samedi 9 février 2019

DES GILETS JAUNES A HOMO SAPIENS ...pour ne pas parler du futur


DES GILETS JAUNES
Ce mouvement inédit qui a éclos d’un trop-plein d’insatisfactions, de colères, de révoltes, de frustrations, d’injustices, …, a été déclenché par une nouvelle augmentation de taxe carburant, justifiée par le gouvernement comme étant une mesure pour la « transition écologique ».
Le symbole affiché de cette révolte fut le port du gilet jaune que tout automobiliste a obligatoirement dans son véhicule pour signaler un danger quand il le porte.
Bien vite, les revendications se font bien plus générales et plus précises aussi, toutes convergeant vers une volonté de changement de politique. Elles touchent à la fois le monde du travail, la précarité sociale, l’économie mondialisée et la production de biens, la justice fiscale et l’abandon des services publics, le « train de vie » de l’État, l’exemplarité de nos élu.e.s, le manque de démocratie et la structure verticale du pouvoir, ….
Les exigences sont multiples, polymorphes, expriment un mal-vivre dans un pays riche et « civilisé ».


Face à cette révolte populaire, il n’y a pas eu de réponse politique appropriée du président-roi Macron. Quelques miettes : le report de six mois de la deuxième augmentation de la taxe carburant prévue ce janvier 2019 et une mini-augmentation sur la fiche de paye pour celles et ceux qui touchent la prime d’activités. Puis, une dispense de la CSG pour quelques-uns, la disparition de la taxe d’habitation pour d’autres et de menus aménagements techniques favorables à celles et ceux qui en feront la demande (et seront au courant) avec l’aide de services sociaux débordés, des fonctionnaires en diminution permanente…
La grogne généralisée est attisée par ce qui ressemble à de la provocation, une sorte de surdité d’un chef d’entreprise interpellé par une grève surprise géante et reconductible ! Alors, en affirmant qu’il a été élu sur un « programme », M.Macron rappelle qu’il gardera le « cap »...et fait intervenir les robocops de la police, la mieux équipée d’Europe, qui balance ses flashballs (LBD) et autres grenades lacrymogènes et de désencerclement sur les foules jaunes, quasi sans discernement, en éborgnant des dizaines de manifestant.e.s. L’état de violence augmente dans ces affrontements, gangrenés aussi par des casseurs infiltrés dans la masse.
Et puis, la stratégie politique se met en place. Destruction et évacuation forcés des lieux de rassemblement des Gilets Jaunes, les rond-points du pays. Annonce et mise en place rocambolesque du « grand débat national » avec une consultation nationale sur quatre thèmes et trente-cinq questions pré-choisies comme « cadre » des discussions. Un bel enfumage-open bar destiné surtout à user et minimiser le mouvement général de protestation. Avec des meetings médiatiques (et électoraux!) rassemblant les maires et élu.e.s, quelques jeunes pour leur promettre qu’avec lui, « ils » construiront un « nouveau monde », une propagande orchestrée à grande échelle (sur les deniers publics) et qui promet une « restitution » de tout ce qui a été noté, débattu !!! Il faudra un sacré algorithme pour trier, synthétiser les 800 000 contributions, et du temps...Que nenni ! A part quelques décisions à la marge, il n'y aura rien qui ne sortira pas du logiciel présidentiel. Pas d’abolition de l’ISF, du CICE, de la flat-exit-tax, des paradis et exilés fiscaux, pas d’exemplarité sur le train de vie de l’État, pas d’arrêt de la casse des services publics, pas d’augmentation substantielle du SMIC, pas de … la liste est longue !
Seule, la minorité d’élu.e.s d’opposition LFI, ne peut rien faire bouger face à une assemblée ultra-majoritaire qui vote comme un seul homme (le Président à qui ils doivent leur poste bien confortable pour la plupart).
La stratégie du gouvernement est simple : en même temps que le « Grand Débat National » pour affaiblir et user la mouvement, demander à avoir des représentant.e.s Gilets Jaunes pour mieux les coincer très vite, les neutraliser.

 

 



Le piège ne prend pas vraiment, même si certain.e.s veulent créer un ou des partis (4 déjà !)  qui se présenteraient aux élections….européennes et avec la dispersion des voix, par le système électoral, donner encore plus d’élu.e.s à LREM, le mouvement-parti du président.
Mais, selon les régions, d’autres s’organisent et choisissent la structure associative.
Les protestataires du premier cercle du 17 novembre cherchent un deuxième souffle, épuisés par toutes les manifestations du samedi où la seule réponse est la répression policière et les blessés.
Moins optimistes sur une réponse politique, ils veulent initier des actions locales pour créer du mieux-vivre ensemble sur un territoire donné.
Mais la structure associative « légale » les confronte rapidement à quelque chose qui jusque là était vraiment dans les fondements de ce mouvement, les décisions collectives sans chef, sans président.e d’association. Pour rester sur cette ligne collective, les trois représentant.e.s légaux d'association devraient être tirés au sort et le travail organisationnel, sur les fonctions administratives (tribunal, police, banque, assurance), de communication (interne et externe, porte-parolat) et comptables (finances), délégué à des « responsables » entourés.
Car, il y a là un risque pour le mouvement GJ (mais pas du tout pour le gouvernement) que cette association à caractère social très marqué ne devienne à terme qu’une association comme une autre, un nouveau partenaire, mais à qui on a enlevé toute revendication politique radicale.
Du point de vue local, c’est très positif dans la mesure où des nouvelles initiatives et actions locales peuvent amener à un mieux-vivre ensemble, tout en créant du lien social indispensable actuellement.
Mais où serait encore « l’âme » du mouvement ? La question mérite d’être posée car ce sera le cas partout où le mouvement est inscrit dans la durée.
Sans cette politique libérale financiarisée en œuvre depuis des années, sans son application au profit d’un système de classe, d’une oligarchie dominante et accumulatrice, il n’y aurait pas eu de mouvement des Gilets Jaunes. Sans gilets jaunes, il n’y aurait pas eu cette émancipation politique et sociale de masse.
Sans réponses politiques acceptables, sans avancées sociales, économiques, sans changements profonds durables, quelles seront les réponses du « peuple » ?
La représentation politique rentrera très tôt dans les discussions-débats des Gilets Jaunes. Syndicats, parti, associations existantes qui portent ces revendications aussi ne sont pas des ennemis ou des opportunistes, mais des forces de convergences à ne pas ignorer.
En politique, c’est le rapport de force qui est le critère.

Et, parmi tout ce que j’entends dans la parole des GJ de mon territoire, c’est aussi sa vie qu’on interroge, ces vies rencontrées, la vie. Et là, on remet en perspective, l’humain, l’espèce humaine, la survie, la survie de la planète aussi quand on a des enfants, petits-enfants (ou par convictions.)
Comment le tout - le global - agit, intervient dans notre quotidien où nous sommes dépendant.e.s, et comment ici et maintenant - le local – je peux agir et intervenir pour changer un certain nombre de choses pour le bien de tous (et donc moi aussi).



 
A HOMO SAPIENS
Nos cousins chimpanzés nous ont vu évoluer vers la connaissance, l’invention, la créativité qui nous ont amené où nous en sommes aujourd’hui. Ce long cheminement n’a pas été uniforme loin de là en passant par toutes sortes de système d’organisations « politico-économique » de la tribu à la mondialisation, de l’esclavagisme, au collectivisme, à l’individualisme.
La valeur marchande n’a pas toujours été la monnaie, l’argent, (les valeurs monétaires). Des biens (nourriture, abri) au capitalisme il y a eu du chemin qui est passé par bien des structures différentes (empires coloniaux, …) avant de créer la dette, l’emprunt comme valeur spéculative et le marché mondialisé des biens communs. Il y eut un temps long où le travail était une valeur humaine. Que vaut encore le travail de chacun.e aujourd’hui ? Il n’y a plus aucune fierté à faire car ce qu’on fabrique n’est qu’un élément d’un tout et ne nourrit même plus, ne nous permet même plus d’avoir un abri chauffé.
Si encore l’évolution technologique avait permis à tous d’atteindre un niveau de confort acceptable, on n’en serait pas là. Mais le profit, l’accumulation, le pouvoir de l’argent, de la possession, les privilèges qu’on s’octroie par ce biais, le pouvoir sur les autres qu’on prend en s’entourant de sa caste, …, sont venus polluer Homo Sapiens. Aujourd’hui, c’est un être dépendant, fragile comme au début, qui ne peut plus être autonome, libre, qui souffre dans la survie dans ce monde « deshumanisé », qui est perdu face à lui-même. Homo Sapiens aujourd’hui a perdu de sa hauteur face à ses frères animaux. Il est le super prédateur, le pilleur de la terre, l’exterminateur d’innombrables espèces, le pollueur des ressources vitales, mais totalement dépendant.
Et livré à lui-même, de quoi est-il encore capable, que peut-il encore créer de ses mains ?
On vient de loin, mais on ne vient pas de nulle part.
Il ne s’agit pas de revenir à la préhistoire, mais de s’interroger sérieusement ce qu’on veut faire de notre vie, comment on veut la vivre. Et pas besoin d’attendre une « retraite » pour « enfin en profiter » : ça aussi ça fait partie du système, mais qui arrive à son terme, car la retraite « coûte » trop cher pour la caste dirigeante et elle ne « rapporte » rien !
Et puis où va l’espèce humaine ? Algorithme est écrit pour demain : la nouvelle richesse (avec le sable et l’eau). Des milliers, des millions de métiers réalisés par l’humain vont disparaître et on aura une armada de personnes oisives, population inutile économiquement et qu’il faudra occuper par des jeux, des drogues, laisser mourir, puisque les « puissants » seront cyber-immortels !
Alors ?
Penser global, agir local.
Lien social, entraide, production et consommation locale, de saison, boycott, grèves et actions collectives, démocratie directe-décisions pour le bien commun, ...la créativité est une valeur !

POUR NE PAS PARLER DU FUTUR
Que va devenir le mouvement des Gilets Jaunes ? Une association sociale locale, un mouvement-parti politique de gouvernement, une structure politique collective d’influence avec des élu.e.s dans les Com Com, un mouvement révolutionnaire d’insurrection, le ferment d’un autre monde, d’une autre civilisation en construction et dont pas mal de signes et prémisses sont déjà bien là dans des alternatives diverses, …. ?

Les questions sont là, l’avenir n’est pas écrit...


Les dessins sont de VEESSE        www.hebdi.com
le magazine satirique indépendant alsacien

mardi 15 janvier 2019

« grand » DEBAT NATIONAL


                          Jupiter fait les questions, ses vassaux-maires les réponses…

Du 15 janvier au 15 mars 2019 sont proposés des débats nationaux près de chez vous ou sur internet www.grandedebat.fr   (à partir du 21 janvier).
Hier, le président Macron a publié une « Lettre aux français-e-s » où il énumère un certain nombre de questions sur 4 thèmes choisis qu’il propose au débat national.

Le cadre est clairement défini dans cette « Lettre » :
« pour moi, il n’y a pas de questions interdites »…. MAIS, … « je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur des grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. »

Causez toujours, mais je reste droit dans mes bottes (comme Juppé, le solide « soutien ») tout en gardant « mon cap ». Premier enfumage...

Le pilotage est donné à deux ministres de son gouvernement, Sébastien Lecornu (officier de réserve, qui était avant l’oreille de Macron chez Hulot) et Emmanuelle Wargon, actuellement chez De Rugy, ex cadre de chez Danone et fan de l’huile de palme !!! A eux deux doivent se rajouter 5 garants d’indépendance qui seront nommés ce vendredi par….M. Ferrand (président de l’Assemblée), Larcher (président du Sénat) et Bernasconi (Travaux Publics/Medef).

Bref, l’indépendance est pour le moins un mot usurpé, puisque ce sont des personnages de son clan, forcément. Deuxième enfumage…

M. Macron ne veut pas changer quoi que ce soit d’important et il le précise bien dans sa lettre : « je pense que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen... » …. »Nous avons retenu 4 grands thèmes…….des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat, mais me semblent au coeur de nos interrogations. »
« Je vous invite à répondre à ces questions….j’entends transformer avec vous les colères en solutions…. »

M. Macron POSE donc LES questions et attend qu’on réponde à SES questions qui lui permettront de clarifier SON projet auprès des français-e-s sur les 4 thèmes qu’IL a choisi. Mais « il n’y a pas de questions interdites... » Seulement, si elles sortent du cadre, il n’en sera pas tenu compte, car c’est lui qui fixe les bornes.

D’ailleurs qu’est-ce qui sera retenu ? Quasi rien. En tout cas, rien d’important à part des déclarations d’intention du genre : « oui, on tiendra compte du vote blanc. » par exemple !!!M.Macron dit lui même : « Je vous en rendrai compte (des conclusions, décisions) directement dans le mois qui suivra le débat. » J’avoue que je suis dubitatif quant à la vitesse de synthèse du traitement de tout ce qui est censé remonter et être pris en compte, car vu le nombre de contributions, les conclusions communiquées quasi à la suite de la fin du débat, ça ressemble à du prémédité, non ?

La méthode également est connue avec une première mise en œuvre aujourd’hui, 15 janvier.

Les maires (volontaires) * organiseront les tables-rondes de discussion/débat par thèmes (et questions pré-posées) appelées « réunions d’initiatives locales », puis seront élaborées des « pistes concrètes » à partir des synthèses des réunions locales (QUI les rédigera?), lors des « Conférences régionales » ** (après le 1er mars) composées de français-es tiré-e-s au sort associés à des « représentants de diverses parties prenantes » (!!!).

Pour exemple, aujourd’hui, M. Macron rencontre 600 maires normands dans un gymnase de Bourgthéroulde, près de Rouen sous très haute sécurité (leur dira-t-il ce qui est autorisé de discuter ou non?). Il va faire quelques sorties de ce type pour donner l’image qu’il est sur le terrain, à l’écoute des représentant-e-s des habitant-e-s !
Ce qui sera repris dans les « médias de propagande » sera le nombre de participant-e-s mis en avant comme un facteur de réussite et peu importe les contenus. De toute façon, on a bien compris que c’est une manœuvre pour faire s’opposer les « Gilets Jaunes » et « les Français-e-s »...(d’où aussi le rajout de la question des quotas d’immigration dans ses questions). C’est insidieux, mais bien présent dans la stratégie politique gouvernementale (pour miner les partis d’opposition).

Comme pour le Grenelle de l’Environnement (sous Sarkozy), on sort du débat comme préalable ce qui gène. Là-bas, c’était le nucléaire, ici c’est l’ISF (Impôt sur la fortune) et le CICE (argent public 22 milliards/an, distribué aux grandes entreprises). C’est bien précisé dans LA lettre du Président (parlant de l’impôt) : « s’il est trop élevé, (il) prive notre économie de ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises.. .  « nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela. » Voilà, tout est dit. Circulez, y a rien à changer…

Donc, dans cette méthode, les maires seraient nos porte-paroles chargés de faire remonter ce qu’ils ont entendu pendant ces réunions. C’est sûr que les députés-sénateurs ne sont plus en odeur de sainteté dans la population, décrédibilisés par leur manque d’exemplarité, leur double-langage, leur servitude...Mais les maires ?
Si certain-e-s sont proches des habitant-e-s et à leur écoute, ce n’est pas le cas partout et leur indépendance est loin d’être évidente, soumis aux subventions distillées par ...l’Etat ...avec l’aide des intermédiaires, élu-e-s régionaux et autres...de préférence du « camp présidentiel », majoritaire.

Une multitude de questions (entendues depuis des semaines dans la bouche de toute cette foule qui en a « ras-le-bol ») ne seront donc pas prises en compte. Je ne crois pas que l’éveil des consciences va se calmer avec cette mascarade présidentielle qu’il donne en pâture pour gagner du temps avant les élections européennes où il compte tirer un bénéfice et une nouvelle notoriété en berne actuellement.

Le « nouveau monde » de Macron ressemble étrangement à l’ancien. Balladur avait organisé un grand débat, Sarkozy deux (sur l’Education et sur l’identité française), Hollande aussi (sur la transition écologique et les vaccins) avec quels changements ????





Stratégie à double tranchant
De toute façon, on sait bien que ce genre de manœuvre politique est à double-tranchant :
- vous n’allez pas débattre, on vous dira de vous taire dorénavant puisque vous aviez l ‘occasion d’aller vous exprimer ...librement…..de tout…..et vous ne l’avez pas fait ;
- vous allez débattre, on vous dira que vous avez été écoutés, que le vote blanc sera pris en compte par exemple, que pour d’autres points, ils sont mis à l’examen et seront soumis au Parlement pour un vote, quant aux dernières propositions, elles sont mises à l’étude pour les inclure dans le programme des prochaines élections.


Et, LREM (La République En Marge) veut se mettre un peu à l’écart et réapparaître au moment de la « synthèse », juste avant les élections européennes.
Le bénéfice pour les maires est de garder un bon contact avec la population car les prochaines municipales sont en 2020.

Alors, GRAND débat national ou opération d’enfumage pour gagner du temps, épuiser les mobilisations, mettre en retrait les revendications radicales du mouvement national du « ras-le-bol général » ?

L’avenir n’est pas écrit…







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* Les relais du gouvernement devraient être en principe les députés en charge d’écouter les citoyens pour ensuite proposer des lois (et non pas les maires).

** Les référentes du gouvernement en Alsace sont deux sous-préfètes (d’Altkirch, nommée en ...décembre et de Molsheim).

mercredi 9 janvier 2019

POUVOIR D’ACHAT ?

Il y a pouvoir et achat. Prenons-les séparément en commençant par le deuxième.

On achète quoi ? Qu’est-ce qui est indispensable, courant, quotidien ?
Et la question pas subsidiaire du tout, sans même parler de la qualité et comment c’est produit, est :
d’où viennent - où sont fabriqués -les produits achetés ?
Ce que je veux dire est que si on achète des produits « made in China » en quoi cela aide la production de notre pays et donc le maintien d’emploi. Acheter local, en vente directe, au marché des produits locaux, ce qui est fabriqué en France, c’est possible aussi, souvent. Oui, mais c’est plus cher.
Donc, il faut des salaires corrects. Mais aussi prendre l’habitude de faire vivre nos producteurs locaux, nos artisans, les PME locales, le « made in France »… sinon on revient au point de départ, la Chine !
Bilan négatif.
Mais la France ne fabrique pas des objets technologiques, par exemple.
Aïe, aïe, aïe. Là, on a laissé filer nos technologies ; vous souvenez-vous du Minitel et d’où vient la fibre optique ?
Oui, bien sûr, local au maximum de ce qui est possible et ensuite, on n’est pas obligé de changer de portable, ordinateur, PS4 et autres tous les deux ans. On n’est pas obligé non plus d’avoir une connexion internet sur chaque appareil.
Et les voitures ? Nous pousser à acheter des voitures nucléaires. On peut viser Zoé, mais d’où viennent les batteries et leurs composants ? Et l’uranium ?
On peut développer longtemps sur nos CHOIX d’achats, car chacun-e a ses stratégies ou habitudes. Mais, on ne peut pas revendiquer plus de pouvoir d’achat sans se poser les questions ci-dessus.










 

Le pouvoir ?
De quel pouvoir parle-t-on quand on associe les deux mots ? Pouvoir acheter, et donc pouvoir disposer de revenus suffisants pour améliorer sa vie, se faire de temps à autre plaisir, et pas avoir tout dépensé le 15-20 du mois dans les loyers, les remboursements de dettes, le chauffage, la nourriture, les déplacements, les frais enfants, le gaz, l’électricité, l’eau, ….
Pour cela, il faut des salaires « corrects », du travail, diminuer certaines dépenses (essence-voiture, ….).
Augmentation importante du SMIC, indexation des retraites sur l’inflation/coût de la vie et revalorisation,
les propositions ne manquent pas, mais rien que cela, ce serait déjà une avancée.
Cela aura un coût pour le budget de l’État et demandera un effort des entreprises, qui elles-mêmes, ne l’oublions pas, dépendent quand même des personnes qui y travaillent et produisent.
Et là, on arrive aux questions qu’on entend beaucoup ces derniers mois jaunes.
Le budget est composé pour une large part par les impôts. Qui paye et pas les impôts ?
Justice fiscale d’abord et exemplarité de l’État et de ses élu-e-s. Refaire plus de tranches d’imposition, moins larges, et que tout le monde paye à hauteur de ses revenus, finies les exonérations ISF et autres déductions sans contreparties.
Ce budget d’argent public, tout citoyen a le droit de savoir comment il est utilisé et avoir un pouvoir de décision. Si cela doit passer par les députés, alors il faut que l’Assemblée Nationale soit représentative et donc élue proportionnellement, et paritairement h/f.
Si le Président est le seul à tout décider, alors on peut se demander pourquoi le CICE distribué aux grosses entreprises coûte au budget national quelques 22 milliards par an sans contreparties. Et les exilés fiscaux, les paradis fiscaux (même en Europe), c’est combien ? 80-100-150 milliards ?
Argent public, budget d’État, c’est avant tout pour payer et offrir des services publics à l’ensemble de la population. Or ces services diminuent et se concentrent de plus en plus. Manque d’argent ? Ou mal utilisé aux profits de qui ? Moderniser en utilisant internet, en forçant à l’utilisation numérique, par défaut plutôt.
Tous connectés dans un monde sous contrôle permanent. Linky en est aussi un des maillons « communicants ».







Pouvoir d’achat ? 
 
Derrière ces deux mots, il y a donc dans un premier temps :

* l’exigence de justice fiscale : impôts pour tous en fonction des revenus avec plus de tranches, moins amples, et on arrête les déductions, les exonérations ISF ou autres « optimisations » (exilés fiscaux, paradis fiscaux, …) ;

* l’exigence de consacrer l’argent public aux services publics (santé, éducation, transports, …) et de les conserver en qualité sur tout le territoire du pays ;

* l’exigence d’une augmentation importante du SMIC, des basses retraites et l’indexation des retraites sur l’inflation ;

* la conscience qu’il faut acheter local et « made in France » ;

* l’exigence de l’exemplarité du train de vie de l’État : le nombre et les rémunérations des élu-e-s et hauts fonctionnaires d’État, les dépenses dans des projets inutiles, ...


Je pense que tout le monde l’a bien compris.
Mais ces revendications ne seront pas repris dans le Grand Débat National !!! Et, pour cause, on a comme l’impression que dans celui-ci, le cadre sera réduit aux questions posées incluses, que celles qui seront retenues et les réponses du gouvernement sont déjà rédigées puisque le Président vaut « garder le cap » !
Celui-ci est si déstabilisé que son attitude actuelle est de l’ordre de la répression à tout prix (raser les campements, assigner à résidence les « hooligans-manifestant-e-s ») et pour faire bonne figure, après l’itinérance mémorielle, il va entamer une « tournée des maires » (pour expliquer la pédagogie du Grand Débat ou les rappeler à l’ordre ?).

Craint-il une grève générale lorsque Gilets Jaunes et syndicats convergeront ?

L’avenir n’est pas écrit ….

samedi 15 décembre 2018

EXEMPLARITE et ARGENT PUBLIC 

Je ne crois pas que le problème profond soient essentiellement les taxes et impôts, mais plutôt l'injustice fiscale et la répartition de l’argent public /leur destination.
Je paye (ou pas) des impôts selon mes revenus. Dans notre pays, une République, les impôts sont la part qu'on donne à l'Etat pour organiser les services publics mutualisés (écoles, santé, transports, services à la personne-solidarité, ...) et pour le bien-être pour tous. OR ce qui scandalise et met en colère, c'est la hauteur (au travers des différentes taxes) de cette contribution et surtout l'exonération sous différentes formes de celles et ceux qui sont les plus fortunés : déductions diverses sur les travaux immobiliers, montages financiers pour exiler ses avoirs dans des paradis fiscaux , CICE aux entreprises sans conditions , Flat tax, Impôt sur la Fortune , tranches hautes limitées, ....Et puis la suite, les dépenses de "fonctionnement de l'Etat" qui sont démesurées, inutiles souvent..: train de vie, indemnités, avantages et exonérations des députés et sénateurs, travaux elyséens et dans les châteaux de l'Etat, déplacements et frais des ministres , avantages en nature et retraites...Et plus précisément encore, la destination de nos impôts directs et indirects qui ne vont pas tous dans les services publics que tout le monde voit se dégrader par ailleurs.
Bref, ce sont vraiment ces points qui choquent, blessent, sont inacceptables, injustes…



 
                       « Ils ont eu des compensations, qu’est-ce qu’ils veulent encore ? »

Le Président aimerait bien que « l’opinion » se pose cette question afin que le soutien important de la population diminue et que les « gilets jaunes » abandonnent leur visibilité sur les rond-points et autres lieux d’occupation à travers tout le pays. Mais au lendemain de ses nouvelles « annonces », les « enquêtes d’opinion » n’ont pas montré une diminution parlante du soutien, les revendications de colère du ras-le-bol général dépassent les miettes distribuées…

Nous sommes au coeur d’une crise démocratique -déclenchée par la goutte d’eau qui a fait déborder le verre-, d’une remise en cause du fonctionnement institutionnel de cette Vème République (obsolète, avec l’évolution du monde depuis 1958) et d’une critique du système du « libéralisme social » qui montre les abus de la caste du capitalisme.
Quand le décalage est tellement grand entre les décideurs et la population, la demande est forte d’une représentation plus proche de la sociologie réelle du pays au Parlement afin que les propositions de lois soient discutées, débattues et en adéquation avec les demandes réelles des « gens ». Pour cela, le minimum est une Assemblée Nationale composée à la proportionnelle absolue. Cela amènera probablement à des coalitions de gouvernement comme dans d’autres pays, mais au moins l’ensemble de la population y sera représentée dans sa diversité. Du coup, les élu-e-s auront plus de légitimité et devront être à l’écoute plus attentivement pour porter ces voix.
Si le pouvoir législatif de l’Assemblée est renforcé, Le Sénat sera inutile ou pourra se transformer en « conseil des Sages » ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Assemblée Nationale et Sénat engloutissent un budget d’argent public pour son « fonctionnement » et « indemnités diverses des élu-e-s » qui peut paraître des plus choquants. Tout le monde remarque bien que le Parlement ne remplit plus ses rôles. Les députés sont des godillots qui acquiescent d’une seule voix les directives du Président-patron, l’opposition est réduite à la portion congrue et juste poliment écoutée et ... méprisée. On ne peut plus appeler cela une représentation du pays et/ou du débat respectueux et constructif. Tout le monde est scandalisé par ce fonctionnement et ce qu’il coûte à l’heure où nous sommes ponctués financièrement de tous les côtés. Et c’est à l’identique au Sénat.




 



Lorsque le couple Macron décide de (re)faire la piscine de la résidence présidentielle d’été au fort de Brégançon, de changer la vaisselle de l’Elysée, de vouloir relooker toutes les pièces, etc. et que le coût approximatif est divulgué, cela ne peut pas être reçu non plus comme de l’indispensable en période de « désendettement » !
Lorsque des ministres font des voyages lointains de représentativité dans les avions privés de la République, ces coûts sont choquants tout autant.

Le Président des riches n’usurpe pas son titre. 
Qui a pu accepter qu’on supprime l’impôt sur la fortune (qui apporte au moins 4 milliards), la flat tax et le processus du CICE qui octroie plus de 20 milliards aux grosses entreprises et la grande distribution, sans contreparties, et que cela enrichit les actionnaires et la même oligarchie, sans créer d’emplois ? Qui a pu accepter d’entendre ces mêmes patrons s’installer dans les paradis fiscaux pour ne pas payer d’impôts en France ? Qui a pu accepter d’entendre qu’en un an de règne de Macron le nombre de millionnaires en France a explosé ? Qui peut accepter que les tranches d’impôt se limitent dès qu’on arrive près des gros salaires ? Qui a pu accepter l’augmentation de la CSG des retraités, alors que le point indiciaire a été supprimé et que chaque année la différence entre l’inflation et la non-augmentation des retraites fait une perte de 1 à 2 % par an ? Qui a pu accepter qu’on fasse la promotion du diesel pendant des années et que tout à coup, il faille mettre nos voitures à la casse pour acheter des voitures électriques ? Et pourquoi le nucléaire Areva et ses EPR, ses déchets mortels, actifs longtemps, plutôt que l’hydrogène ? Qui a pu accepter que l’augmentation importante des carburants pour les personnes dépendantes de leur voiture pour aller gagner un salaire était un effort général demandé, alors que les camions, les avions, les tankers et bateaux de croisière étaient exonérés ?
Qui a pu accepter un discours où le Président voulait nous faire croire que ces augmentations de taxes (avec le tabac aussi) allaient servir la transition écologique et diminuer notre dépendance aux ressources fossiles, alors que ces sommes étaient attribuées pour la plus grande part au budget général et attribuées au CICE (entre autres) ? Dont bénéficiaient des entreprises polluantes (Total) qui continuaient d’exploiter, avec les autorisations présidentielles et du ministre de l’écologie, des mines et des forages de ces ressources fossiles…
Qui a pu accepter de se voir « offrir » (après plus de 3 semaines de revendications polymorphes) une augmentation biaisée du Smic, conditionnée à la prime d’activité, prise en charge par ceux qui payent les impôts (!!!), tout en sachant que plus de 80 milliards sont dans les paradis fiscaux et détournés par les exilés fiscaux (Suisse, Belgique, Luxembourg, Gibraltar, etc.). Le Président peut bien se glorifier de redistribuer 10 milliards (de nos impôts!), qu’est-ce devant ces autres montants détournés ?
Qui a pu accepter le passage à 80km/h et les radars sur les 4 voies qui flashent et enrichissent le tiroir-caisse de l’État ? Qui peut accepter que devant les déclarations du « leader mondial de l’écologie-Make our planet great again ! », les projets inutiles polluants et d’un autre âge (comme les nouvelles autoroutes-à péage- le GCO de Strasbourg et autres) se fassent contre l’avis d’une grande partie des communes impactées tout en bétonnant des terres fertiles ? Qui a pu accepter qu’on impose de nouveaux compteurs intelligents électriques Linky, alors que les 30 millions existants fonctionnent bien et ce uniquement pour récolter nos données et enrichir le Big Data dont EDF-Enedis se veut un acteur futur important, sans compter les problèmes de pollution et de santé par les ondes ? Qui a pu accepter qu’on veut privatiser de plus en plus la Sécurité Sociale en encourageant les mutuelles privées à prendre le relais ou une part plus importante ? Qui a pu accepter que les hôpitaux doivent devenir rentables, que le personnel soit réduit et que la charge de travail (et de responsabilités) devient impossible à supporter ? Qui a pu accepter la dégénérescence des services publics, la fermeture de lignes ferroviaires et la desserte des communes, les tarifs des transports collectifs peu incitatifs ? Qui a pu accepter la diminution drastique des enseignants, des fonctionnaires ? Qui a pu accepter les nouvelles dispositions de sélection de Parcoursup et de la réforme du baccalauréat à venir ? Qui a pu accepter ….

On pourrait continuer la liste de façon très longue tant ce qui s’exprime aujourd’hui est un catalogue, tout à fait recevable pour la plus grande partie, de colères multiples, profondes, de cris de justice, de revendications mainte fois répétées jamais prises en compte, d’une misère pas forcément visible partout mais bien réelle, de précarité qui peut se transformer en une violence plus radicale puisque quand on a plus rien à perdre ….


 
Le Président Macron a tout fait pour éliminer les partis politiques et les syndicats, et aujourd’hui, il se trouve bien seul devant le peuple de France, qui n’est pas le milieu des banquiers, économistes et grands patrons. Et ça, il ne connaît pas. Alors, il sort les recettes apprises à l’Ena, à la Banque Rothschild, au ministère de l’économie.


Mais la rupture est bien plus profonde qu’il ne peut même imaginer et ces recettes ne prennent plus. Son long silence devant les « gilets jaunes » qu’il aimerait bien globaliser en casseurs-délinquants a eu un effet inattendu. Les premières revendications de mi-novembre étaient basiques, immédiates. Mais il n’a pas voulu entendre et pendant cette longue absence, les gens se sont rassemblés, la mobilisation a enflé, les discussions sont devenues des débats argumentés. Cela a amené une plus grande conscience globale et les revendications se sont élaborées grâce aux liens établis avec toute une série d’informations qui ne passaient pas par les canaux des médias de propagande (aux mains de quelques millionnaires, « amis » de Macron), mais par ce qu’on appelle les « réseaux sociaux » , les témoignages multiples. Et puis, la prise de conscience aussi que l’action collective est plus puissante que tout. Macron a essayé de diviser, mais « la fin du mois » et « la fin du monde » se sont rejoints, convergent dans des revendications communes qui font l’esquisse d’un nouveau monde, d’une nouvelle civilisation qui n’a rien à voir avec le rêve financier de Macron et de « SON monde ».




 

Après ce moment dramatique, sanglant, meurtrier, perpétré par ce fanatisme (qui se dit religieux!) et la période de « trêve » de fin d’année, les occupations reprendront, pour marquer la visibilité de ce combat social, humain. Ces lieux « Nuit debout » populaires sont des endroits de forums de discussion et d’apprentissages stratégiques, de liens qui se créent dans la lutte collective, une force qui se découvre et qui n’est pas prête de s’arrêter.



Justice fiscale, exemplarité
Tant que la justice fiscale ne sera pas mise en œuvre, tant que les impôts ne serviront pas à nouveau les seuls services publics en les redéployant, tant que l’exemplarité ne sera pas imposée à nos élus/ dirigeants (rémunération, missions, déplacements, frais à justifier, etc.), tant que les instances décisionnelles ne seront pas proportionnelles, paritaires, il ne faudra pas s’attendre à retrouver une paix sociale.



Il y a aussi des pistes locales, régionales, pour sortir d’un système qui n’est plus adapté à NOS exigences. On peut se nourrir localement (et de saison), on peut chercher plutôt l’artisan local que la grosse entreprise, on peut voyager collectivement ou partager les véhicules, exiger des tarifs abordables pour les transports publics gérés régionalement, on peut se soigner autrement, trouver des loisirs associatifs, une culture populaire d’émancipation dans les médiathèques et animations diverses sur un territoire donné, aller vers les créateurs, intégrer la jeunesse en développant les lieux de rencontre intergénérationnelle, revenir à une démocratie directe au sein des communautés villageoises, ...etc…


L’avenir n’est pas écrit !





DESSINS  

VEESSE      www.hebdi.com     le magazine satirique indépendant alsacien
AUREL        www.politis.fr 





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Il me faut rajouter une remarque concernant les « symboles » visibles sur les lieux de contestation.
Je veux parler des drapeaux « rot und wiss » et tricolore, souvent cités. Le drapeau blanc et rouge est alsacien, le drapeau tricolore français. Dans d’autres régions, on voit le drapeau breton, occitan, corse, ...qu’on identifie à une région. Même si en Alsace, celui-ci a été repris par Unser Land, parti régionaliste et le drapeau tricolore capté par le Front-Rassemblement National, cela, pour moi, n’indique pas que les « gilets jaunes » soient régionalistes et d’extrême droite.
Le drapeau rot-wiss appartient à TOUS les alsaciens et le drapeau tricolore est le drapeau de la République qui appartient à TOUS les Français. A nous de ne pas abandonner, de ne pas laisser détourner...C’est mon avis !

mardi 11 décembre 2018

SARKOZY et HOLLANDE au secours de MACRON


Je le dis depuis des mois, il n' y a rien de neuf dans la politique libérale de Macron. Avec ses treize minutes de prompteur, les mains bien à plat, les paroles moins dédaigneuses et hautaines, le recul de Macron est comme le reste une simple apparence, un écran de fumée, .... Ses 4 mesures annoncées sont censées répondre aux attentes du ras-le-bol général après les miettes jetées au peuple la semaine dernière avec ce moratoire de 6 mois sur les taxes carburant. Cette fois-ci, en désavouant ses ministres (Lemaire -contre la suppression de la CSG-retraités, Pénicaud-contre l'augmentation du Smic, De Rugy-contre l'abandon de l'éco-taxe), il nous offre un court éventail de 4 mesures censées calmer la grogne. 
 
* Le SMIC passera de 1184 € à 1284 € net en janvier A CONDITION de toucher déjà la prime d'activité. Cet ajustement était de toute façon déjà prévu mais sur le quinquennat, donc là ce sera juste un peu plus tôt. MAIS attention aux effets pervers. Il est bien possible que cet ajustement vous fasse rentrer dans une tranche où vous allez payer des impôts et donc .....Et puis celles et ceux légèrement au-dessus du Smic, vont devenir Smicard de fait !!! Et puis, tout le monde n' a pas la prime d'activité dans son Smic non plus...
 
* Heures supplémentaires défiscalisées, désocialisées. C'est du Sarkozy...et ça n'a crée aucun emploi au contraire puisque cela veut dire que si des employés font des heures sup, le patron n'embauchera pas une/des personnes en plus. 
 
* La prime de fin d'année pour les salariés du privé, défiscalisée pour le patron et surtout ....volontaire. Elle ne sera pas générale...donc accessoire !
 
* la fin de la hausse de la CSG pour les retraites inférieures à 2000 €. "C'était injuste" d'après Macron lui-même, MAIS il la maintient quand même pour les retraites au-dessus de 2000 €. ET cela ne veut pas dire remettre en place le système de points d'indices qui augmente les retraites en fonction de l'inflation. Ce qui fait que les retraites diminuent de fait et que l'augmentation de la CSG accentue en plus la diminution et donc d'autant la retraite. C'est donc une miette presque symbolique, un ajustement à l'inflation...
 
 
Et puis, 
RIEN sur l'ISF
RIEN sur le CICE
très peu sur l'évasion et paradis fiscaux, 
RIEN sur l'inéquité de la fiscalité (tranches, patrimoine, etc...)...
Ce matin, Macron reçoit banquiers et industriels : ça veut tout dire !!! 
 
En gros, ceux qui payent, ceux qui participent à l'effort commun (classes moyennes, retraités, actifs, ...) n'ont absolument rien obtenu...BREF, Il n'y a aucune évolution (un petit ralentissement tout juste), rien sur ce qui choque : exemplarité, équité fiscale, économies du train de vie de l'Etat, de ses élu-e-s, de ses institutions, des dépenses et projets inutiles, sur la représentativité (proportionnelle) et le pouvoir absolu, RIEN sur l'utilisation de nos impôts et taxes qui profitent plus par le CICE aux actionnaires des grandes entreprises qu'au bien public, aux services publics réduits de partout. 
Dire que les dirigeants des entreprises françaises qui font des profits en France doivent payer des impôts est un effet d'annonce , un leurre et personne n'est dupe. Il suffit de regarder Total et autres...
 
M. Macron avec son "Etat d'Urgence économique et social " (héritage de Hollande) ne nous a convaincu de rien. Il lâche quelques miettes et sa façon de dialoguer est de dire aux maires d'organiser des cahiers de doléances qui seront ensuite "analysées" !!!!! C'est tout simplement se moquer du monde, de faire durer, s'épuiser, donner un os à ronger ! 
 
Je ne suis pas sûr que ces nouvelles miettes, à peine plus consistantes, puissent convaincre les "gilets jaunes" (nous sommes tous des gilets jaunes) qui ont exprimé des revendications bien plus profondes. L'acte IV de samedi 8 était plus calme pour laisser une chance au président de sortir du tout sécuritaire (il n'en a rien fait avec le début de son discours), mais je crains que l'attente a été vaine puisque le changement n'est pas de mise...On veut calmer la tempête avec quelques petites brises offertes, mais cela n'aura aucun effet sur la profondeur de la crise institutionnelle qui s'exprime depuis un mois. 
 
Acte V, VI, VII... Croire avoir divisé le mouvement en l'affaiblissant par ces petits cadeaux !!! c'est encore une fois ne pas avoir pris la vraie mesure du ras-le-bol. C'est normal, ces gens-là sont hors sol, loin des réalités quotidiennes des gens, avec un roi tout puissant qui désavoue ses ministres et méprise ses députés ...à sa botte !
 
à suivre.....

mercredi 5 décembre 2018

QUELQUES MIETTES...provisoires !


Que les "gilets jaunes" raisonnables ne montent pas à Paris ce week-end du 8 décembre. Que les parcours soient tous déclarés. Que les manifestants se déplacent dans le calme.
MAIS "EN MEME TEMPS", on ne fera pas de différence entre gilets jaunes et casseurs. On va augmenter les forces de police. On va les rendre mobiles pour plus d'efficacité.
On vous envoie deux fantôches pour vous défouler, De Rugy et Schiappa et le fusible, E. Philippe vous a envoyé quelques miettes : gel des prix du carburant, gaz, électricité ...pendant 3 mois !!! Ah oui, aussi le renforcement du contrôle technique (encore une dose supplémentaire après celui de mai) sur le diesel est reporté aussi : vous avez ainsi encore un sursis pour rouler avec votre véhicule diesel...



Et donc avec ces déclarations, tout le monde devrait rentrer à la maison pour que le business puisse reprendre sainement, Noël des gros chiffres de consommation attendus (je croyais qu'il y avait un problème de pouvoir d'achat ?!!!).









MAIS il me semble que le Président est déconnecté (comme De Gaulle en 68), muet, que le gouvernement caquette sans tête, que les députés-godillots ne savent plus quel "élément de langage" adopter car ils-elles ne connaissent rien de ce monde des classes "laborieuses et moyennes", bref qu'après l'enfumage, les menaces, les mesurettes provisoires, le pouvoir vacille et ne sait plus quoi faire, sauf la répression sécuritaire !

Comment croire que "le peuple" va se contenter d'un moratoire de quelques mois après ...18 jours de présence, de mobilisations, de propositions, ... Il n'y a AUCUNE MESURE DE JUSTICE FISCALE, SOCIALE.
Le SMIC n'est pas revalorisé sérieusement, les salaires et retraites pas augmentés, l'ISF (quelques milliards) et la Flat Tax pas remis en place, le CICE pas supprimé (coût : 21 milliards/annuel !) Il n'y aura pas de dissolution de l'Assemblée Nationale afin de mettre en place la proportionnelle qui ferait que la sociologie réelle du pays serait représentée dans notre Assemblée ...et un retour à une certaine démocratie. Les Services Publics ne sont pas valorisés et la rentabilité réduit chaque jour les personnels avec toujours autant de missions. Les gares et lignes SNCF fermées, les prix des TGV et TER trop élevés. Et demain, les routiers vont se mobiliser , les lycéens rejoignant les protestations avec leurs revendications propres, les paysans aussi, après les infirmières et les ambulanciers...

Le RAS-LE-BOL GENERAL s'amplifie chaque jour et ce gouvernement qui veut encore préserver ses riches patrons, banquiers, actionnaires ne se rend pas compte de ce qui se passe dans TOUT le pays, obnubilé par Paris, ses quartiers chics, ses monuments touristiques, ses boutiques de luxe et les symboles du pouvoir. Je crois que tout le monde a compris aujourd'hui la différence entre un ouvrier-employé et un actionnaire d'entreprise (exemple un peu caricatural, mais c'est pour comprendre le propos). Et les conséquences sur la vie de chacun.e.

La révolte, la colère sont clairs, les revendications aussi, pas besoin de négociateurs qui vont se faire phagocyter, "bouffer", "neutraliser" (face aux pros de la stratégie politique), ce sont les institutions représentatives qui sont critiquées (Parlement) , le système économique, l'injustice fiscale, sociale (les efforts sont à partager équitablement), les normes restrictives, la répression sous différentes formes, les contradictions entre les discours soit-disants écolos et la construction de nouvelles autoroutes (GCO), des forages pétroliers ou mines d'or, des tankers maritimes et avions détaxés, ... Bref , depuis des semaines, les discussions, les informations , les débats autour des ronds-points ont permis de structurer les pensées, de préciser les globalités, de se rendre compte que ce n'est pas chacun.e chez soi, mais que la lutte collective, ça a du poids, une puissance insoupçonnée dans la détermination et la persévérance.


                        "Ce n'est que le début, continuons le combat ...."





dessins de VEESSE      www.hebdi.com
la mensuel satirique indépendant alsacien

dimanche 2 décembre 2018

C ‘EST L’ECOLOGIE QUI PESE SUR LE POUVOIR D’ACHAT  ? ... « qui sème la misère récolte la colère »...

C’est évidemment toute la politique économique qu’il faut reconsidérer et ce n’est pas faute d’avoir répété depuis des années que le capitalisme va droit dans le mur en nous entraînant dans sa chute. Paradoxalement, la conscience du péril climatique a progressé. Les « gilets jaunes » ont imposé, d’une certaine façon, une réflexion sur le rapport de l’écologie au social. Cela est devenu une question politique et une idée générale, capitale, qu’écologie et luttes sociales sont désormais inséparables dans la façon d’aborder les problématiques de la vie quotidienne. Et l’attente d’une prise en compte de ces deux exigences ne peut pas être biaisée. Les propositions du Président de la République et des exécutants de son gouvernement ne vont pas du tout dans le sens de cette conciliation. J’augmente les taxes, mais j’offre des primes, je baisse le prix du permis de conduire, …mais « en même temps »,  l’affectation des taxes permettra de combler « le coût de la transformation du CICE * en allégements de cotisations...contrebalancées par la poursuite de la montée en puissance de la fiscalité sur le tabac et de la fiscalité écologique...» **. La leçon délivrée par le Président mardi dernier pour répondre à la grogne forte exprimée par le mouvement des « gilets jaunes » est un enfumage total et une manœuvre pour le moins perverse. Le réchauffement climatique nous impose de réduire les émanations de carbone, les ressources naturelles s’amenuisent et leurs prix amputent largement le budget général, les impôts et taxes payent les services publics.
Oui, mais ...Nous pousser vers le tout électrique et poursuivre la politique nucléaire (EPR et allongement des vieilles centrales), utiliser les taxes « carbone, écologiques (!) » pour combler le trou budgétaire des cadeaux fiscaux aux entreprises (qui ne créent pas d’emplois mais reversent aux actionnaires), voir l’amenuisement des services publics et la réduction de leurs personnels, cela ne colle pas du tout avec la vision et le scénario présentés par le chef de l’État.
La création d’un « Haut Conseil pour le climat » (un de plus avec les commissions déjà existantes auprès du Ministère de la transition écologique) est une stratégie de pourrissement et d’épuisement des mobilisations réparties dans toute la France. Cette forme de « réponse » aux revendications exprimées dans le pays, et soutenues par plus de 75 % de la population, suggère très nettement que c’est l’écologie qui pèse sur le pouvoir d’achat. Le décalage est fort entre « classe laborieuse, classe moyenne « éduquée » » et élus, comme si la demande de justice fiscale  ne résonnait pas plus loin que les ronds-points occupés, comme si l’injustice sociale n’était jamais visible sous leurs fenêtres. La promesse d’un « vous verrez, ça ira mieux demain » (éternelle ritournelle des présidents successifs) et le « nouveau monde » dessiné par M. Macron n’éblouissent pas les français, qui y seraient réfractaires, se cabreraient (selon lui).



Et ce mythe répété, « le nouveau monde », en quoi serait-il nouveau ?
Un peu d’histoire : en 1776, l’économiste écossais Adam Smith développe  le principe que plus on fait de profits, plus on peut employer d’aides. L’augmentation des profits des entrepreneurs privés est la base d’une croissance de la richesse et de la prospérité collectives (capitalisme). On ne s’enrichit pas en partageant le gâteau mais en augmentant la taille du gâteau. Les riches font tourner les roues de la croissance à l’avantage de tous. MAIS SEULEMENT si les profits sont réinvestis dans la production.
Or, la nouvelle noblesse actuelle sont les présidents des Conseils d’Administration, des courtiers en bourse (banquiers), des industriels puissants. Le capitalisme, de théorie du fonctionnement de l’économie, devint une éthique, un ensemble de doctrines sur la façon dont les individus doivent se conduire, éduquer, penser, ...C’est une façon d’inculquer que la croissance économique est le bien ultime parce que tout le reste en dépend : la justice, la liberté et même ...le bonheur !
Le culte du marché impose que le capital doit être libre d’influencer la politique, MAIS il ne faut pas laisser la politique influencer le capital. Il faut donc mettre l’État à l’écart de l’économie, à réduire la fiscalité et la régulation au strict minimum, pour laisser les marchés libres de faire.
Les marchés ne protègent pas les employés, mais nivellent vers le bas (entendement sur les salaires, heures de travail, droits, …) ***

Croissance, privilégier les entreprises pour créer de l’emploi, financiariser toutes les activités, privatiser les services (optimiser/rentabiliser/équilibrer (!), capitaliser retraites et mutuelles, c’est quoi la nouveauté en marche ?
Rien qui ne ressemble pas déjà à ce qu’on a connu depuis qu’on est né. Alors, le ravalement de façade, le jeunisme comme valeur innovante de changement, ne sont que des avatars d’une politique économique qui a traversé plusieurs siècles et qui a phagocyté petit à petit tous les pans de notre vie quotidienne.





Et s’il y avait d’autres voies ?

Si l’État ( qu’on a le droit d’interpeller sur l’usage de nos impôts - article Constitution), n’entend pas la colère générale de ses « administrés » qui n’opposent pas écologie et social, mais répètent inlassablement : écologie, oui, mais justice fiscale (ISF, flat tax, CICE, paradis et évasion fiscaux), justice sociale (salaires, Smic, TVA, CSG, services publics,...), exemplarité (élus, entreprises,...), alors ce sont les personnes au quotidien qui devront agir sur le pouvoir d’achat, par d’autres choix locaux et du boycott, une organisation plus collective et démocratiquement directe.
Les exemples ne manquent pas, les réseaux existent, le pas de la porte peut être franchi. Et surtout, rester convaincus que, dans les rapports de force, ce sont le collectif, la communauté, qui l’emportent.

Quelques pistes (mais il y en a déjà des multitudes d’autres). Regardez, écoutez, essayez ...
- se nourrir : localement , autour de vous, vous avez des producteurs. Ici dans la haute vallée, on a des éleveurs, des transformateurs, ce qui fait qu’on trouve dans les fermes des jeunes paysans alentour, viandes, fromages, laitages, et puis, plus bas, des jeunes maraîchers s’installent et vendent sur le marché et sur leur exploitation, légumes frais de saison. Changer du supermarché au marché ou directement chez le producteur est un acte de résistance, de changement, de consommer et faire vivre localement. Et pour les autres produits, des achats groupés peuvent réduire déplacements et prix. Les « épiceries solidaires » aussi commence à se multiplier...

- se loger : difficile de payer un loyer, un remboursement de prêt et y ajouter les taxes locales (habitation/foncière) sans compter électricité, eau, chauffage électrique/mazout, téléphone/internet qui augmentent chaque année, mais pas les salaires qui ne compensent même plus l’inflation. Difficile de trouver des solutions alternatives à part construire des maisons passives à base de paille, bois, sur des chantiers partagés.

- se soigner : courir chez le médecin au moindre bobo est la démarche angoissée de beaucoup d’entre nous. C’est un peu puisqu’on a perdu toute notion de notre corps et qu’on n’a plus confiance dans nos anti-corps, dans les produits naturels (plantes, préparations, huiles, …). Et pourtant, les molécules chimiques, l’abus d’antibiotiques fatiguent nos corps et rajoutent de la chimie pas entièrement maîtrisée. Les scandales sanitaires ne manquent pas...

- se déplacer : covoiturage, trains TER, bus...Quand cela est « possible » : en fonction des services publics, des horaires de travail et d’un certain engagement personnel à privilégier ce type de déplacement.

- se cultiver : les médiathèques, les séances de « ciné-village », les conférences-débats, les lieux de rencontres qui sont des lieux de discussion (bistrots, clubs, ateliers, associations, …), …

La liste est longue des initiatives locales qui existent partout et chacun.e peut y participer, y contribuer à sa façon. Mais il faut y croire, sortir de chez soi, oser aller vers les autres et ne pas les considérer comme des ennemis ou des cons...Et puis se rendre compte que chacun.e a des savoirs et savoirs-faire et que ce partage des compétences est bien plus riche qu’on ne le croit.  Aussi, il faut  relativiser une idée fausse de la loi naturelle qui affirmerait que c’est chacun pour soi et que le plus fort l’emporte. Cela est contredit par plein d’exemples dans le règne animal et même végétal que sans l’aide commune ou les corrélations certaines survies n’existerait pas : la solidarité, l’entraide sont des valeurs réelles, pas des vues de l’esprit. D’ailleurs l’homme si prétentieux est un animal bien fragile qui sans l’entraide de la famille de la communauté ne pourrait pas survivre. Pendant des années, il est dépendant pour se déplacer, manger, être à l’abri avant de pouvoir « quitter le nid ».
Des années...Donc, il faut arrêter un certain nombre d’idées toute faites, des représentations culturelles, religieuses, fausses et refaire confiance en notre capacité collective d’entraide et d’imagination, de créativité…





« Gilets jaunes » et (r)évolution

Cela fait 3 semaines que la colère monte, s’amplifie, se diversifie, se généralise à travers tout le pays, et doucement même au-delà. Le Président - qui a tout fait pour annihiler, occulter les « corps intermédiaires » (syndicats, partis), qui a mis en place une Assemblée Nationale de député.e.s godillots (qui sont à sa botte), qui votent comme « un seul homme » - , se retrouve seul, sans interlocuteurs, directement face au « peuple de France » qui, contrairement à ce qu’il veut faire croire, n’est pas un ramassis d’ignorants, de manipulés, de « extrêmes-droite », de « extrêmes-gauche », de « criminels », de « terroristes », de « zadistes » (termes utilisés à la TV pour nommer les « casseurs »!), mais bien des employés, ouvriers, artisans, chômeurs, fonctionnaires, retraités, etc..., cette multiplicité de profils qui font la richesse d’un pays. Quand plus de 75 % de la population se déclarent en soutien (même passif) de ce mouvement de ras-le-bol et que le Président pendant 3 semaines n’apporte aucune réponse (si ce n’est une leçon d’écologie!!!) tout en se plaignant que cette colère se transforme en une escalade de violence matérielle et qu’il faut la réprimer (qu’on entend même des policiers demander l’intervention de l’armée), alors on sait qu’une étape a été franchie et que le pouvoir en place est impuissant dans la proposition, dans la méthode et ne connaît qu’une chose : la répression, l’immobilisme politique. Et c’est là que commence à apparaître le vrai visage : dès que le « marché » est fragilisé (occupation des lieux de grande distribution, des centres des impôts, des préfectures, des péages, ...etc…) et que les chiffres d’affaires diminuent, là les « vrais patrons » vont voir le Président exécutant afin qu’il rétablisse leur ordre pour que « les affaires » ne s’arrêtent pas, reprennent.
Cela au moins permet de bien comprendre en quoi chacun.e est considéré ou pas. Notre avis ne compte pas, c’est juste le dérangement qui les embête. On peut aller défiler tranquillement autant qu’on veut, tant que les « affaires » tournent et que tout le monde va bosser et ...consommer, alors tout va bien.

Mais voilà, une hausse de l’essence-diesel a fait déborder le vase du ras-le-bol, de la misère qui s’installe, des fins de mois qui arrivent vers le 15 déjà, de l’incertitude des retraités et donc de la vision assombrie d’un avenir pour les plus jeunes. Les raisons sont polymorphes, multiples ce qui permet de mesurer la désespérance de beaucoup et l’État réel de notre pays.



Ce président et son gouvernement d’exécutants sont coincés dans leur propre « jeu politique ». Arrivés au pouvoir par une stratégie bien conçue **** (il ne faut quand même pas oublier que le Président actuel était...ministre de l’économie du gouvernement précédent. Quoi ? Vous aviez déjà oublié ? Et aussi banquier d’affaire, énarque), le PDG France a joué sur le « ras-le-bol » POLITIQUE (et un taux d’abstention phénoménal) pour faire croire à un changement par le rajeunissement. Grâce à ce système électoral du passé, de la Vème République (il y a 60 ans) qui fait qu’avec 25 % des électeurs inscrits, on peut devenir Président pour 5 ans avec tous les pouvoirs,  M. Macron pensait libéraliser, privatiser, plein de secteurs de notre pays afin que le marché puisse être libre encore plus sans être enrayé par un contrôle politique. Une continuité, rien de nouveau !

Mais le ras-le-bol politique s’est, en moins de 18 mois de règne macronien, transformé en ras-le-bol fiscal, social et avec une exigence d’exemplarité. Le Président des riches se retrouve avec une grève  du peuple, prêt chaque jour à accentuer sa pression politique, économique en attendant des réponses fiscales, sociales et exemplaires (des « efforts » partagés par TOUS ! ).
Et comme ce prétentieux se croit tout puissant et d’une intelligence « supérieure/complexe ! », alors ce roi traite son peuple comme des gueux du haut de sa légalité électorale et croit le calmer en jetant quelques pièces, de la dîme récoltée…

Mais après Louis XIV, il y eut Louis XVI et une fin de règne sanglante, ce que personne ne souhaite. Mais « qui sème la misère, récolte la colère ». Le vrai responsable des violences, c’est lui avec son silence et son mépris dédaigneux, hautain.
Nul ne sait aujourd’hui, ce que sera demain.
Mais le mouvement des « gilets jaunes » connaît les dérives et les stratégies d’un pouvoir politique. Demander des « responsables », les amener à « négocier », puis les « neutraliser » en mettant en avant exigences irréalistes, manque de cohérence, jouant sur leurs faiblesses personnelles ou leur faire miroiter une carrière, un avenir, flatter les égos ….bref la panoplie est connue ! Aussi, il n’y a pas de « négociateurs », mais juste des voix, des témoignages, des oreilles, des représentants locaux. Il n’y a rien à négocier, c’est au pouvoir, au Président de lâcher, de décider, de proposer.
Il n’y a pas de récupération politique car le mouvement se veut politiquement non-marqué. Les partis ne peuvent qu’accompagner le mouvement, l’ignorer, attendre pour rebondir.
La manœuvre de ces prochains jours pour le Président va être de demander les positions des partis politiques et de semer la zizanie à ce niveau. Mais les « gilets jaunes » ne sont pas dupes puisque les partis ne les représentent pas et la patience (par rapport au « silence élyséen ») a des limites...
Rien n’arrêtera le mouvement de suite. Les ronds-points, les lieux de contestation sont devenus des agoras de discussion, d’échanges, comme en leur temps les « nuits debout », mais avec une sociologie large ce qui a fait émerger une évolution des revendications. Ces lieux de liens sociaux qui se découvrent ont déclenché plus qu’on ne croit et qui rentrent presque dans l’intime. C’est donc bien plus profond et ancré qu’on veut le dire…

Et puis l’escalade de la violence. Difficile pour les médias (même de propagande) de distinguer qui fait quoi. Et pour cause. On sait bien depuis le temps que au sein des casseurs, on peut aussi trouver des provocateurs qui vont inciter à intensifier la violence dans un phénomène de déresponsabilisation dans un groupe. Mais ils peuvent être des délinquants voleurs, des activistes politiques et/ou des ras-le-bol/plus rien à perdre ou encore des policiers en civil… Il y a donc au moins 3 types de violence : sociale, politique, délinquante.




M.Macron a beau dire « comprendre la colère, refuser la violence ». Mais la violence, elle démarre où ? par qui ? On l’a vue à l’oeuvre à Notre-Dame-Des-Landes , à Kolsheim-GCO, à Sivens, à Bure, à …., les exemples ne manquent pas. Et quand on dédaigne les gens en laissant pourrir la situation sans apporter de réponses adaptées, la responsabilité est énorme et pas la peine d’essayer de la déplacer.

Les gens ne sont pas idiots, même si tout est fait pour les aculturer, les niveler…

L’avenir n’est pas écrit….



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* CICE : Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés. Le CICE représente un coût pour les finances publiques. Ce coût est estimé à plus de 21 milliards d’euros en 2018. L’émission TV Cash Investigation, d’autres enquêtes journalistiques comme le journal Fakir  ont consacré des dossiers sur le CICE dans lesquels ils dénoncent le fait que plusieurs enseignes de la grande distribution et de nombreuses entreprises auraient transformées l'aide de l'État en dividendes pour les actionnaires, ou en rétributions pour les patrons. En janvier 2019 (entrée en vigueur de nouvelles taxes sur les carburants), le CICE se « transforme » en allègements de cotisations !!!

** Rapport économique, social et financier, adressé à la Commission européenne par rapport au 

     projet de Loi de Finances 2019

*** Lire « SAPIENS » une courte histoire de l’humanité de Yuval Harari , 

      ainsi que « DEUS » (la suite- intelligence artificielle, le monde demain)

**** Réveillez votre mémoire récente. Qui, il y a 2 ans à peine, aurait pu parier que cet ex-ministre de Hollande allait être président alors que Fillon partait vainqueur haut-la-main !!!! Alors croire que les choses sont acquises, c’est un leurre...Souvenez-vous Chirac qui dissout l’Assemblée pour avoir encore plus de pouvoir et se retrouve en cohabitation avec une majorité de gauche après les élections législatives qui ont suivi et Jospin/PS, premier ministre.