dimanche 2 décembre 2018

C ‘EST L’ECOLOGIE QUI PESE SUR LE POUVOIR D’ACHAT  ? ... « qui sème la misère récolte la colère »...

C’est évidemment toute la politique économique qu’il faut reconsidérer et ce n’est pas faute d’avoir répété depuis des années que le capitalisme va droit dans le mur en nous entraînant dans sa chute. Paradoxalement, la conscience du péril climatique a progressé. Les « gilets jaunes » ont imposé, d’une certaine façon, une réflexion sur le rapport de l’écologie au social. Cela est devenu une question politique et une idée générale, capitale, qu’écologie et luttes sociales sont désormais inséparables dans la façon d’aborder les problématiques de la vie quotidienne. Et l’attente d’une prise en compte de ces deux exigences ne peut pas être biaisée. Les propositions du Président de la République et des exécutants de son gouvernement ne vont pas du tout dans le sens de cette conciliation. J’augmente les taxes, mais j’offre des primes, je baisse le prix du permis de conduire, …mais « en même temps »,  l’affectation des taxes permettra de combler « le coût de la transformation du CICE * en allégements de cotisations...contrebalancées par la poursuite de la montée en puissance de la fiscalité sur le tabac et de la fiscalité écologique...» **. La leçon délivrée par le Président mardi dernier pour répondre à la grogne forte exprimée par le mouvement des « gilets jaunes » est un enfumage total et une manœuvre pour le moins perverse. Le réchauffement climatique nous impose de réduire les émanations de carbone, les ressources naturelles s’amenuisent et leurs prix amputent largement le budget général, les impôts et taxes payent les services publics.
Oui, mais ...Nous pousser vers le tout électrique et poursuivre la politique nucléaire (EPR et allongement des vieilles centrales), utiliser les taxes « carbone, écologiques (!) » pour combler le trou budgétaire des cadeaux fiscaux aux entreprises (qui ne créent pas d’emplois mais reversent aux actionnaires), voir l’amenuisement des services publics et la réduction de leurs personnels, cela ne colle pas du tout avec la vision et le scénario présentés par le chef de l’État.
La création d’un « Haut Conseil pour le climat » (un de plus avec les commissions déjà existantes auprès du Ministère de la transition écologique) est une stratégie de pourrissement et d’épuisement des mobilisations réparties dans toute la France. Cette forme de « réponse » aux revendications exprimées dans le pays, et soutenues par plus de 75 % de la population, suggère très nettement que c’est l’écologie qui pèse sur le pouvoir d’achat. Le décalage est fort entre « classe laborieuse, classe moyenne « éduquée » » et élus, comme si la demande de justice fiscale  ne résonnait pas plus loin que les ronds-points occupés, comme si l’injustice sociale n’était jamais visible sous leurs fenêtres. La promesse d’un « vous verrez, ça ira mieux demain » (éternelle ritournelle des présidents successifs) et le « nouveau monde » dessiné par M. Macron n’éblouissent pas les français, qui y seraient réfractaires, se cabreraient (selon lui).



Et ce mythe répété, « le nouveau monde », en quoi serait-il nouveau ?
Un peu d’histoire : en 1776, l’économiste écossais Adam Smith développe  le principe que plus on fait de profits, plus on peut employer d’aides. L’augmentation des profits des entrepreneurs privés est la base d’une croissance de la richesse et de la prospérité collectives (capitalisme). On ne s’enrichit pas en partageant le gâteau mais en augmentant la taille du gâteau. Les riches font tourner les roues de la croissance à l’avantage de tous. MAIS SEULEMENT si les profits sont réinvestis dans la production.
Or, la nouvelle noblesse actuelle sont les présidents des Conseils d’Administration, des courtiers en bourse (banquiers), des industriels puissants. Le capitalisme, de théorie du fonctionnement de l’économie, devint une éthique, un ensemble de doctrines sur la façon dont les individus doivent se conduire, éduquer, penser, ...C’est une façon d’inculquer que la croissance économique est le bien ultime parce que tout le reste en dépend : la justice, la liberté et même ...le bonheur !
Le culte du marché impose que le capital doit être libre d’influencer la politique, MAIS il ne faut pas laisser la politique influencer le capital. Il faut donc mettre l’État à l’écart de l’économie, à réduire la fiscalité et la régulation au strict minimum, pour laisser les marchés libres de faire.
Les marchés ne protègent pas les employés, mais nivellent vers le bas (entendement sur les salaires, heures de travail, droits, …) ***

Croissance, privilégier les entreprises pour créer de l’emploi, financiariser toutes les activités, privatiser les services (optimiser/rentabiliser/équilibrer (!), capitaliser retraites et mutuelles, c’est quoi la nouveauté en marche ?
Rien qui ne ressemble pas déjà à ce qu’on a connu depuis qu’on est né. Alors, le ravalement de façade, le jeunisme comme valeur innovante de changement, ne sont que des avatars d’une politique économique qui a traversé plusieurs siècles et qui a phagocyté petit à petit tous les pans de notre vie quotidienne.





Et s’il y avait d’autres voies ?

Si l’État ( qu’on a le droit d’interpeller sur l’usage de nos impôts - article Constitution), n’entend pas la colère générale de ses « administrés » qui n’opposent pas écologie et social, mais répètent inlassablement : écologie, oui, mais justice fiscale (ISF, flat tax, CICE, paradis et évasion fiscaux), justice sociale (salaires, Smic, TVA, CSG, services publics,...), exemplarité (élus, entreprises,...), alors ce sont les personnes au quotidien qui devront agir sur le pouvoir d’achat, par d’autres choix locaux et du boycott, une organisation plus collective et démocratiquement directe.
Les exemples ne manquent pas, les réseaux existent, le pas de la porte peut être franchi. Et surtout, rester convaincus que, dans les rapports de force, ce sont le collectif, la communauté, qui l’emportent.

Quelques pistes (mais il y en a déjà des multitudes d’autres). Regardez, écoutez, essayez ...
- se nourrir : localement , autour de vous, vous avez des producteurs. Ici dans la haute vallée, on a des éleveurs, des transformateurs, ce qui fait qu’on trouve dans les fermes des jeunes paysans alentour, viandes, fromages, laitages, et puis, plus bas, des jeunes maraîchers s’installent et vendent sur le marché et sur leur exploitation, légumes frais de saison. Changer du supermarché au marché ou directement chez le producteur est un acte de résistance, de changement, de consommer et faire vivre localement. Et pour les autres produits, des achats groupés peuvent réduire déplacements et prix. Les « épiceries solidaires » aussi commence à se multiplier...

- se loger : difficile de payer un loyer, un remboursement de prêt et y ajouter les taxes locales (habitation/foncière) sans compter électricité, eau, chauffage électrique/mazout, téléphone/internet qui augmentent chaque année, mais pas les salaires qui ne compensent même plus l’inflation. Difficile de trouver des solutions alternatives à part construire des maisons passives à base de paille, bois, sur des chantiers partagés.

- se soigner : courir chez le médecin au moindre bobo est la démarche angoissée de beaucoup d’entre nous. C’est un peu puisqu’on a perdu toute notion de notre corps et qu’on n’a plus confiance dans nos anti-corps, dans les produits naturels (plantes, préparations, huiles, …). Et pourtant, les molécules chimiques, l’abus d’antibiotiques fatiguent nos corps et rajoutent de la chimie pas entièrement maîtrisée. Les scandales sanitaires ne manquent pas...

- se déplacer : covoiturage, trains TER, bus...Quand cela est « possible » : en fonction des services publics, des horaires de travail et d’un certain engagement personnel à privilégier ce type de déplacement.

- se cultiver : les médiathèques, les séances de « ciné-village », les conférences-débats, les lieux de rencontres qui sont des lieux de discussion (bistrots, clubs, ateliers, associations, …), …

La liste est longue des initiatives locales qui existent partout et chacun.e peut y participer, y contribuer à sa façon. Mais il faut y croire, sortir de chez soi, oser aller vers les autres et ne pas les considérer comme des ennemis ou des cons...Et puis se rendre compte que chacun.e a des savoirs et savoirs-faire et que ce partage des compétences est bien plus riche qu’on ne le croit.  Aussi, il faut  relativiser une idée fausse de la loi naturelle qui affirmerait que c’est chacun pour soi et que le plus fort l’emporte. Cela est contredit par plein d’exemples dans le règne animal et même végétal que sans l’aide commune ou les corrélations certaines survies n’existerait pas : la solidarité, l’entraide sont des valeurs réelles, pas des vues de l’esprit. D’ailleurs l’homme si prétentieux est un animal bien fragile qui sans l’entraide de la famille de la communauté ne pourrait pas survivre. Pendant des années, il est dépendant pour se déplacer, manger, être à l’abri avant de pouvoir « quitter le nid ».
Des années...Donc, il faut arrêter un certain nombre d’idées toute faites, des représentations culturelles, religieuses, fausses et refaire confiance en notre capacité collective d’entraide et d’imagination, de créativité…





« Gilets jaunes » et (r)évolution

Cela fait 3 semaines que la colère monte, s’amplifie, se diversifie, se généralise à travers tout le pays, et doucement même au-delà. Le Président - qui a tout fait pour annihiler, occulter les « corps intermédiaires » (syndicats, partis), qui a mis en place une Assemblée Nationale de député.e.s godillots (qui sont à sa botte), qui votent comme « un seul homme » - , se retrouve seul, sans interlocuteurs, directement face au « peuple de France » qui, contrairement à ce qu’il veut faire croire, n’est pas un ramassis d’ignorants, de manipulés, de « extrêmes-droite », de « extrêmes-gauche », de « criminels », de « terroristes », de « zadistes » (termes utilisés à la TV pour nommer les « casseurs »!), mais bien des employés, ouvriers, artisans, chômeurs, fonctionnaires, retraités, etc..., cette multiplicité de profils qui font la richesse d’un pays. Quand plus de 75 % de la population se déclarent en soutien (même passif) de ce mouvement de ras-le-bol et que le Président pendant 3 semaines n’apporte aucune réponse (si ce n’est une leçon d’écologie!!!) tout en se plaignant que cette colère se transforme en une escalade de violence matérielle et qu’il faut la réprimer (qu’on entend même des policiers demander l’intervention de l’armée), alors on sait qu’une étape a été franchie et que le pouvoir en place est impuissant dans la proposition, dans la méthode et ne connaît qu’une chose : la répression, l’immobilisme politique. Et c’est là que commence à apparaître le vrai visage : dès que le « marché » est fragilisé (occupation des lieux de grande distribution, des centres des impôts, des préfectures, des péages, ...etc…) et que les chiffres d’affaires diminuent, là les « vrais patrons » vont voir le Président exécutant afin qu’il rétablisse leur ordre pour que « les affaires » ne s’arrêtent pas, reprennent.
Cela au moins permet de bien comprendre en quoi chacun.e est considéré ou pas. Notre avis ne compte pas, c’est juste le dérangement qui les embête. On peut aller défiler tranquillement autant qu’on veut, tant que les « affaires » tournent et que tout le monde va bosser et ...consommer, alors tout va bien.

Mais voilà, une hausse de l’essence-diesel a fait déborder le vase du ras-le-bol, de la misère qui s’installe, des fins de mois qui arrivent vers le 15 déjà, de l’incertitude des retraités et donc de la vision assombrie d’un avenir pour les plus jeunes. Les raisons sont polymorphes, multiples ce qui permet de mesurer la désespérance de beaucoup et l’État réel de notre pays.



Ce président et son gouvernement d’exécutants sont coincés dans leur propre « jeu politique ». Arrivés au pouvoir par une stratégie bien conçue **** (il ne faut quand même pas oublier que le Président actuel était...ministre de l’économie du gouvernement précédent. Quoi ? Vous aviez déjà oublié ? Et aussi banquier d’affaire, énarque), le PDG France a joué sur le « ras-le-bol » POLITIQUE (et un taux d’abstention phénoménal) pour faire croire à un changement par le rajeunissement. Grâce à ce système électoral du passé, de la Vème République (il y a 60 ans) qui fait qu’avec 25 % des électeurs inscrits, on peut devenir Président pour 5 ans avec tous les pouvoirs,  M. Macron pensait libéraliser, privatiser, plein de secteurs de notre pays afin que le marché puisse être libre encore plus sans être enrayé par un contrôle politique. Une continuité, rien de nouveau !

Mais le ras-le-bol politique s’est, en moins de 18 mois de règne macronien, transformé en ras-le-bol fiscal, social et avec une exigence d’exemplarité. Le Président des riches se retrouve avec une grève  du peuple, prêt chaque jour à accentuer sa pression politique, économique en attendant des réponses fiscales, sociales et exemplaires (des « efforts » partagés par TOUS ! ).
Et comme ce prétentieux se croit tout puissant et d’une intelligence « supérieure/complexe ! », alors ce roi traite son peuple comme des gueux du haut de sa légalité électorale et croit le calmer en jetant quelques pièces, de la dîme récoltée…

Mais après Louis XIV, il y eut Louis XVI et une fin de règne sanglante, ce que personne ne souhaite. Mais « qui sème la misère, récolte la colère ». Le vrai responsable des violences, c’est lui avec son silence et son mépris dédaigneux, hautain.
Nul ne sait aujourd’hui, ce que sera demain.
Mais le mouvement des « gilets jaunes » connaît les dérives et les stratégies d’un pouvoir politique. Demander des « responsables », les amener à « négocier », puis les « neutraliser » en mettant en avant exigences irréalistes, manque de cohérence, jouant sur leurs faiblesses personnelles ou leur faire miroiter une carrière, un avenir, flatter les égos ….bref la panoplie est connue ! Aussi, il n’y a pas de « négociateurs », mais juste des voix, des témoignages, des oreilles, des représentants locaux. Il n’y a rien à négocier, c’est au pouvoir, au Président de lâcher, de décider, de proposer.
Il n’y a pas de récupération politique car le mouvement se veut politiquement non-marqué. Les partis ne peuvent qu’accompagner le mouvement, l’ignorer, attendre pour rebondir.
La manœuvre de ces prochains jours pour le Président va être de demander les positions des partis politiques et de semer la zizanie à ce niveau. Mais les « gilets jaunes » ne sont pas dupes puisque les partis ne les représentent pas et la patience (par rapport au « silence élyséen ») a des limites...
Rien n’arrêtera le mouvement de suite. Les ronds-points, les lieux de contestation sont devenus des agoras de discussion, d’échanges, comme en leur temps les « nuits debout », mais avec une sociologie large ce qui a fait émerger une évolution des revendications. Ces lieux de liens sociaux qui se découvrent ont déclenché plus qu’on ne croit et qui rentrent presque dans l’intime. C’est donc bien plus profond et ancré qu’on veut le dire…

Et puis l’escalade de la violence. Difficile pour les médias (même de propagande) de distinguer qui fait quoi. Et pour cause. On sait bien depuis le temps que au sein des casseurs, on peut aussi trouver des provocateurs qui vont inciter à intensifier la violence dans un phénomène de déresponsabilisation dans un groupe. Mais ils peuvent être des délinquants voleurs, des activistes politiques et/ou des ras-le-bol/plus rien à perdre ou encore des policiers en civil… Il y a donc au moins 3 types de violence : sociale, politique, délinquante.




M.Macron a beau dire « comprendre la colère, refuser la violence ». Mais la violence, elle démarre où ? par qui ? On l’a vue à l’oeuvre à Notre-Dame-Des-Landes , à Kolsheim-GCO, à Sivens, à Bure, à …., les exemples ne manquent pas. Et quand on dédaigne les gens en laissant pourrir la situation sans apporter de réponses adaptées, la responsabilité est énorme et pas la peine d’essayer de la déplacer.

Les gens ne sont pas idiots, même si tout est fait pour les aculturer, les niveler…

L’avenir n’est pas écrit….



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* CICE : Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés. Le CICE représente un coût pour les finances publiques. Ce coût est estimé à plus de 21 milliards d’euros en 2018. L’émission TV Cash Investigation, d’autres enquêtes journalistiques comme le journal Fakir  ont consacré des dossiers sur le CICE dans lesquels ils dénoncent le fait que plusieurs enseignes de la grande distribution et de nombreuses entreprises auraient transformées l'aide de l'État en dividendes pour les actionnaires, ou en rétributions pour les patrons. En janvier 2019 (entrée en vigueur de nouvelles taxes sur les carburants), le CICE se « transforme » en allègements de cotisations !!!

** Rapport économique, social et financier, adressé à la Commission européenne par rapport au 

     projet de Loi de Finances 2019

*** Lire « SAPIENS » une courte histoire de l’humanité de Yuval Harari , 

      ainsi que « DEUS » (la suite- intelligence artificielle, le monde demain)

**** Réveillez votre mémoire récente. Qui, il y a 2 ans à peine, aurait pu parier que cet ex-ministre de Hollande allait être président alors que Fillon partait vainqueur haut-la-main !!!! Alors croire que les choses sont acquises, c’est un leurre...Souvenez-vous Chirac qui dissout l’Assemblée pour avoir encore plus de pouvoir et se retrouve en cohabitation avec une majorité de gauche après les élections législatives qui ont suivi et Jospin/PS, premier ministre.

dimanche 18 novembre 2018

GILETS JAUNES : le jour d'après...


Gouvernement, analystes politiques, journalistes d'information, syndicats, partis politiques, ils sont tous bien embêtés pour trouver le bon angle pour communiquer au lendemain de la mobilisation "gilets jaunes".

Comme d’habitude pour ne pas (trop) parler du fond, on reste à la surface en commençant par énumérer des chiffres : 283 000 participants sur plus de 2000 lieux, une mort dûe à une automobiliste qui a forcé un barrage et quelques blessés. Si la communication officielle est de minimiser la mobilisation, c’est râté. On a beau entendre que hier, il y avait moins de monde dans les rues que lors de la loi Khomri (travail) ou des lois sur la retraite, mais on oublie de dire qu’avec le soutien massif de la population (70%), il y a une sacré réserve de mobilisation possible. Et puis, la diffusion des infos, l’organisation sectorielle au travers des « réseaux sociaux » échappe complètement à un contrôle étatique. Cette « organisation » souple et diffuse, disséminée à travers tout le pays, même les coins reculés, ne laisse aucune prise aux forces de l’ordre (de répression) qui ne peuvent rien anticiper. Et comme M. Macron a réduit les syndicats à faire de la figuration, a tué les partis politiques, il n’a en face de lui plus aucun interlocuteur, aucun délégué pour discuter, mais il se retrouve en face du « peuple » avec une côte de popularité au plus bas, à 25 %, c’est à dire le score réel de son élection. Le chef du gouvernement avait beau claironner la veille que les manifestants risquaient jusqu’à 4 ans de prison, des milliers d’euros d’amende, cela n’a eu aucun effet puisqu’il n’y a pas d’organisateur-trice avéré-e et donc il est difficile d’appliquer des sanctions aux milliers de personnes. La menace du gouvernement et la suite ont montré que celui-ci commençait à craindre un soulèvement généralisé sur tout le pays. Les membres du gouvernement, les journalistes de propagande peuvent bien clamer que ce n’est qu’une « jacquerie », personne n’est dupe, on sait bien que c’est une colère généralisée, un ras-le-bol profond, puissant et qui laissera des traces pour la suite. Le ministre De Rugy a beau claironner que la ligne du gouvernement ne changera rien car c’est de transition écologique dont il est question (!!!) alors qu’il sait pertinemment que les taxes prélevées ne vont qu’en infime partie vers des actions écologiques, que les camions, avions, bateaux (les plus polluants) sont exonérés de taxes, que les publicités à la TV regorgent d’incitation à acheter des voitures neuves (essence-diesel pour la plupart) à des prix inabordables pour les gens qui peuvent à peine terminer le mois ou pas et à qui on fait miroiter une prime doublée à la casse dont très, très peu pourront au final bénéficier.



Les gens ont bien compris que ces taxes qui se veulent « écologiques » ne sont que du « green business », des excuses pour augmenter...les revenus de l’État. Et comme « en même temps » est supprimée l’ISF (impôt sur la fortune), que le CICE est largement distribué aux big entreprises sans conditions, que les plus gros pollueurs ne participent en rien à l’effort général demandé, qu’en un an il y a 250 000 millionnaires de plus en France, alors l’injustice sociale est évidente. Il y a eu une prise de conscience de l’ensemble de la population (75 %) et aussi un sursaut de mobilisation qui donne un sentiment de puissance. Si tous les gens qui soutiennent ce mouvement de ras-le-bol bougent, ce ne seront pas 280 000 personnes qui seront dans la rue, mais bien plus et ...incontrôlables ! La cellule élyséenne numérique peut faire ce qu’elle veut, elle n’a aucune prise sur les « réseaux sociaux », nouvelle arme pacifique d’information et d’appel à mobilisation avec géolocalisation. Et comme ces rassemblements sont des groupes de quelques dizaines, centaines de personnes, il peut y en avoir partout. On a surtout vu hier des images des villes et périphéries, mais il manquait celles des campagnes, du milieu rural, où les gens sont le plus touchés. Une façon encore très centralisée de montrer les choses.
Car ce n’est pas que la taxe pétrole qui est contestée, mais l’ensemble des augmentations qui a diminué de façon drastique les revenus des ménages. Ce n’est pas pour rien que sont aussi bloqués les accès aux supermarchés, ces entreprises qui imposent les prix aux producteurs et les normes de qualité… Ce sont des actes massifs, collectifs de boycott qui sont une arme réelle entre les mains de tous, le jour où beaucoup de personnes en seront conscients et agiront, alors l’économie libérale va vaciller.
Car ne rêvons pas, que va faire M. Macron et son gouvernement ? Annoncer que l’essence et le diesel seront ramenés au même prix, que les taxes d’augmentation prévue l’an prochain seront gelées ...pour un an, etc....des effets d’annonce sans changements réels. Et compter sur la « trêve des confiseurs » (période de fêtes de fin d’année). Il n’est absolument pas envisagé ou même envisageable que ce gouvernement annonce que le SMIC sera augmenté de plusieurs points à partir de janvier 2019, que les retraites suivront l’inflation (et pas en dessous), qu’un coup de pouce sera donné aux plus basses, que les stages pour les jeunes devront être rémunérés, que ...bref, vous avez compris, pas la peine de développer plus car tout cela n’arrivera pas.
Alors qu’envisager ? Que continuent des actions ponctuelles qui seront vite réprimées, que la lassitude et le découragement vont l’emporter et qu’on deviendra soumis et résignés (comme les italiens par exemple). Ou alors qu’il y aura un vaste mouvement de boycott qui va poser de sérieux problèmes économiques à un marché qui vit au gain immédiat, à la plus-value obligatoire, au stocks de marchandises dans les camions ...à l’arrêt, au blocage de routes sur les chemins du travail (productif), ….Des actions ponctuelles, diverses, disséminées peuvent avoir des impacts importants.

A suivre ….L’avenir n’est pas écrit.




S’il y a une chose qui a changé ce 17 novembre, c’est bien la notion de rapport de force entre un Président et gouvernement-députés qui se croient tout permis en ayant tous les pouvoirs exécutifs et un peuple qui a pris conscience que en essaimant partout et sans leaders, cela fait trembler ces technocrates-financiers qui nous dirigent, mais qui n’ont plus aucun lien avec la vraie vie au quotidien et qui ne subissent d’aucune façon les conséquences de leurs décisions et votes.

mercredi 14 novembre 2018

DAVID et GOLIATH : le GCO


Dans les confrontations sur des projets contestés, on nous montre surtout des images de violence afin de bien faire rentrer dans la tête que les opposant.e.s sont des terroristes qui mettent l’État en danger, sont dans l’illégalité et n’hésitent pas à dégrader des biens publics ou privés.
C’est presque du quotidien que ce soit des chaises volées (prélevées) dans une agence bancaire, une aide aux réfugiés des guerres en cours ou que sais-je encore : les exemples ne manquent pas !

En Alsace, nous sommes considérés comme légalistes et conservateurs. Ce qui n’empêche en rien la prise de conscience et les convictions profondes. 
Le combat actuel contre le projet inutile (qui se met en œuvre inexorablement) du Grand Contournement Ouest de Strasbourg (GCO) en est une illustration forte qui met en cause profondément nos institutions démocratiques.

Pour résumer le contexte : la densité des automobiles et camions qui se rendent vers Strasbourg ou la traversent crée des embouteillages importants quotidiens. Dans les années 80 du siècle dernier émerge l’idée d’une autoroute de contournement à travers une région agricole aux sols très fertiles, traversant des forêts et à proximité de plusieurs villages sur le parcours, jusque là bien tranquilles. L’Alsace était précurseur pour l’expérimentation de l’écotaxe puisqu’elle subissait intensément la traversée de la région (axe Nord-Sud) par des milliers de camions qui évitaient ainsi la taxe allemande (Maut). Enterrée, les portiques restent. Lorsque le dossier GCO fut réactivé il y a quelques années, les habitants des communes limitrophes, les agriculteurs, beaucoup d’élu.e.s, les environnementalistes et écologistes exprimèrent leur opposition ferme. Des solutions alternatives sont proposées avec le développement des transports collectifs (TER, bus, covoiturage, maillage et tarification, …) notamment. Au fur et à mesure que la pression se fait plus forte pour la réalisation, VINCI maître d’oeuvre de cette autoroute à péage arrive à faire changer d’avis des élus et décideurs, alors que l’opposition des villages se fait aussi entendre progressivement de plus en plus, en s’organisant.
Légalisme : des recours sont déposés, des études indépendantes d’impact sont commandées, les « pièces » sont déposées auprès de la justice. Après l'abandon de NDDL ( projet de nouvel aéroport de Nantes), Vinci se déplace vers l'Est, accélère la mise en œuvre et commence les travaux sans attendre que toutes les procédures juridiques aient été plaidées. Procédant par mitage, il y a des gros travaux de terrassement à plusieurs endroits et surtout, encadrés par des escadrilles de CRS et hélicoptères, les tronçonneuses mettent à terre en quelques heures des forêts, devant le foule d’opposants, impuissante, dégagée et gazée par les forces de « l’ordre ».
Conservatisme ? Les alsacien.ne.s sont de culture non-violente dans leurs combats (Marckolsheim, Fessenheim, …), mais déterminé.e.s. Face au bulldozer Goliath, quelles armes non-violentes restent-ils aux opposant.e.s David qui réclament l’arrêt des travaux tant que la justice ne se sera pas prononcée sur tous les recours déposés ?
Des femmes et des hommes sont prêt.e.s à mettre leur vie en danger. Ils entament une grève de la faim. Ils écrivent au Président, demande à être entendus. Avec comme seule réponse, une fin de non-recevoir, un silence assourdissant.
Cela fait 23 jours. Et c’est comme si on tournait tous le dos pour ne pas voir, pour ne pas se poser les bonnes questions… Ce sont des personnes comme vous et moi et ils mettent leur vie en jeu pour que la justice se prononce, que la vie des gens soit pris en compte, que l’on préserve les terres agricoles, notre environnement et richesses naturelles, …

Alors, dans cette confrontation-là, la violence, elle est de quel côté indéniablement ? De quelle légalité procède Vinci ? Avec quelles « complicités » ? Et que dit le Président, l’État face à ce déni de démocratie ? Que reste-il encore d’ humanité parmi les « décideurs » face à la population de tout un territoire touché ?

Face à ces femmes et ces hommes
qui mettent leur vie en danger pacifiquement ?




                                               22 jours

mardi 13 novembre 2018

  AUTO    TRAVAIL    DEPLACEMENTS 

Quand on habite en ville, on peut prendre le tram, le bus, marcher, utiliser le vélo, ...pour pas mal d'activités qui demandent un déplacement. 
Quand on habite en campagne, on est dans l'obligation d'avoir un véhicule pour aller travailler, chercher de quoi se nourrir, ...
Quand on est en ville, on subit la pollution atmosphérique et le bruit. Mais il y a de plus en plus de zones piétonnes, de vélos et des gens qui marchent. 
Quand on est à la campagne, on subit le passage des camions sur les routes des cols, les motos le week-end...
Alors, on a choisi des véhicules moins polluants, moins énergivore et voilà le diesel à peu de consommation et aux pots d'échappement avec filtres à particules fines (changez le et vous aurez une notion du prix supplémentaire).
Et voilà que tout d'un coup, le diesel devient très polluant, il faut l'éliminer du marché à tout prix et "en même temps" le président, champion du monde de la terre protégée, met sur les routes des centaines de bus à bas prix* (au détriment du train-dont c'est une filiale !!!) et autorise la construction de nouvelles autoroutes. 





POURQUOI ELIMINER LE DIESEL ? 
Et bien c'est tout simple : un moteur diesel consomme moins d'essence et donc ramène moins de taxes à l'Etat. Sur un an, par voiture, la différence peut être de 500-600 € et avec 38 millions d'autos, ça fait une somme, une sacré perte pour Total et ses actionnaires. Au prix de l'essence, les voitures diesel pourraient rapporter 11 milliards € supplémentaires par an. Ce n'est pas négligeable...
Le diesel pollue plus ? Avec les pots à filtres de particules, faut voir...
Mais surtout ceux qui polluent le plus sont exonérés (en totalité ou en partie) : les bus/cars, les camions, les avions, les bateaux, ...Logique ? 
Les constructeurs sont contents car ils peuvent renouveler leur gamme et vendre des autos électriques (dont la construction émane une pollution importante); AREVA est content car elleun boycott généralisé sur tous les produits taxés, importés,

peut continuer à justifier ses centrales nucléaires "décarbonées"... 
Derrière un discours qui se veut environnementaliste se cache une grosse arnaque qui essaye en plus de culpabiliser celles et ceux qui subissent financièrement les conséquences de cette politique financière qui ne dit pas son nom...Et le Contrôle Technique renforcé (pour raisons de sécurité et de renouvellement du parc automobile ?) est dans cette logique : mettre au rébus des véhicules en bon état de marche et dont les organes de sécurité vitaux sont encore bons. 

Vive le marché automobile, nos constructeurs, les bétonneurs de route, les avionistes, les entreprises "logistiques"/camionneurs, les transporteurs voyagistes en bus à bas coût, les centrales nucléaires, etc...Vous avez tout compris...Oubliés les transports en commun généralisés (et pourquoi,pas gratuits), les trains ruraux, ....etc...
Ce n'est pas la peine de nous faire la morale, de nous culpabiliser, sur la transition énergétique qui a un prix, etc...On a bien compris la manoeuvre et l'enfumage soit-disant écologique. Les revenus des taxes pétrolières ne vont pas là où ça devrait aller, tout comme le loto patrimoine n'a reversé qu'une infime partie destinée à la préservation du patrimoine....
Et notre défenseur de la planète, président de la start-up France, aimerait bien rajouter cette initiative des taxes pour aller vers un monde moins pollué, électrique, pardon, nucléaire, mais "en même temps" il laisse construire de force (avec les robocops de l'Etat pour imposer les chantiers d'abattage de forêts et la bétonisation de terres agricoles) des nouvelles autoroutes et avait instauré les bus à bas côut en fermant des lignes/gares ferroviaires. Logique ? Non, totalement incohérent, mais business is business.
Aujourd'hui, on nous annonce l'interdiction des diesels anciens et des voitures à essence anciens de circuler (en ville). Mais pourtant ils utilisent les mêmes carburants à la pompe que les véhicules récents...Va comprendre ! On parle aussi d'envoyer des chèques de 20 €/mois de compensation aux ménages qui doivent rouler le plus, ainsi que des primes pour changer de véhicule pour les commerciaux et autres artisans. Mais ces chèques, ces primes , ce sont aussi nos impôts qui sont censés bénéficier au bien commun, aux services publics, pas pour atténuer un peu la politique libérale de ce gouvernement.




Des transports en commun (gratuits ?), le déploiement des TER dans les gares abandonnées et sur les voies encore existantes mais inutilisées, avec une politique tarifaire abordable au quotidien, offrir des vrais incitations à changer nos habitudes bien ancrées en nous qui fait qu'on considère sa voiture comme son espace de liberté et un droit à tout faire (puisque le prix, les dépenses n'amputent guère les budgets de ces foyers-là), il y a des vrais initiatives possibles pour changer les choses. Si aujourd'hui et demain, la prise de conscience d'être pris pour des vaches à lait (je m'excuse auprès des paysans qui pourraient mal prendre que j'utilise cette expression) pouvait durer et devenir plus globale, un boycott plus général et dans la durée sur tous les produits taxés, importés, aurait à ce moment-là des conséquences qui ne pourraient qu'être prises en compte. Mais pour cela, il faut une vraie implication personnelle et croire que le rapport de force peut changer. Le consom'acteur a du pouvoir et donc, chacun.e peut contribuer à faire évoluer les choses.
L'avenir n'est pas écrit....

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*les OUIbus- les Macron bus- ont été un déficit commercial, mais un agent de pollution supplémentaire puisque on a reporté le trafic ferroviaire sur les routes. Hier, la SNCF (dont OUIbus était une filiale) a vendu les autobus à Bla Bla Car /covoiturage payant !!! avec plus d'une centaine de chauffeurs mis au chomage : merci qui ?
 

vendredi 26 octobre 2018

L’HIVER SERA RUDE !



« Pour trouver du travail, il suffit de traverser la rue » claironne le président Macron par rapport aux jeunes qui se plaignent de ne pas accéder à l’emploi et pouvoir construire leur vie de façon autonome. Les chiffres du chômage de cet automne 2018 ne sont guère encourageants puisque en augmentation. Pas étonnant quand on sait que le marché est fluctuant, que les contrats sont des contrats précaires, des emplois à quelques heures par semaine, les emplois aidés quasi supprimés, et les factures de tout un chacun qui augmentent chaque semaine un peu plus : CFG, mutuelle, taxes locales diverses, essence à la pompe, fuel pour le chauffage et dans un avenir proche, une augmentation encore des taxes sur les maisons mal isolées, sur celles qui utilisent du fuel pour chauffage, sur les voitures diesel, etc...Tout cela pour favoriser la filière électrique -l’électricité décarbonée « écologique renouvelable », ça s’appelle le nucléaire dans leurs têtes.
Mais non, je ne délire pas, vous avez entendu déjà ces propositions qui ne sont que des annonces pour prendre la température avant de les imposer.
Quand on pose la question au président et gouvernement pourquoi le chômage ne diminue pas, alors que les soit-disants voyants de l’économie sont au vert, que les entreprises bénéficient de pas mal d’avantages, de déductions et d’aides qui devraient inciter à embaucher, pas vrai , alors ils sont mal à l’aise. Les contrats proposés ne sont pas des CDI, mais de l’esclavage « moderne » d’adaptation des emplois en fonction des commandes. 
Et, « en même temps », en UN an, il y a 250 000 millionnaires de plus en France ce qui veut bien dire que toutes ces aides et déductions d’État ont bien enrichi quelques-uns… Mais je ne suis pas sûr que la population laborieuse apprécie particulièrement d’entendre les déclarations gouvernementales depuis leur quotidien.






La facture énergétique du chauffage et des déplacements va peser très lourd cet hiver. Ce n’est pas le baril de pétrole qui a augmenté, mais bien les taxes d’État, un impôt indirect très élevé pour les foyers.
De toute façon, ON ne compte pas pour cette caste qui a perdu le sens des réalités quotidiennes de tout un chacun. Un exemple : vous avez une voiture d’occasion ou un véhicule vieillissant. Pour vous inciter-obliger à changer de véhicule, c’est pas compliqué, on durcit encore plus le contrôle technique obligatoire et ainsi pas mal de voitures sont rejetées, bien qu’elles soient encore en bon état de marche. Et alors ? Vous achetez quoi ? Du matin au soir, vous êtes soumis à la propagande qui vous claironne que le diesel est polluant et sera taxé au maximum, que l’avenir c’est l‘électrique, non polluant et aux capacités d’autonomie qui augmentent de plus en plus avec un coût de « plein » (pleine charge) peu onéreux et rapide. Non, on ne va pas parler des métaux précieux rares, des batteries pas encore fiables, de la pollution induite par la construction de ces nouveaux véhicules, ...Et qui dit électricité dit nucléaire car la France est la championne du monde ...du nucléaire, malgré les discours que nous assène EDF-ENEDIS pour nous vanter ses investissements dans les énergies renouvelables. A quelle hauteur pour pouvoir comparer ??? Et au détriment de toute sécurité et promesses. Ainsi, la plus vieille centrale nucléaire de France -Fessenheim- qui est en réparation permanente, dangereusement rafistolée depuis des années, devait fermer avant la fin du quinquennat de Hollande, puis de Macron, de ...Bref, des promesses à répétition, histoire de calmer les opposants, mais aussi les Allemands et les Suisses qui y ont des actions et exigent sa fermeture.
Le Conseil d’État vient d’annuler hier le décret sur la fermeture de Fessenheim. Voilà tout est dit.





De toute façon, l’Alsace est cette région conformiste, légaliste à qui on peut tout faire. AREVA impose sa loi, FNSEA impose sa loi, VINCI impose sa loi. Encore un exemple : l’opposition des habitants est forte contre la construction d’une nouvelle autoroute à péage à travers des terres agricoles fertiles, des vieilles forêts, des châteaux et jardins classés, pour soit-disant délester Strasbourg. Peu importe. Malgré les enquêtes indépendantes défavorables, les pelleteuses et autres bulldozers ont déjà éventré les collines, les tronçonneuses ont démoli les forêts ; vu d’en haut, les tronçons bruns font des pointillés sur le vert des champs. Passage en force, soutenu par le Préfet, compensation de l’État par rapport au projet d’aéroport annulé à Notre-Dame-des-Landes.
A l’Alsace, on peut tout faire sans qu’il y ait trop de réactions collectives.
AREVA pour la centrale nucléaire, Vinci pour l’autoroute à péage, la FNSEA pour la pollution de la nappe phréatique par la monoculture du maïs…




Et pour calmer les élu-e-s alsacien-ne-s, il faut juste leur donner un peu d’illusion qui leur permettra d’enfumer les concitoyens en flattant leur...régionalisme, mais pas entièrement, juste quelques miettes suffisent !
Exemple : la ministre des territoires annonce que l’Alsace deviendra une ENTITE administrative qui rassemblera les deux conseils départementaux au sein d’un département-collectivité unique avec des compétences transfrontalières particulières ( bilinguisme-échanges universitaires) dans un « espace rhénan ». Tout cela AU SEIN DU GRAND EST. Autant dire du pipeau. On est loin de la Collectivité Territoriale Corse. L’Alsace ne redevient pas une région, point à la ligne. Pour le reste, voilà quelques miettes...un os à ronger, histoire de calmer un peu les revendications de cette région à l’histoire bien mouvementée, mais si docile et aux ordres ! Un leurre, quoi !
Et dans ce mépris permanent de l’État envers notre région, on commence déjà à vanter tout le charme de la tradition des marchés de Noël si extraordinaires en Alsace, n’est-ce pas ?
Une grande foire commerciale d’un mois et demi qui attire les touristes chinois (et du monde entier) et qui fait fuir les autochtones.
L’Alsace est une belle région -comme d’autres- un peu méconnue peut-être, mais avec une histoire forte, une identité bien ancrée, des spécificités, mais aussi une région docile, au pas et à laquelle on peut tout administrer. La diluer avec la Champagne par exemple avec qui rien n’est commun, un assemblage contre nature, purement dicté par un centralisme administratif : cela a à peine fait tilter. Pas de résistance, que des malgré-nous ! (Oui, je sais cette dernière phrase est un peu indélicate, mais parlante.)






L’automne est triste, l’hiver sera rude, nous sommes plumés et nous devons survivre.

Je reste cependant persuadé que des signes encourageants sont présents : le pouvoir d’achat (en chute libre avec les différentes taxes) va se réorienter vers une consommation choisie. Je veux dire par là que la résistance passe par nos actes à savoir qu’on peut se nourrir localement, avec des produits de saison, directement à la ferme, chez les producteurs ; qu’on peut s’impliquer dans des actions collectives locales, des échanges de biens et de services ; que le temps et la transmission des savoirs-faire sont des valeurs ; que se battre ensemble apporte plus de richesse que de râler tout seul dans son coin ; que l’exemplarité de certains encourage la mobilisation de plus d’énergies encore…

Je suis aussi convaincu que l’amour universel est bien plus fort que la haine et le rejet de l’autre, que nos diversités sont une richesse inestimable, que la paix nous grandit quand la guerre détruit.

Comment serons-nous au printemps ?
L’avenir n’est pas écrit….

dimanche 2 septembre 2018

ECOLOGIE PUNITIVE ou CONSTRUCTIVE ? RESPONSABLE TOUT SIMPLEMENT …

Combien de fois avons-nous entendu cet adjectif dans la bouche des politiciens aux affaires depuis Chirac : punitive ! Donc, si on suit le raisonnement lié au mot, quand on fait des constats et qu’on demande urgemment à nos élu-e-s d’agir en conséquence, on est dans l’écologie punitive. Quand on  laisse les décideurs des COP 21-22-23-24 ...réguler les droits de pollution ou déclarer des intentions SANS contraintes, là on est dans l’écologie ...constructive. Bref, dans les deux cas, rien ne bouge puisque dans l’un, c’est la surdité et le refus de la « punition » et dans l’autre, pas d’obligations, juste des « promesses » !




Mais pour celles et ceux aux convictions profondes, permanentes, cohérentes et qui voit le thermomètre grimper, les glaciers et banquises fondre, la santé se dégrader par une alimentation de plus en plus chimique, les sources naturelles d’énergie s’amenuiser et le nucléaire démultiplier les déchets mortifères et durables pour ne prendre que ces premiers exemples, ceux-là ne demandent simplement qu’une écologie RESPONSABLE.
Les responsables de ce qui est en train de se passer et de s’accentuer chaque mois un peu plus, on les connaît, on les devine, on sait où les trouver. Leurs complices qui tournent le dos ou font semblant d’ignorer, on sait aussi mettre des noms et des visages et on sait débusquer la toile d’araignée de leurs entreprises multiples. D’ailleurs, ils ne se cachent guère puisqu’on les voit très souvent dans les médias, les conférences, là où il faut parler pour essayer de convaincre ou de ...noyer le poisson ! Ils minimisent, se déculpabilisent, mettent en avant leurs moindres actions « écran de fumée », font des dons aux ONG pour montrer leur « sensibilité », bref nous embrouillent le cerveau pour qu’on ne sache plus quoi penser. Car il faut du temps pour démêler, du temps pour chercher, se renseigner, recouper les informations, arriver à remonter les fils de cet imbroglio intentionnel. Mais si internet a plein de défauts, il est aussi un outil pas neutre du tout.

Donc, responsable ! C’est un mot qui dérange, tant on entend régulièrement et presque à tous les niveaux, une réponse redondante du genre : « Mais moi dans ma position, je ne peux rien faire. Ce n’est pas moi qui décide. » Mais alors, on les élit pour quoi ? Avouer son inutilité, c’est étaler sa lâcheté ou son opportunisme voire son carriérisme. On peut faire évoluer les consciences, évoluer les choses, les projets, les objectifs si on est une personne de conviction, persévérante, combative et qu’on montre son courage à affronter les strates du pouvoir pour dépasser les blocages.

Les exemples sont multiples où le citoyen/l’action citoyenne font des efforts dans le sens d’une préservation de l’environnement, de la planète, de la survie de l’espèce humaine et animale. Mais tout cela n’est qu’une part minime qui ne fait pas le poids par rapport à la pollution, aux dérèglements, à la raréfaction qui sont engendrés par l’industrie, les transports de biens/matériaux et la finance.

Cette caste qui a capté la richesse mondiale des matières premières, la fabrication et la distribution des biens, qui commande les marchés financiers ne permet aucune critique, aucun obstacle. Mais même s’il apparaît monstrueusement puissant, ce « système » reste extrêmement fragile face à une pénurie de ressources naturelles, face à une catastrophe naturelle ou industrielle, face à une main d’oeuvre corvéable à souhait qui pourrait déposer les outils, face à … Tout ce qui ne sert pas les intérêts de cette caste doit être neutralisé à la source. Elle s’appuie sur la force répressive policière (et de plus en plus judiciaire) qui la sert pour l’instant. Mais l’équilibre est toujours une opération délicate.
Il arrive aussi qu’un grain de sable peut enrailler le mécanisme, qu’une étincelle peut allumer des contre -feux, car c’est parfois quand les choses sont au plus mal, que l’horizon s’ouvre sur de nouvelles perspectives par des vents contraires.




Si on en revient au domaine du politique, on peut sérieusement s’interroger quelle est la place de l’écologie dans un gouvernement. On a vu depuis Chirac que le langage écolo-environnemental est rentré dans les éléments de communication de nos énarques et haut-fonctionnaires. Mais ce n’est que du langage. L’écologie n’est pas compatible avec la productivité aveugle et un marché libéral.
Certain.e.s auraient pu penser que la démission du ministre Nicolas Hulot apporterait un sursaut à l écologie. Ne vous leurrez pas, il n’est pas plus prédicateur qu’une autre. C’était déjà le cas avec Delphine Bathot pour celles et ceux qui ont la mémoire courte . Qu’est-ce qui a changé depuis ? Rien.

La plus-value du système financier capitaliste n’est pas une valeur d’ajustement de l’écologie. C’est comme les compensations « réserves naturelles » pour imposer du bétonnage de surfaces agricoles. Au bout d’un moment, on regardera les réserves naturelles des parcs protégés depuis les autoroutes mais sans droit d’accès ! Comme une vision dans un musée d’un temps passé.

Ce n’est pas la peine de créer des ministères de l’écologie, de la transition, de que sais-je encore si c’est pour bafouer au quotidien toute suggestion de rupture avec le productivisme et de porter un autre regard sur un avenir durable et ...solidaire. Houlà, j’ai dit un gros mot : solidaire !
Pour moi, ce n’est pas le ruissellement du haut en bas qui est derrière ce mot, mais un minimum de respect, de reconnaissance puisque la richesse est d’abord le résultat du travail des personnes et que si ces personnes posent leurs outils, arrêtent de se rendre dans les supermarchés, de conduire les camions, ...etc, alors il y aurait comme qui dirait un sérieux souci. Pour qui dans des proportions énormes avec un effet « dominos » ?

 
La prise de conscience et l’action collective ont encore du chemin à faire pour se traduire dans les faits de façon importante, mais l’avenir n’est pas écrit…

dimanche 12 août 2018

« J’avoue mon incapacité, mon inutilité au grand jour »


Non, ce n’est pas moi qui parle, mais cela est sous-jacent dans les dernières déclarations de notre ministre d’État à la transition écologique et solidaire, M. NULot, après la condamnation de Monsanto-Bayer par un tribunal de San Francisco. 

La plainte du jardinier de 46 ans, Dewayne Johnson, atteint d’un cancer en phase terminale alors qu’il a utilisé intensivement le roundup dans son travail pendant deux ans, a abouti à une condamnation de Monsanto à hauteur de 289 millions de dollars ce vendredi 10 août 2018, une première, mais avec 5000 plaintes en cours actuellement.


Tout le monde a déjà entendu le nom de Monsanto. 
Cette entreprise a été crée en 1901 par John Queen et pris le nom en hommage à son épouse, Olga Mendez Monsanto. D’abord fabricant de saccharine pour Coca Cola, d’aspirine, puis de plastiques (polystyrene) de PCB (dioxine) dont les déchets sont enfouis près de Cardiff (pays de Galles) et du « défoliant » agent orange utilisé largement pendant la guerre du Vietnam. Après ce fut le tour de l’aspartame et des hormones de croissance accélérée. En 1980, la firme se tourne vers les biotechnologies agricoles avec les semences OGM tout comme Syngenta, Dow Agroscience et Pioneer hi-bred , ces noms qu’on voit dans les essais en champs près du Rhin chez nous à côté du centre de recherche de Dupont de Nemours. Le glyphosate dérivé de l’agent orange vendu sous le nom de Roundup envahi le monde.
En septembre 2016, la firme pharmaceutique allemande Bayer rachète Monsanto, l’américaine. Le 4 juin 2018, le nom Monsanto disparaît officiellement pour des raisons d’image de marque car associé à tous ces polluants et semences génétiquement modifiées comme dans le soja, le maïs, la pomme de terre, le coton, l’aubergine…



Ce procès a permis à notre ministre de se refaire une image, de faire des déclarations combatives...des mots. Mais ce qu’il dit n’est que le replay de ce que les militant-e-s écologistes répètent depuis plus de trente ans sur les dioxines, les OGM, les hormones, les molécules qui empoisonnent les sols, les animaux, la nourriture, les humains. Après avoir autorisé la prolongation du glyphosate l’an dernier pour 5 ans voir 10, voilà le même ministre d’État qui tient aujourd’hui un discours qui reproduit celui des militants radicaux écologistes, tout en n’interdisant pas la vente en France puisque « c’est trop compliqué et pas avant au moins 3 ans !!! ». M. NULot parle tout à coup de capitalisme, d’actionnaires, d’empoisonnement, lui dont la Fondation et les émissions TV étaient sponsorisés par les plus grands pollueurs. Et puis, cela évite aussi de parler de tout le reste qu’il laisse filer comme l’élevage intensif, les OGM, la bétonisation des terres agricoles, le nucléaire, la privatisation des centrales hydrauliques, des barrages, les molécules tueuses d’abeilles, ...etc…




M. le ministre d’État montre au grand jour une fois de plus son inutilité et son incapacité à prendre ne serait-ce qu’une décision courageuse qui s’opposerait à tous ces lobbys marchands qui n’ont que faire de la santé, de la qualité alimentaire, du bien-être animal, du principe de précaution.

Des mots, des discours, des déclarations , mais des actes, des décisions, zéro ! Pour NULot !