On est cette région de la planète qui s'appelle l'Occident et qui dans l'histoire des civilisations ne représentait quasi rien puisque inexistante jusqu'à récemment. Oui, il faut le comprendre dans le temps de l'évolution longue de l'espèce humaine. Ce sont les conquêtes coloniales grâce aux navigateurs marins qui ont commencé à créer des échanges marchands ...enrichissants. Et c'est donc toujours sur l'exploitation des ressources d'ailleurs que l'Occident s'est développé. Cela n'a guère changé depuis, puisque toutes les guerres et conflits - qui sont devenus militairement plus élaborés avec les armes sophistiquées et de destruction massive - se passent toujours là où il y a des ressources à exploiter, à financiariser, à capitaliser puisque nous sommes aujourd'hui dans un monde du veau d'or argent aux mains d'une petite caste qui exerce le pouvoir par la corruption et la spéculation (pardon, optimisation !) financières. Les chefs d'Etat ne sont aujourd'hui plus que des marionnettes au service de "l'économie" dirigée par des banquiers-hommes d'affaires cyniques. On est dans la consommation massive de produits importés, fabriqués ailleurs et à la durée de vie réduite pour assurer une production permanente qui génère les plus-values des boursicoteurs et autres actionnaires.
Prenons la France. Après avoir exploité "nos" colonies africaines (en uranium et bien d'autres matériaux), les importations aujourd'hui sont aux mains du cercle restreint du roi-président, les familles Aponte-Saadé et leurs gigantesques tankers qui font les allers-retours avec la Chine essentiellement. Tout autant hypocrite est Pouyaté et son entreprise Total qui continue ses activités minières et pétrolières à travers le monde tout en tenant un discours "écolo" sur les énergies renouvelables. Et Engie-EDF nous bassine les oreilles de la même façon, mais a dépensé sans compter pour imposer son EPR Flamanville et aujourd'hui ses SMR, les nouvelles centrales nucléaires pour alimenter les data centers gigantesques et chers au roi-président qui se veut l'avenir avec son Intelligence "Artificielle". Et silence sur les déchets radioactifs mortels, parlons juste bilan carbone !!! Ah oui, il réunit aussi les chefs d'Etat européens pour créer une défense européenne commune afin de ne pas perdre l'Ukraine revendiquée par la Russie et ...les USA car il y a des réserves très importantes de "terres rares" nécessaires aux technologies ... numériques ! Et puis, la nourriture ! On ne va pas aider une agriculture de proximité et de qualité, mais des méga ...champs, fermes, bassines et tout cela sans être à l'écoute des agriculteurs, mais en tendant l'oreille auprès du lobby FNSEA des céréaliers et gros éleveurs qui regardent plutôt les échanges Mercosur et autres qui concurrencent leurs prix !!! Et surtout pas parler pesticides et autres néonicotinoïdes car ils permettent de garder des niveaux hauts de production ...de produits empoisonnés !
Les gens ne sont qu'une valeur d'ajustement, ils travaillent pour créer la richesse des Cac 40 et spéculateurs, mais aucun "ruissellement". Pas de hausses de salaires, et même une prolongation des années de labeur avec une retraite dont l'horizon est de plus en plus lointain. Précarité, chômage, RSA, peu importe, puisque cela fait peur quand ça peut arriver à tout le monde, et la peur permet de tout administrer, de la restriction des libertés, à la réduction des droits, à la répression de tout mouvement de protestation et de pointer, pour détourner l'attention, vers les racisés et autres fléaux religieux afin de ne pas nommer les responsables. Pour cela, il faut aussi une équipe de cyniques obscènes prêts à tout pour garder privilèges et lumières des médias. Valse des ministres ou plutôt chaises musicales car ils sont interchangeables. En ayant affiché quatre gouvernements en un an, ce sont pourtant les mêmes têtes qu'on voit toujours. Des Darmanin-Retailleau, des Borne-Lecornu, et le retour des bons serviteurs-larbins du pouvoir, carriéristes à la fin de leur cursus, et qui ont perdu la mémoire car ils ne veulent surtout pas qu'on rappelle leurs compromissions et aveuglements complices d'un passé pas si lointain. « Je ne me souviens pas... » et les mensonges pleuvent pour couvrir les comportements traumatisants des adeptes catholiques qui sont les premiers à cracher sur les autres religions car l'Occident a une « tradition judéo-chrétienne » n'est-ce pas !
On parle et on utilise encore les mots République et Démocratie, même si aujourd'hui le roi-président bafoue l'esprit de la Constitution chaque jour (résultats des élections niés, 49.3 pour ôter tout pouvoir aux députés du Parlement, nomination des proches au Conseil Constitutionnel, …) et qui ne sert plus que les intérêts de sa caste avec un aveuglement et une surdité par rapport à son « peuple ». Mais il est si hors sol, dans sa sphère dorée et ses privilèges à vie.
Chef de guerre, le roi-président décide d'attribuer des milliards pour l'armement construit par les entreprises de ses amis Dassault et autres. Et pour imprégner les esprits de chacun-e, les médias sont concentrés dans les mains de six des milliardaires de la caste, l'oligarchie, qui nous diffuse en permanence sa propagande de la « pensée unique ». A la porte de ce cercle réduit se rassemblent tous-toutes ces carriéristes qui veulent se faire remarquer en usant de cupidité, de paroles formatées pour rentrer dans "la cour" et qui ont depuis longtemps placés leurs intérêts personnels avant l'engagement au service du bien commun !!!
A quoi servent les guerres aujourd'hui ? Quel est le sens de cette surenchère des armements ? Pourquoi cet enferment de sécurité, ce repli sur soi ? Avons-nous perdu tout sens humain, toutes nos valeurs vitales d'espèce fragile et dépendante ? Sommes-nous arrivés à ce niveau de décervelation où on n'interroge même plus notre vie et sa durée courte de passage conscient ? Ne compter plus que sur soi pour s'en sortir, s'individualiser et se retrouver au fond du puits sans assistance, sans aide. Est-cela notre « destin commun » ? Le sentiment d'impuissance est lié au fait qu'on ne sait plus s'unir pour « agir-ensemble », construire d'autres îlots, créer des archipels, se relier autrement, retrouver notre spécificité humaine, qui n'est ni la virilité, ni la violence prédatrice, mais la solidarité, le partage des savoirs-faire, le construire ensemble, l'empathie, l'amour, la mémoire novatrice et constructive, imaginative et festive...
L'avenir n'est pas écrit, mais pour l'instant bien assombri ….
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Et pour mémoire, voilà d'où je viens :
CE MONDE QUE JE VOIS S'AUTO-DETRUIRE
Enfant de l'après-guerre, j'ai vécu et pu mesurer l'évolution qui a changé nos quotidiens ainsi que l'accélération dans le sens d'un système qui s'est mondialisé avec tous les impacts négatifs sur notre planète-lieu de vie.
Dès les années 50, la « modernisation » de l'agriculture a encouragé les remembrements, regroupements des exploitations agricoles pour faciliter le travail mécanique. Cela a engendré l'arrachage des haies et l'aplanissement des terrains.
Le temps de paix et la mémoire des horreurs des armes font que beaucoup de jeunes aspirent à une autre vie, voyagent en auto-stop à travers les continents et se regroupent dans « des communautés » à la campagne.
Influencé par les beatnicks et le mouvement hippie, le soulèvement de Mai 68 remet en cause le modèle productiviste et consumériste : « A bas la société de consommation ». C'est dans son sillage que naît une écologie politique avec comme figure emblématique, André Gorz qui cite pour la première fois le principe de « décroissance ».
Emblème de la contre-culture post-68, la bande dessinée de Gébé du magazine Politique Hebdo (ancêtre de Hara-Kiri et Charlie Hebdo) « L'An 01 » marque toute une génération. Elle sera adaptée en film (avec Coluche, Miou-Miou, Depardieu) et sort en salle en 1973.
Emblématique aussi, les luttes sur le plateau du Larzac contre l'extension d'un terrain militaire qui dureront de 1971 jusqu'en 1981 et qu'annulera le président nouvellement élu, François Mitterrand.
En 1972 paraît aussi le rapport Meadows (des chercheurs du MIT-Massachusetts Institute of Technology) qui s'intitule « The limits of growth » (les limites de la croissance), ouvrage commandé par le Club de Rome qui réunit scientifiques, industriels et hauts fonctionnaires. Pour éviter un effondrement global, la seule solution est d'organiser une économie sans croissance. Traduit en 37 langues, l'alerte du rapport reste lettre morte.
Le développement de la voiture individuelle commence à polluer les espaces urbains que le choc pétrolier de 1973 a interrogé. A sa suite, le plan Messmer engage la France sur le terrain nucléaire avec le choix de la construction de 58 réacteurs (Bugey, Fessenheim, Golfech, Plogoff) qui rencontre une forte opposition et des manifestations importantes comme contre le projet du surgénérateur Superphénix de Creys-Malville. S'opposer au nucléaire, c'est rejeter le capitalisme et la société de consommation. En 1981, ces mobilisations ont abouti dans un premier temps à l'abandon du projet de la centrale nucléaire de Plogoff (Bretagne) et de la non-mise en service de Superphénix.
Le tourisme de masse fut tout autant dénoncé avec le parc de la Vanoise et de la bétonisation des stations balnéaires du Grau-du-Roi, du Cap d'Agde et de La Grande-Motte.
« Je bois devant vous un verre d'eau, précieuse, puisque avant la fin du siècle, elle manquera » avertit René Dumont à la télévision, cet ingénieur agronome qui marque l'élection Présidentielle de 1974., tout comme son livre « L'Utopie ou la Mort ».
Dans les années 80, la baisse des prix du pétrole met à distance le problème de la rareté des ressources qui ne sont pourtant pas illimitées. La pensée néo-libérale imprègne l'espace public.
En 2002 apparaît Pierre Rabhi, ancien ouvrier devenu spécialiste de l'agroécologie qui se présente à l'élection Présidentielle, mais il n'obtiendra pas les 500 signatures de maires pour aller jusqu'au scrutin. Ces années-là, on voit ici des mouvements qui s'attaquent au pilier du consumérisme : la publicité.
L'Institut Momentum de Yves Cochet et Pablo Servigné développent la collapsologie dans leur essai « Comment tout peut s'effondrer ». Développement durable, mot d'ordre, va voir la création de pas mal de publications comme Le Sauvage, Silence, l'Age de Faire.
« Ni ici, ni ailleurs » initie de nombreux combats contre des projets d'aménagement contraires à l'intérêt général (extension d'aéroports, centres commerciaux démesurés, sites d'extraction, ferme à mille vaches, Notre Dame des Landes, barrage de Sivens, montagne d'or en Guyane, Europa City, mégabassines, …) qui aboutissent parfois à mettre un coup d'arrêt à la logique d'expansion.
Il est bon parfois de se souvenir d'où on vient, ce qu'on a traversé et qui explique qu'on n'a pas désarmé et qu'on s'inspire de toutes ces mobilisations, luttes et alertes des gens de notre génération et suivantes...
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Sources diverses dont Wikipedia, de nombreuses revues et magazines, livres, ….
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