samedi 7 septembre 2019

ECOLOGIE ...ELECTORALE !

SOCIO-ECOLO, LIBERALISME ECOLO, ECOLO CENTRISTE
...les déclinaisons vont être multiples avant les Municipales 
(et en prévision des Présidentielles…) 


Originaux et copies !
EELV, on le savait, puisque cela fait plus de 30 ans que Les Verts sont devenus un parti politique et principaux combattants pour l’écologie et la qualité de vie. Mais depuis ces derniers mois, tous les autres partis politiques ont intégré le discours écolo et un certain nombre de thématiques qu’ils déclinent pour être les plus écolos des écolos….Mais vous savez ce qu’on dit : « Plutôt prendre l’original que les pâles copies... ».
Malheureusement, on a aussi vu (et lu) les dérives carriéristes d’un certain nombre de ces originaux (EELV) qui n’en avaient que l’apparence pour se faufiler dans les méandres du pouvoir tels Hulot, Placé, De Rugy, Pompili, Canfin, Durand, Cosse-Baupin, Canfin, Cohn-Bendit, … et celles et ceux qui sont allés manger dans la main des monarques et des dirigeants des entreprises les plus polluantes.
Alors, l’écologie, sur tous les tracts électoraux, dans toutes les bouches des bonimenteurs politiques, dans les revues, les magazines, la propagande d’État et les annonces des aménagements technocratiques, sans réellement toucher aux processus de production ni aux ressources naturelles nécessaires. Il ne peut pas y avoir d’écologie douce dans l’urgence climatique en cours, des mesurettes à la marge pour faire croire qu’il y a des actions mises en œuvre et imaginer qu’un gouvernement, un président d’UN pays peut inverser la fuite en avant.

Celles et ceux qui courent après les mandats savent très bien que pour gagner des élections, il faut « rassembler » et donc tenir un discours mesuré, centriste mou, afin de rallier la maximum de voix...et ne pas effrayer, ne pas faire peur, ne pas bousculer un certain nombre de choses…*** (lire bas de page)
Les changements sont toujours venus de minorités agissantes et c’est bien pour cela que les personnes s’éloignent de plus en plus du champ politique, qui n’est plus crédible, pour se lancer dans des actions de désobéissance civique, d’initiatives locales et d’échanges sur un petit territoire au sein de groupes réduits. 



Les animaux humains retrouvent-ils enfin leur part primitive qui leur permettra de survivre au chaos en cours ? 
 
Car oui, il nous faut nous considérer comme des animaux humains, sûrement d’ailleurs les plus fragiles et les plus dépendants. Vous en doutez, vous considérez l’Homme comme le prédateur suprême, le maître du monde, le plus instruit, ce qui lui permettra d’égaler l’immortalité des Dieux !!!!
Bien sûr, bien sûr...Si la science, les techniques, les technologies permettent des avancées importantes, elles nous font aussi croire à une super puissance face aux animaux non-humains...à nos cousins chimpanzés.
Observez bien un nouveau-né humain et comparez avec un nouveau-né animal. L’animal humain est d’une fragilité déconcertante, d’une dépendance absolue et cela va durer…toute sa vie ! Ne rigolez pas. Un animal est autonome, indépendant très rapidement, un humain, non. Il lui faut des années et encore...S’abriter, se nourrir, se déplacer, se vêtir , … : qui est le plus indépendant ? autonome ? L’animal ou l’humain ? Pas besoin de tergiverser longuement, c’est une évidence.
Une fois qu’on a intégré cela, on peut voir la vie sous d’autres angles et relativiser la contribution de chacun-e à rendre la vie plus agréable pour tous. Se nourrir, servir, inventer, quelles activités faisons-nous et vers quels objectifs ? Que savons-nous encore réellement faire pour (sur)vivre ?
Quels savoirs-faire pourrions-nous transmettre , partager ?
Ne sommes-nous plus que des consommateurs, des presse-boutons, incapables de réaliser quoi que ce soit de vital, de nécessaire ?
Et ce sentiment de liberté est-il réel quand on voit la répression policière qui s’abat dès qu’est remis en cause le système imposé par une minorité, cette caste capteuse des ressources naturelles qui s’amoindrissent chaque jour en hypothéquant sérieusement l’avenir, au profit de cette seule oligarchie (dont la durée est tout aussi limitée et fragile).

L’Histoire nous a donné assez d’exemples pour savoir que rien n’est jamais acquis et que la violence n’a pas suffit à museler les oppositions et les perspectives nouvelles.
Lorsque les choses sont dites, les réactions peuvent être multiples, multiformes et seules les démonstrations radicales (verbales et actives) font évoluer les choses, peuvent inverser la marche dans le mur…
Celles et ceux qui s’engagent encore dans le leurre politique électoral, où on veut nous faire croire que le changement se fera en douceur avec des mesurettes à la marge, en occultant le rôle majeur de l’industrie et de la production, ceux-là sont les complices, conscients ou non, de ce système mondialisé et dérégulé qui produit les phénomènes catastrophiques qui se succèdent et qu’on ne veut pas voir, pas analyser, et surtout qu’on veut mettre à distance pour ne pas être ébloui, éclaboussé par l’urgence évidente.

Prenons un simple exemple : admettons que les épisodes caniculaires vécus cet été, se reproduisent plus souvent et surtout...durent plus longtemps. Comment continuer à refroidir les centrales nucléaires si l’eau se réchauffe ? Comment continuer à vivre à notre niveau si l’eau devient rare par des phénomènes allongés de sécheresse ? Sans électricité, et donc aussi sans essence, sans eau, ou même avec des réductions drastiques, quelles seront les conséquences au quotidien ? Imaginez juste quelques instants tous les changements que cela peut amener et...très vite. Il suffit donc juste d’un peu plus de bouleversements plus longs par rapport à ce qu’on a déjà pu vivre et observer ces dernières années.
Faisons confiance en l’homme et en la science pour trouver une solution, des solutions adaptées… ? Ah oui ? C’est ce que vous pensez sérieusement, en toute objectivité ? Mais que disent les scientifiques indépendants ? Ils énumèrent les changements profonds en cours, les conséquences probables et rappellent l’urgence d’un changement radical de nos façons de produire et de vivre.

Sommes-nous loin de l’animal humain ou redevenons-nous conscients de notre fragilité , dépendance ...et interactions ?

Les plus visionnaires d’entre nous alertent depuis des années sur le fait que pour (sur)vivre, il faut revenir à des actions, des initiatives locales, se réattribuer les biens communs, s’éloigner et ignorer les milieux (inutiles) politiques en pratiquant une démocratie directe au sein de communautés villageoises réduites. Les réseaux, les échanges de services et de savoirs-faire reprendront place là où ils auraient toujours du rester, pour ne pas se faire déposséder pour des motifs purement pécuniaires, monétaires, de captation des richesses...

On semble ignorer la force collective, même si le long mouvement des Gilets Jaunes nous l’a montrée. Il faut se réapproprier sa vie, trouver l’équilibre pour ne pas plonger dans un esclavagisme moderne.





Les initiatives, les exemples, foisonnent partout dans cette mouvance d’une autre vie possible, accentuées par la précarité, la flexibilité exigée, le chômage massif, qui font que la fragilité professionnelle que chacun-e peut éprouver va faciliter (par nécessité) le passage vers une autre façon de voir et vivre sa vie.

C’est une question de temps, c’est dans l’air du temps et bien éloigné des idéologues politiques qui veulent encore nous faire croire en des hommes-femmes élu-e-s qui apporteraient des solutions globales !!!!
Ne nous laissons donc plus endormir par ces nuances de gris, de verts, de bruns, de ...mais colorons notre vie à notre façon dans une biodiversité humaine qui fera notre richesse d’actions.

L’écologie est donc un mot galvaudé partout (comme le devint bio, durable, etc...aujourd’hui, inclusif et ….). Peu importe puisque nous avons dépassé les idéologies et celles et ceux qui veulent s’en gausser savent que ce n’est qu’un outil de propagande de plus, un mot qui se veut rassembleur.
Socio-écologie, écologie positive (libérale, quoi!), écologie centriste sans remise en cause (ni droite...ni gauche), bref tout le monde veut s’en revendiquer. Mais nous savons bien que ce n’est pas en parler qu’il faut aujourd’hui, mais bien changer de systèmes de production, de consommation et donc sortir du capitalisme qui est la cause principale du dérèglement climatique.

Si vous n’avez pas encore compris le lien, faites un effort. Imaginez juste un monde sans essence à profusion, en restriction d’eau, avec une électricité rationnée….






L’avenir n’est pas écrit 

et nous avons tous une part de responsabilité et de choix possibles.
Il faut juste retrouver la force de passer à l’action
et 
d’aller à la rencontre des autres
pour agir/construire ensemble...

"Résister, c'est créer. Créer, c'est résister."        Stéphane Hessel



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*** ATTENTION, je ne dis pas "Tous pourri-e-s !"
      quand je parle des "politiques-politiciens".

Si je nomme certain-e-s, il y en a d'autres qui sont resté-e-s dans leurs "combats".
Ainsi, Cécile Duflot est aujourd'hui présidente d'OXFAM. Michèle Rivasi est une eurodéputée très active et qui fait avancer les choses à son niveau. 
Des élu-e-s "de terrain" agissent avec les militant-e-s locales.
Et, je ne veux pas non plus mettre toutes les élections au même niveau.
Celles qui me paraissent les plus "utiles" pour la démocratie locale sont bien les élections à venir : les élections MUNICIPALES où on élit un Conseil Municipal et les représentant-e-s aux Communautés de Communes. Mais il faut aussi que ceux-celles ci aient des réels pouvoirs et fassent fonctionner des décisions prises collectivement avec la communauté villageoise. 

Pour ces élections communales de l'an prochain, des personnes proches se présentent et donc à chacun-e de déterminer  leurs implications dans la vie locale. Les écologistes, militant-e-s de terrain, ont toujours eu ma préférence lors de ce vote.

dimanche 25 août 2019

LA RENTREE DE M. MACRON

« La France que tu ne connais pas », ...c'est le titre du dernier livre de François Ruffin qui montre combien Emmanuel Macron, du lycée La Providence d'Amiens à l'Ena et dans les cabinets ministériels, n'a jamais cotoyé "les gens" et qu'il aime le théâtre, déclamer des citations pour briller dans SON milieu où il navigue depuis toujours.

Il fait sa rentrée politique aujourd'hui (24 août 2019) depuis le G7 de Biarritz  où il va vouloir se montrer avec une envergure...mondiale de ...défenseur du climat, probablement !!!
Chirac nous avait bassiné (avec son conseiller spécial Hulot) la même chose il y a déjà longtemps à Johannesburg : "la maison brûle et nous regardons ailleurs". Qu'est-ce qui a changé depuis ? à part les têtes à l'Elysée ?

Quand aux bonnes intentions annoncées, on s'esclaffe de rire quand le roi-président-pdg France demande que, dans la communication-propagande (sur la réforme de la retraite) distillée par SES députés-godillots aux électeurs-électrices (pardon, citoyen-ne-s), ils fassent preuve de "humilité et proximité", tout lui, quoi !!!




Quant à la suite de ses déclarations d’intention - sa feuille de route pour les prochains mois du train de réformes express -, je vous laisse apprécier :

il faut « réformer davantage AVEC les Français plutôt que POUR EUX »

« j’espère des CITOYENS ACTIFS dans la transition écologique »

Pas question de revenir sur la Flat tax, la suppression de l’ISF, ni sur la réforme des retraites (à venir)

Et tout cela au nom « d’un esprit de RESISTANCE » qui doit « redéfinir le modèle français ».

Rien que ça !
C’est bon, vous digérez ?





Toutes les réformes votées à la hussarde comme un seul homme par ses obligés sont donc pour notre bonheur, faites pour nous, les gens , pour une vie meilleure que celle de nos parents, pour entrer dans le nouveau monde de Macron. Après sa glorification quasi journalière lors du Grand Débat National où il n’a fait que déployer SON programme en le justifiant pendant des heures de parole, il voudrait nous faire croire que les choses se font AVEC ….Souriez ! Grincez !

Il espère des citoyens actifs. Je ne sais pas quand il a atterri sur terre, mais il n’a pas du remarquer les citoyens actifs dans la transition écologique qui oeuvrent depuis des dizaines d’années et se battent contre la bétonisation des terres agricoles, contre les élevages industriels démesurés, contre les pesticides, contre ….et POUR un autre modèle de production, de consommation, la résilience inéluctable, etc...Non, je ne sais pas où il errait toutes ces années pour ne pas voir, entendre, lire ; où alors le centre de documentation de l’Ena doit être bien pauvre et sélectif….


Bien entendu il est tout aussi sourd sur l’injustice fiscale : avantages de la flat tax, ISF, ces cadeaux à sa caste ne sont pas à remettre en question. Il n’a pas du voir des Gilets Jaunes pendant quasi une année. Les samedis, il était probablement dans les palaces de ses amis du Cac40 et banquiers d’affaires.


Quant à la chauffe de cet automne sur la réforme en profondeur de la retraite, c’est déjà décidé, il ne reviendra pas dessus : c’est acté, prêt à être voté. Alors pourquoi un nouveau leurre, un nouvel écran de fumée avec une Conférence Citoyenne (sur internet) pour récolter les remarques des ...gens ? Inutile, du pipeau comme le Grand Débat National et diligenté par la seule ministre de ...la santé, car il ne veut pas mettre sa ministre du travail en fusible. Pourtant, il me semble évident que la réforme de la retraite touche le code du travail et collatéralement aussi les droits au chômage -Pôle Emploi.
Quant à utiliser le nom de « esprit de résistance » et nouveau « modèle français », là on atteint des sommets de fourvoiement, de détournement de sens, d’un hold-up où les anciens résistants doivent se retourner dans leurs tombes. Mais justement, ils sont quasi tous morts et M. Macron peut donc usurper le terme sans trop risquer un procès d’intention !!! Mais l’intention y est, de vouloir se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Car quand même soyons sérieux, il n’est pas un résistant à ce monde qu’il façonne à son avantage et surtout celui de ses amis de l’oligarchie qu’il sert. Il en est même un des rouages qui accélère encore le mouvement qui nous mène dans une impasse, face à un mur. Et surtout, il participe à la pollution générale, au réchauffement climatique, il n’est pas du tout une solution, mais un des problèmes.

Le « modèle français » issu de la Résistance s’appelle « les jours heureux », c’est celui du Conseil National de la Résistance qui nous a apporté tous les services publics, un mieux-vivre ensemble, dans un pays dévasté par la guerre, en ruines. Pourtant, en nationalisant les banques et des secteurs industriels, ça a marché. Trop bien même, mais sans profits pour la caste, et donc dès Mitterrand II et les présidents suivants, tout cela a été remis en cause et tout est fait pour faire oublier ces « jours heureux » et faire croire qu’il n’y a pas d’alternative possible (selon Reagan-Thatcher). Quitte même à utiliser ce mot, résistance ! Honteux, obscène, rageant, une insulte à nos pères…

Car s’il y a des gaulois réfractaires, résistants, ils sont parmi nous, chez les gens, pas dans les sphères de plus en plus inutiles de tous ces élus qui radotent et diffusent la parole du patron au lieu d’être à l’écoute de leurs « administrés » locaux, du pays.
Mais ça non plus, c’est pas nouveau, on a vu sous Sarkozy, on a vu sous Hollande, on voit encore plus clair sous Macron.


Alors, la rentrée ne sera pas comme le pdg-France l’imagine. Quoique il a bien entraîné sa police à la répression aveugle de tout ce qui bouge dans le pays et va à l’encontre de son plan et celui de ses amis (riches).


« On est des gens, pas du personnel. » (parole navajo)



L’avenir n’est pas écrit...

mercredi 7 août 2019

LE THERMOMETRE GRIMPE, ça va chauffer !


La température monte et on ne s’en rend pas compte, car on est déjà dans la casserole qui chauffe ! Oui, vous connaissez l’histoire : faire bouillir l’eau d’abord, plonger ensuite dedans et s’ébouillanter brutalement OU être dedans à froid,  monter la température progressivement en s’habituant... jusqu’à bouillir pareillement !
On est dans le même cas de figure en gros : « nous y voilà, nous y sommes... » *** était le début du texte court de Fred Vargas qui a eu une diffusion surprenante jusqu’à être lu à l’ouverture de la COP24 en décembre 2018 par Charlotte Gainsbourg, un texte qui a été publié 10 ans plus tôt en 2008, comme quoi aucun progrès notable, aucune décision contraignante n’a été prise lors de ces grandes messes « écologiques «  depuis des années, juste des belles déclamations, des effets d’annonce et la propagande médiatique qui va avec…oubliée aussitôt. Business is business et money avant tout, tant que ça dure !
Les constats sur la situation sanitaire du vivant - l’état de notre planète -  sont faits par chacun.e, selon les informations et les observations, l’analyse et les projections. Le bilan et les perspectives sont alarmants, dramatiques et quasi-irréversibles.

Face à l’inertie invraisemblable de nos dirigeants (politiques) – « Eux, ...ces gouvernants qui marchent main dans la main et doigts entremêlés avec les multinationales et paralysés par elles ? » , Nous avons entre nos mains un certain nombre de possibilités d’actions, tout en remettant perpétuellement ces élu.e.s face à la base de leur devoir, la responsabilité.
Il ne s’agit plus de « transition », mais « d’un changement radical, indispensable, de nos comportements, de nos mentalités, de nos modes de vie ».
Derrière le mot « réchauffement climatique », il y a l’augmentation accélérée de la température globale de la planète avec des conséquences catastrophiques, des réactions en chaîne dont on commence déjà à mesurer les possibles ampleurs à venir.

CO2 , méthane/protoxyde azote, gaz fluorés, particules fines diverses, ...pas besoin de détailler, on en connaît déjà les plus importants. Les producteurs-émetteurs les plus « volumineux » sont l’industrie, l’agriculture-élevage intensif (déforestation), les transports (marchandises), …
Les changements urgents existent, sont connus, mais ne sont pas mis en œuvre, bien au contraire. La fin de l’agroalimentaire intensif (agriculture-élevage) et la conversion totale à l’agriculture biologique, la reforestation massive, le développement rapide général des différentes énergies renouvelables, ...pour n’en citer que trois. Cela induit des choix d’achat, de consommation, de comportement : réduire drastiquement la consommation de viande … d’électricité et d’eau, diversifier ses modes de déplacement, recycler les déchets et bannir le plastique, là encore pour ne citer que quelques exemples. ***


 


Aujourd’hui, je souhaite mettre en avant une initiative-action à venir (en septembre) et qui peut bouleverser, gripper la marche aveugle de la machine économico-politique.


                               « Fin du monde, fin du mois »
La convergence des ras-le-bol, des colères, des impatiences s’est faite presque malgré elle tant il y avait un très large fossé entre la colère contre une nouvelle augmentation des tarifs pétroliers (essence) et la nécessité de réduire de grandes parts de nos « habitudes » de vie, de consommation, de déplacement, de production, sans quoi la survie même de l’espèce humaine est menacée et cela de façon urgente. Je sais que ça fait très anxiogène de dire cela, mais il faut bien mettre des mots sur les choses pour qu’elles prennent forme réellement dans la pensée de chacun.e.
Aucune personne seule ne peut créer un impact efficace, aucun Etat seul ne peut agir pour changer de direction, mais les actions conjointes, les décisions contraignantes et mondialisées, les recherches appliquées participeront de façon opérante au changement de ...civilisation.

Les impacts environnementaux toucheront en priorité et très gravement les plus précaires, les plus démunis. Le « cadre de vie » de chacun.e fait partie des conséquences d’un monde marchand dont la richesse captée par un tout petit nombre dépend d’une production permanente de biens (utiles ou pas) sans se préoccuper des ressources, des conditions de travail et même du pouvoir d’achat.
Dès lors, les revendications sociales et les revendications environnementales sont les deux pendants d’un même « problème ». Gilets jaunes, gilets verts, gilets rouges, gilets blancs, ...même combat dans la résistance (locale et générale) et dans la construction d’un autre monde ...soutenable !




                                 Grève mondiale pour le climat
J’en arrive donc à cette « action ». A l’initiative de nombreux mouvements de jeunes, soutenus par des ONG, des associations diverses et variées, et à la suite des deux précédentes, une nouvelle journée est  actée  pour le vendredi 20 septembre (2019), - puis vendredi 27 septembre, puis vendredi…. - un appel mondial a été lancé (réseaux sociaux et autres) pour une grève de l’école pour le climat les vendredis,  jusqu’à ce que les gouvernements prennent des décisions radicales immédiates et contraignantes. Plus de bla... bla …bla.

En quoi, cela peut être plus efficace que les autres manifestations et marches régulières, épisodiques ? Imaginez un instant que cette première mobilisation visible et générale soit encourageante en terme de participation et que la deuxième, troisième prenne une ampleur inégalée à travers le monde (en tout cas dans les pays les plus émetteurs de pollution).
Imaginez que ce ne sont plus des adultes qui sont là, mais des écolier.e.s, des lycéen.ne.s, des étudiant.e.s, les jeunes, l’avenir des pays, ceux dont se réclament toujours ces politiciens inertes…
Comment vont réagir les forces policières des Etats ? Je sais, on a vu en France, ces lycéens agenouillés, mains sur la tête, alignés des heures durant dans une cour , devant des murs clos qui rappelaient les stades chiliens du temps de Pinochet  avec des policiers armés qui les encerclaient !
Quels mots vont employer les présidents pour enrayer le mouvement ? Et quels arguments, quelles décisions pour essayer de satisfaire les demandes ...légitimes et vitales ?




Rajoutons que devant la sensibilité de plus en plus proche des parents adultes qui commencent à intégrer un certain nombre de choses depuis ces derniers mois de débat autour des rond-points et dans les ZAD à travers le pays, ces jeunes vont bénéficier de leur appui, leur soutien voire leur mobilisation active conjointe, collatérale.

Vous êtes sceptique ? Pas de problème, mais urgence il y a et faites l’effort d’approfondir, d’élargir... C’est votre avenir, c’est notre avenir commun, c’est celui de nos enfants et nos petits-enfants. A quoi ça sert d’aller à l’école, si l’avenir n’est plus qu’un mythe, que l’espèce humaine et même vivante est en danger de survie ?
Oh, je sais anxiogène, alarmiste. Des mots que certain.e.s d’entre nous entendent depuis des décennies. Petit à petit, les « doux rêveurs » sont considérés comme visionnaires !!! Tout un chacun peut arriver aux mêmes constats et inventer des alternatives collectives, communes, personnelles.
Des biens communs à se réapproprier, des liens sociaux à reconstruire, des organisations locales démocratiques à mettre en place, des réseaux, des échanges, de la créativité et une autre façon de vivre, de vivre ensemble, lié par une évolution humaine faite de communautés « primitives » !


Il n’est plus trop temps de tergiverser, « nous y voilà, nous y sommes ».


                                            L’avenir n’est pas écrit.














«  On est condamné à agir ensemble 
ou à tous mourir comme des idiots »
 
                        Martin Luther King 
( à l’époque à propos de la lutte pour les droits des noirs afro-américains)



                          «  Puisque on ne veut pas être foutus, soyons frères. » 
 
                                                                              Edgar Morin





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                                                  POUR EN SAVOIR PLUS



***  Le texte de 2008 et  un inventaire d’actions, plus précis et argumenté par de nombreuses recherches se trouvent dans le très plaisant et très informatif livre de Fred Vargas « l’humanité en péril »-2019.
Certaines citations entre guillemets sont également tirées de ce livre.


Site  :    consultez      Extinction Rébellion



mardi 2 juillet 2019

VIVRE ET TRAVAILLER AU PAYS

Et oui, cela fait  très « ancien combattant » que de remettre ce slogan en tête de gondole ! Et pourtant, il est si riche de symboles, de souvenirs et aussi très actuel dans le contexte d’aujourd’hui.
Le mouvement intense des Gilets Jaunes en France a mis au grand jour le ras-le-bol général d’une grande partie de la population contre une politique mortifère aussi bien en terme de vie-lien social que de survie de l’espèce et de la planète : « fin du mois, fin du monde ». Pour nous autres, les « ancien-ne-s », on a vécu ce long et machiavélique cheminement du passage en force d’un scénario thatchérien-reaganien auquel adhéreront tous les pays occidentaux pour ainsi dire et aujourd’hui quasi toute la planète : une politique du profit, un marché productiviste, dérégulé et mondialisé, une oligarchie qui capte les richesses naturelles transformées en dollars dans les paradis fiscaux.



Au sortir de la deuxième guerre mondiale, la mise en œuvre du Programme du Conseil National de la Résistance (nationalisations, services publics, …) a engendré une période de paix, de mieux-vivre, les « Trente glorieuses », ...mais aussi avec ses effets collatéraux très rapidement visibles par ici : la pollution du Rhin par l’industrie chimique et la monoculture agricole, les intrants de nitrate dans le vignoble…On arrivait vers les années 70 et les projets nucléaires et industriels foisonnaient : des centrales nucléaires partout, un canal à grand gabarit pour relier Rotterdam et Marseille, …et pour accompagner tout cela la propagande au travers du monopole des organes d’information (TV-Radios). Après le 68 libertaire contre la chape morale, le conformisme pesant, la libération des mœurs engendra des prises de conscience sur le mode de vie, la notion de pays dans lequel on vit ( du monde ...occidental et ses relations aux autres, ces continents qu’on découvrait en voyageant en « stop », en bus, en camping-car vw ! ). La jeunesse qui aspirait à la liberté totale, une paix durable et de réaliser ses propres projets loin des schémas imposés fut le moteur de ces transformations alternatives entre vie communautaire, prise de conscience écologique et opposition au conformisme  d’une vie toute tracée : enfants, cuisine, église, travail salarié (à vie), ...Si l’histoire était commune (les guerres, l’occupation, la colonisation, …), les diversités régionales redonnaient une identité forte commune porté par le mouvement folk en Occitanie, Bretagne, Alsace,… Certain-e-s s’installaient de préférence dans les campagnes afin de reprendre le contact avec la terre nourricière et construire leur vie là où ils avaient décidé de vivre, hors des circuits de consommation de masse.
Cela entendait aussi comme conséquence de s’opposer pour un certain nombre de décisions et projets à un gouvernement ultra-centralisé et composé de technocrates formatés sortis des « grandes écoles » qui traçaient des schémas d’une France coupée de ses territoires, de ses savoirs-faire, de ses aspirations à une vie meilleure forte de valeurs humaines de partage et de « fais-le toi-même ».




Pour nous, jeunes alsacien-ne-s d’alors, dans une région géographiquement marquée par les Vosges d’un côté, la Forêt-Noire de l’autre et le Rhin-frontière au milieu,  les premières mobilisations citoyennes (qui devinrent intergénérationnelles et ... transfrontalières) tournaient autour de l’environnement. Elles étaient dirigées contre l’implantation d’usines chimiques, d’une multitude de centrales nucléaires des deux côtés du Rhin, parce que les élus en place suivaient le schéma des technocrates qui voulaient faire de la plaine du Rhin une vaste zone industrielle à l’image de la vallée du Rhône d’aujourd’hui …
Quand on revient à ces années 70, on mesure combien les combats politiques, citoyens,  d’aujourd’hui sont presque « gentils » face à l’engagement radical des militant-e-s du passé (avec des actions illégales, mais toujours non-violentes). Occupations de terrains, mobilisations monstres, information libérée par la radio pirate clandestine Radio Verte Fessenheim qui diffusait les luttes, les combats et donnait la parole aux acteurs-actrices du changement. Parmi les « figures emblématiques » de cette époque, citons-en quelques-un-e-s : l’incontournable, infatiguable Solange Fernex « l’insoumise », Jean-Jacques et Inge Rettig, Serge Bischoff, Elisabeth Schulthess, Roger Siffer et François Brumbt, Raymond Schirmer, ...Et du côté allemand et suisse, il y en eu tout autant.

Mais c’était avant tout, la mobilisation de tous ces jeunes, gauchistes, hippies, écolos qui fit masse, très vite suivi par les villageois-e-s qui voulaient protéger leur cadre de vie (et préserver leur avenir et celui de leurs enfants et petits-enfants).
Il y eut des jêunes, des occupations non-violentes (des ZAD, quoi!) et quelques combats gagnés : le projet d’usine chimique de Marckolsheim fut abandonné, le creusement du canal à grand gabarit Rhin-Rhône aussi, seules deux unités de centrales nucléaires furent construites à Fessenheim, quant à Radio Verte Fessenheim, elle émettait sur presque toute l’Alsace (Pays de Bade et Bâle) pendant quelques années, grâce à des petites équipes de « pirates » et de multiples émetteurs...** 


 
Quand on se remémore ces années militantes de transformation/émancipation et qu’on porte un regard sur la France et l’Alsace de 2019, on peut mesurer combien le passage des années 90 à nos jours a réduit la mobilisation citoyenne. Individualisme, consommation accrue, recherche du confort et de la richesse rapide, … ont façonné les individus et le périmètre de leurs visions : tant que c’est pas chez moi ….et que je peux en tirer le maximum !!!
Les mobilisations non-violentes (et légales) n’ont pas réussi à empêcher la bétonisation des terres agricoles fertiles du Kochersberg pour y construire une autoroute à péage. Les déchets ultimes hautement toxiques stockés provisoirement dans les anciennes mines de potasse près de Mulhouse y resteront quitte à créer une pollution gigantesque à venir de la plus importante nappe phréatique d’Europe. La plaine d’Alsace est devenue un maïsland : finis la diversité des cultures maraîchères et l’élevage. Le mouvement massif pourtant des Gilets Jaunes n’a pas réussi à impulser une nouvelle démocratie, un partage des richesses, une relocalisation de l’activité industrielle, ... Les « marches pour le climat » n’ont pas engendré une autre politique environnementale, elle continue  à être productiviste et mondialisée.

Quelles enseignements à tirer ? Quelles perspectives ?
Les militant-e-s des années 70-80 ne cherchaient pas à se structurer dans des partis politiques qui étaient « l’ancien monde », même si certains syndicats et partis étaient solidaires des luttes et combats en cours. C’est autour des associations citoyennes que tournaient les mobilisations : CSFR, AFRPN, Ecologie et Survie, MRJC, RVF, Front libertaire,… L’institutionnalisation par la constitution de partis d’écologie politique eut pour conséquence une perte de mobilisation due aussi à l’époque (années de l’individualisme). C’est dans les groupes informels, associatifs, que se trouve la force d’action. Mais pour cela, il faut flirter avec la désobéissance civile et l’illégalité (qui peut être souvent considérée comme légitime comme ce fut le cas tout au long de cette décennie 70-80).
Et que dire de « l’identité régionale » quand celle-ci est ramenée aujourd’hui à se soumettre à une administration encore plus éloignée d’un territoire et occultant tout un passé faite d’Histoire et de désirs communs ? L’Alsace n’est pas la Corse, la Bretagne, le Pays Basque, la Catalogne, ... Notre parler local commun au bassin rhénan est nié, dévalorisé et qui le parle, le comprend encore ? Le défend encore comme une valeur humaine de paix et d’échanges ?
Vivre et travailler au pays, c’est à dire là où tu vis, où tu as décidé de vivre, est-ce un slogan passéiste du siècle dernier ou celui d’un désir profond de se réapproprier du pouvoir sur sa vie, la réhabilitation d’une démocratie participative citoyenne, l’appel à un retour à des valeurs humaines ?

« Quand tu ne sais plus où tu vas, fais un effort pour te souvenir d’où tu viens. »

L’avenir n’est pas écrit…





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** Lire
l’excellente synthèse très documentée de Jocelyn Peret 
« l’épopée alsacienne du Dreyeckland – 1970-1981 : une décennie de luttes écologistes, citoyennes et transfrontalières »
(Jérôme Bo Bentzinger Editeur – 2017)

et pour tester votre proximité encore avec le parler local (ou le découvrir), une BD :

« Krambol in Schnackedorf » de Marc Sinniger
(Edition Nord Alsace -Haguenau 2003)
reédité à l’initiative de Thierry  Hans   www.hebdi.com

mardi 18 juin 2019

ALEXA, SIRI : de Altavista à Google !

Vous souvenez-vous des premiers moteurs de recherche sur internet ?
Altavista, ça vous rappelle quelque chose ? Avant Google et Facebook, une boîte qui créait un moteur de recherche cherchait juste à le vendre pour permettre à des entreprises et particuliers à rechercher des informations dans leur propre système et/ou sur la « toile ». Le modèle économique était de vendre des licences, des logiciels.

L’ère du hacking des êtres humains
En 2004, un étudiant de l’Université de Harvard crée un logiciel, système informatique qui met en connexion les profils de tous.tes les étudiant.e.s qui jusque là étaient édités dans un album-photo annuel par sections d’études (un « facebook »). Des 4000 adresses mail, photos, n° de sécu et autres renseignements fournis par les étudiant.e.s au départ, aujourd’hui cela se chiffre à plus de 2 milliards d’utilisateurs mensuels. En livrant des détails sur sa vie privée, on fait fructifier ces données par la vente de publicités.
Google fonctionne d’une façon analogue en récoltant toutes vos données qui deviennent leur produit de vente. Les outils algorithmiques de Google, via sa plate-forme Google Analytics, tire de la publicité 85 % des ses recettes, près de 100 milliards $.
La NSA, l’agence de renseignement américaine, au travers de son programme Prism, puise sans réserves les données des utilisateurs de Google, Facebook, You tube, Microsoft, Yahoo, Skype, Apple, Amazon, Dropbox, Whatsapp, ….
Linky aujourd’hui est dans la même logique : récolter des données pour devenir une entreprise importante du Big Data, sous couvert de modernisation numérique de nos compteurs électriques.



L’Intelligence Artificielle (IA) qui a déjà bien envahi notre espace professionnel et privé n’en est en fait qu’à ses balbutiements. Les hackers d’hier sont devenus millionnaires pour certains et bien employés aujourd’hui dans la sécurité informatique. L’auto-apprentissage des algorithmes vont complètement changer le monde dans les vingt ans à venir. Des millions d’emplois vont disparaître en créant un sous-prolétariat inutile, probablement gavé de jeux et de drogues diverses.

Vision pessimiste ? J’espère. Mais vous, vous voyez le monde évoluer comment ?
Vous allez avoir, vous avez, des enfants, des petits-enfants, alors observez bien ces encore-humains, nés dans la genèse de ce monde connecté. Réfléchissez à tous les outils connectés que vous utilisez, et ceux qui sont installés chez vous, outils «  communicants ».

Alors ? Quel premier bilan ?

    • Une bonne partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui ne leur sera probablement pas utile dans vingt ans. Une (grande) part de l’enseignement en 2019 est de donner plus d’informations à un élève qui peut les trouver partout et de tout ordre. Il faudrait donc surtout inculquer les méthodes pour dégager le sens, distinguer l’important de l’insignifiant, associer les multiples bribes d’information en une vision d’ensemble du monde. De quelles compétences aurons-nous besoin en 2030 ?
    • Biologie (biotec), technologies de l’information (infotec), algorithmes du Big Data sont les domaines de demain. L’enseignement devrait donc investir dans la pensée critique, la communication, la collaboration, la créativité.

Les temps sont finis où on passait du temps de l’apprentissage à la vie professionnelle. La continuité entre ces deux périodes n’a plus de réalité aujourd’hui déjà. C’est chaotique, incertain, il faut changer, bouger. Pour s’adapter, il faut apprendre à se sentir à l’aise dans l’inconnu, inventer sans arrêt, accepter ou choisir la résilience, s’en remettre à soi-même pour ne pas être dominé par la technologie ou égaré par des récits anciens, savoir qui on est et ce qu’on veut de la vie : « connais-toi toi même ».






Retour au « primitif »
Nous avons un corps-dont nous sommes de plus en plus éloigné- et un esprit -dont nous nous préoccupons peu puisque nous adoptons la pensée mondialisée, du nombre !!!
Si l’évolution tend vers une durée de vie plus longue dans un cyber-corps, il reste les émotions et l’esprit (qui n’est pas le flux du cerveau).
Nous sommes dépendants des savoir-faire des autres car nous ne savons pas grand-chose finalement et nous ne savons surtout plus faire grand-chose. Cela interpelle l’humain qui  reste en nous, vous savez cette espèce qui a des cousins chimpanzés et gorilles,celle qui crée sa propre disparition…

« Quand vous ne savez pas où vous allez, faites l’effort de vous souvenir d’où vous venez ».
Cela remet certaines choses en place, permet d’éclaircir l’horizon avec un autre regard.

Et puis, si on prend du recul, si on se met en "perspective", ça donne quoi ?
Nous habitons sur une planète Terre dans un système solaire qui nous réchauffe et a permis l'émergence de la "vie" telle que nous l'entendons. Mais, c'est quoi LA VIE alors que nous savons que nous sommes "mortels" et qu'il faut bien donner du SENS à ce temps passé sur cette planète. Nous sommes des êtres fragiles, dépendants tout en se croyant des super-prédateurs, êtres supérieurs par rapport à nos cousins chimpanzés. On veut, on doit survivre dans un environnement où l'argent est devenu une valeur suprême autour de laquelle tournent la plupart de nos activités et à quoi nous consacrons beaucoup de temps....tout en détruisant par la même notre environnement naturel qui nous permet d'exister. Nous vivons comme des esclaves dans un monde dans lequel nous contribuons à sa perte et hypothéquons jusqu'à notre existence d'espèce humaine.
Pouvons-nous faire autrement, mener une autre vie, faire d'autres choix, trouver d'autres communautés de subsistance, retrouver les choses vitales de notre être primitif, cohérent dans l'histoire de l'humanité jusque là ?

L’avenir n’est pas écrit...mais l'évolution qui se dessine ne prête guère aux sourires.




Lire aussi la vie sous 5G (cliquer sur le lien suivant) :
https://reporterre.net/Plongee-dans-l-univers-de-la-5G-merveille-ou-cauchemar




mercredi 5 juin 2019

ALSTOM : mensonge d'Etat ?

WHIRLPOOL, ALSTOM : des promesses, c'est tout et derrière tout cela un véritable roman policier scandaleux...
Pourquoi l'annonce ALSTOM arrive-t-elle le lendemain des élections ? Parce que c'est MACRON qui l'a vendue en 2015 quand il était ministre de l'économie ....et que pour la campagne, ça n'aurait pas été terrible comme annonce !!!!


ALSTOM braderie de notre industrie et savoir-faire

Fin 2015, ALSTOM est vendu à l’américain General Electric/GE avec comme conséquences que ce sont les américains qui fournissent , entretiennent et renouvellent tous les turbo alternateurs des 58 centrales nucléaires « françaises ». Ils produisent aussi les turbines Arabelle des réacteurs nucléaires EPR et du porte-avion Charles De Gaulle. Fin 2019 sera vendue aussi le dernier secteur Alstom transport (TGV, chemins de fer, …) à Siemens, l’allemand. Ce sera la fin de ce fleuron de l’industrie française crée en 1928.
Pour en arriver là, à se soumettre et donner une part de la technologie nucléaire aux américains, il a fallu forcer la main avec un scénario digne d’un polar. *



La SACM (Société ALSacienne de Constructions Mécaniques-Mulhouse) crée par André Koechlin fabrique des locomotives depuis 1839. La Thomson-Houston Electric Company fondée par Elihu THOMson et Edwin Houston aux USA fabrique des dynamos, des machines magnéto-électriques.
Ils fusionnent en 1928 pour former ALS THOM (qui deviendra ALSTOM en 1998).

Comme tous les groupes industriels, la compagnie diversifie ses marchés à travers le monde car elle a plusieurs secteurs : énergies, transmissions, transports. Pour obtenir des marchés, elle a des « intermédiaires-lobbyistes » qui dédommagent des personnes influentes auprès des décideurs. Ces « pots-de-vin » sont pratiqués par toutes les puissances mondiales. Mais les lois anti-corruptions existent aussi à travers le monde et ce sont les américains qui surveillent tout cela à travers la NSA leurs services de renseignements très particuliers, dénoncés et mis en lumière grâce à Edward Snowden et Julian Assange, les lanceurs d’alerte. Ainsi, le Département Of Justice américain veut devenir le garant anti-corruption à travers le monde. Mais il ne cherche à condamner que ceux qui vont à l’encontre des intérêts économiques des USA, car les compagnies américaines pratiquent les « influences » de la même façon.

En 2013, les autorités américaines arrêtent Frédéric Pierucci , un cadre-directeur de la filière chaudière de Alstom, lors d’un de ses déplacements professionnels aux USA. Ils l’accusent de corruption dans le commerce international, mais en fait, il est utilisé comme otage pour faire plier Alstom et la racheter. L’histoire racontée par le cadre après sa libération et le jugement (5 ans plus tard) est édifiante et terrifiante à la fois quand on voit les méthodes et les accointances entre intérêts industriels et pouvoirs législatifs. Cette saga est proprement scandaleuse et on mesure les méthodes employées, la lâcheté des dirigeants d’entreprise, la soumission de nos élus et gouvernements (c’est Macron, ministre de l’économie de Hollande qui a entériné et encouragé la vente en 2015). Alstom a vendu le secteur énergies et transmissions pour 13 milliards de dollars et devra payer une amende au Trésor Public américain pour corruption de plus de 700 millions.

Alstom avant la vente avait pour 51 milliards € sur son carnet de commande pour au moins deux ans et demi d’activité, un chiffre d’affaire de 20 milliards, un résultat net de 556 millions et une marge opérationnelle de 7 %. Autant dire que l’entreprise n’était pas en cessation…
Alstom avait des contacts avec les russes pour le secteur transports et les chinois pour le secteur énergies. Mais le géant américain GE ne veut pas de concurrence et pour avoir le monopole, toutes les manœuvres sont bonnes à prendre quitte à aller au-dessus des lois des pays. Il suffit d’imposer la sienne...On a vite passé outre, imposé le silence, sur ce scandale et cette perte de souveraineté sur un de nos fleurons industriels. Il faut dire que Alstom n’est pas la seule qui a du payer des amendes au Trésor Public américain (selon leurs lois) pour corruption commerciale : BNP, Société Générale, Crédit Agricole, Total, Alcatel, ….Cela représente quand même la somme de 14 milliards $…

GE qui devait avec cet achat créer 1000 emplois en France a, au contraire, supprimé 6500 emplois en Europe dont cette annonce de 1044 en France. La parole ne vaut rien à ce niveau.
Le résultat est que les américains ont la main mise sur les centrales nucléaires françaises (turbines Alstom), les EPR et même le porte-avion nucléaire Charles De Gaulle, une sacré arme de dissuasion massive !

Macron peut toujours faire des belles phrases, mais il a bradé Alstom et fragilisé l’indépendance du pays. Mais on sait bien avec qui il ...marche !

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* lire
« le piège américain » de Frédéric PIERUCCI et Matthieu Aron (2019-JC Lattès)

lundi 27 mai 2019

CLIMAT et JUSTICE SOCIALE


Spectacteur de mon temps, j’observe l’évolution politique depuis cinquante ans et j’y ai participé de nombreuses années au niveau municipal, intercommunal et parti (Les Verts).


Quand j’avais autour de 35 ans, je voyais les plus jeunes pogoter sur les Bérurier Noir « la jeunesse emmerde le Front National » lorsque le parti de Jean-Marie Le Pen a atteint les 20 % aux élections.
Pour moi, enfant de l’après-guerre, cela résonnait fortement, douloureusement...



                      BERURIER NOIR - extrait concert Olympia 1989 



A mon engagement écologiste, il y avait aussi toujours l’aspect social indissociable, qui n’était pas assez fortement mis en avant, à mon goût, dans le programme de mon parti. Nous étions en 1988.
Les années passent, la consommation flambe comme un besoin d’émancipation par le matériel ; la politique suit le marché industriel qui ne connaît déjà plus de frontières. Organisation Mondiale du Commerce et nucléaire.
Les changements climatiques accentuent les déséquilibres et frappent durement les plus précaires à travers le monde. Les guerres cherchent la captation des ressources naturelles qui assure la main-mise sur la production de biens et la richesse financière. Ce capitalisme sauvage détruisait la planète et la vie sociale.




Nous sommes au 21ème siècle et les catastrophes climatiques se renouvellent de plus en plus. Les alertes fusent de toute part, mais les tenants de l’économie ne veulent aucunement inverser ou même atténuer leur marche en avant qui met l’existence humaine en danger de survie.
La nouvelle génération n’a plus les mêmes perspectives professionnelles, a une conscience plus accrue de la situation sanitaire de notre Terre et ressent l’urgence de changer de modèle. Elle mène des combats de plus en plus radicaux « pour le climat » et s’investit dans des multiples initiatives « alternatives ».
Les partis politiques se sont décrédibilisés, leurs combats ne trouvent plus de résonance auprès de la population, les clivages n’ont plus de cohérence.
Deux ans après l’élection de E . Macron, un ras-le-bol général se traduit par des occupations de rond-points et des manifestations hebdomadaires qui durent depuis des mois avec des revendications précises auxquelles le Président « des riches » est sourd. Il est « la main invisible du marché dans le gant de fer de la répression » ***  Parallèlement, les « Marches pour le climat » se succèdent de même que les « grèves scolaires  pour le climat », initiées par les plus jeunes.

Nous sommes en mai 2019.
Les élections européennes redonnent un saut de représentation forte à l’écologie politique dont le parti EELV est le fer de lance. Les autres partis « de gauche » sont ramenés à des taux très bas, même si pour certains les programmes sont très proches. Le positionnement – hors des jeux politiques- de EELV lui donne un bonus de probité.





Au lendemain de ces élections, les calculettes vont bon train dans la perspective des prochaines échéances électorales. Mais cette façon de faire est d’un autre siècle et déconnecté de la réalité des faits. L’urgence climatique et ses conséquences sociales sont au-delà des calculs.
Pour influer sur les décisions politiques, les partis doivent arriver à élaborer ensemble un projet à présenter à l’ensemble des citoyens et dépasser les problèmes de leadership et d’égo. La diversité d’approche est une richesse qu’il ne faudrait surtout pas noyer, phagocyter dans un parti unique.
Nous sommes donc bien dans un dépassement des stratégies anciennes et la construction d’un autre monde humain, d’un autre type de rapport de force politique.
Les institutions de 1958 (la Vème République) ne sont plus aucunement adaptées à cette évolution, on le constate quotidiennement.

L’avenir n’est pas écrit...



                                    dessin de VEESSE    www.hebdi.com      
                        HEBDI le magazine satirique indépendant alsacien


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*** citation de Michèle Rivasi - députée EELV  
 Je suis très content qu’elle soit réélue ; je la voyais « tête de liste », une femme battante, intègre, exemplaire…comme Eva !
Extraits de son analyse d’après-élection :
« Plus personne n’ignore que notre modèle dit « de développement » engendre à la fois un dérèglement climatique brutal et l’extinction accélérée de la vie sur la planète. Les chaos sociaux, géopolitiques et démocratiques que provoque cet effondrement ont commencé. Nous en sommes à la fois les acteurs, les spectateurs et les victimes...
(…) Les plus vulnérables sont les plus pauvres. Les premiers responsables sont les plus riches. Dès lors l’enjeu écologique est indissociable de la question de la justice sociale. Le mouvement des gilets jaune est né de la fracture écologique, clone environnemental des fractures sociales et territoriales. (…) L’apparition et le développement sans entrave du capitalisme financier constituent un accélérateur de la destruction environnementale. L’économie financiarisée a définitivement quitté la réalité terrestre. Mais son règne a des conséquences sur l’environnement. Ce sont ces sociétés off-shore, paradis fiscaux et fonds de pension ou souverains, qui spéculent sur la destruction de la nature.
(…) Dès lors qu’on obstrue le paysage politique et que l’on empêche les mouvements sociaux de s’exprimer, les relations sociales deviennent plus violentes. (…) La critique sociale du capitalisme est fondamentale, mais l’argument écologique dans la critique des conséquences de la révolution industrielle est essentiel. L’enjeu à venir est de revoir radicalement notre relation à la production et à la consommation. C’est en cela que la pensée écologiste n’est non seulement pas supplétive de la gauche hégémonique du siècle et demi qui vient de s’écouler, mais elle l’englobe et la transcende. 
(…) Notre feuille de route est simple : construire une force et une coalition à vocation majoritaire pour qu’enfin notre pays et l’Europe conduisent une politique environnementale et sociale à la hauteur de la crise que nous traversons... »