vendredi 10 mai 2019

RN/LE PEN – LREM/MACRON : du réchauffé !



On voudrait nous amener à ce duo comme un remake de la Présidentielle d’il y a 2 ans à peine avec les résultats que l’on voit. On voudrait nous vendre l‘élection européenne comme un référendum pour ou contre Macron. Tout cela est bien tenté et sert les intérêts des deux protagonistes. MAIS cela n’a aucune valeur, n’a aucun sens et on essaye de nous fourguer un scrutin européen à un tour et à la proportionnelle comme si c’était une élection nationale. Mais cela n’a rien à voir, rien.

D’abord, cela ne changera absolument rien à la politique nationale. Les élu-e-s de chaque liste calculés en nombre selon les résultats (à la proportionnelle) iront siéger au Parlement Européen et devront rejoindre un des 8 groupes pour pouvoir peser et avoir droit à la parole. LREM rejoindra le groupe conservateurs et libéraux de droite du PPE ou de  l'ALDE, centre droit (Alliance des Démocrates et Libéraux). RN/FN a du mal à former un groupe cohérent et très minoritaire. Pour eux, c’est surtout l’immunité parlementaire qui est recherchée quand on décrypte le nom des candidat-e-s sur leur liste (lire bas de page). Pour Macron, c’est avoir des députés européens (il en a zéro actuellement) pour redorer son blason européen qui est en berne. Donc peu importe le résultat de cette élection, puisque chacun rejoindra son groupe et défendra SA politique. Et pour savoir laquelle, n’écoutez surtout pas les promesses électorales d’aujourd’hui, mais regardez, lisez les bilans passés pour savoir ce qui va continuer...Le libéralisme imposé par certains pays à toute l’Europe !
Si le gouvernement socialiste de Hollande avait fait une politique sociale, fiscale et environnementale, on n’en serait pas là. Si le gouvernement libéral de Macron avait fait une politique sociale, fiscale et environnementale, on n’en serait pas là. Le scénario de la Présidentielle a montré les limites des institutions de la Vème République où on a un roi-pdg avec tous les pouvoirs qui sert les intérêts de sa caste, de l’oligarchie, de la classe des nantis qui en veulent toujours plus, sourd aux revendications exprimées et répétées depuis des mois. Ne parlons même pas de LR (UMP-RPR) qui, après la campagne de mensonges et très droitière de Fillon, essaye de se refaire une virginité dans « l’opposition », tout comme le PS (Place Publique) !





                                        dessin de PAT Thiebaut    www.lagitedulocal.com

 
L’obstacle de l’évolution politique européenne vient de la majorité qui impulse sa politique et celle-ci est composée de la coalition entre conservateurs, libéraux et ...socialistes (qui alternent les présidences) où l’Europe est réduite à un marché géré par des boutiquiers tendant l’oreille aux lobbyistes. Ces trois composantes votent ensemble les traités de libre-échange, défendent l’austérité au Parlement Européen (les socialistes n’ont pas voté non plus contre la pêche électrique). Et ces derniers voudraient « rassembler la gauche autour d’eux ». Où est la cohérence dans ces opportunismes ?


Quels sont alors les votes « utiles » au Parlement Européen ?

Dans ce système électoral particulier à un tour et à la proportionnelle, on peut encore voter par conviction. Si on souhaite un changement à terme de l’Union Européenne, il faut encourager celles et ceux qui veulent changer les institutions (Commission européenne, Parlement européen), les traités en cours et influer sur les contenus, les propositions, les directions à prendre.
Pour cela, il faut un groupe plus important pour permettre des coalitions autres que celle des conservateurs, libéraux et socialistes ensemble.

Pour ma part, il n’y a que deux possibilités : 
le groupe Les Verts-Alliance libre européenne ou le groupe GUE, gauche unitaire européenne. 
Afin que ces deux groupes travaillent et votent ensemble (c’est déjà le cas sur certains dossiers), il suffit de renforcer leur nombre d’élu.e.s. Comme les élu.e.s EELV en sont déjà à leur troisième mandat, et que dans leur groupe les allemands modérés, centristes de Bundniss 90 - Die Grünen peuvent se rapprocher des libéraux-conservateurs du groupe PPE dans une future coalition, je voterai pour la liste de Manon Aubry/LFI-La France Insoumise qui rejoindra le groupe GUE où siègent les communistes, la Gauche verte nordique, et qui portera son programme social, fiscal, environnemental.


                                  l'ex-vice-président du Parlement Européen 
                                  (groupe EELV/Les Verts-Alliance libre européenne), Dany Cohn-Bendit,
                                  fait campagne avec Macron !!!



C’est cela la réalité de cette élection européenne qui n’a rien à voir avec un duel Macron-Le Pen ou un fictif référendum pour ou contre Macron.
Ne vous laissez pas manipuler par cette propagande qui ne profite qu’à ses deux leaders et n’a aucun impact national quoi qu’on vous fait croire. Et qui ne changera strictement rien au niveau européen.
Il ne faut pas se tromper, se laisser leurrer par ces basses manipulations, ces promesses sans suite…



Et l’abstention/le vote blanc me direz-vous. Cette élection européenne à la PROPORTIONNELLE permet un vote par conviction. Le choix (33 listes pour 74 élu.e.s-79 après le Brexit)) permet cela. Donc …



Nous sommes les acteurs du changement,
l’avenir n’est pas écrit.





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                                                   INFOS COMPLEMENTAIRES

EUROPEENNE : aider les « copains » en difficulté ...judiciaire !

Jugez du peu.
La tête de cette liste à l’élection européenne est Jordan Bardella soupçonné d’ « un usage irrégulier de l’indemnité d’assistant parlementaire »  (OLAF,2016). Car, en même temps que ce poste au Parlement Européen, il était aussi secrétaire départemental du parti et chargé de mission au pôle prospective au niveau national. Dominique Bilde (position 4) est visée sur les emplois fictifs au Parlement Européen. Nicolas Bay (position 7) est mis en examen pour détournement de fonds. Catherine Griset (position 10) est mise en examen pour abus de biens sociaux et recel. Jean-François Jalkh (position 13) mis en examen en 2015 comme vice-président du parti, secrétaire général de Jeanne, le micro-parti qui chapeautait le financement des campagnes électorales. Aurélia Beigneux ( position 14) soupçonnée d’avoir perçu indûment le RSA, elle qui est adjointe aux affaires sociales à la mairie d’Henin-Beaumont. France Jamet (position 20) est citée elle aussi dans l’enquête sur les emplois fictifs. Eric Minardi (position 25) représentant du parti en Polynésie a été condamné à 3 ans d’inéligibilité après les législatives de 2012. Patricia Chagnon (position 26) a été condamnée (07/2018) à une peine d’amende et d’inéligibilité pour harcèlement moral. Re-jugement en octobre 2019 puisqu’elle a fait appel.
Sacré liste, non ?

Alors, il faut savoir aussi que être élu-e à cette élection européenne du 26 mai vaut ...immunité parlementaire !!!
Ce parti qui cherche à protéger ses « copains », très féru de leçons de morale, est le RN/FN, vous l’avez peut-être deviné.

                                               (Source : « Le Canard Enchaîné » du 8 mai 2019)

vendredi 26 avril 2019

ENTENDU, MAIS PAS COMPRIS !




RESTITUTION DU GRAND DEBAT NATIONAL
conférence de presse du 25 avril 2019 – 18h03/20h20
et 15 questions pour les 230 journalistes présents


Le Président E. Macron fait des constats :
* injustices fiscale, territoriale, sociale
* manque de considération
* manque de confiance dans les élus
* sentiment d’abandon face à l’organisation du monde


"...Faut-il tout arrêter et changer ? NON. Au contraire, car ma politique répond aux attentes de nos concitoyens,il faut juste accélérer les changements pour que ce soit plus visible »


Les conclusions qu'il en tire :
redonner l’espérance dans l’art d’être français : enraciné et universel
l’humain au coeur du projet politique
la simplicité est la vraie protection


4 orientationsdans ses décisions :

1. changer notre démocratie, notre administration
- un statut pour les maires
- réduire le nombre de parlementaires de 25 % et limiter le nombre de mandats
- pas de vote obligatoire, pas de prise en compte du vote blanc
- pas de RIC, mais un RIP (un million de voix pour imposer un débat parlementaire)
- pétitions possibles pour les assemblées locales
- transformation du CESE en « Conseil de la Participation Citoyenne » (réduction du nombre et
  ajout de 150 citoyens tirés au sort
- nouvel acte de décentralisation (logement, transport, transition écologique)
- différenciation des territoires
- Nouveau Pacte Territorial : redéploiement des services publics
- plus de fermeture d’hopitaux et d’écoles
- abandon de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires
- Guichet unique des services de l’État par canton : « France Services »
- fin de l’ENA et des « grands corps » avec protection à vie
- 20 % de proportionnelle (Parlement)

2. justice fiscale
- la Cour des Comptes va évaluer le montant de l’évasion fiscale
- ISF : pas de rétablissement (évaluation en 2020), mais
  impôt sur le patrimoine immobilier et investissement défiscalisé (production de richesse)
- baisse des impôts des classes moyennes
- suppression de certaines niches fiscales des entreprises, pas des particuliers
- baisse des dépenses publiques
- plan pauvreté : investir dans la Petite Enfance, 24 élèves maxi entre GSM et CE2,
  suite du dédoublement dans certaines classes, mieux former les professeurs
- aides aux entreprises
- revoir le système assurance-chômage
- prime annuelle entreprises de 1000€ reconduite
- indexation des petites retraites (sous 2000€) sur l’inflation en 2020 et les autres en 2021
- retraite par points - minimum retraite 1000€
- pas de suppression de jours fériés, travailler plus mais avec droit légal de départ retraite 62 ans
- pas d’augmentation du SMIC (contraire à l’objectif de compétitivité),
  c’est aux entreprises d’augmenter les salaires
- Pacte productif : 2025 le plein emploi


3. le climat au coeur du projet
- création d’un Conseil de Défense Ecologique
- politique énergétique et économie circulaire
- aides pour changer de chaudière et de véhicule
- Conférence Citoyenne pour soumettre des sujets au Parlement
- Agenda 2025 : stratégie collective de la nation


4. Permanences « art d’être français »
- la famille : pension alimentaire non-payée pris en charge par la CAF,
  « aidants familiaux » pour handicapés et dépendants
- l’engagement : nation de citoyens, tissu associatif, service national civique
- la laïcité : réaffirmation de la loi de 1905 et intransigeance envers l’islam politique,
  refonder Schengen (frontières), bien accueillir, débat annuel sur les migrations






EN RESUME de ce long, très long verbiage :

                  « un nouveau pacte avec les français : l’humain au coeur du projet »

 
« Les désaccords s’expriment, j’assume de ne pas avoir cédé sur mon projet »
« augmenter le pouvoir d’achat, c’est se battre contre les dépenses contraignantes »
« je crois profondément » ... mot utilisé une cinquantaine de fois ainsi que
humain, responsabilité, pragmatisme
« Plus rien ne sera comme avant »avait annoncé la porte-parole du Président,
mais au bout de cinq minutes, on a compris que tout serait comme avant , avec quelques aménagements.
« Le Président donne le cap, le gouvernement et le Parlement proposent et choisissent. »
« Nous avons déjà fait beaucoup dans ce sens, il nous faut accélérer les réformes
pour ce que les résultats soient plus visibles »



Le Président a peut-être écouté certains français, mais il n’a rien compris…

Cette restitution n’est en fait que la déclinaison de SA politique qu’il essaie de justifier en y intégrant certaines dispositions-perspectives, il a fait sa campagne européenne et déjà préparé sa campagne de réélection de 2022 (agenda 2025!!!) même s’il dit le contraire.
Lors de sa rentrée dans la salle des fêtes de l’Elysée, les membres du gouvernement se sont levés comme c’est le cas dans une salle d’audience d’un tribunal !!!!!
On se serait cru aussi dans un cours magistral pédagogique universitaire ou encore une réunion de bilan gouvernemental, positif et à poursuivre.

dimanche 21 avril 2019

APRES "LE MEPRIS", "LES MISERABLES" …

Lundi 15 avril 2019. A 20heures, le président de la France Emmanuel Macron devait annoncer sur les chaînes TV les décisions politiques qui devaient calmer les colères, le ras-le-bol, exprimés depuis novembre à travers tout le pays. Une forte attente qui devait décliner du concret, de l’immédiat, du simple, genre augmentation du SMIC, retour de l’ISF, recours au RIC, ….
Mais avec le technocrate au pouvoir soutenu par toute la caste financière, industrielle qui l’a mis au pouvoir, il ne fallait pas rêver. Cela faisait des semaines et des semaines qu’il se moquait de tout le monde en minimisant, puis en terrorisant, puis en emprisonnant tout ce qui portait gilet jaune. Il inventa un Grand Débat National avec questions à choix multiples, autant dire que les réponses attendues étaient dans les questions. Il criminalisa les manifestant.e.s du samedi en semant la terreur avec ses forces de police qui éborgnèrent, mutilèrent de nombreuses personnes. Il enfuma, épuisa un mouvement populaire de revendications sociales.
Son intervention télévisée très attendue devait répondre à la « restitution » du Grand Débat. Mais l’incendie accidentel, sans blessés, d’un bâtiment cultuel célèbre fut pour lui l’occasion de reporter une fois encore cette allocution explosive non pas dans ses annonces, mais plutôt dans ses non-annonces. Reporté à un « moment plus opportun », le temps politique se soumet à un fait divers : ça veut tout dire.



Dès le lendemain, toujours pas de déclaration, mais une courte allocution pour exprimer sa tristesse par rapport à la chute en cendres de la tourelle de Notre Dame et son engagement à la reconstruire en 5 ans (pour la veille de l’ouverture des J.O. de Paris?). Et pour le financement, un appel à la « générosité » des français ! Pas de mise en cause de l’entreprise qui faisait des réfections sur le bâtiment, sûrement à l’origine du départ de feu ou même l’évocation de recourir aux assurances. Non, ce sera l’élan national du peuple qui sauvera l’église !!!
De toute façon, dès le lendemain, des centaines de millions d’Euros sont déjà promis en dons. Les contributeurs ? Arnault, LMVH, Lagardère, etc..Bref, les grands fortunes, éxonérées de l’ISF et qui trouvent là une nouvelle opportunité de déductions fiscales importantes (de 60 à 90%) et autres avantages induits. Immoral jusqu’au bout. Obscène, inadmissible. Une provocation pour ceux qui attendaient des réponses concrètes aux revendications énoncées depuis des mois.

Alors, ce qu’il devait annoncer (et qu’il verbalisera « le moment venu », ce sera au final une conférence de presse ce jeudi 25 avril) va « fuiter » (!!!) dans les médias de propagande : indexation des petites retraites sur l’inflation, paiement par l’État des pensions alimentaires non-honorées, prime annuelle de 1000 € payée par les entreprises, impôt sur les propriétés immobilières ( pas d’ISF), un RIC mais uniquement sur des questions locales, vote blanc comptabilisé, dose de proportionnelle aux législatives, ….bref des mesurettes déjà connues mais sans indications de faisabilité ou inscrites en chiffres dans le budget.
Emmanuel Macron continue ainsi son enfumage, sa politique, en ne faisant que de la figuration : sourires et belles paroles lyriques ! Cela va-t-il calmer la grogne générale ou enflammer davantage le pays avec la répression policière et même l’armée face au « peuple » ?



Ce président qui est le représentant des puissances d’argent est probablement le pire de ce que la Vème République a connu, malgré son âge, son sourire, sa capacité intellectuelle. Il ne connaît pas son pays, les gens, il ne fait que « contact » avec eux et le moins possible (et dans des cercles maîtrisés !). Il est coincé entre l’image à la Kennedy qu’il aimerait donner et les exigences de ses commanditaires ultra-libéraux et purement financiers...Et il n’a aucune hésitation pour savoir où il est. Le reste n’est pour lui qu’une scène de théâtre où il joue son rôle, son propre rôle où il est à la fois acteur et metteur en scène. C’est donc lui qui choisit comment et quand il rentre en scène. Tout le reste n’est que propagande, stratégies de communication.
En moins de deux ans, il s’est dévoilé et le résultat est désastreux : un pays divisé en deux classes très distinctes, des lois liberticides votées comme un seul homme sans débats, un appauvrissement des classes moyennes, quelques miettes jetées aux « pauvres » et les affaires de sa caste qui n’ont jamais autant prospérées. 


Ce printemps s’annonce chaud, c’est l’incendie dans le pays, pas seulement celui d’une cathédrale vite éteint, aussi célèbre soit-elle (rappelons qu'elle servait de cave à vin sous la Révolution !). Tout est tellement calibré et mis en musique si rapidement qu’il ne manquera sûrement pas un petit rigolo qui parlera que ce serait même lui (ou ses services) qui aurait allumé la mèche de la diversion. Car cela aussi met en retrait toutes les affaires de pédophilie au sein de l’Église avec un Président qui va à la messe pascale au Touquet-Paris plage ce dimanche.
Dans leur monde, tout est possible puisqu’on se fait de l’argent avec tout, sans scrupules, sans morale. Bizness is bizness !

Et pour les autres : des promesses non-chiffrées, des élections où on brandit à chaque fois la peur de l’extrême-droite RN-FN encore et toujours, où la gauche LFI est ignorée, et tout continue comme toujours, où les changements à la marge se font au rythme de la fermeture des centrales nucléaires bénéfiques pour le CO2 et le climat !!! 
Tout est dit, mais …
l’avenir n’est pas écrit !

mardi 9 avril 2019

APRES LE DEBAT...


         LE GRAND DEBAT /01 et LE VRAI DEBAT : vers quels votes décisionnels ?

Pour la « restitution », c’est la recherche de la légitimisation du cadre imposé par M. Macron. On commence par énumérer les chiffres du genre : 1 500 000 réponses au questionnaire sur internet, réunions dans 10 000 communes, 10 heures de paroles du Président dans les « débats » qui a prêché dans toutes les parties du pays ! Mais ces chiffres ne valent rien car ce n’est pas une consultation, mais une énumération basée sur UN type d’échantillon de la population. Et selon les échantillons, les résultats varient, on le sait bien. 

Les Gilets Jaunes ont aussi organisé un Vrai Débat (de janvier à mars) avec l’aide de l’Université de Toulouse : 45 000 contributions d’où ressortent RIC, justice fiscale, ISF, nationalisation des autoroutes, vote blanc, … et 1 million de participant.e.s au vote final.



Le Grand Débat National a surtout été un semblant de dialogue entre le pouvoir exécutif et une certaine catégorie de gens (maires, militant.e.s LREM, électeurs-électrices de M.Macron, curieux, …). S’il y a eu un semblant de libération de la parole, cela s’est fait plus autour des rond-points que dans ces assemblées normées, encadrées...Et puis, après la libération de la parole, il faut des délibérations et des décisions-votes ensuite. Sinon, cela n’est que de la poudre aux yeux...Et c’est le cas.
Quels sont les points « sortis -sélectionnés» par le Premier Ministre en attendant que le Président soigne la mise en scène de SA restitution ? 

Quatre points :
la fiscalité (baisse des impôts), la justice, l’évolution des institutions, la transition écologique.
Par rapport à ces demandes radicales, selon E. Philippe, il ne faut pas que les décisions soient frileuses...Mais « en même temps » il explique en gros que toutes ces thématiques sont déjà mises en œuvre par le gouvernement, mais qu’il faut simplement les accentuer, les accélérer. Bref, vous voyez, on est d’accord et on va faire mieux et plus vite, pas vrai ?
On assiste donc à la suite d’un enfumage politique après un Grand Débat qui a coûté malgré tout 12 millions d’€ !!!
Et les suites, ce sera quoi ? La poursuite du cap de la politique austéritaire, mais pas pour tous...Des effets d’annonce, quelques mesures à la marge, rien qui remette en cause l’oligarchie qui a mis en place le Président.



Quand il parle de baisser au plus vite les impôts, ça veut dire quoi pour vous ? La diminution du train de vie de l’État et de ses élu.e.s, arrêter les dépenses inutiles dans des projets inutiles (GCO, ...), rétablir l’ISF, redéployer les services publics, baisser la TVA sur des produits de première nécessité, augmenter les tranches d’impôt, ….

Quand il parle de la justice, ça vous fait penser à quoi ? Aux assignations à résidence, à l’interdiction de manifester, aux violences policières couvertes, à l’envoi de l’armée, à la surveillance accrue des « suspects », aux fichages aléatoires, à l’impunité de Benalla et des détournements de fonds, des conflits d’intérêts, …

Quand il parle de transition écologique, ça vous fait penser à quoi ? A la conversion énergétique, la fin des forages, de l’exploitation des énergies fossiles, d’une agriculture sans glyphosate et tueurs d’abeilles, sans pesticides et de la production locale pour se nourrir sainement, des transports collectifs accessibles à bas prix et répartis sur tout le territoire par un maillage général multimodal, le soutien à l’agriculture biologique et aussi de montagne,la fin du plastique et des déchets industriels, …

Quand il parle d’institutions, ça vous fait penser à quoi ? Un pouvoir réel au Parlement avec des députés élus à la proportionnelle pour une vraie représentativité, le RIC, une régionalisation avec des régions à identité et des compétences réelles (économie, transport, environnement, …)



On est loin des assemblées citoyennes, tirées au sort, délibératives où les décisions sont ensuite soumises à référendum/vote.
La France est divisée en deux et il n’y aura pas de grande réconciliation entre le ras-le-bol général exprimé par le mouvement des Gilets Jaunes et les supporters de la politique libérale de M. Macron.

Tout est parti de là (les Gilets Jaunes, un mouvement d’ampleur et de durée inédites) et qui n’est pas cité une seule fois… Edifiant pour la suite, qui sera larvée, perlée, leurrée..à la marge !




RESTITUTION du GDN / 02  (10 avril)

                                              dessin de VEESSE  www.hebdi.com
                                         le magazine satirique indépendant alsacien
 

C'est quand même très fort de café que d'entendre trois heures de discours du Premier ministre pour décrire ce qu'on sait depuis novembre 2018 et être interpellé par ce qu'IL en retient.
J’ai apprécié ce qu’en disait hier Bruno Cautrès , chercheur CNRS et Sciences Po « C’est une tentative de l’exécutif de faire rentrer le torrent de l’explosion de la colère populaire dans le lit du courant macroniste ». C’est exactement cela. Utiliser un choix dans les thèmes de discussion imposés pour expliciter SA politique pour ne changer que à la marge. Cela se voit vraiment dans ce qu’il dit sur deux des thèmes retenus : démocratie et écologie, où il dit crânement que ce qui est exprimé dans les questionnaires est ce que a commencé le Président et le gouvernement. C’est gros, mais plus c’est gros et plus ça passe, pensent-ils encore ! De toute façon, le discours, les annonces, les décisions très attendus et reportés chaque jour (du Président) commencera sans aucun doute par une généralité redondante pour se défausser du genre : « ce qui arrive n’a pas été réglé depuis 30-40 ans »…
 
Dire que le Grand Débat est un succès populaire, c’est encore une fois tromper, faire de la propagande. Il suffit de regarder la sociologie de celles et ceux qui ont participé pour se rendre compte que ce sont surtout les classes moyenne et aisée qui ont participé, se sont déplacées. Pas grande trace des décrocheurs, des banlieues, des jeunes, des milieux ruraux. Ce Grand Débat est un gâchis et coûteux (14 millions €).
Il faut quand même se souvenir que sans le mouvement des Gilets Jaunes, il n’y aurait pas eu de débat, ni de désirs de changements profonds. Et pourtant le premier ministre se félicite de cette grande consultation, d’avoir entendu les français.es ….sans nommer une seule fois les Gilets Jaunes ! C’est comme tirer la couverture à soi...et ce n’est que le début !

Il parle de baisses d’impôts (pour qui ?) : oui l’ISF (3,2 milliards/an), taxe d’habitation pour certains, mais il oublie les hausses du carburant, du tabac, de la CSG, du gaz, de l’électricité,etc.
Il parle de réduire les dépenses de l’État alors qu’on voit les projets inutiles imposés partout et des grandes messes très coûteuses. Un exemple (puisqu’on parle de l’impact des GJ sur les commerces des centres villes) : le prochain G7 (vous savez ces rencontres des « 7 maîtres du monde ») aura lieu en France à Biarritz en pleine période estivale (24-28 août) où le centre-ville, le marché, seront bloqués et interdits, et surtout les plages (et le surf) . Perte de commerce et grosse dépense d’organisation ! Et tout ça, pourquoi ? M. Macron peut nous faire la leçon, mais nous ne sommes pas dupes et de moins en moins influençables par les médias de propagande….
D'ailleurs, il faut attendre que le Président décide de sa mise en scène pour entendre ses décisions politiques de la grande transformation du pays !!!!!!

Pour terminer pour aujourd’hui, quelque chose qui n’a rien à voir peut-être, mais bien dans l’esprit d’hypocrisie totale actuelle, même l’Église s’y met. Quoi ? Ben oui, j’ai vu ce matin, cette pub TV qui dit : « je crois en l’Église, je lègue à l’Eglise » !!!! En pleine crise de pédophilie où les religieux à tous les niveaux sont démasqués, l’Église craint pour son niveau de vie et de revenus !!!!
Cela montre bien où nous en sommes en 2019….

Belle journée à vous !
L'avenir n'est pas écrit...

mercredi 13 mars 2019

LES GENS, LA CASTE, nous ...


La misère sociale se chuchotait entre les mots. Phrases jetées, avec discrétion, parce que la honte s’ajoute aux malheurs : celle de ne pas s’en sortir, de ne pas pouvoir offrir même quelques bribes de bonheur à sa famille, en se cachant dans sa  souffrance. « Cette honte privée est devenue une colère publique » analyse le député LFI-journaliste François Ruffin dans son récent livre « Ce pays que tu ne connais pas » qui est comme une lettre d’un « représentant des gens » à E.Macron. Et il rajoute : « La pudeur a sauté comme un barrage, et à chaque carrefour c’est le grand déballage des témoignages. »

 

Nous voilà donc face à une nouvelle réalité, une mutation, face à laquelle tous les discours précédents sonnent faux, parce que les dirigeants de notre pays ne la comprennent pas, ne la voient pas ou préfèrent détourner la tête, inventer un leurre-débat, réprimer toute manifestation, en attendant le retour au calme des affaires.
Il y a une remise en cause profonde, par le mouvement des gilets jaunes (GJ), des institutions et de la démocratie représentative, des pouvoirs politique et syndical, de l’organisation de la société, de la vie…

Il y aurait pu avoir une convergence avec les syndicats puisque une part des revendications liées au monde du travail se recoupent. Mais les syndicats fonctionnent de façon catégorielle alors que le mouvement des Gilets Jaunes aborde les problèmes sociaux de façon globale.
Il y aurait pu avoir une convergence avec des partis politiques qui s’opposent au néo-libéralisme de la caste dirigeante. Mais ces dernières décennies, nous avons eu l’alternance gauche/droite où il n’y avait même plus d’antagonisme visible, tant, au niveau de l’État, l'incapacité et l’inadaptation à faire contre-poids à la globalisation irréversible de l'économie devenaient chaque jour plus évidents. Dans les politiques successives, on voyait surtout une justification des mesures d’austérité administrées au pays afin de sauver les apparences, faire croire que le pouvoir politique régulait l’économie, alors qu’il engraissait la caste en faisant  le sacrifice de la cohésion sociale par ailleurs.
La robotisation, l’informatique et l’intelligence artificielle, les délocalisations sont les signes d’un monde industriel globalisé qui produit en quantité des marchandises avec en parallèle une diminution significative des hommes nécessaires à cette production. L’idéologie ouvriériste d’un développement lié du monde ouvrier et de la production marchande s’est effondré. Comme se sont effondrés le capitalisme (on peut s’enrichir en fournissant un bon travail!) et le communisme (après la chute du mur de Berlin en 1989) avec l’émergence d’une économie mondialisée et dérégulée. Opposer politique et économie n’a plus de sens puisque la politique n’a plus de prise sur l’économie, elle ne fait plus que l’accompagner ou être à ses ordres.
Sur ce chaos larvé fleurissent les « populismes » nationaliste et/ou élitaire.
Imaginer le cadre national comme forteresse face à la globalisation économique, aux bouleversements environnementaux est une vue de l’esprit très étroite et mythique. C’est se raconter des histoires face à la réalité du monde.
De même, c’est tout autant une histoire que de prétendre qu’en s'appuyant sur les élites administratives issues des grands corps et les élites civiles dépositaires d'une expertise, on arrivera à maîtriser cette mondialisation au niveau européen et/ou du pays.

Faillite syndicale, faillite politique, les captations des ressources naturelles et financières par une caste, une oligarchie, posent les questions en profondeur sur notre existence commune, le pouvoir sur notre vie et nos choix.

C’est dans cette optique que le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne / en toutes matières) est très fortement mis en avant par le mouvement des Gilets Jaunes, car il marque une envie, une revendication, une exigence d’une nouvelle démocratie qui couvre tout le champ de la vie quotidienne.





Pour mémoire, le programme « Les jours heureux » mis en œuvre par le Conseil National de la Résistance au sortir de la dernière guerre mondiale, dans un pays en ruines, a montré la voie. Les citoyens- résistants d’hier et d’aujourd’hui doivent avoir à coeur de le poursuivre, et non pas d’assister à son enterrement.


Nous sommes dans un nouveau temps de résistance, multiforme, polymorphe, qui dépasse les frontières et touche à la survie même de l’espèce humaine. Cela semble exagéré de le dire ainsi, mais en prenant le temps de développer, de fouiller avec ce que l’on sait et qu’on apprend, on se rend bien compte que nous sommes dans une situation de clivage de classes, de rupture, et elle peut devenir plus radicale chaque jour.

L'avenir n'est pas écrit....



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Le rassemblement annuel des Citoyens-Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui 

a lieu comme chaque année sur le plateau des Glières (Haute-Savoie) 
à Thorens-Glières les 17,18,19 mai 2019     
http://www.citoyens-resistants.fr/

mardi 5 mars 2019

« ECOLE DE LA CONFIANCE »

Ce sont les termes employés pour cette enième réforme de l’Education Nationale. Dans le langage macronien brut, cela veut dire : 
défiance, contrôle, économie.

L’Assemblée Nationale, avec une majorité écrasante LREM qui vote « comme un seul homme » ce que le gouvernement (autant dire le patron Macron) lui demande, a validé, en 5 jours, 26 articles et 1000 amendements la loi Blanquer-Ministre.




Les médias de propagande ont bien relayé les éléments de langage du gouvernement :
dans toutes les classes du pays on trouvera dorénavant les drapeaux français et européen, les paroles de La Marseillaise seront affichées ainsi qu’une carte de France ; il n’y aura plus les mentions père et mère, mais parent 1 et parent 2. ( Pour mémoire, existent depuis un moment, les mentions représentant légal 1 et représentant légal 2 !).
 
Voilà pour la façade et de quoi alimenter les conversations.
Mais derrière il y a autre chose qui pose questions.

Défiance :
* Qu’est-ce qu’un prof a encore le droit de dire quand on veut encadrer sa parole dans un « devoir de réserve des enseignants » ? L’exemplarité du métier ne semble plus suffisante.Il faut éviter toute brèche possible de critiques institutionnelle et/ou politique.

Contrôle :
* Le CNESCO, assez indépendant et objectif dans ses analyses et avis, évaluait l’école de la République. Il est supprimé ou quasiment et remplacé par un CEE (Conseil Evaluation Ecole) composé de 14 membres dont 10 nommés par le Ministère et 4 parlementaires. Autant dire que le Ministère s’évalue lui-même.
* Les étudiants qui préparent le concours pour être enseignant percevront un salaire dès la 2ème année en échange d’heures dans un établissement scolaire. Pour quelles missions de formation ? Des remplaçants au rabais, sans réelle expérience, appliquant ce qu’ils ont emmagasiné ?
* Les centres de formation (reliés à l’Université) ESPE, deviennent des INSPE et sont rattachés directement au Ministère qui y diffusera ses directives, une formation standardisée sous contrôle.

Economie :
* « L’instruction obligatoire à 3 ans ». Une belle annonce, mais il faut savoir que c’est déjà le cas à 98 % . C’est par le biais des charges obligatoires payées par les Mairies pour les écoles que cela va apporter un peu plus d’argent aux écoles privées (pour cette tranche d’âge). Qui sera forcément, par vases communicants, être diminué de la somme allouée pour les ATSEM des écoles publiques qui remplissaient déjà cette mission.
* Création possible par décision du Préfet ou des Collectivités Locales des « Etablissements publics des savoirs fondamentaux » EPSF ou plusieurs écoles sont mis sous tutelle d’un collège. C’est annoncé comme une meilleure liaison pédagogique, mais c’est surtout une annexion administrative des écoles primaires. Les écoles deviennent des « classes du 1er degré ».
* Il est aussi cité un « élargissement des expérimentations pédagogiques » comme permettre par exemple de répartir les heures d’enseignement sur l’ensemble de l’année scolaire-une annualisation du temps de service des enseignants.
Il ne faut pas perdre de vue que le programme de M.Macron est de réduire de 50 000 postes dans l’enseignement sur le quinquennat.

Voilà ce qui attend les acteurs de l’Education Nationale et tout cela sans débat puisque les amendements sont votés directement.

Et surtout, surtout : où sont les élèves dans toute cette réforme ?

 

Les questions sont là, réelles, légitimes, et sans réponse politique, voilà que s’ajoutent aux gilets jaunes, les stylos rouges.
Sans compter que les enfants sont aussi dans la rue toutes les semaines et réclament un avenir, des mesures pour le climat.
« A quoi peut servir le Bac si on n’a pas d’avenir ? »
2 millions de signatures pour « l’Affaire du siècle » qui demande la même chose au Président qui rejette la responsabilité sur les citoyens et les entreprises !!!

Qui croire encore ? Quoi faire ?
Responsabilités, actions, urgence, violence, rapports de force, clairvoyance, …..

Les mots ne règlent pas les maux.