mardi 15 janvier 2019

« grand » DEBAT NATIONAL


                          Jupiter fait les questions, ses vassaux-maires les réponses…

Du 15 janvier au 15 mars 2019 sont proposés des débats nationaux près de chez vous ou sur internet www.grandedebat.fr   (à partir du 21 janvier).
Hier, le président Macron a publié une « Lettre aux français-e-s » où il énumère un certain nombre de questions sur 4 thèmes choisis qu’il propose au débat national.

Le cadre est clairement défini dans cette « Lettre » :
« pour moi, il n’y a pas de questions interdites »…. MAIS, … « je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur des grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. »

Causez toujours, mais je reste droit dans mes bottes (comme Juppé, le solide « soutien ») tout en gardant « mon cap ». Premier enfumage...

Le pilotage est donné à deux ministres de son gouvernement, Sébastien Lecornu (officier de réserve, qui était avant l’oreille de Macron chez Hulot) et Emmanuelle Wargon, actuellement chez De Rugy, ex cadre de chez Danone et fan de l’huile de palme !!! A eux deux doivent se rajouter 5 garants d’indépendance qui seront nommés ce vendredi par….M. Ferrand (président de l’Assemblée), Larcher (président du Sénat) et Bernasconi (Travaux Publics/Medef).

Bref, l’indépendance est pour le moins un mot usurpé, puisque ce sont des personnages de son clan, forcément. Deuxième enfumage…

M. Macron ne veut pas changer quoi que ce soit d’important et il le précise bien dans sa lettre : « je pense que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen... » …. »Nous avons retenu 4 grands thèmes…….des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat, mais me semblent au coeur de nos interrogations. »
« Je vous invite à répondre à ces questions….j’entends transformer avec vous les colères en solutions…. »

M. Macron POSE donc LES questions et attend qu’on réponde à SES questions qui lui permettront de clarifier SON projet auprès des français-e-s sur les 4 thèmes qu’IL a choisi. Mais « il n’y a pas de questions interdites... » Seulement, si elles sortent du cadre, il n’en sera pas tenu compte, car c’est lui qui fixe les bornes.

D’ailleurs qu’est-ce qui sera retenu ? Quasi rien. En tout cas, rien d’important à part des déclarations d’intention du genre : « oui, on tiendra compte du vote blanc. » par exemple !!!M.Macron dit lui même : « Je vous en rendrai compte (des conclusions, décisions) directement dans le mois qui suivra le débat. » J’avoue que je suis dubitatif quant à la vitesse de synthèse du traitement de tout ce qui est censé remonter et être pris en compte, car vu le nombre de contributions, les conclusions communiquées quasi à la suite de la fin du débat, ça ressemble à du prémédité, non ?

La méthode également est connue avec une première mise en œuvre aujourd’hui, 15 janvier.

Les maires (volontaires) * organiseront les tables-rondes de discussion/débat par thèmes (et questions pré-posées) appelées « réunions d’initiatives locales », puis seront élaborées des « pistes concrètes » à partir des synthèses des réunions locales (QUI les rédigera?), lors des « Conférences régionales » ** (après le 1er mars) composées de français-es tiré-e-s au sort associés à des « représentants de diverses parties prenantes » (!!!).

Pour exemple, aujourd’hui, M. Macron rencontre 600 maires normands dans un gymnase de Bourgthéroulde, près de Rouen sous très haute sécurité (leur dira-t-il ce qui est autorisé de discuter ou non?). Il va faire quelques sorties de ce type pour donner l’image qu’il est sur le terrain, à l’écoute des représentant-e-s des habitant-e-s !
Ce qui sera repris dans les « médias de propagande » sera le nombre de participant-e-s mis en avant comme un facteur de réussite et peu importe les contenus. De toute façon, on a bien compris que c’est une manœuvre pour faire s’opposer les « Gilets Jaunes » et « les Français-e-s »...(d’où aussi le rajout de la question des quotas d’immigration dans ses questions). C’est insidieux, mais bien présent dans la stratégie politique gouvernementale (pour miner les partis d’opposition).

Comme pour le Grenelle de l’Environnement (sous Sarkozy), on sort du débat comme préalable ce qui gène. Là-bas, c’était le nucléaire, ici c’est l’ISF (Impôt sur la fortune) et le CICE (argent public 22 milliards/an, distribué aux grandes entreprises). C’est bien précisé dans LA lettre du Président (parlant de l’impôt) : « s’il est trop élevé, (il) prive notre économie de ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises.. .  « nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela. » Voilà, tout est dit. Circulez, y a rien à changer…

Donc, dans cette méthode, les maires seraient nos porte-paroles chargés de faire remonter ce qu’ils ont entendu pendant ces réunions. C’est sûr que les députés-sénateurs ne sont plus en odeur de sainteté dans la population, décrédibilisés par leur manque d’exemplarité, leur double-langage, leur servitude...Mais les maires ?
Si certain-e-s sont proches des habitant-e-s et à leur écoute, ce n’est pas le cas partout et leur indépendance est loin d’être évidente, soumis aux subventions distillées par ...l’Etat ...avec l’aide des intermédiaires, élu-e-s régionaux et autres...de préférence du « camp présidentiel », majoritaire.

Une multitude de questions (entendues depuis des semaines dans la bouche de toute cette foule qui en a « ras-le-bol ») ne seront donc pas prises en compte. Je ne crois pas que l’éveil des consciences va se calmer avec cette mascarade présidentielle qu’il donne en pâture pour gagner du temps avant les élections européennes où il compte tirer un bénéfice et une nouvelle notoriété en berne actuellement.

Le « nouveau monde » de Macron ressemble étrangement à l’ancien. Balladur avait organisé un grand débat, Sarkozy deux (sur l’Education et sur l’identité française), Hollande aussi (sur la transition écologique et les vaccins) avec quels changements ????





Stratégie à double tranchant
De toute façon, on sait bien que ce genre de manœuvre politique est à double-tranchant :
- vous n’allez pas débattre, on vous dira de vous taire dorénavant puisque vous aviez l ‘occasion d’aller vous exprimer ...librement…..de tout…..et vous ne l’avez pas fait ;
- vous allez débattre, on vous dira que vous avez été écoutés, que le vote blanc sera pris en compte par exemple, que pour d’autres points, ils sont mis à l’examen et seront soumis au Parlement pour un vote, quant aux dernières propositions, elles sont mises à l’étude pour les inclure dans le programme des prochaines élections.


Et, LREM (La République En Marge) veut se mettre un peu à l’écart et réapparaître au moment de la « synthèse », juste avant les élections européennes.
Le bénéfice pour les maires est de garder un bon contact avec la population car les prochaines municipales sont en 2020.

Alors, GRAND débat national ou opération d’enfumage pour gagner du temps, épuiser les mobilisations, mettre en retrait les revendications radicales du mouvement national du « ras-le-bol général » ?

L’avenir n’est pas écrit…







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* Les relais du gouvernement devraient être en principe les députés en charge d’écouter les citoyens pour ensuite proposer des lois (et non pas les maires).

** Les référentes du gouvernement en Alsace sont deux sous-préfètes (d’Altkirch, nommée en ...décembre et de Molsheim).

mercredi 9 janvier 2019

POUVOIR D’ACHAT ?

Il y a pouvoir et achat. Prenons-les séparément en commençant par le deuxième.

On achète quoi ? Qu’est-ce qui est indispensable, courant, quotidien ?
Et la question pas subsidiaire du tout, sans même parler de la qualité et comment c’est produit, est :
d’où viennent - où sont fabriqués -les produits achetés ?
Ce que je veux dire est que si on achète des produits « made in China » en quoi cela aide la production de notre pays et donc le maintien d’emploi. Acheter local, en vente directe, au marché des produits locaux, ce qui est fabriqué en France, c’est possible aussi, souvent. Oui, mais c’est plus cher.
Donc, il faut des salaires corrects. Mais aussi prendre l’habitude de faire vivre nos producteurs locaux, nos artisans, les PME locales, le « made in France »… sinon on revient au point de départ, la Chine !
Bilan négatif.
Mais la France ne fabrique pas des objets technologiques, par exemple.
Aïe, aïe, aïe. Là, on a laissé filer nos technologies ; vous souvenez-vous du Minitel et d’où vient la fibre optique ?
Oui, bien sûr, local au maximum de ce qui est possible et ensuite, on n’est pas obligé de changer de portable, ordinateur, PS4 et autres tous les deux ans. On n’est pas obligé non plus d’avoir une connexion internet sur chaque appareil.
Et les voitures ? Nous pousser à acheter des voitures nucléaires. On peut viser Zoé, mais d’où viennent les batteries et leurs composants ? Et l’uranium ?
On peut développer longtemps sur nos CHOIX d’achats, car chacun-e a ses stratégies ou habitudes. Mais, on ne peut pas revendiquer plus de pouvoir d’achat sans se poser les questions ci-dessus.










 

Le pouvoir ?
De quel pouvoir parle-t-on quand on associe les deux mots ? Pouvoir acheter, et donc pouvoir disposer de revenus suffisants pour améliorer sa vie, se faire de temps à autre plaisir, et pas avoir tout dépensé le 15-20 du mois dans les loyers, les remboursements de dettes, le chauffage, la nourriture, les déplacements, les frais enfants, le gaz, l’électricité, l’eau, ….
Pour cela, il faut des salaires « corrects », du travail, diminuer certaines dépenses (essence-voiture, ….).
Augmentation importante du SMIC, indexation des retraites sur l’inflation/coût de la vie et revalorisation,
les propositions ne manquent pas, mais rien que cela, ce serait déjà une avancée.
Cela aura un coût pour le budget de l’État et demandera un effort des entreprises, qui elles-mêmes, ne l’oublions pas, dépendent quand même des personnes qui y travaillent et produisent.
Et là, on arrive aux questions qu’on entend beaucoup ces derniers mois jaunes.
Le budget est composé pour une large part par les impôts. Qui paye et pas les impôts ?
Justice fiscale d’abord et exemplarité de l’État et de ses élu-e-s. Refaire plus de tranches d’imposition, moins larges, et que tout le monde paye à hauteur de ses revenus, finies les exonérations ISF et autres déductions sans contreparties.
Ce budget d’argent public, tout citoyen a le droit de savoir comment il est utilisé et avoir un pouvoir de décision. Si cela doit passer par les députés, alors il faut que l’Assemblée Nationale soit représentative et donc élue proportionnellement, et paritairement h/f.
Si le Président est le seul à tout décider, alors on peut se demander pourquoi le CICE distribué aux grosses entreprises coûte au budget national quelques 22 milliards par an sans contreparties. Et les exilés fiscaux, les paradis fiscaux (même en Europe), c’est combien ? 80-100-150 milliards ?
Argent public, budget d’État, c’est avant tout pour payer et offrir des services publics à l’ensemble de la population. Or ces services diminuent et se concentrent de plus en plus. Manque d’argent ? Ou mal utilisé aux profits de qui ? Moderniser en utilisant internet, en forçant à l’utilisation numérique, par défaut plutôt.
Tous connectés dans un monde sous contrôle permanent. Linky en est aussi un des maillons « communicants ».







Pouvoir d’achat ? 
 
Derrière ces deux mots, il y a donc dans un premier temps :

* l’exigence de justice fiscale : impôts pour tous en fonction des revenus avec plus de tranches, moins amples, et on arrête les déductions, les exonérations ISF ou autres « optimisations » (exilés fiscaux, paradis fiscaux, …) ;

* l’exigence de consacrer l’argent public aux services publics (santé, éducation, transports, …) et de les conserver en qualité sur tout le territoire du pays ;

* l’exigence d’une augmentation importante du SMIC, des basses retraites et l’indexation des retraites sur l’inflation ;

* la conscience qu’il faut acheter local et « made in France » ;

* l’exigence de l’exemplarité du train de vie de l’État : le nombre et les rémunérations des élu-e-s et hauts fonctionnaires d’État, les dépenses dans des projets inutiles, ...


Je pense que tout le monde l’a bien compris.
Mais ces revendications ne seront pas repris dans le Grand Débat National !!! Et, pour cause, on a comme l’impression que dans celui-ci, le cadre sera réduit aux questions posées incluses, que celles qui seront retenues et les réponses du gouvernement sont déjà rédigées puisque le Président vaut « garder le cap » !
Celui-ci est si déstabilisé que son attitude actuelle est de l’ordre de la répression à tout prix (raser les campements, assigner à résidence les « hooligans-manifestant-e-s ») et pour faire bonne figure, après l’itinérance mémorielle, il va entamer une « tournée des maires » (pour expliquer la pédagogie du Grand Débat ou les rappeler à l’ordre ?).

Craint-il une grève générale lorsque Gilets Jaunes et syndicats convergeront ?

L’avenir n’est pas écrit ….