par l’humain vont disparaître et on aura une armada de personnes oisives, population inutile économiquement et qu’il faudra occuper par des jeux, des drogues, laisser mourir, puisque les « puissants » seront cyber-immortels !
Alors ?
Penser global, agir local.
Lien social, entraide, production et consommation locale, de saison, boycott, grèves et actions collectives, démocratie directe-décisions pour le bien commun, ...la créativité est une valeur !

POUR NE PAS PARLER DU FUTUR
Que va devenir le mouvement des Gilets Jaunes ? Une association sociale locale, un mouvement-parti politique de gouvernement, une structure politique collective d’influence avec des élu.e.s dans les Com Com, un mouvement révolutionnaire d’insurrection, le ferment d’un autre monde, d’une autre civilisation en construction et dont pas mal de signes et prémisses sont déjà bien là dans des alternatives diverses, …. ?

Les questions sont là, l’avenir n’est pas écrit...


Les dessins sont de VEESSE        www.hebdi.com
le magazine satirique indépendant alsacien