vendredi 12 août 2016

Qu'y a-t-il derrière les chataignes, les cochons noirs, la coppa. ?

 Ah, les Corses ! Que n'entend-on pas comme blagues sur les Corses ! Que n'entend-on pas sur les explosions de maisons en Corse ! Que n'entend-on pas sur le machisme, la mafia corse ! Bref, quand on prononce le mot “Corse”, tous les clichés reviennent sur le tapis. Mais quand on a des ami-e-s corses, qu'on y est déjà allé plusieurs fois, on voit les choses bien différemment.

                 La Corse, une destination de vacances de mer ?

Bien sûr, l'été, la population en Corse est multipliée par 10, les prix augmentent sans forcément redescendre en septembre, les routes sont surchargées et on roule au ralenti, les bords de mer sont envahis...L'ile de Beauté mérite bien son titre car c'est une pure merveille que cette montagne dans la mer. Et toutes les personnes qui y ont fait un séjour sont unanimes sur ce point : c'est beau !

                                            le village de LAMA , au-dessus de l'Ile Rousse

Mais, pour que cela soit préservé et que y vivre soit ...vivable, il faut se battre, innover, aider...Jusqu'à présent, la Corse était mise sous perfusion, de façon intentionnelle pourrais-je même dire, tant la France veut garder l'île dans son giron. Mais cela veut aussi dire que les subventions agricoles n'arrivent pas, que le développement des énergies n'est pas incité, que le littoral subit des assauts urbanistiques permanents... On peut critiquer tant qu'on veut indépendantistes et autonomistes, mais sans eux, le pourtour de la Corse serait une immense marina avec ses riches villas (privées) qui envahiraient toute la côte pour une occupation estivale minime en défigurant les magnifiques paysages comme on peut le voir sur la Côte d'Azur ou en Espagne...
Les Corses sont avant tout des montagnards et tous les dangers pour eux viennent de la mer.




                                      Une région autonome

Aujourd'hui, les indépendantistes-autonomistes ont gagné les dernières élections régionales et après de longues années de batailles politiques, ils sont enfin “aux affaires”. Ceci a été marqué dès leur arrivée au pouvoir par des discours et prises de parole en ...corse. Cela a fortement choqué le gouvernement français très attaché au centralisme hexagonal et la langue unique de la Nation. Mais, comme dit si justement Ghjussepu Maestracci de Ava Basta : “ Si la République s'était appuyée sur les langues régionales, on aurait trouvé les mots pour dire “parking” ou “week-end” !”
Cela fait réfléchir. Voilà en tout cas, une “région” de France qui revendique pleinement son ancrage, sa culture et ses ambitions : pouvoir vivre et travailler au pays en le préservant et en le développant selon ses propres critères et sa propre culture. Lisez Paoli et sa constitution, combien la femme était le pilier et reconnue par le droit de vote bien avant que les moeurs évoluent “sur le continent”. Un précurseur, un exemple...
Et pour clore sur ce sujet de l'autonomisme-indépendantisme corse, sachez que leurs combats n'ont fait aucun mort (pour être honnête, la seule mort qu'ils ne digèrent pas est l'affaire de l'assassinat du Préfet Erignac, aujourd'hui toujours pas élucidée) ; les seuls dégats ont été matériels et bien ciblés.


Tallamoni et Simeoni, les nouveaux "dirigeants politiques " de la Corse


En Corse, il y a la possibilité d'avoir une agriculture à l'intérieur des terres, mais les subventions quand elles sont promises pour l'aide au développement n'arrivent pas ou très, très tardivement et rien ne peut être viable à ce jeu pervers où la France exerce une sorte de chantage de dépendance.
Concernant l'énergie, en Corse, il y a du soleil, du vent et de l'eau qui coule des montagnes. Ces trois facteurs déterminants pourraient permettre une certaine autonomie énergétique, mais rien n'est fait pour les développer.

Dans ce souci de reprise en main de leur destin, le nouveau gouvernement régional fait des efforts accrus depuis quelques mois et lance des perspectives, des initiatives, avec un projet clair et localisé afin de redynamiser la Corse en mettant en avant ses potentialités et permettre aux jeunes de rester et vivre sur l'ile.


C'est dans cette optique aussi que je suis tout particulièrement la problématique des déchets puisque dans la période où j'étais délégué au sein de la Communauté de Communes de Guebwiller, j'avais largement initié et contribué à un changement de politique sur ce sujet. Aujourd'hui, c'est Jacques Muller, ancien sénateur avec lequel j'ai travaillé trois ans qui a été contacté pour faire partager notre expérience et expertise auprès d'associations corses.




                  “Si tu tries, t'as tout compris”
 
C'est le slogan de l'association “Zéro Frazu” dont la portUne région autonomee-parole, Colette Castagnoli est une active militante. Les déchets ménagers sont enfouis à 92% en Corse. A titre de comparaison, à certains endroits de France ou d'Italie, il ne reste plus que 20 à 30 % de déchets enfouis. Le tonnage est important et donc il faut trouver d'autres solutions pour ne pas faire de l'ile très rapidement une gigantesque poubelle. En juin 2015, une des plus grandes décharges de l'ile, celle de Tallone (au sud de Bastia) ferme. Il reste cependant d'autres CET (Centre d'Enfouissement Technique) à Vico (au nord d'Ajaccio), à Prunelli di Fiumorbo et à Viggianello. Mais ils saturent également.
Bien sur, le Syvadec (SYndicat de Valorisation des Dechets de Corse) qui les gère a proposé d'autres solutions : un incinérateur (largement combattu et abandonné), une unité de tri bio-mécanique (largement contesté et refusé selon la loi littoral).
C'est avec cet historique et dans ce contexte que l'Office de l'Environnement Corse (OEC) publie le 27 mai 2016 des nouvelles orientations stratégiques (2016-2020) avec des plans d'actions qui mettent en avant les techniques de tri, la collecte au porte à porte et la tarification incitative. L'idée est  de réduire tous les déchets ménagers à la source et de valoriser au maximum tout ce qui est recyclable et compostable. Bien sûr, il y a des résistances à cette nouvelle politique. Le tri à la source et la valorisation font diminuer de suite les volumes à traiter avec des conséquences pour les opérateurs : moins de transports et des tarifs à la baisse dans les centres de traitement des OMR (Ordures Ménagères Résiduelles). Mais le nouveau gouvernement régional corse a clairement défini sa ligne. Il faut dire que des exemples de compostage, tri, recyclage à 80% existent déjà en Corse à Aghione (au nord de l'ile) et à Girolata.


                                     la Corse, non-violente


On est donc loin de l'image d'indépendantistes-autonomistes assimilés longtemps à du terrorisme armé et c'est même un activiste non-violent qui oeuvre beaucoup pour changer sa région, son île, son pays. C'est en effet Jean-François Bernardini (chanteur du groupe I Muvrini) qui a contacté Jacques Muller, mais aussi des représentants italiens sur ce sujet des déchets, et il agit également sur d'autres problématiques.
C'est une figure incontournable de Corse, respecté et écouté, cohérent dans ses engagements et dans sa vie.



Oui, j'aime la Corse. Oui, j'ai toujours défendu ces combattants dit indépendantistes-autonomistes, en fait des régionalistes responsables et qui ont une démarche, des moyens d'action et un discours bien différents de nos régionalistes alsaciens, ou autres.

                     La Corse, un exemple et un précurseur

 
On parle peu du changement politique en Corse et pour cause. Il pourrait devenir très vite un exemple pour celles et ceux qui sont pour une "Europe des Régions" avec des régions à gestion autonome et libres d'interagir avec ses voisins et d'autres régions sans passer par le diktat pyramidale du centralisme français. Mais pour cela, il faudra changer nos institutions vers une 6 ième République avec une représentation proportionnelle et paritaire, sans cumul et à mandat de durée limitée à 2 et surtout avec des régions plus autonomes dans une sorte de système fédéral comme dans pas mal de pays au monde.

La Corse est donc un bel exemple de changements de gouvernance et précurseur comme l'était Pasquale de Paoli en son temps avec sa République Corse (1755-1769) et sa Constitution.

vendredi 29 juillet 2016

TRISTESSE et EXASPERATION

Depuis des mois maintenant, les crimes, les massacres se succèdent sur notre sol (et ailleurs) au nom d'une guerre qui s'affiche religieuse, mais qui n'est rien de cela ! Cette duplicité est aujourd'hui évidente, tant les meurtres touchent tout le monde. A partir du moment où on vit dans le monde “occidental”, on est un mécréant qu'il faut éradiquer. Mais c'est la même chose en Afrique, au Moyen Orient, …
Le captage des richesses (ressources naturelles/pétrole, …) sous couvert d'un Etat à créer est devenu une évidence. Et pour empêcher tout anéantissement, on se sert des populations civiles comme bouclier humain tout en semant la terreur dans le monde entier “grâce” à des combattants suicidaires recrutés et fanatisés sur internet. 




Cette guerre déclarée depuis quelques années devient une réalité à partir du moment où elle touche notre territoire à l'intérieur. Tant qu'elle se passait ailleurs, on regardait cela à la télé le soir sans grande émotion, il faut se l'avouer sans honte.
Revenir sur la décision présidentielle de participer à cette guerre-sans débat parlementaire-ne fera pas avancer les choses, mais il faut se souvenir malgré tout de la question : pourquoi sommes-nous en guerre au Mali, au Niger, en Irak, en Syrie, en Libye, en ….?
Et puis, pour se détourner un peu de cette question (car si on approfondit, on risque de voir les choses un peu différemment), on instrumentalise tout ce qui peut servir les “intérêts “ électoraux des un-e-s et des autres à grands coups de gueule, de mensonges éhontés, de retournement de veste et de stigmatisation de certaines populations, de certaines personnes ciblées car elles sont des repoussoirs pour augmenter le nombre de ses futur-e-s électeurs/électrices.

Ce qu'on entend autour de soi n'est pas fait pour rassurer quand on est aux lendemains de ces massacres sauvages et aveugles avec la tristesse, la peur engendrées. On est bien loin de la cohésion sociale, nationale, du resserrement des liens de confiance. Bien au contraire, l'exaspération prend des airs de racisme, d'exclusion globale, réveille les pires souvenirs de temps passés, pas si lointains.
Chacun-e y va de ses solutions radicales … après coup, car pour trouver des solutions, des pistes d'actions préventives, celles qui sont proposées, offrent des dérives dangereuses pour toutes les libertés individuelles dans un monde civilisé.
Que des individus clairement identifiés comme potentiellement dangereux se balladent parmi nous ne rassure aucunement. Mais emprisonner toute personne qui a des idées divergentes n'est pas non plus une solution applicable : on a vu ce que cela pouvait donner lors des manifestations récentes contre la loi travail ou le projet d'aéroport où on pouvait assigner à résidence ou mettre en garde à vue préventive de simples militant-e-s qui avaient émis des avis autres (des écologistes par exemple). C'est quand meme un peu différent des cas des personnes fanatisées repérées par leur entourage qui se tait car “on n'est pas des balances et c'était un pote du quartier, non ? Mais on ne pensait pas qu'il passerait aux actes. “


De même, faire l'amalgame entre religion musulmane et tueurs forcenés est un non-sens car parmi les victimes innocentes, aucune distinction n'est faite ni ici ni ailleurs. Ces meurtriers auront la gloire posthume des médias qui citeront leurs noms (jamais ou rarement celui des nombreuses victimes) et fanatisés, s'imaginent la rédemption divine des martyrs !!!
On voit, on entend des parents démunis. Cela fait quand même un bon moment que pas mal de parents ont démissionné de leur rôle éducatif. De même, les éducateurs de rue, les policiers de proximité, les lieux de culture (bibliothèque, spectacles vivants, …) se sont amoindris par manque de moyens (de “rentabilité”, de “priorités”, de …), certains diront d'efficacité pour se déculpabiliser.


                            
Cette illustration peut paraitre inapropriée pour cette chronique. Mais le feu (“première” énergie) a initié les armes pour garder le pouvoir et se sédantariser.     Pétrole, pouvoir, territoire...


De solution miracle, il n'y en a sûrement pas. J'entends bien les harangues de certains politiciens qui disent que “l'exécutif doit prendre toutes les mesures” ce qui veut dire instaurer un état militarisé ou policier avec tous les excès et dérives possibles. Si on peut s'interroger sur les droits équitables (comme pour tous les citoyens)  octroyés à ces meurtriers fanatisés, il ne faut pas pour autant se laisser aller à l'arbitraire.

Qu'est-ce qui a fait que notre pays soit entré en guerre sur ces territoires ? Qu'est-ce qui se passerait si on se retirait de tous ces fronts ? Que se passerait-il si tout ce budget de guerre était investi dans des projets autres, économiques, sociaux ?

Etre un des premiers fabricants et vendeurs d'armes de guerre n'a t-il pas des conséquences collatérales par rapport à ces marchés et contrats conclus (Pakistan ?) ?
Focalisés sur toute cette atrocité sanglante, on n'a plus la lucidité pour voir avec du recul et on se laisse envahir par les émotions légitimes, la peur omniprésente, les solutions radicales sans discernement, un racisme primaire inconsidéré.

Le premier objectif de Daech de déstabiliser les états impliqués dans la guerre est largement atteint depuis un moment. Arriver à faire éclater la société, le pouvoir en place et l'image que cela en donne ne sont que les prémisses d'un chaos recherché et certains partis politiques plongent en espérant arriver à en retirer un “bénéfice” rapide...qui ne règlera en rien la situation actuelle. Même le président en place assène le discours de se rassembler, de garder toute la cohérence nationale entière, mais on y sent aussi une arrière-pensée stratégique pour conserver sa place “grâce” à ce contexte douloureux. Quand à ses successeurs possibles, ils surenchérissent dans la critique et ce qu'il faudrait faire alors qu'ils-elles étaient tous-toutes déjà aux affaires dans un des gouvernements successifs et on se souvient du décalage entre les mots et les actes.

                     


Alors oui, la tristesse est grande, la peine aussi car nous ne pouvons qu'avoir de la compassion envers ces centaines de victimes innocentes assassinées au nom d'une guerre (qui prend la religion en otage) dont les objectifs sont occultés mais bien présents. L'exaspération arrive à son comble par la  répétition des actes barbares, leur mode opératoire et les noms arabes des assassins fanatisés sur internet.

Des constats, un peu de réflexion pour garder la tête claire, mais pas de solution miracle. Je dirai bien : retirons-nous de ces guerres car qu'avons-nous à y faire, à y gagner ? Consacrons ces sommes énormes d'argent investies en armes et en combats pour reconstruire l'espoir dans notre pays en créant de l'emploi dans des secteurs d'avenir non-délocalisables et durables, en dynamisant les zônes de désespérance, dans l'éducation, dans la culture, dans la formation, dans ...

Je sais et j'entends déjà mon entourage me dire de “descendre de mon nuage”, mais est-ce être sur un nuage que de ne pas accepter les choses dans l'état et de ne pas préconiser des solutions tout aussi guerrières ?

mercredi 20 juillet 2016

OU EST PASSEE NOTRE PART D'HUMANITE ?

Argent public ...et terrorisme !
 
Difficile de mettre en parrallèle ces deux mots et pourtant un lien existe peut-être. Admettons (c'est une hypothèse) qu'en France, il y ait le plein emploi (ou quasi - comme c'était le cas dans les années 1970). Plein emploi, pas de chômage et chacun-e peut construire sa vie personnelle sans trop de craintes. Dans ce cas de figure, pensez-vous qu'on en serait là ?
Honnêtement, posez-vous la question.
Et dans le cas d'une réponse négative, la question suivante sera : qu'est-ce qui a changé en 40 ans ?


dessin de Wolinski (Charlie Hebdo), abattu en janvier 2015



Chacun-e trouvera de multiples réponses en fonction de ses souvenirs ou de ce qu'il-elle a entendu. On pourra ainsi mesurer l'accélération du temps politique et économique, combien la “mondialisation”, la captation des ressources naturelles, la centralisation des pouvoirs économique et ...politique ont complètement changé le fonctionnement du monde dans une optique de “libéralisation” aux objectifs purement capitalistes, financiers de produire de la plus-value, de l'argent numérisé qui enrichit les oligarchies des actionnaires.
Cette façon de (dé)construire le monde est aussi une façon de déshumaniser les personnes qui ne sont plus que des pions utilisables à souhait : une précarisation qui est en fait de l'esclavage “moderne !!!”. Quand il n'y a plus guère d'espoir pour améliorer ses conditions de vie, quand la peur du lendemain est omniprésente, toutes les dérives sont possibles.
Attention, je ne cherche pas là à excuser d'une quelconque façon le terrorisme meurtrier et aveugle, mais il a évolué radicalement. Entre Carlos, la Bande à Baader, les Brigades Rouges, Action Directe et le terrorisme fanatique d'aujourd'hui, le visage et les cibles de cette violence criminelle ont bien changé.

Pourquoi lier d'une certaine façon cela à l'argent public ?
 
L'argent public (nos impôts et taxes diverses) est censé servir à apporter des services publics à la population en la sortant du cadre de la sphère commerciale. Or les services publics sont menacés de plus en plus depuis des années et de plus en plus privatisés pour devenir des secteurs rentables pour les seuls actionnaires. On parle là aussi bien des secteurs de l'éducation, de la santé, des transports, etc...Et cela avec la complicité des pouvoirs politiques de droite comme de gauche et sous les ordres de la Commission Européenne néo-libérale (dont les membres n'ont aucune légitimité d'élu-e-s).






Prenons l'exemple du CICE (Crédit d'Impot pour la Compétivité et l'Emploi)

L'Etat verse aux entreprises de l'argent public afin de ...relancer l'économie (de marché), sans distinction, sans justification, sans contrepartie, sur simple demande et depuis... 2012. De 2013 à aujourd'hui, cela représente en moins de trois ans, 48 MILLIARDS d'€. A l'époque, Pierre Gattaz, président du syndicat des patrons (MEDEF) avait “promis” la création de 1 million d'emplois. Au plus, cela a ...sauvegardé 140 000 emplois selon des calculs statistiques croisés. Ce ne sont même pas les PME, l'industrie ou les start-up innovantes à qui ça a profité pour donner un coup de pouce, mais ce sont le commerce, la grande distribution, les grandes entreprises qui captent la majorité des aides, elles qui ont déjà bénéficié d'autres aides en compensation des 35heures, le crédit impôt recherche et des allègements divers. La Commission Européenne applaudit des deux mains cette manne financière publique qui permet, selon elle, “d'abaisser le coût du travail en France” !!!
Pour avoir un impact sur l'emploi, il faudrait conditionner ces aides, mieux les cibler, bref avoir une vraie politique publique budgétaire.
Et des déperditions d'argent public, il y en a à tous les niveaux : municipal, intercommunal, départemental, régional, national. Tout le monde peut citer des exemples selon où il-elle habite.

Moins d'argent public pour tous, moins de services publics, moins d'emplois, plus de désespérance, plus de peurs des lendemains, plus de luttes pour même survivre. Et puis l'étalement de la richesse en face, décomplexée et en plus usurpée dans des paradis fiscaux, des “Panama Papers” et autres scandales financiers (que l'argent public va éponger !).

Tout cela crée de la violence, des tensions palpables partout, le rejet de LA faute sur les autres et des comportements hystériques démesurés au nom de quelques principes soit-disant salvateurs, purificateurs censés déresponsabiliser. Mais rien ne peut justifier un quelconque acte aveugle et meurtrier tuant des centaines d'innocent-e-s.




Responsable, mais pas coupable


Mais, et je le répète souvent, nous avons toutes et tous une part de responsabilité, chacun-e à son niveau soit en laissant filer soit en faisant l'aveugle (ou/et le/la sourd-e) soit en votant les atiseurs des mèches de la violence et du rejet, soit en pointant le doigt trop bas pour toucher les vrais responsables, soit en …. Chacun-e peut se poser les questions.

Pour ma part, tous ces phénomènes, ces attentats, ces déferlements mortifères ne viennent pas de nulle part comme une génération spontanée, mais sont les signes accablants d'une société qui se délite, d'une démocratie mise à terre, de pouvoirs politiques complétement décrédibilisés et complices, d'une économie misée sur la seule plus-value de produits éphémères et la captation rentable des sources d'énergie naturelles en diminution irréversible.


Collectif et humain avant tout

Des solutions, je ne sais pas qui en a pour l'immédiat, mais des pistes de réflexion existent, des constats accablants aussi, une façon d'être et d'agir sont possibles, mais qui va les porter  ?

On ne peut plus croire et suivre des hommes-femmes “providentiel-le-s” qui changeraient les choses. On a trop entendu des promesses et vu combien elles étaient bafouées aussitôt, aussi il n'y a que l'espoir de pouvoir évoluer collectivement au sein des communautés villageoises ou des réseaux plus informels, ponctuels. Ce sentiment qu'ensemble,- en dehors des structures politiques, des ensembles économiques et financiers -, il y a des champs du possible, ce sentiment existe et commence à s'affirmer, car il représente de l'espoir et ouvre des perspectives nouvelles pour ceux et celles qui veulent bien aller jeter un oeil de ce coté-là... Et cela se fera au-delà des partis, des  religions, car on y retrouve l'humain, cette part de nous-mêmes qui s'est peut-être perdue en route quelque part et qu'il faudra bien retrouver, pour SE retrouver.

mercredi 13 juillet 2016

JE NE VEUX PAS D'UNE VIE DE RICHE, MAIS UNE VIE RICHE !



Beaucoup pensent qu'il faut beaucoup d'argent pour pouvoir s'offrir ce qu'on veut et vivre dans le confort et ...la sécurité. Ce qui serait la clef du bonheur terrestre. 
Personnellement , je ne pense pas que la possession de biens matériels en nombre soit la seule entrée au bonheur. Il y a le VI(E)TAL et le superflu-plaisir ! Un toit, se nourrir, s'habiller, se chauffer, se déplacer, pouvoir élever, éduquer ses enfants, …
Pour bien gagner sa vie (il faut entendre par là : avoir un “bon” salaire, des revenus “suffisants”,... ) chacun-e choisit ses stratégies, un corps de métier qui “rapporte”, ses réseaux de connaissance dans les milieux “intéressants” pour les affaires, ...



Je connais personnellement et amicalement des “entrepreneurs” et qu'il ne faut pas confondre avec ces patrons d'entreprise qui emmagasinent des millions distribués aux actionnaires et qui planquent leurs gains dans les paradis fiscaux ou des produits défiscalisés, qui perçoivent les aides d'Etat mais qui n'embauchent personne et qui râlent en permanence du poids des taxes qui les prend à la gorge !!!!!



Je parle moi de ces hommes et femmes qui ont décidé de ne pas travailler pour un patron, mais de créer leur propre entreprise et d'arriver à en vivre sans dépendre de personne. Et pour ceux-là, celles-là, c'est le grand huit avec des hauts et des bas, des angoisses, des doutes, des questionnements perpétuels pour maintenir l'entreprise, l'activité.
Ceux que je connais sont dans différents secteurs d'activité du commerce aux services et ils ont tous embauchés très vite. Ils savent d'où ils viennent, le chemin qu'ils ont parcourus, souvent seuls sans aides, avec des banques frileuses qui ne voulaient pas les aider vraiment et l'Etat qui prélevait ses taxes et les charges sociales sans distinction ou délais.
Un des problèmes principaux de ces patron-ne-s, c'est la hauteur, le montant des charges sociales en proportion du salaire. Et nous touchons là un point crucial qui souvent empêche toute embauche dans ces commerces, PME-PMI qui en auraient bien besoin parfois.
Les charges sociales sont basées sur les personnes et non sur les bénéfices des entreprises ce qui est complètement injuste et bloque toute expansion qui pourrait être bénéfique pour l'emploi.
En effet, une entreprise qui est automatisée, robotisée va dégager des beaux bénéfices (les actionnaires sont contents) et ne va payer que très peu à l'Etat en charges sociales. Une entreprise qui a besoin de main d'oeuvre (artisans, commerce, services, …) va payer un maximum en charges sociales à l'Etat (équivalent presque du salaire versé à l'employé) et donc toute embauche coûte le double au détriment de l'évolution de l'entreprise qui a besoin d'un budget important et souvent avec des bénéfices moindres. Ce jonglage perpétuel (avec des banques qui jouent le “prudence” en permanence) ne permet pas la démultiplication de ce type d'entreprises qui pourtant seraient très utiles au pays. Un million de PME-PMI-artisans-commerces qui pourraient embaucher UNE personne cela ferait déjà un million de chômeurs en moins.
Mais les gouvernements successifs de droite et de gauche n'ont jamais voulu revoir la fiscalité des entreprises , les charges sur les personnes. Et pourtant, il suffirait d'une décision POLITIQUE pour que ça change.

Les discours, les belles paroles, les promesses avant les élections et les décisions prises ou non après, ne sont plus crédibles après ces années de gouvernements successifs qui mènent la même politique économique au profit de la même caste et au détriment d'un vrai partage des richesses créees aussi bien par les entrepreneurs innovants que par leurs employés qui mettent en oeuvre.




Aussi quand on voit la campagne électorale présidentielle qui démarre avec des ministres (de l'économie-banquier d'affaires), des candidat-e-s qui sortent tous du même moule des “grandes” écoles de technocrates et de la finance, on ne se fait plus guère d'illusions pour que ça change par ce biais. Aussi la question peut bien se poser jusqu'à quel point on continue à cautionner ce système et donc en être complice tout en le critiquant.
Au bout d'un moment, il faut aussi être cohérent.
On ne peut pas être le pays parmi les premiers fabricants et vendeurs d'armes, être en guerre sur plusieurs fronts et ne pas en subir les conséquences, les effets collatéraux meurtriers, sanglants sur son territoire.
On ne peut pas continuer à voter pour cette caste (et elle est dans tous les partis) tout en espérant un changement en profondeur de la politique économique (et financière) et de l'exercice de la démocratie et du pouvoir.
Pour moi, le choix est clair : je ne veux plus participer à perpétuer ce système, cette caste de cumulards et de politiciens carrièristes. En 2017, je BOYCOTTE LE VOTE. Si 10 à 15% de personnes qui votent habituellement comme moi, s'abstiennent (en faisant savoir haut et fort pourquoi dans un mouvement de boycott généralisé), alors le taux sera tellement élevé que le résultat des votes n'aura plus de sens, plus de légitimité et cela créera une crise institutionnelle.

Il faut être clair dans les critiques de classe, il faut être cohérent avec ce que l'on pense, il faut chercher des options qui peuvent faire évoluer les choses, il faut éviter de mettre tout le monde dans le même sac tout en pointant les responsabilités de chacun-e à sa mesure.

Et chacun-e fera ses choix, argumentés ou viscéraux...

Je ne veux pas d'une vie de riche, mais une vie riche.




mardi 28 juin 2016

Privilégié, moi ?

C'est vrai que quand on est détaché des obligations professionnelles qui nous aident à “gagner” notre vie ou plutôt qui nous permettent d'avoir de l'argent pour avoir un toit, se nourrir, se vêtir, se déplacer ;  bref quand on a un certain âge et qu'on a tout, matériellement, on est réellement libre et on peut vivre au jour le jour de façon pleine et heureuse.
Mais est-ce que le détachement matériel suffit à une plénitude de bonheur ?  




Ce qui apporte aussi le surplus de bonheur c'est de vivre avec une personne avec qui on partage les idées, les convictions profondes, un certain art de vivre. Peut-être même avec qui on a fait et élevé un ou plusieurs enfants, avec lequel-lesquels on se sent bien. Et même peut-être encore plus, qui vous ont donné des petits-fils ou petites-filles avec lesquel-le-s il est si agréable de se retrouver à trois générations et avec lesquel-le-s on peut discuter, échanger librement, sans pudeur et sans gène.
Est-ce si rare ?
Probablement. Et pourtant c'est un peu ce que l'on souhaite toutes et tous, non ? D'arriver dans ce temps de vie (de la “retraite”) où ces conditions sont réunies, avec la santé en plus !
On pourrait alors se contenter pleinement de ce bonheur, de ces moments de vie.

Mais on a aussi une sorte de “devoir” de partage, de transmission, d'échange de savoirs et je crois que cela aussi est très important. C'est pour cela que nous nous devons de parler beaucoup, de donner nos avis, de partager nos expériences, nos savoirs-faire, de ne pas se taire et se terrer, mais bien de transmettre, de donner.

Ce n'est pas donné à tout le monde et donc je devrai me sentir “privilégié” et même avoir honte d'affirmer cette légèreté. Je devrai me laisser traiter de bourgeois, de nanti, de ...Mais il faut alors rappeler un certain nombre de choses qui montrent que ce que l'on croit aujourd'hui (par l'apparence) est bien lié à la décrépitude d'une certaine façon de tout un tissu social de ce pays en peu de temps.



Je suis né après-guerre (la deuxième guerre mondiale, six ans après la libération du pays). J'ai fait l'école primaire, mon certificat d'études, puis les classes d'orientation, le petit lycée et j'ai fait le concours d'entrée à l'école normale après la 3ème. Mes parents, ouvriers avec cinq enfants, ne pouvaient pas nous payer les études supérieures et même le lycée occasionnait pas mal de frais. Donc, j'ai fait l'Ecole Normale d'Instituteurs, interne et boursier de l'Etat. En contrepartie, on signait un contrat de travail où on s'engageait à enseigner au moins dix ans pour l'Etat.
Ma vie a été donc essentiellement basée sur mon métier d'enseignant avec les parenthèses des vacances scolaires. Ces vacances étaient souvent consacrées aux voyages qui apportaient aussi matière à intégrer de nouvelles choses dans mon enseignement.
Bref, instituteur au départ, ça ne gagnait pas grand chose, mais il y avait la “sécurité” de l'emploi “à vie” et l'assurance d'une retraite de fonctionnaire d'Etat. Et les salaires n'augmentaient guère, pas de primes, pas de treizième mois, pas de véhicule de service, pas de ...Un “ouvrier spécialisé” gagnait bien plus que nous autres, enseignants et on n'était guère considéré lors du boum économique.
Et puis les temps ont changé, la financiarisation, la mondialisation, le capitalisme, le rognement des acquis sociaux, des conditions de travail de plus en plus dures, un chomage en augmentation permanente et la précarisation des contrats, la réduction des aides, la libéralisation dans tous les secteurs, l'augmentation du temps de travail et la réduction des taux des “retraites”...
Du coup, sans que pour nous rien n'ait changé, on se retrouve un peu plus “privilégiés” par comparaison au monde qui a changé. Mais pour nous, c'est juste que... rien n'a bougé !
Aussi , je ne me sens rien de tout cela : ni privilégié, ni bourgeois, ni nanti, ni bobo, ni coco, ni ….

Je mesure par contre pleinement le bonheur que je vis au quotidien et ce qui devrait être la norme minimale est aujourd'hui montrée du doigt. Mais c'est puisque on a PEUR de pointer le doigt plus haut, envers les responsables de la dégradation générale des conditions de vie. On a peur de désigner celles et ceux qui nous ont amené là ; on a peur que ça empire encore et alors, on leur laisse la place, le pouvoir, l'argent, on accepte les dérives, les abus, les répétitions, les cumuls, la captation des richesses, la démolition du tissu social et de notre environnement ...Quand on a peur on laisse faire, on se tait, on se plie...




Alors, c'est bien à nous qui avons passé à travers les filets des crises à répétition, qui sommes trop vieux pour être encore des enjeux socio-économiques, c'est bien à nous de parler haut et fort, de partager nos cheminements et de dire que tout cela n'est pas irrémédiable, que les changements viennent de minorités agissantes, que ce qu'on ne voit pas existe quand même et sera bien visible un jour ;  que le destin, l'avenir qu'on veut nous dessiner n'est pas le seul choix de vie possible, qu'il y a d'autres routes, d'autres horizons, d'autres personnes avec qui construire, inventer, voyager...que nous avons goûté, aimé, construit, crée, partagé...

Donc, oui , j'ai ma “famille” , celle réduite des liens du “sang”, mais aussi ma famille élargie à celles et ceux qui partagent des valeurs communes et humanistes, avec qui on a partagé et avec qui on partage encore des tranches de vie qui sont autant de retrouvailles comme si on ne s'était jamais séparés. Et aussi la “famille universelle” des femmes et hommes qui vivent sur cette planête et avec qui, d'une façon ou d'une autre, nous partageons un avenir commun, lié...

Je sais bien combien je me fais traiter d'idéaliste, de rêveur éclairé, d'optimiste invétéré, mais moi je ne me sens rien de tout cela, je suis juste moi, être humain, aterri sur cette planête à un moment donné, qui est de passage pendant une certaine durée et il faut bien relier tout ce qui m'est arrivé pour y voir du sens, un certain sens.
Plus le temps passe, avec l'âge et la mémoire encore bien vive, j'y vois encore plus de sens chaque jour, les choses deviennent si claires quand on lâche prise, quand on capte les signes, les clins d'oeil de la “vie”, qu'on se laisse aller avec ce que nous dicte le coeur que ce soit les attitudes, les actions ou les mots.

Mais bon, chacun-e fait son cheminement et chaque histoire est différente et c'est pour cela que c'est riche d'échanger, de partager.


Et là, on est loin, très loin de l'affrontement, du rejet, de la haine...
Privilégié, sûrement pas. Mais riche de mes expériences de vie, de mes apprentissages, de mes interrogations, de mes réflexions, et enthousiaste de les partager car c'est dans le partage qu'on se révèle.

Bel été à toutes et à tous !




mercredi 15 juin 2016

ATTENTION AUX AMALGAMES !

Tous les musulmans ne sont pas des terroristes. Mais tous les terroristes (actuels) se revendiquent de Daech, état islamique. Et ils assassinent sans distinction tout ce qui se réfère à la démocratie et la république.

UN PEU D'HISTOIRE
L'islam est une religion abrahamique s'appuyant sur le dogme du monothéisme absolu et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le recueil de la parole de Dieu (Allah) révélée à Mahomet, proclamé par les adhérents de l'islam comme étant le dernier prophète de Dieu, au VIIe siècle en Arabie. Un adepte de l'islam est appelé un musulman...

Les musulmans croient que Dieu est un et inimaginable (sans image), que l'âme est mortelle et que le but de l'existence est d'adorer Dieu. Les musulmans croient également que l'islam est la version complète et universelle d'une foi primordiale qui a été révélée à plusieurs reprises par le passé à travers les prophètes, incluant  Adam, Noé, Abraham, Moïse et Jésus ...
Le Coran reconnaît l'origine divine de l'ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianisme, tout en estimant qu'ils seraient, dans leurs interprétations actuelles, le résultat d'une falsification partielle...
En 2010, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,6 milliard, soit 23,4 % de la population mondiale, ce qui fait de l'islam la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l'hindouisme. 



Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l'origine arabe de l'islam et la place centrale qu'occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 300 millions d'Arabes dans le monde.

LES DIFFERENTS COURANTS DE L'ISLAM
L’islam se répartit en différents courants, dont les principaux sont le sunnisme (environ 90%), le chiisme (environ 10%).

le sunnisme, les sunnites
Il n'y a pas de clergé dans le sunnisme. Principale différence avec le chiisme, l'Imam * n'est pas un prêtre mais un membre de la communauté musulmane qui conduit la prière  et n'est pas forcément un théologien.
Le sunnisme (de sunna, « voie », « chemin » ou « tradition ») est le courant de loin le plus répandu. Il est apparenté à une vision orthodoxe de l'islam.
Les sunnites ne s'accordent que sur quatre sources de droit ; le Coran, livre censé être révéler par Dieu ;la Sunna, tradition de Mahomet constituée essentiellement de ses paroles (hadiths) ; le consensus juridique et  l'analogie juridique.

Le schiisme, les chiites
Le chiisme est divisé en différentes branches.
Chez les chiites, le titre d'imam désigne le chef spirituel et temporel de la communauté musulmane. Il est porté par les descendants d'Ali ibn Abi Talib (premier imam) et de Fatima Zahra (fille de Mahomet) jusqu'au douzième imam (Mahdi). Les imams sont considérés comme les dépositaires du sens secret de la révélation coranique et comme les seuls successeurs légitimes de Mahomet

Le soufisme : l'amour de la vérité
Les soufis sont des sages, des mystiques musulmans qui prient, jeûnent, portent des vêtements blancs rugueux.
Le soufisme ( « initiation ») est, selon ses adeptes sunnites et chiites, la dimension mystique intérieure de l'islam. L'objectif est la “réparation du cœur”. L’amour tient une place centrale dans l’enseignement soufi. Le soufisme peut être considéré comme une doctrine ésotérique de l'islam sunnite et un mouvement mystique et ascétique ayant influencé les dissidences chiites.

Le wahhabisme et le salafisme
Le wahhabisme est une secte politico-religieuse, se réclamant de l'islam sunnite hanbalite, qui est présentée comme le précurseur du réformisme salafiste. Pour ses adeptes, ce mouvement représente la revivification du salafisme. Une des estimations les plus détaillées de la population religieuse  donne moins de 5 millions le nombre de salafistes ou wahhabites dans la (seule) région du golfe Persique (contre 28,5 millions de sunnites et 89 millions de chiites);  ils ne représentent que 0,5% de la population musulmane dans le monde.
Les salafistes prétendent dépasser les avis (fatwas) et rejettent toute innovation : ils sont en faveur d'une application stricte de la loi islamique (sharia). Ils affirment constituer la restauration de l'islam des premiers siècles .Il existe trois branches de ce mouvement qui, loin d'être un mouvement uni, forme un ensemble composite:
- Le « salafisme prédicatif » prône l'éducation et la purification par la pédagogie et l'enseignement religieux. Il est non-violent et évite la sphère politique.
- Le « salafisme réformiste », organisé en mouvements politiques.
- Le « salafisme djihadiste »  : violent et né lors de la guerre d'Afghanistan dans les années 1980, il prône l'action armée pour imposer l'Islam purifié des origines
Valorisant tout ce qui vient d'Arabie saoudite, ils portent en principe des vêtements larges. Ils affichent, sans complexe, les signes extérieurs de richesse (téléphones portables dernier cri, chaussures de sport de grande marque, etc). Les femmes portent typiquement un voile intégral de couleur noire, voire la burqa afghane. Par ailleurs, les djihadistes ne font pas, non plus, mystère de leur militarisme, brandissant des étandards noirs.
Les divers courants salafistes se perçoivent comme un mouvement de renaissance de l'islam. Les salafistes refusent toute influence occidentale, en particulier la démocratie et la laïcité, qu'ils accusent de corrompre la foi musulmane.
Les salafistes de cette tendance sont ainsi favorables au combat, afin de libérer les pays musulmans de toute occupation étrangère mais également de renverser les régimes des pays musulmans qu'ils jugent impies pour instaurer un État authentiquement islamique (califat). Cette idéologie est représentée principalement par Al-Qaïda et l'Etat islamique (Daech).
Cela les conduit également à entreprendre des actions violentes à l'encontre des pays occidentaux perçus comme les soutiens de ces États, en particulier les États-Unis, la France...


La France compterait 90 lieux de culte d’obédience salafiste (sur 2 500 lieux de culte musulman recensés en 2015) en augmentation constante depuis 2005.

Le nombre de fidèles affiliés au courant  salafiste en France a triplé entre 2010 et 2015, passant de 5 000 à 15 000. Cette progression a lieu essentiellement dans les grands centres urbains (région parisienne, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur).

Le salafisme s’est implanté grâce à la prédication des premiers diplômés européens revenus d’Arabie Saoudite où ils étaient allés suivre une formation en sciences religieuses.
Les salafistes djihadistes reprennent avec succès les codes et le marketing d'internet pour embrigader la jeunesse et l'inciter à rompre totalement avec le reste de la société dite mécréante.
Les salafistes pensent incarner un groupe dangereux ou redoutable pour les classes moyennes et supérieures. C'est pourquoi, le salafisme fascine ceux qui ont un différend avec l’ordre social.

Au sein du monde musulman, le mouvement salafiste contemporain est l'objet de vives critiques. La plupart des musulmans lui reproche, en particulier, d'avoir une compréhension étroite des différents textes religieux, notamment du Coran et de la Sunna, en privilégiant une lecture trop littérale, et en négligeant le contexte d'écriture et l'esprit de ces textes, aussi bien dans le domaine théologique que jurisprudentiel.

Pourtant, les salafistes sont bien présents et conquérants en bénéficiant du soutien financier et idéologique de l'Arabie saoudite.

LE DANGEREUX JEU DE LA FRANCE

Le 4 mars 2016, Le président de la République, François Hollande a décoré de la Légion d'Honneur, en catimini, le prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud à l'Elysée.
En même temps, la France a “honoré” le contrat Donas, l’exportation d’armes vers l’Arabie Saoudite, le plus gros client de la France. Celui-ci comprend la livraison de véhicules blindés de combat, d'avions de combat, d'hélicoptères de combat, de systèmes d’artillerie de gros calibre, de missiles et de lanceurs de missiles, des différentes armes.
Or, le Traité sur le commerce des armes (TCA) adopté en 2013 et entré en vigueur en 2014, oblige les Etats à prendre en considération les répercussions humanitaires (!) de leur vente d’armes.
D’importants vendeurs d'armes ont ratifié ce texte, comme la France, le Royaume Uni ou l’Allemagne (mais pas les Etats-Unis). Les exportations d’armes françaises à l’Arabie saoudite sont gérées par une structure spécifique publique-privée, ODAS, qui regroupe l’État français (à 34%) et tous les industriels tricolores de l’armement (Airbus, MBDA, Thales, DCNS, Nexter Systems, Calyon, Dassault, Renault Trucks).

ON PEUT SE POSER DES QUESTIONS

Quand on sait que l'Arabie Saoudite (wahhabiste) fournit l'aide financière et l'armement aux salafistes, on commence à comprendre ou à voir les choses différemment.

On pourrait faire un amalgame autre que musulman=terroriste en considérant tous ces faits et dire ventes d'armes françaises = terrorisme salafiste. Car la France, démocratique et républicaine, joue un drôle de double jeu en combattant d'un coté et en armant de l'autre, tout en étant étonné du terrorisme salafiste sur notre territoire qui permet l'instauration d'un régime juridique et répressif d'exception.
Est-ce pervers de voir les choses sous cet angle ?

Attention aux amalgames faciles, aux raccourcis racistes, car derrière l'horreur, il y en une autre réalité. La France est en guerre et arme (indirectement mais non sans le savoir) les ennemis. Les Etats-Unis aussi. Et il est temps de s'interroger avec tous les éléments ou au moins un certain nombre.

Les Etats-Unis veulent réguler la vente d'armes aux particuliers ; nous, on devrait empecher toutes ventes d'armes à d'autres pays.

Mais alors, ces pays n'investiraient plus en France, me direz-vous.
Voilà encore un autre aspect : l'aspect économique et financier. Combien de grands groupes, combien d'entreprises, combien de banques sont présents dans ces pays, fournisseurs d'armes et d'argent aux terroristes ?
Réfléchissez juste quelques secondes et de nouvelles pistes de réflexion se feront jour.


SOURDS ET AVEUGLES
Oui, on pleure nos mort-e-s, innocent-e-s assassiné-e-s par des fanatiques endoctrinés qui se réclament d'une religion (et/ou des mercenaires sans avenir), mais ne sommes-nous pas tous complices quelque part en jouant aux aveugles devant une politique militaire, financière et économique aussi perverse et aux retours sanglants ?
Et ceci se passe depuis des années, par les gouvernements successifs.



GLOBAL ET LOCAL
Ceci est mon point de vue, un avis comme un autre, mais je me refuse de faire des amalgames faciles diffusés largement dans les médias de propagande et certains partis politiques.
Il faut chercher, se renseigner autrement, interroger l'histoire et les faits économico-politiques, les relations de pouvoir et d'argent (sans compter la captation des ressources naturelles) pour avoir une idée plus globale des choses et des évènements tragiques. Les causes de tous ces meurtres nous mettent en face de nos droits, nos devoirs, nos responsabilités car nous y sommes tous exposés. La condamnation ne suffit pas à enrayer ces crimes. Chacun-e peut agir à sa façon, et avec distinction, en tant que citoyen et en tant que personne humaine qui nie le racisme et les amalgames dangereux qui débouchent sur le rejet et la haine.

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Sources historiques : Wikipedia

Imam veut dire « modèle », « exemple » ou « guide », et dans le sunnisme, il suffit que l'imam soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être au service d'une congrégation religieuse

jeudi 9 juin 2016

EAU, ASSAINISSEMENT et....bonnes affaires !

Et voilà que ça recommence. Les sociétes de gestion de l'eau remettent la pression en arguant la mise en conformité obligatoire des installations d'assainissement non-collectif. C'est une vieille histoire qui date de pas mal d'années et qui revient à l'ordre du jour régulièrement, car c'est un marché juteux, il ne faut pas perdre de vue cet aspect.




Tout un chacun est de plus en plus sensibilisé sur son impact sur le milieu naturel et fait des efforts à sa mesure pour ne pas polluer ou le moins possible.
On peut trouver des produits d'entretien et de nettoyage très peu polluants par exemple et éviter de mettre dans les toilettes n'importe quoi... On commence à acheter des produits de saison et chez les producteurs locaux, on se déplace plus souvent en train/bus, en vélo ou on fait du covoiturage, on réduit sa consommation d'énergie par des gestes simples, on pratique le partage, les échanges de biens et de savoirs, etc...tout cela participe à la réappropriation de sa propre vie, de sa façon de vivre. 

Aussi, on commence à se méfier de plus en plus quand on nous dit qu'il est obligatoire de ceci et cela alors qu'on sent bien que derrière il y a des intentions essentiellement pécunières et de profits pour certains.
Il en est ainsi pour tout, car pour ces compagnies et groupes, tout est marchandise et peut rapporter gros. 
Actuellement dans la haute vallée de la Bruche où j'habite, la pression commence à monter sur l'assainissement non-collectif où l'obligation (?) de mise en conformité des installations est remise à l'ordre du jour. Ceci n'est pas nouveau, c'était déjà le cas il y a dix ans et plus...On remet cela sur le tapis car derrière il y a un marché juteux et des abus sérieux selon même la législation en vigueur. 
Pour y voir plus clair, je ne vais pas rentrer dans le détail, mais apporter cependant un certain nombre d'informations, d'arguments et même d'interrogations.




Il y a l'assainissement collectif pour pas mal d'habitations qui sont regroupées dans les villages et communes de plaine où elles sont reliées à un système de collecte qui va vers une station d'épuration collective. Ces habitations, leurs propriétaires, payent une fois pour toute le raccordementau réseau, puis une taxe/redevance mensuelle ou annuelle ou trimestrielle.
Et puis il y a l'assainissement non-collectif dans l'habitat dispersé et de montagne ce qui est le cas par chez nous. Là la situation est plus diversifiée entre les fosses septiques, les puits perdus, l'épandage, le rejet direct dans un ruisseau. Il est évident et nécessaire que chacun se préoccupe de son installation d'épuration afin de minimiser l'impact sur le milieu naturel (selon les produits utilisés et ce qu'on déverse dans sa fosse). Cependant, certaines installations fonctionnent bien, sont vidangées régulièrement et l'épuration naturelle fait qu'il n'y a pas de pollution avérée sur le bassin versant qui serait constatée en premier lieu par les pêcheurs des rivières de fond de vallée. 
Cependant, c'est un manque à gagner pour les compagnies qui ont la gestion de l'eau...et de l'assainissement (quand ce n'est pas une gestion communale). Alors les lobbys font leur travail auprès des parlementaires et élu-e-s afin que ceux-ci élaborent ou réactivent des textes obligatoires et des normes restrictives. Si le contrôle régulier (entre 4 et 10 ans) d'un point de sortie de l'installation d'assainissement non-collectif peut sembler raisonnable, l'obligation de mise en conformité de l'installation (creusement du sol, mise en place de cuves et de conduits,  traitements) aux frais de chacun est très contestable. Pourquoi obliger à tout cela quand une installation, un dispositif ne pollue pas de façon significative ? L'argument qui suit est financier : vous pouvez bénéficier de l'aide, de subventions de l'Agence de l'Eau et de l'Etat. Oui, mais cela veut dire payer deux fois car une partie reste à la charge du particulier et l'autre, ce sont des subventions d'argent public qui viennent d'où ? Vous payez à chaque facture d'eau une redevance à l'Agence de l'Eau et vous payez vos taxes et impôts. Donc vous avez déjà payé et vous payez une nouvelle part une deuxième fois ...
Bien sûr, la mise en conformité rapporte surtout aux compagnies qui sont "habilitées-agrées" pour la réalisation de ce type de travaux, leur entretien et traitement. Vous commencez à comprendre que derrière la pression d'obligation et le discours environnemental se cachent surtout des intérêts économiques.
Et puis pourquoi venir nous mettre la pression alors qu'il n'y a aucune pollution avérée ou problématique dans les sols et rivières de nos montagnes par ici. 

Soyons sérieux et posons-nous la question des priorités. Dans la plaine (d'Alsace) il existe encore des villages qui ne sont reliés à aucune station d'épuration et pourtant sous leur pied il y a la plus grande nappe phréatique  d'Europe, une réserve d'eau VITALE pour le plus grand nombre de la population. Il y a des sites industriels hyper polluants, des friches non-dépolluées, des activités industrielles très polluantes. Et puis, ne fermons pas les yeux : la plaine d'Alsace est devenue un maïs-land gigantesque traité aux nitrates, à l'atrazine , aux pesticides et arrosé en permanence. N'y a t-il pas là plus de risques à plus grande échelle de la pollution des sols et des réserves d'eau que dans nos montagnes ?
Et puis il y a l'aspect juridique. Redevance et taxe. Une redevance doit avoir un aspect de traitement égalitaire du service pour tous. Je ne vais pas rentrer dans le détail ici, mais cela peut être plaidé devant les tribunaux au cas où.



Il est donc urgent de ne pas trop se précipiter devant la pression et la présentation que veulent bien nous administrer aussi bien les compagnies délégataires ou privées que certain-e-s élu-e-s qui ne veulent pas prendre de responsabilités. 
C'est une problématique, un dossier qui touche, concerne tout le monde et tout un territoire, il doit donc être pris en compte à ce niveau et non pas individuellement. Mais on connait la méthode : diviser pour règner.
Les habitant-e-s qui subissent la pression doivent se regrouper en association et faire des démarches collectives afin d'obtenir des réponses et des solutions égalitaires pour tous.

Là où j'habitais avant cette question s'était déjà posée il y a quelques années dans les mêmes termes. Nous avons crée une association d'usagers et après quelques années obtenu gain de cause dans la rétrocession de la compétence aux communes avec comme seule obligation de pouvoir présenter à la Mairie tous les x ans un certificat d'analyse au point de sortie de l'installation ou du système d'épuration. Aucun tribunal n'a condamné qui que ce soit pour non-conformité car il aurait fallu prouver qu'il y avait pollution. Par ordre de priorité, si c'est pour un argument environnemental, il y a d'abord d'autres territoires à assainir et très vite. Autant ne pas dépenser les deniers publics pour enrichir des compagnies là où il n'y a pas urgence.

Dans tous les cas, aucune personne ne peut pénétrer sur un terrain privé sans autorisation signée d'une autorité assermentée et tout ce dossier de l'assainissement mériterait un débat public pour le moins et une information indépendante et circonstanciée. Ce qui n'est pas le cas pour l'instant.


à suivre....

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* le tarif du raccordement à l'assainissement collectif peut varier selon les communes, les intercommunalités. A l'époque (2010) c'était de l'ordre de 1000 € alors que la mise en conformité d'une installation non-collective pouvait se monter à 8000 € !!! 

Et on parlait déjà de taxer les personnes qui récupéraient l'eau DE PLUIE pour l'injecter dans leurs toilettes ou arroser le jardin !!!!!!!!!!! On est loin du bout. Tout est marchandise, je vous disais.