samedi 7 février 2026

POLITICIEN DE CARRIERE !

Oui, on disait dans les temps anciens, par exemple, « je suis militaire de carrière ». C'est à dire que c'était un choix de devenir et rester militaire quasi toute sa vie...professionnelle. Car pour certains qui se sont engagés très tôt dans l'armée et y sont restés, leur départ à la retraite pouvait être déjà à 45 ans avec même des propositions de reclassement dans des postes civils, tranquilles.... Etre « diplomate de carrière », ça l'était aussi pour certains qui sortaient de l'ENA et choisissaient cette voie. Des enseignants aussi faisaient toute leur carrière dans des établissements scolaires. Pas mal de corps de métiers (chez les fonctionnaires déjà) étaient adaptés pour ces engagements, garantie d'emploi à long terme, même si le choix était parfois aussi une « vocation » ! 

 



MAIS la politique, par essence, ne devrait pas rentrer dans cette catégorie des « métiers à vie » ! D'abord, et surtout, parce que faire, être dans la politique, n'est pas un métier, mais un engagement pendant une période donnée, un CDD de valeurs et projets à défendre.

Quand on regarde la représentation sociologique des députés, sénateurs, ministres et autres, on comprend bien qu'il manque des pans entiers de catégories sociales pour que l'Assemblée Nationale, le Sénat, les gouvernements soient représentatifs du «peuple » de France.

Quand on s'engage pour faire progresser des idées, des projets, améliorer le quotidien des gens, on abandonne pour un temps, son parcours professionnel pour se consacrer à plein temps à l'avancée de ce à quoi on croit. Au bout d'un-deux voire trois mandats, il faut savoir passer la main pour que d'autres puissent aussi venir s'engager dans ces instances décisionnaires.

Mais pour cela, il faut un vrai statut d'élu afin que le retour à la vie publique puisse se faire au même niveau que lorsqu'on a quitté le milieu professionnel, pour se consacrer à son mandat d'élu.

Sans cette garantie, ni la représentation, ni les « attitudes » ne changeront et on en voit les excès clairement avec toute cette caste d'élu-es qui veulent faire « carrière » dans le monde politique, c'est à dire vivre avec un financement qui provient des impôts prélevés. Quelqu'un n'omettra pas de dire que les élu-es vivent à nos crochets !!!


 

 

Et c'est là aussi que ça dérape. 

Du jour au lendemain, députés, sénateurs touchent des « indemnités » d'un montant qui peut paraître excessif, voire scandaleux comparativement aux salaires des travailleurs qui font la richesse de ce pays. Et avec plein d'avantages en nature - frais de représentation, transports gratuits, repas, et cagnotte privée à discrétion, prêts bancaires à taux zéro et que sais-je encore! - qui font une sacré différence. Vivre un mandat, deux, voire trois dans cette opulence financière, ça peut marquer les « esprits » et en plus avec ce sentiment de pouvoir, puisque on devient un personnage public, ça accentue les choses ! Puis, on a des propositions qui émanent de personnes, de lobbyistes aussi, qui circulent dans les couloirs des palais dorés de la République. Alors, on voit des perspectives se dessiner pour garder ce « niveau de vie » le plus longtemps possible. En répondant à ces sollicitations, on devient vite un-e carriériste politique, mais dépendant de ceux qui vous proposent des « promotions ». Les engagements premiers deviennent bien diffus face aux « plans de carrière ». Et comme on observe cela de plus en plus, que le nombre de ces ambitieux augmente, le statut d'élu n'est pas pour demain et la politique perd de sa crédibilité, du respect pour la parole. On comprend bien le désintérêt politique de plus en plus grand, une abstention au moment des votes de plus en plus importante, ce qui enlève au final pas mal de « légitimité » aux résultats des élections.

 

 

 

Tous pareils ? 

Non, je ne dirais pas cela. Il reste des personnes de convictions, mais quand elles s'expriment, leurs voix sont souvent conspuées, étouffées, voire ignorées.

Et quand les « carriéristes » (les plus nombreux) parlent, on n'écoute même plus, tant leurs contradictions sont grandes et leurs collègues loin d'être exemplaires non plus. 

Les exemples ne manquent pas et ça commence par les plus jeunes ambitieuses visibles actuellement, comme Aurore Bergé, Amélie de Montchalin, et jusqu'aux anciens qui s'accrochent à « leurs privilèges » comme Pierre Moscovici, « entré » en politique à 30 ans, ministre de Jospin et de Hollande, qui après la Cour des Comptes en France rejoint la Cour des Comptes Européenne à Luxembourg avec 2040 € d'allocation logement et une rémunération mensuelle de 26 950 €. 

Pour ne citer que deux-trois cas. Et vous pouvez en citer pas mal aussi, ça ne manque pas.

 

 


 

Là, en février 2026, c'est la période électorale des Municipales. 

Je ne mets pas les maires, les élus régionaux dans la même catégorie, car ils restent des délégués - par les élections, on délègue notre pouvoir aux élus - qui sont présents sur le terrain, les territoires, et plus au contact des « gens ». 

C'est plus rare de les voir briguer 4-5-6...mandats d'affilé. Et les motivations peuvent être très diverses. Dans les petites communes, on n'est pas dans une démarche « carriériste », plus dans la représentation, et beaucoup s'impliquent aussi pour recréer du lien social, des espaces de rencontre, une vie culturelle, un meilleur vivre-ensemble.